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Ethan est au désespoir depuis qu’un grave accident l’a fait basculer de la vie militaire à la vie civile, du travail avec les chiens aux petits boulots… Il a passé des mois à se remettre de ses blessures physiques. Quand il retrouve Badger et le reste de son groupe d’anciens soldats des SEAL, le Titanium Corp, Badger offre à Ethan une occasion qu’il ne peut pas refuser. Une chance de retrouver le travail qu’il aimait tant autrefois… à une différence près.
Cinnamon travaille en indépendante, en tant que gestionnaire de projet, et elle ne compte pas ses heures de bénévolat auprès des chiens auxquels elle porte secours… toutes sortes de chiens. Quand Ethan fait irruption chez son vétérinaire de quartier avec un berger allemand blessé dans les bras, elle découvre une autre âme perdue, à l’image des pauvres chiens qu’elle accompagne.
Ethan sait qu’il s’apprête à franchir un cap dangereux, mais il s’agit de sa mission. Il ne laisse personne, sur le terrain militaire comme ailleurs, faire du mal aux animaux en sa présence. Le pauvre berger allemand a subi bien assez de maltraitance et Ethan redoute que ce chien ne soit que la partie émergée d’un cauchemar qu’il s’apprête à démêler. Mais il a la certitude que cette piste va le conduire dans la bonne direction.
Par-dessus tout, Ethan est farouchement déterminé à sauver un chien en particulier : Sentry, le K9 File no 01.
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Veröffentlichungsjahr: 2022
K9 Files : chiens de guerreTome 1
Dale Mayer
Première de Couverture
Page de Titre
À propos du livre
Prologue
Chapitre 1
Chapitre 2
Chapitre 3
Chapitre 4
Chapitre 5
Chapitre 6
Chapitre 7
Chapitre 8
Chapitre 9
Chapitre 10
Chapitre 11
Chapitre 12
Chapitre 13
Chapitre 14
Chapitre 15
Chapitre 16
Épilogue
Pierce
Note de l’auteure
À propos de l’auteure
Tous droits réservés
Quand une porte se ferme… les secondes chances en ouvrent d’autres…
Ethan est au désespoir depuis qu’un grave accident l’a fait basculer de la vie militaire à la vie civile, du travail avec les chiens aux petits boulots… Il a passé des mois à se remettre de ses blessures physiques. Quand il retrouve Badger et le reste de son groupe d’anciens soldats des SEAL, le Titanium Corp, Badger offre à Ethan une occasion qu’il ne peut pas refuser. Une chance de retrouver le travail qu’il aimait tant autrefois… à une différence près.
Cinnamon travaille en indépendante, en tant que gestionnaire de projet, et elle ne compte pas ses heures de bénévolat auprès des chiens auxquels elle porte secours… toutes sortes de chiens. Quand Ethan fait irruption chez son vétérinaire de quartier avec un berger allemand blessé dans les bras, elle découvre une autre âme perdue, à l’image des pauvres chiens qu’elle accompagne.
Ethan sait qu’il s’apprête à franchir un cap dangereux, mais il s’agit de sa mission. Il ne laisse personne, sur le terrain militaire comme ailleurs, faire du mal aux animaux en sa présence. Le pauvre berger allemand a subi bien assez de maltraitance et Ethan redoute que ce chien ne soit que la partie émergée d’un cauchemar qu’il s’apprête à démêler. Mais il a la certitude que cette piste va le conduire dans la bonne direction.
Par-dessus tout, Ethan est farouchement déterminé à sauver un chien en particulier : Sentry, le K9 File no 01.
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BADGER entra dans le bureau pour assister à la réunion improvisée, et sourit à ses amis.
— J’ai eu une conversation très inhabituelle et énigmatique ce matin, c’est pour cette raison que nous sommes tous réunis ici.
— Tu vas nous raconter ? demanda Erick en portant une tasse de café chaud à ses lèvres.
— Non, lui va le faire, répondit-il en pointant le mur. J’ai le commandant Glen Cross en ligne.
Il pressa le bouton du téléphone.
— C’est à vous, Commandant. Vous êtes en visio. Que pouvons-nous faire pour vous ?
Le visage sévère du commandant apparut sous leurs yeux.
— Qui est présent avec vous ? Identifiez-vous.
Un par un, les hommes se présentèrent.
Le commandant, un sourire dans la voix, répondit :
— Voilà des noms qui me réchauffent le cœur. J’ai entendu dire que vous avez créé une nouvelle société, Titanium Corp, qui emploie d’autres anciens SEALs dans des situations semblables à la vôtre. Est-ce exact ?
— Oui, c’est exact, fit Badger en balayant du regard les visages attentifs. Y a-t-il quelque chose que nous pouvons faire pour vous aider ?
— Oui, peut-être. Mais seulement si vous êtes disponibles pour vous porter volontaires. C’est une mission malheureusement pas rémunérée. Vous savez combien l’armée est fière de notre programme K9, n’est-ce pas ?
