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Les baleines bleues peuvent atteindre 3000 mètres de profondeur et rester sous l'eau plus de deux heures. « Tu ne vis plus, tu survis » m'a dit la psychologue. Je suis allée voir une psychologue car ma tête est un océan où des milliers de créatures vivent. Mais maintenant, ces créatures me tuent. Chaque pensée est froide, et vient heurter ma tête telle une vague engloutissant tout sur son passage. Depuis quelque temps, ces pensées sont si violentes qu'elles heurtent aussi mon corps. Enfin, c'est ce que les autres disent. Les autres, c'est ma famille. Quand je suis rentrée chez moi pour les vacances de Noël, ce fut leurs premières paroles, en me voyant. « Ce pantalon te serrait, maintenant tu flottes dedans » « Tu es vraiment trop maigre, Alice, ce n'est pas joli. » « Tu es toute grise, tu as l'air malade. » Leurs réflexions ne faisaient qu'agiter mon océan déjà rempli de créatures. Elles ne faisaient qu'augmenter la force des vagues froides. Puis, cela est devenu plus sérieux encore. Les autres sont devenus, la psychologue, le médecin. Mon IMC était « tellement bas » qu'on me parlait de « dénutrition sévère ». Le pire, c'est que je ne me rendais compte de rien, je ne me sentais pas malade. Mais la nourriture était constamment présente dans ma tête. Je pensais tellement, tellement à la nourriture, que je ne pouvais plus. Je ne pouvais plus manger, et quand je le faisais, c'était comme si je me tuais.
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Seitenzahl: 145
Veröffentlichungsjahr: 2023
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Née en Normandie en 2002, elle effectue sa scolarité dans cette région, avec une sensibilité très littéraire et créative. Passionnée par l’image, l’esthétisme, elle commence des études de cinéma dans une école située à Paris avant d’être hospitalisée pour anorexie et dépression. C’est à la clinique qu’elle débute son premier roman, « Fantôme Branché » tout en se passionnant aussi pour la peinture. Ses œuvres artistiques traduisent le mal-être d’une jeune femme tiraillée entre la mélancolie et un univers onirique.
Édition 2023
Alice Delabriere
V2
Pôle Normand de l'Art et de la Musique
Illustration et design :
Alice Delabriere
Alla Sokolova-Alain Le Levier
ISBN :978-2-38161-015-3
https://www.naproduction-edition.eu
Courriel:[email protected]
Prologue
Chapitre 1 Mon arrivée a l’hôpital
Chapitre 2 Ma première journée
Chapitre 3 La visite de mon père
Chapitre 4 Paulin
Chapitre 5 La Saint-Valentin
Chapitre 6 La musicothérapie
Chapitre 7 Les quinze heures
Chapitre 8 La pesée
Chapitre 9 La venue d’Eliott
Chapitre 10 L’ostéodensitométrie
Chapitre 11 Le changement de chambre
Chapitre 12 L’atelier écriture
Chapitre 13 Le malaise
Chapitre 14 Le complément alimentaire
Chapitre 15 La balance
Chapitre 16 Le transit
Chapitre 17 Le coronavirus
Chapitre 18 La cigarette
Chapitre 19 Solange
Chapitre 20 La surprise
Chapitre 21 L’audition de Cloée
Chapitre 22 La libanaise
Chapitre 23 Les parties crêpes
Chapitre 24 Le départ de Stéphanie
Chapitre 25 Le poème gai
Chapitre 26 La rencontre
Chapitre 27 Le château de Versailles
Chapitre 28 La schizophrénie
Chapitre 29 Le jury
Chapitre 30 Les votes
Chapitre 31 La permission
Chapitre 32 La marche des fiertés
Chapitre 33 La vérité
Chapitre 34 La dernière séance
Chapitre 35 Le renouveau
Chapitre 36 Le grand jour
Les baleines bleues peuvent atteindre 3000 mètres de profondeur et rester sous l'eau plus de deux heures.
