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Etienne Jacobée au Potager des Princes Catalogue de l'exposition de sculpture L'exposition À quelques pas du Parc du Château et des Grandes Ecuries, dans le cadre remarquable du Potager des Princes qu'il a lui-même fait renaître, Yves Bienaimé invite pour toute la durée hivernale le sculpteur Étienne Jacobée à investir ce lieu incroyable pour un dialogue entre la sculpture et la paysage. Le sculpteur Étienne Jacobée est né en 1964, il vit et travaille aujourd'hui à Chantilly. Il expose au Potager des Princes des pièces linéaires dressées comme des corps en pleine métamorphose, enracinées au sol ou présentées sur des pieds architecturés comme ces mâts électriques observés le long des routes dans les champs. La couleur chez lui est suggérée et apparaît par moment pour orienter le regard. Un ensemble où circule la vitalité et l'énergie comme de la sève. Séparées des premières par le bassin du théâtre, d'autres sculptures surgissent comme dans un sanctuaire, avec des pièces à base de segments, des huttes sans âge qui pourraient être des refuges, des abris d'un grand dépouillement et d'une sobriété cistercienne ou préhistorique. Catalogue avec texte d'Emmanuel Daydé. Emmanuel Daydé est historien de l'art, critique musical et dramatique, journaliste et curateur français. Exposition du 12 novembre 2017 au 31 mars 2018
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Seitenzahl: 22
Veröffentlichungsjahr: 2018
À ma mère, Marie-France Jacobée-Bernaudin
L’hiver qui vient, par Emmanuel Daydé
Les sculptures au Potager, octobre 2017
À propos d’Étienne Jacobée
À propos d’Emmanuel Daydé
Le Potager des Princes
Les musiciens
Descriptif des pièces
« Il est au milieu de l’univers, entre la terre, la mer et les régions célestes, sur les limites de ces trois mondes, un lieu d’où l’on voit tout ce qui se passe dans ces pays, même les plus éloignés... C’est là qu’habite la Renommée... Elle voit par elle-même tout ce qui s’accomplit dans le ciel, dans la mer et sur la terre, elle surveille l’univers entier ». Ovide, Les Métamorphoses (chapitre XII, la Renommée).
En faisant fondre et réinstaller en 1989 la virevoltante statue équestre de La Renommée de Coysevox sur le dôme des Grandes Ecuries de Chantilly, Yves Bienaimé ne se doutait pas qu’il allait un jour accueillir, dans le parc de la Faisanderie du Grand Condé, restauré par ses soins, un décor statuaire contemporain, susceptible d’égaler celui voulu par Louis XIV et Louis XV pour leur château-jardin de Marly. En invitant le cantilien Étienne Jacobée à investir de ses sculptures de fer le Potager des Princes, c’est pourtant au domaine enchanté de Marly que se confronte l’ancien parc de la Faisanderie. On se souvient que, placées de part et d’autre de la balustrade surplombant le bassin de l’Abreuvoir à l’entrée du parc de Marly, les statues équestres de La Renommée et de Mercure, commandées à Coysevox à la toute fin du XVIIe siècle par Jules Hardouin-Mansart, ouvraient en fanfare ce château des plaisirs privés du roi et de ses amis. Parangon d’un classicisme à la française soucieux (voire sourcilleux) d’harmonie, de mesure, d’équilibre et de gravité, le sculpteur Antoine Coysevox - l’un des rares de son temps à ne pas se contenter de modeler la terre mais à tailler lui-même le marbre - bouleverse la force tranquille de ses groupes ciselés, aux crinières ébouriffées et aux veines saillantes, par un dynamisme vigoureux et une nouvelle recherche d’instabilité. Coysevox avait déjà testé une telle amplitude et une semblable mise en danger, inspirées de Bernin et d’essence toute baroque, dans son célèbre buste aux yeux fous, au regard détourné et au visage déporté de trois-quarts vers la droite, du Grand Condé (aujourd’hui conservé dans le château de Chantilly). Guillaume Coustou, son élève et neveu, renforce cette agitation de forces sauvages et contraires lorsqu’il remplace à Marly les sculptures de son oncle, réinstallées place de la Concorde à Paris, par de fougueux Chevaux retenus par des palefreniers. «