Les hommes acquiescèrent.
— Absolument, dit Geir. Nous avons de bonnes raisons d’être reconnaissants envers ce programme.
Badger ajouta :
— C’est un franc succès. Nous avons travaillé à plusieurs reprises avec des chiens en Afghanistan.
— Nous avions un système de traçage de ces chiens qui quittaient l’armée, enchaîna le commandant, pour faire en sorte qu’ils trouvent de bons foyers. Mais, avec les réductions budgétaires, nous nous sommes retrouvés face à un petit problème.
— Et quel est-il ? l’interrogea Erick. Ces chiens méritent ce qu’il y a de mieux.
— Nous refusons qu’ils soient traités comme ils l’ont été durant la guerre du Vietnam, affirma Jager d’un ton ferme.
— Absolument, confirma le commandant. J’ai ici une douzaine de dossiers K9 concernant des chiens qui ont achevé leur carrière dans la Marine. Cependant, nous avons perdu leur trace. Leurs cas devaient être examinés, car nous souhaitons que nos vétérans, humains comme canins, soient bien traités. Il y a tellement de travail, et nous avons tellement à faire avec d’autres aspects du programme K9, que nous n’avons pas le temps d’enquêter. C’est très difficile, et je ne peux ignorer la détresse de ces chiens.
— Où se trouvent-ils ?
— Un peu partout, précise le commandant. Vous savez que nous avons un système pour leur attribuer des noms, et que tous ces chiens sont tatoués dans un ordre bien précis. J’ai les fiches de renseignements dans leurs dossiers. Le premier a été formé, puis envoyé directement en Afghanistan. Il a été en service actif pendant environ neuf mois. Son maître a sauté sur une bombe artisanale et est reparti chez lui tétraplégique. Le chien est rentré avec lui, pas blessé, mais inapte au service actif. Malheureusement, son maître a trouvé la mort dans un grave accident six mois après son retour. Sa femme n’a pas pu gérer la situation et le chien a été confié à un dresseur, qui lui a trouvé un foyer. Eux se sont ensuite débarrassés du chien parce qu’il avait des problèmes de comportement. Et ainsi de suite. Aujourd’hui, nous ne savons pas où il se trouve.
Les hommes échangèrent des regards sévères.
— Que voulez-vous que nous fassions ? s’enquit prudemment Cade.
— Je me soucie vraiment de ces animaux qui ont servi notre pays, déclara le commandant à voix basse, alors je vous demande de faire tout votre possible pour les localiser, vous assurer qu’ils vivent dans un bon environnement. Mais seulement si vous pouvez le faire de manière bénévole, car nous n’avons absolument pas de budget. Dans le cas contraire, je ferai appel à mes hommes.
— Vous voulez que nous retrouvions les chiens et que nous nous assurions qu’ils vont bien ? demanda Badger.
— C’est nous qui avons créé ces animaux, répondit le commandant. Nous avons fait d’eux les soldats entraînés qu’ils sont aujourd’hui. La société semble penser que si ces chiens ne sont pas capables de s’entendre avec les gens, la seule solution dans ce cas serait de les abattre. S’il y a une chance de trouver une autre solution, alors j’aimerais que nous l’envisagions d’abord.
Les hommes échangèrent à nouveau des regards.
Jager prit la parole :
— Je suis partant.
Geir hocha la tête.
— Toujours. Un de ces chiens a pris une bombe artisanale pour moi en Afghanistan. Elle a tué son dresseur aussi. Ces animaux méritent les meilleurs soins qu’on puisse leur donner.
— Et nous avons failli à notre mission envers ces douze animaux, continua le commandant. Je ne rejette la faute sur personne, et je ne peux en prendre toute la responsabilité non plus, mais notre nation a laissé tomber ces animaux. Je vous demande de trouver ce qu’il faut pour leur venir en aide.
— Avez-vous des suggestions sur la manière de procéder ? questionna Laszlo. Nous n’avons pas énormément de fonds de notre côté.
— C’est la raison pour laquelle j’ai tardé à vous contacter. Je ne peux pas vous payer… S’il vous faut autre chose…
Badger sourit. Avoir l’aide d’un commandant n’avait pas de prix. Il jeta un coup d’œil aux autres. Ils étaient tout sourire.
— Nous trouverons un moyen, annonça Badger. Je ne peux rien vous promettre quant au délai.
— Parfait, répliqua le commandant. Je vous faxe les fichiers pendant que nous parlons.
Le ronronnement du fax dans le bureau de Badger appuya ses propos.
— Quant aux suggestions sur la façon de les retrouver… Tout ce que nous avons se trouve dans leurs dossiers. Soyez prudents. Assurez-vous qu’ils n’ont besoin de rien. Qu’ils sont en sécurité. Et que les gens qui les entourent le sont aussi.
Les hommes approuvèrent.
— C’est un problème habituel entre les gens et les chiens, expliqua Badger. Les chiens dressés qui ne travaillent plus avec leurs maîtres entraînés eux aussi deviennent confus et frustrés quand on ne leur donne pas d’ordres. Souvent, ils deviennent dangereux.