« Tu ne vis plus, tu survis » m'a dit la psychologue.
Je suis allée voir une psychologue car ma tête est un océan où des milliers de créatures vivent. Mais maintenant, ces créatures me tuent. Chaque pensée est froide, et vient heurter ma tête telle une vague engloutissant tout sur son passage. Depuis quelque temps, ces pensées sont si violentes qu'elles heurtent aussi mon corps. Enfin, c'est ce que les autres disent. Les autres, c'est ma famille.
Quand je suis rentrée chez moi pour les vacances de Noël, ce fut leurs premières paroles, en me voyant.
« Ce pantalon te serrait, maintenant tu flottes dedans » « Tu es vraiment trop maigre, Alice, ce n'est pas joli. » « Tu es toute grise, tu as l'air malade. »
Leurs réflexions ne faisaient qu'agiter mon océan déjà rempli de créatures. Elles ne faisaient qu'augmenter la force des vagues froides.
Puis, cela est devenu plus sérieux encore.
Les autres sont devenus, la psychologue, le médecin. Mon IMC était « tellement bas » qu'on me parlait de « dénutrition sévère ». Le pire, c'est que je ne me rendais compte de rien, je ne me sentais pas malade. Mais la nourriture était constamment présente dans ma tête. Je pensais tellement, tellement à la nourriture, que je ne pouvais plus. Je ne pouvais plus manger, et quand je le faisais, c'était comme si je me tuais.
L'hôpital sentait l'hôpital. Je suis rarement allée à l’hôpital auparavant. C'était surtout des visites, des consultations rapides, sans importance.
Mais là, j'avais mon sac à dos et ma plus grande valise, la rouge sur laquelle j'avais dessiné au marker noir un personnage du Voyage de Chihiro. J'adore faire rouler ma valise, la tenir. Cela annonce un départ, un voyage, peu importe lequel, je trouve ça agréable. J'aime prendre l'avion, le train, j'aime même attendre à l'aéroport. La plupart des gens s'en plaignent. Moi j'aime bien ça, attendre dans l'aéroport. Acheter un sandwich, au cas où. Puis manger dans l'avion, ça aussi j'aime.
Mais en ce moment, je n'aime plus rien. Manger un sandwich dans un aéroport déclencherait en moi une guerre imminente. C'est pour cela qu'aujourd'hui, avec mon jean trop large, mes cheveux en bataille, et ma grosse valise rouge à la main, je vais me faire hospitaliser. Anorexie mentale et dépression. Ma mère a voulu m'accompagner. Pour faire mon admission, nous nous retrouvons dans le bureau d'une psychiatre, une femme d'une quarantaine d'années au carré blond vénitien. L'étiquette accrochée à sa blouse blanche indiquait Dr Attic. Sa voix était calme et chaleureuse. Elle parlait, elle parlait... Je n'écoutais qu'à moitié. C'était tellement dur de me concentrer, sur quoi que ce soit. Mon cerveau lâcha au bout de quelques minutes et s’enfonça vers d'autres pensées plus sombres, comme ce que j'allais manger ce soir, ce qu'ils vont me donner à manger, si je vais manger.
Ma mère posait des questions : « A qui Alice va-t-elle pouvoir parler ? » « Va-t-elle avoir un traitement ? » bla bla.
Après quelques minutes d'explications dans ce bureau sentant l’hôpital et le gel hydroalcoolique, je dis au revoir à ma mère. Elle me prit dans ses bras et me tapota l'épaule tristement. Nous n'avions jamais été très proches, mais je savais qu'elle s’inquiétait et qu'elle pensait à moi. Je l'entendis souffler un « Je t'aime », avant que la porte de l'ascenseur rouge métallique se referme sur moi.
Un infirmier m'emmena au troisième étage. Chambre 307. Un lit une place, au milieu de la chambre. Une petite table de chevet. Une petite commode. Un bureau avec une lourde chaise en cuir. Un placard à porte coulissante. Bref... une chambre d’hôpital.