— Exactement, confirma le commandant. Je ne vois personne d’autre à qui confier ce projet particulier, j’en suis navré. C’est un dossier pourri. C’est uniquement parce que ça me préoccupe que je vous contacte. Si vous avez du concret, j’aimerais avoir un retour de votre part. Vous êtes mon dernier espoir.
Il raccrocha.
Badger souleva une seule feuille de papier sur le dessus du fax qui en imprimait d’autres.
— Il est en train de me transmettre les dossiers des douze chiens dont le nom figure sur cette liste.
— C’est un changement brutal pour ces animaux, fit remarquer Geir. Ces chiens sont incroyablement bien dressés et s’épanouissent dans cet environnement structuré.
— Ils étaient aussi extrêmement attachés à leurs maîtres, et le lien est mutuel, comme avec n’importe quel propriétaire d’animal de compagnie, confirma Jager. Alors où sont les dresseurs et les maîtres-chiens qui ont travaillé avec ces chiens ? N’est-ce pas la principale responsabilité de ces spécialistes qui sont affectés aux K9 au départ ? Dans la plupart des cas, ils deviennent leurs maîtres après le renvoi des chiens, non ?
— Oui, et non, répondit Badger. Tu as bien entendu ce que le commandant nous a expliqué au sujet de ce premier cas. Nous avons un maître-chien devenu propriétaire du chien, qui est rentré chez lui gravement handicapé, puis est mort. Quand on y pense, il est évident que sa femme, une civile, ne peut pas gérer un chien d’assistance, surtout s’il vient d’arriver dans sa famille. Sans compter qu’elle doit gérer son propre deuil. Elle a déménagé, et apparemment, elle ne sait pas à qui le dresseur a donné le chien. Elle était trop heureuse de se débarrasser d’un problème.
— Exactement. Sauf que maintenant, retrouver ce chien pourrait s’avérer être une mission impossible, souligna Geir. Je suis tout de même partant pour essayer.
— Levez la main.
Les sept le firent à l’unanimité.
Badger hocha la tête.
— C’est pour ça que le commandant nous a demandés. Nous ressemblons beaucoup à ces chiens. Nous aussi étions perdus, à bien des égards. Cependant, nous nous sommes relevés et nous nous sommes serré les coudes, comme une équipe. C’est grâce aux autres que nous sommes ce que nous sommes. C’est à nous de retrouver ces chiens et de nous assurer qu’ils vont bien.
— Aucun de nous n’a de formation K9, objecta Geir.
— C’est vrai. Pourquoi ne pas demander à certains des hommes qui travaillent pour nous aujourd’hui ? Il faut trouver lequel d’entre eux a une formation canine, et nous partirons de là.
— Ethan, suggéra Jager. Il joue actuellement du marteau sur la maison de Geir. C’était un électricien de métier dans l’armée, le genre de type qu’on devrait toujours avoir sous la main. Il est un peu solitaire, comme le reste d’entre nous, mais il a fait un temps à l’unité K9 il y a environ huit ans et a servi avec eux en Afghanistan.
— Ethan ? Il était K9 ? s’étonna Cade. Je ne le savais pas.
— C’est vrai. J’en ai entendu parler, dit Geir, tapotant la table devant lui. C’est aussi un sacré bosseur.
— Oui, effectivement. J’ai parlé avec lui de ce qui s’est passé en Afghanistan. Il n’en dit pas grand-chose, mais je crois que c’est l’accident qui a emporté son chien qui lui a pris sa jambe aussi. Nous devrions commencer par lui, pour voir s’il serait prêt à se charger du premier dossier de chien.
— Le premier dossier ? interrogea Erick, surpris. Tu penses demander à un homme différent de prendre en charge chaque dossier ?
— Ethan pourrait peut-être diriger une division K9 pour la localisation et le repérage, ou au moins, nous donner d’autres pistes pour recruter du personnel K9. Il est possible qu’il connaisse des hommes du métier de retour à la maison qui pourraient s’en charger, dit Talon, qui prenait la parole pour la première fois.
— De toute manière, il a besoin d’un but dans la vie. Nous ne pouvons pas écarter l’idée que ces chiens pourraient être éparpillés aux quatre coins du pays, voire au-delà.
— On ne risque rien à aller lui parler, dit Badger avec un hochement de tête. De mon point de vue, c’est l’homme de la situation, mais il faut qu’il en ait envie.
— Ça me convient, opina Laszlo. J’aime l’idée qu’Ethan prenne tout en main, qu’il soit sur le terrain pour chaque K9 égaré ou qu’il dirige simplement les autres hommes affectés aux dossiers au besoin.
Erik renchérit :
— Ethan est un type bien, même s’il n’est pas facile à aborder. Il est de nature solitaire et il est perdu. Je crois que ce qui lui manque, c’est son partenaire canin. Une fois qu’on fait partie de ce genre d’unité, c’est difficile de s’en détourner.