L'infirmier m'expliqua qu'il allait devoir me prendre quelques affaires qui pourraient être dangereuses, juste pour quelques jours. Je hochais la tête. J'étais fatiguée. Mon corps était présent mais mon esprit était bien lointain. Je m'assis sur le lit tandis qu'il vidait ma valise et mon sac. Il confisqua ma ceinture, je pourrais me pendre avec, je suppose. Il prit mes lacets, mes pulls à capuche, ma pierre d'améthyste, mes chaînes de collier, d'autres choses encore. Je n'avais pas la force d'y prêter trop d'attention.
Il me laissa dans la chambre quelques minutes, puis il revint et me demanda de m'allonger et de tendre mon bras. Il regarda les scarifications sur mon bras et demanda de quand elles dataient. « 4 ans environ » répondis-je vaguement. Cela faisait plusieurs années que je me sentais mal dans ma tête. Je n'ai jamais vraiment rien fait pour aller mieux, j'ai vu un ou deux psychologues, ça n’a servi à rien. Mais là, c'était différent, ma santé mentale semblait affecter ma santé physique. Je fixais le mur tandis que l'aiguille s’enfonçait dans ma peau pour prendre mon sang. L'infirmier me demanda de serrer le poing, puis de le desserrer. Plusieurs fois de suite. Je ressentais une forte douleur au niveau de mon avant-bras et je ne trouvais plus la force de serrer le poing. Je regardais mon bras, mes veines étaient étonnamment bleues. « Vous pouvez souffler, c'est fini ! »
Je ne pouvais pas souffler, car je me sentais trop faible pour même respirer.
Il sortit de la chambre.
Je restais immobile sur le lit en bois. Quelques secondes s'écoulèrent, ou minutes, je ne saurais dire.
Puis il réapparut avec un chariot à roulette et une grosse machine posée dessus entourée de fils. « Vous avez déjà fait un électrocardiogramme ? » Je fis non de la tête. « Vous n’inquiétez pas, ça va aller vite. » Il me plaqua doucement des espèces de patchs métalliques sur le ventre, la poitrine, les poignets, les chevilles. Certains fils étaient noirs et d'autres rouges. « Le rouge et le noir » dit-il en souriant. Je ne savais pas trop quoi répondre. J’aperçus son étiquette indiquant Paul. « Stendhal. J'aime bien faire cette blague aux patients », expliqua-t-il en me branchant à une petite télé qui fait des courbes. « Ah, oui, d'accord. » Je n'avais pas un sens de l'humour très développé, surtout ces jours-là.
Allongée sur ce lit, branchée à un écran, j’eus l'impression d'être un extraterrestre que l'on ramène à la vie après une explosion spatiale.
On m'emmena dans une autre pièce, dans le poste de soin. Ça sentait encore plus l’hôpital. Une infirmière me salua en me souriant. Son étiquette de blouse indiquait Elizabeth. Elle posa au bout de mon doigt une pince pour contrôler la saturation de mon cœur. Elle ne semblait pas y arriver. « Vous avez froid ? » demanda-telle. J'ai constamment froid. Quelle question ! Je jetai un regard sur mon doigt qui, en effet, était jaune et mes ongles bleus-violets. Elle m'emmena vers le lavabo, on a laissé couler l'eau chaude sur mes doigts pendant une bonne minute.
Puis elle fit un nouvel essai avec la pince au bout de mon doigt « Vous devez avoir sacrément froid, dis-donc ! » s'exclama-t-elle avec un sourire désolé. Son fichu test ne fonctionnait toujours pas. « On réessaiera dans quelques minutes. » Elle enroula ensuite mon bras dans un tensiomètre qui serra fort mon biceps. Un bruit de sirène de bateau retentit, puis le tensiomètre se dégonfla comme une bouée en canard jaune. Elle nota ma tension sur un bout de papier, puis une troisième fois, elle posa la pince qui ressemblait à une agrafeuse au bout de mon doigt. Cette fois était la bonne. « Ah, enfin ! » s'exclama-t-elle. « On a juste une dernière petite chose à vous faire »
Je savais qu'elle parlait du test PCR. Car si je suis malade, mentalement, le monde qui m'entoure l'est aussi. Le coronavirus s'est propagé partout dans le monde.