Il fit une pause pour jeter un œil aux autres.
— Que faisons-nous pour l’argent ? Est-ce qu’on lui en propose ? Non pas que nous ayons grand-chose…
— Appelons Ethan dans la matinée. On lui soumet la proposition et on voit sa réponse.
— Et si on ne lui donnait pas vraiment le choix ? souffla Jager. Comme la plupart d’entre nous, il a appris à recevoir des ordres et à suivre des directives. Je propose qu’on lui dise qu’on cherche un chien, qu’on lui fasse un topo, puis qu’on lui demande d’aller le chercher.
— Pendant son temps libre. Lui aussi doit gagner de l’argent.
Les autres étaient tous d’accord.
Badger sourit.
— Ethan est mieux loti financièrement que la plupart d’entre nous, il a hérité des biens de ses grands-parents. Il se pourrait donc que cet aspect ne soit pas aussi problématique que nous le pensons. En plus, ça pourrait lui redonner la soif de vivre.
— Tout dépend de la façon dont on l’aborde, dit Erick avec un sourire. Comme nous le constatons tous avec les femmes, tout est une question d’approche.
Il sourit en regardant son alliance, et la fit tourner sur son doigt.
— De la même manière qu’eux nous ont surpris, prenons Ethan au dépourvu. Nous savons tous que c’est ce qu’il a vraiment envie de faire.
— C’est possible, fit Jager en opinant du chef. Mais encore une fois, il faut que la décision vienne de lui.
— D’accord, dit Badger en haussant un sourcil, regardant tout le monde acquiescer autour de lui. C’est d’accord pour tout le monde, alors. Ce sera Ethan.
Il récupéra les pages sur le fax, et se mit à rire :
— Voilà qui est encore mieux : ce chien a été perdu au Texas. Sa dernière localisation connue était Houston.
— Parfait, s’esclaffa Cade rit. Au moins, il aura un peu de soutien là-bas avec Levi et ses équipes à proximité.
Le téléphone de Badger sonna. Il décrocha et gloussa.
— Devinez qui c’est ! Timing parfait. Allons lui parler tout de suite.
ETHAN NEBBERLY ÉTUDIA le sol désert devant lui. Son regard errait lentement, à la recherche d’un quelconque signe de mouvement. Il avait aperçu un chien tandis qu’il passait en voiture. Il avait fait demi-tour et était reparti. Rien ne l’obligeait à faire ce détour, mais lorsqu’il avait vu le berger blessé s’éloigner de lui, il n’avait eu qu’une envie, l’aider.
Depuis que Badger avait parlé à Ethan, il avait du mal à songer à autre chose qu’à retrouver le chien du dossier K9:01. Il n’était pas le genre à laisser un animal en difficulté, et il voulait s’y mettre tout de suite. Badger l’avait persuadé de ralentir et de leur laisser du temps pour rassembler quelques informations.
Au cours de sa formation, le chien avait reçu le nom de Sentry, mais comme il avait changé plusieurs fois de maîtres, son nom avait sûrement été modifié au même rythme. Dans sa tête, Ethan continuait donc à l’appeler par un numéro, pour ne plus songer au sort de l’animal. Il avait été vu pour la dernière fois à Houston, ce qui était assez pratique. La société Legendary Security de Levi était dans les environs, et près de l’endroit où Ethan se trouvait.
Quand il comprit qu’il se dirigeait par-là, il prit contact avec Gunner, qui avait contribué à faire entrer Ethan dans le programme de l’Association américaine des chiens de guerre des années auparavant. Ils étaient restés en lien depuis. Gunner n’avait jamais été du genre à laisser un animal dans le besoin et il avait hâte qu’Ethan « ramène son cul chez lui », comme il avait dit.
Là. Du coin de l’œil, Ethan sentit un nouveau mouvement. Le petit berger restait immobile, se fondant dans la roche. Il était suffisamment près pour ne plus échapper à Ethan. Il fit un autre pas en avant, entendant des bruits au loin. Il n’osa pas s’arrêter, le regard toujours posé sur la peau couleur des blés de l’animal dans les hautes herbes. La sécheresse avait donné aux digitaires la même couleur que les poils du chien. Ce berger avait des marques foncées ordinaires autour de la tête et du poitrail, mais son dos était très clair. Ethan fit quelques pas de plus, s’approchant en silence.
Le murmure dû au mouvement continuait sur sa gauche. Il ne voulait pas que d’autres personnes soient impliquées. Il préférait vivre en marge de la société. Les gens posaient trop de questions. Ils prenaient la politesse pour de l’amitié, et ensuite ils fouillaient dans la vie d’Ethan, bien au-delà de ce qu’il était prêt à partager.
Ce chien l’attirait comme il ne l’avait plus ressenti depuis l’époque de l’unité canine de l’armée. Il avait vu plus que sa part d’animaux blessés, des chiens estropiés au point d’en être méconnaissables, au point où les abattre avait été un acte charitable. Il avait aussi vu des hommes dans le même état.