Je m'assis sur un tabouret pendant que Paul ouvrait un sachet de deux longs bâtons ressemblant à des cotonstiges. « C'est un peu dérangeant, mais ça ne va pas être long. » Avec le premier bâton dans ma narine gauche, il fit quelques mouvements étranges. Effectivement cela fut dérangeant, je dirais même affreux. Puis il fit la même chose dans la narine droite. Je sentis une légère larme au coin de mon œil. Je me suis sentie faible. Puis encore plus faible. En me levant j’eus un énorme vertige. J'avais souvent des vertiges. C'était comme si, tout d'un coup, j'allais m'effondrer, tomber sur le sol, et y rester tel un insecte mort. Je vis tout noir pendant quelques secondes. Ma vue se brouilla, je sentis une goutte de sueur couler sur mon front, malgré le froid de mon corps. Je suis soumise aux faiblesses de mon corps.
Je ne fus guère étonnée de ce vertige. Je m'adossai contre le mur, fermai mes yeux. Et c'est passé. Ça passa Elizabeth et Paul m'ont dit quelques mots, que je n'ai à peine écoutés. « Installe-toi dans ta chambre, les plateaux repas seront bientôt apportés...Bla Bla... si tu as besoin de quoi que ce soit...etc. »
Je suis retournée dans la chambre que je pouvais maintenant appeler « ma chambre », je suppose. Je pliai mes habits, rangeai mes affaires, posai ma peluche panda sur mon lit. Je me suis révélée organisée, ce que je ne suis jamais. J'ai éteint mon téléphone et l'ai déposé dans le dernier tiroir de la commode en bois. Je ne voulais pas parler, pas voir, pas entendre le monde extérieur. Cet objet est si important de nos jours que nous ne le lâchons jamais. Il affecte sans doute aussi ma santé mentale, alors je le laisserais quelque temps dans ce tiroir. De toute manière, je suis certaine que peu de gens remarqueront mon absence. J'étais comme morte.
Puis je me suis avachie sur le lit en regardant le plafond.
Un peu plus tard, on frappa. Elizabeth, venait m'apporter le traitement. Elle versa plusieurs gouttes bleues dans un verre en carton, puis deux gouttes de liquide visqueux, et me le tendit ainsi que deux médicaments que j’avalais aussitôt. Elle répéta avec sa voix douce que si j'avais besoin d'elle, elle était là, que je n’hésite pas à l’appeler. Puis elle repartit avec son chariot à roulettes pour distribuer aux autres patients leurs traitements. J'eus à peine le temps de me rasseoir que l'on déposa le plateau sur le bureau. Il était 18h30. Je me retrouvais face à ce plateau. Je fus prise d'angoisse. Ma tête me brûlait, et me glaçait en même temps. Devrais-je manger ? Si j'étais ici, c'était pour guérir. Alors il fallait que je mange. Mais j'allais y penser pendant des heures, et culpabiliser, me haïr. Devrais-je juste laisser la nourriture refroidir et attendre qu'on vienne la rechercher ? Je vais faire ça, ils comprendront. Non, je ne peux pas faire ça. Je suis hospitalisée pour anorexie mentale. Je veux guérir, je veux reprendre du poids, je ne veux plus avoir froid, avoir des vertiges. Mais alors pourquoi suis-je incapable de manger cette fichue nourriture ? Mes yeux se posèrent sur le plateau avec dégoût et peur. Je devais au moins essayer.
Je bus le bol de soupe à la courgette, ou aux poireaux. Ou les deux.