Parfois, il se demandait si ces personnes n’auraient pas préféré une balle, comme ces chiens avec lesquels il avait travaillé. Ethan lui-même était un de ces blessés toujours debout. Il comprenait en partie ce que ce chien traversait. Encore un pas, et le berger riva les yeux sur lui. D’après la taille du chien, le traqueur avait deviné qu’il s’agissait d’une jeune femelle. Elle paraissait épuisée, en colère, blessée et incroyablement dangereuse. Un grognement sourd jaillit de l’arrière-gorge de la chienne.
Ethan s’immobilisa, envoyant des vagues de tendresse en direction de l’animal. Il ne savait pas si c’était utile, mais il avait toujours eu un don avec les chiens, surtout les plus violents. En plus, il préférait passer du temps avec des animaux à quatre pattes qu’à deux.
Il avait consacré toute sa vie à chasser ces derniers. Traquer ce quadrupède était affaire de compassion ; Ethan ne pouvait pas s’en aller et le laisser tranquille.
Derrière lui, un homme cria :
— Hé, je peux vous aider ?
Ethan ne répondit rien. Il savait que ce n’était que la première salve. D’autres questions suivraient.
Il fit un pas de plus vers le berger. Le grognement reprit. Cette fois, il savait que l’homme pouvait l’entendre aussi. Ethan ne détourna pas le regard. Il s’accroupit lentement, et le grondement sourd du berger descendit d’une octave.
Il ne dit rien à l’animal. Celui-ci savait que les mots étaient vains. Elle les avait déjà entendus. Sa blessure ne pouvait avoir été causée que par un humain. Ethan s’accroupit plus bas encore, puis fit un autre pas vers la chienne.
Derrière lui, il entendit des bruits de course, mais une fois de plus, il ne détourna pas le regard. Il leva une main à l’attention de la personne en approche. Les bruits de pas cessèrent de nouveau. Quand Ethan entendit le souffle court de l’homme qui se rapprochait de lui, il sut que lui aussi avait repéré le berger.
Ce dernier se remit à grogner.
— Vous êtes sûr de vouloir l’approcher ? demanda doucement l’étranger.
Ethan lui adressa un simple hochement de tête, gardant la main levée pour empêcher l’homme de s’approcher. Il fit un pas de plus, s’accroupissant encore plus bas pour paraître moins menaçant aux yeux de l’animal blessé.
Comme il avait souffert d’abus de la part d’un humain, ce n’était peut-être pas le cas.
Ethan comprenait cette mentalité. Il n’était pas antisocial, il n’aimait simplement pas les gens. Malgré tout, il avait accepté de voir Gunner, et il était à la recherche d’un chien disparu. Malheureusement, ce n’était pas celui-là. Ethan recherchait un grand mâle avec des couleurs différentes.
Il fit deux pas de plus en direction de la chienne : elle avait le regard morne, comme si elle était à bout de forces. Il n’était plus qu’à un mètre. Il tomba à genoux et resta assis là, à scruter ses blessures. Elle avait du sang sur le flanc, une blessure à la patte, ses tendons, muscles, et peut-être même l’os explosés. Il allait falloir examiner de près son épaule avant. La femelle était affamée, en fuite, et elle avait mal. Elle avait mené son dernier combat, et pensait qu’elle était finie.
Il tendit la main vers elle avec douceur, s’abaissant encore plus près du sol. Elle le suivit des yeux, sans faire de bruit. Ses iris étaient dorés et imprégnés de douleur, mais elle avait encore assez de hargne pour lui causer de graves blessures si elle s’attaquait à lui. Même s’il était inquiet pour elle et ses propres blessures, il fallait l’en convaincre. Le silence régnait dans le vent qui soufflait derrière lui. L’herbe s’inclinait doucement, balayée par la brise, mais elle ne s’en préoccupait pas.
Lui non plus.
Il fit un nouveau pas en avant, lentement, prudemment. Elle contracta les muscles, retroussa légèrement les babines, ce qui dévoila ses dents, mais le son qui émanait de sa gorge n’était pas féroce. Il se rapprocha. Alors, elle fit une chose qui lui brisa le cœur.
Elle baissa la tête, et abandonna.
C’était douloureux de la voir ainsi, parce qu’il était déjà passé par là. Des larmes lui brûlaient le coin des yeux tandis qu’il observait l’un des animaux les plus fiers, les plus forts et les plus beaux du monde rouler à terre, l’air de dire « j’en ai assez ». Ça ne l’aidait vraiment pas à cet instant. Il avait besoin d’elle pour se battre contre ce qui allait venir. Ce serait moche, mais s’il parvenait à l’amadouer, elle serait mieux de l’autre côté. Au cours de l’heure, du jour, et peut-être même des semaines qui suivraient, si ce n’étaient des mois, elle devrait affronter une convalescence douloureuse. Ce serait une saloperie.
Avec son aide, elle serait capable de guérir.
Il tendit lentement une main vers sa fourrure.
L’étranger derrière lui murmura :
— Attention. Elle n’en a pas encore fini. On voit encore la flamme au fond de ses yeux.
Ethan fit un petit hochement de tête : c’était une bonne chose. Peut-être n’avait-elle pas totalement abandonné. Il posa une main sur son épaule, la sentit frémir sous sa main : tout son corps tremblait de peur. Elle était très faible, et ne pouvait rien faire d’autre que rester allongée là, sachant que la fin était proche. Rapidement, il passa une main dans son dos, tâtant toutes ses côtes. Elle avait la patte cassée, la peau abîmée et croûtée par une infection, des blessures sur le ventre, et pour le reste… il ne savait pas encore.
— Est-ce qu’elle a été renversée par une voiture ? voulut savoir l’homme, maintenant à côté de lui.
Ethan hocha la tête.
— J’ai un anesthésiant dans la main. J’aimerais l’administrer au berger, pour qu’on puisse lui apporter notre aide.
Lentement, Ethan détourna la tête de l’animal devant lui et prit le risque calculé de pivoter pour regarder le grand homme à ses côtés. Il scruta le crâne chauve, les épaules massives d’un homme musclé vêtu d’une chemise et d’un short, avec une prothèse très intéressante au bout d’un moignon qu’on remarquait à peine sous le short noué. Stone. Il tendit une seringue.
— Bonjour, Stone. Je vais la prendre.
Stone hocha la tête, et la seringue changea de main. Le berger, dont le corps tremblait, les regardait.
D’une main douce, Ethan lui administra lentement l’anesthésiant, pour atténuer sa douleur. Il doutait que cela suffise à l’assommer, mais si c’était assez pour la déplacer, au moins ils pourraient lui trouver de l’aide.
— Il y a un véto au coin de la rue, informa Stone. Un refuge pour animaux juste en bas de la colline.
Ethan plissa les yeux en étudiant son environnement. Il ne s’était pas rendu compte qu’il était si proche de la maison d’Anna et Flynn. Il patienta le temps que l’anesthésie fasse effet et que les yeux du berger se ferment lentement. Il rendit la seringue à Stone en se redressant lentement.
— Tu as le bonjour de Kat.
Les yeux de Stone s’élargirent, et le coin de sa bouche se releva.
— Eh bien, ça alors. Ethan. C’est bien toi. Je n’étais pas sûr au début, mais il n’y a pas beaucoup d’humains que je connais qui pourraient approcher un animal blessé comme tu viens de le faire.
Ethan tressaillit devant cette réponse.
— Je ne suis plus aussi doué, c’est moins fluide qu’avant.
Il fit un geste en direction de la jambe de Stone :
— Je crois que je porte un modèle plus élaboré que le tien,
Stone fanfaronna.
— Absolument pas. Comment Kat pourrait-elle faire autrement que me donner le modèle dernier cri ? demanda-t-il avec un grand sourire.
Il tendit une main et serra celle d’Ethan.
— Bon sang, c’est vraiment un plaisir de te voir. Ça fait quoi ? Trois ou quatre ans que je ne t’ai pas vu ?
Ethan haussa les épaules.
— Peut-être. Ça fait au moins deux ans que je ne suis plus en service actif.
— Levi a parlé de ta venue, mais je ne t’attendais pas si tôt. Et je ne sais pas non plus pour quelle raison tu es ici. À part pour rencontrer Gunner.
— Je suis là suite à une requête de la chaîne de commandement. Je cherche un chien K9 qui pourrait ou non être mal en point. Et ouais, Gunner est sur ma liste des types chez qui je dois m’arrêter.
— Gunner est un bon gars. Je sais qu’il recherche des chiens de sécurité. On dirait que vous pourriez bien vous entendre. Stone désigna la colline.
— J’étais en train de donner un coup de main chez Anna pour créer une autre série de parcours pour les chiens quand je t’ai vu.
Il posa les yeux sur les jambes d’Ethan et ajouta :
— Désolé pour l’accident qui t’a pris ta jambe. Parfois la vie est une sacrée pétasse, non ?
Ethan baissa le regard vers le chien à ses pieds.
— Parfois, ce sont les pétasses qui sont la vie.
Il se retourna pour regarder son camion garé sur le bord de l’autoroute :
— Je ne connais pas l’étendue de ses blessures, mais ça a l’air grave.
— Luise va nous dire ça, répondit Stone.
Ethan fit le tour et passa délicatement les mains sous la maigre chienne. Il fit un signe de tête vers son camion.
— Je peux la tenir, si tu peux conduire.
Stone eut de nouveau un regard surpris. Il évalua la distance :
— Tu vas monter dans la benne ou la cabine ?
— Dans la benne.
Stone hocha la tête une fois, et les deux hommes, sans dire un mot de plus, se dirigèrent vers le gros pick-up noir Dodge Ram 3500 d’Ethan. Il lui fallut se démener un peu pour grimper dans la benne du camion tout en tenant le berger, mais Ethan y parvint.