Encore allongée sur le lit, j'attendais. On vint reprendre le plateau. « Merci, bonne soirée. » j'ai murmuré. Il y avait une télé en face du lit. Je l'allumai. Elle disposait d'une vingtaine de chaînes plus stupides les unes que les autres. Je tombais sur Friends. Je n'avais jamais vraiment regardé Friends. Tout le monde en parle comme si tout le monde l’avait regardé, comme si c'était la série à connaître. Je ne pensais pas qu'un jour je me retrouverais à regarder Friends sur un lit d’hôpital pour essayer de ne pas paniquer sur le fait que j'avais bu un bol de soupe. Je pensais à prendre une douche chaude mais le tuyau de douche était catégorisé comme un objet dangereux, il était donc dans le poste de soin et je devais aller le demander à chaque fois que je souhaitais me doucher.
C'est vrai qu'on pourrait s'étrangler avec un tuyau de douche. Mais je pourrais très bien aller le demander pour prendre ma douche, pour, au final, l'utiliser pour me tuer. Donc leur logique était un peu stupide. J'étais toujours allongée sur le lit et ne trouvais aucune énergie pour sortir de cette chambre pour demander un tuyau de douche. Donc tant pis, je n'en prendrai pas ce soir.
J'ai amené une dizaine de livres. Je ne suis pas une grande lectrice. Je ne suis pas une lectrice du tout, même. J'ai lu quelques classiques pour le lycée. Les Liaisons Dangereuses, Candide, La Princesse de Clèves... Mais c'est à peu près tout. Ce n'est pas que ça me déplaise. J'ai rarement eu l’envie de commencer un livre. Mais j'en ai apporté au cas où. Mes parents ont de bons goûts littéraires, je leur ai demandé quelques livres, puis ma grand-mère m'en a prêtés aussi. Ma grand-mère, on l'appelle Mimi. Mimi, c'est mon amie, pas ma grand-mère. Avec elle, on parle de tout. On rigole, on critique. Elle est un peu comme moi mais en version âgée. Elle était libraire. Et maintenant, elle fait de la photo. La photo, c'est toute sa vie. Depuis ma naissance, elle ne fait que ça. Prendre des photos. De tout, de moi, de mes cousins, de la vie. Et je trouvais ça magnifique. Quand un enfant pleure, les gens viennent le rassurer. Mimi, elle le prend en photo. C'est aussi pour ça que je me sens proche de Mimi. Elle n'est pas comme les autres grands-mères. Elle est comme personne d'autre.
J'ouvris le deuxième tiroir de la commode, où j’avais rangé les livres et j'en choisis un que Mimi m'a recommandé. « Il est très dur. » elle disait. « C’est une femme qui raconte sa vie en Norvège...c'est très dur... » Elle avait tendance à exagérer la dureté des choses. On peut constater que le livre a vécu. Certaines pages sont froissées, et le prix est indiqué en francs. Les pages sont roses. C'est original, des pages roses. J’éteignis la télé et je me mis à lire ce livre traduit du norvégien. « Le livre de Dina ».
Mes paupières commencèrent à se fermer. Sans doute un des traitements qu'on m'a donnés pour dormir. J'avais souvent des insomnies. Pour ainsi dire, presque chaque nuit. Apparemment, c'est plus dur de s'endormir le ventre vide. C'est surtout dur de s'endormir la tête pleine de pensées sombres.
Le livre de Dina était en effet un livre si captivant que j'en ai lu plus de la moitié. Je le déposais sur la table de chevet, éteignis la lumière et fermais les yeux.
Noir total. Noir total dans ma tête, pas dans la chambre. Car je pouvais apercevoir les lampadaires et les lumières du dehors à travers les stores. Et la lumière du couloir de l’hôpital venait se glisser sous la porte.
J'étais fatiguée, épuisée, j'avais l’impression que cette journée avait duré une semaine. Pourtant cela faisait plusieurs minutes que j'étais allongée sur ce lit inconnu dans le presque noir, et le sommeil me boudait. Je pensais à la soupe que j'avais bue.