— Jolies roues, remarqua Stone en fermant le hayon avant de grimper côté conducteur et tourner la clé pour démarrer le moteur. Stone conduisit prudemment, et s’inséra dans la circulation.
Au loin, Ethan voyait des gens les observer tous les deux. Il les ignora, concentrant son attention sur le berger dans ses bras. Il repéra son numéro de tatouage sur sa patte. Il ne ressemblait pas à un de la marine, plutôt à un éleveur, ou son propriétaire. Elle pouvait être aussi pucée. Il allait falloir un véto pour le savoir. Il le nota. À un moment donné, quelqu’un avait pris soin d’elle.
Il le découvrirait bien assez tôt.
Moins de dix minutes plus tard, ils se garèrent sur le grand parking d’une clinique vétérinaire encore plus grande. Stone descendit, fit le tour du véhicule et ouvrit le hayon pour qu’Ethan puisse glisser avec son précieux chargement. Puis ils entrèrent.
Le temps qu’Ethan franchisse les doubles portes vitrées, quelqu’un poussait déjà une civière vers lui. Très doucement, il déposa le berger dessus.
Une femme s’avança devant lui, jeta un coup d’œil au berger et demanda :
— Savez-vous ce qui s’est passé ?
Ethan secoua la tête.
— Je l’ai aperçue il y a de cela une heure environ. Je la suis.
Stone l’interrompit.
— Louise, c’est le berger dont on t’a parlé. Celui qu’on n’a pas pu approcher.
Son regard passa d’un homme à l’autre, puis elle baissa les yeux sur la chienne.
— Eh bien, apparemment quelqu’un y est parvenu. Elle se retourna, poussant le brancard vers l’ensemble de portes opaques à l’intérieur, sur lesquelles on pouvait lire « Chirurgie ».
— Je vous ferai savoir ce que je trouve.
Ethan la suivit.
Elle s’arrêta devant les portes de la chirurgie et lui fit face.
— Personnel médical uniquement.
Il croisa les bras sur sa poitrine et la fixa du regard.
Elle hésita, regarda Stone, puis Ethan.
— Alors vous êtes l’un d’entre eux ?
Il haussa un sourcil.
Elle soupira.
— Vous avez une formation ?
Il inclina la tête sur le côté.
— Du genre terrain.
— Évidemment. Vous êtes maître-chien.
Il haussa légèrement les épaules.
— On peut dire ça. Entraîneur, maître-chien, gardien des chiens de guerre.
Elle semblait hésitante.
— Je veux rester à ses côtés.
Louise prit une décision rapide et lui adressa un petit signe de tête.
— Restez en dehors de mon chemin.
Il ne répondit rien, se contenta de poser une main sur le berger et de suivre la civière. Il pénétra dans une grande salle avec plusieurs postes de chirurgie.
Louise lança ses ordres. Le personnel accourut. Pendant qu’Ethan regardait, on fit des prises de sang, des radios et un examen physique complet, tout cela fut rapide, mais efficace.
Louise dit enfin :
— Je reviens dans une minute. Je veux voir ses radios.
Ethan n’avait pas dit un mot, sa main sur la tête de la chienne, qu’il caressait doucement pour qu’elle sache qu’elle n’était pas seule.
Finalement, Louise revint.
— Elle est dans un sale état.
Elle ordonna qu’on perfuse la chienne.
— Nous allons lui apporter des fluides et des nutriments et essayer de la stabiliser. Elle a plusieurs côtes cassées. Sa patte l’est aussi. Sa patte arrière semble avoir pris un sacré coup également. Il nous faudra peut-être lui poser des broches sur la hanche, prévint-elle prudemment.
— Quelqu’un lui a également tiré dessus, un coup indirect sur l’épaule droite. En ce qui concerne sa fracture à la patte, ça n’est pas très joli à voir. Elle sortit son téléphone, sur lequel elle afficha une photo.
Le cœur d’Ethan se serra en la voyant.
— Vous n’êtes pas son propriétaire. Qui va payer pour ça ?
— Moi.
Il lut la surprise dans son regard.
— Heureux de l’entendre. Est-ce que vous allez nous laisser prendre soin d’elle ?
Il tapota la tête de la chienne.
— Oui. Je pense que sa hanche va bien. Elle n’aura pas besoin de broches.
— Je verrai au fur et à mesure que j’avancerai. Il semble que l’animal soit jeune et qu’elle était amaigrie quand elle a été percutée. Elle s’est probablement traînée à l’écart de la route et tente de survivre depuis.
Il hocha la tête.
— Soignez-la, dit-il avant de reculer d’un pas. À n’importe quel prix.
Louise hésita avant de dire doucement :
— Vous savez que ça peut coûter cher.
— Je peux facilement gagner plus d’argent, dit-il, le regard fixe. Parfois, nous avons tous besoin de quelque chose de plus que de l’argent. Sur ces mots, il se retourna et sortit de la salle d’opération. Instinctivement, il sut que Louise était le genre de vétérinaire qui prenait son métier à cœur. Elle ferait tout ce qu’elle pourrait pour garder ce berger en vie.
CINNAMON MICHELSON SCRUTA l’homme qui se tenait devant les portes de la salle d’opération, les mains enfoncées dans ses poches, une grimace sinistre sur les lèvres, la mâchoire serrée. Elle ne comprenait pas ce qui se passait, mais en tous les cas, il souffrait. Tandis qu’elle l’observait, elle vit un muscle de sa mâchoire se contracter à cause de ce qui se passait de l’autre côté du verre dépoli.
Cela faisait trop longtemps qu’il était là. De son point de vue, ce n’était pas bon pour lui. À l’évidence, il y avait un animal blessé dans la salle, et il y tenait beaucoup. Elle avait amené le chien d’un ami pour un soin plus proche du toilettage. Elle s’en occupait régulièrement.
Le petit gars en avait encore pour une demi-heure avant d’être prêt à rentrer chez lui.
Elle se tourna pour jeter un œil à la grande salle d’attente, avant de se diriger vers la cafetière. Elle versa deux tasses. Elle observa l’homme toujours debout devant la porte, et s’approcha de lui.
— Je me suis dit que vous pourriez avoir besoin de ça.
Il se retourna si vite qu’elle faillit en renverser le café. Il tendit les mains pour la stabiliser, mais ne récupéra pas les tasses chaudes. Il lui avait attrapé les poignets.
Elle expira lentement. D’une voix douce, elle dit :
— Je suis désolée. Je ne voulais pas vous faire peur. Je vous ai apporté une tasse de café.
À voir la confusion dans le regard intense qu’il lui jeta, elle se demanda depuis combien de temps quelqu’un n’avait pas fait un geste aussi simple pour lui.
Elle lui sourit.
— Vous n’aviez pas l’air d’être le genre de type à prendre du sucre.
Il inclina la tête sur le côté, puis baissa les yeux sur ses poignets. Il laissa retomber ses mains et accepta la tasse. D’une voix basse et profonde, il lui dit :
— Merci. Et non, pas de sucre.
Elle eut un geste vers la zone où le café était installé et ajouta :
— Si vous avez besoin de crème, c’est là-bas.
Il se pinça les lèvres.
— Noir, c’est la seule façon de boire du café.
Il jeta un coup d’œil à sa tasse, puis à celle de la jeune femme.
— Merci. Je suis navré de vous avoir empoignée.
Sa voix semblait presque… rouillée, comme s’il lui était difficile de formuler des excuses ou de faire la conversation.
Elle ne comprenait pas quel était le truc avec ces hommes blessés, mais elle était vraiment attirée par eux. Elle pencha la tête d’un mouvement doux, craignant qu’un déplacement plus brusque ne l’effraie.
— Vous ne m’avez pas fait mal, alors tout va bien.
Elle fit un pas en arrière et s’assit sur l’une des chaises contre le mur.
— Ça ne sert à rien de rester là et de regarder les animaux de l’autre côté. Vous le savez, non ?
Elle le vit fermer les yeux l’espace d’un instant, comme s’il rejoignait son propre petit monde. Elle était navrée d’avoir abordé le sujet.
Il lui adressa un sourire en coin et dit :
— Il n’y a rien de mal à le faire non plus.
— Vous ne pensez pas que ça vous fait encore plus de mal ? Quel que soit l’animal blessé qui se trouve ici, il reçoit les meilleurs soins possibles. Louise est phénoménale.
— Je ne la connais pas, mais j’espère que ce berger recevra les soins dont elle a besoin.
— Elle est à vous ?
Elle vit son regard se voiler, comme pour protéger ce que ses yeux pourraient lui révéler. Il lui adressa un bref signe de tête.
— Non, je l’ai vue sur la route en passant en voiture. Puis je me suis arrêté pour l’aider.
— Vous avez une idée de ce qui lui est arrivé ? demanda-t-elle avec curiosité.
Elle ne lui avait pas dit que sa principale occupation était d’organiser des adoptions d’animaux, généralement en provenance de l’étranger, mais parfois aussi dans la région ou dans tout le pays. Anna et elle travaillaient en étroite collaboration. Il ne connaissait probablement pas Anna, et n’était sûrement pas au courant de l’existence de son refuge.
— Non, dit-il, la voix enrouée. Elle a probablement été renversée par un véhicule.
Elle recula.
— Un événement bien trop fréquent, murmura-t-elle. Elle baissa les yeux sur la tasse de café qu’elle tenait et la leva, espérant qu’elle ne lui brûlerait pas les lèvres. Elle souffla sur le bord, et but une gorgée.
— Qu’allez-vous faire après qu’on se soit occupé d’elle ?
Il se contenta de la regarder.
— C’est que vous n’avez pas encore réfléchi à ça ?
Il leva encore le regard.
