Figures équestres - Luc de Goustine - E-Book

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Luc de Goustine

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Beschreibung

L'image du cheval monté inspire la glose. Sculptée en haut ou bas-relief, gravée en frise, érigée en statue royale, peinte en tableau de sacre, en scène de bataille ou portrait d'apparat, esquissée, croquée, brossée, rehaussée d'aquarelle, encre, sanguine ou gouache, la représentation équestre véhicule éternellement son commentaire. De fait, la fréquentation du cheval, comme l'enseignement des meilleurs maîtres d’équitation, ne vont pas sans mettre en jeu les ressources conjuguées de l'image et du langage. Il s’agit moins de la technique à employer que de former peu à peu dans l'esprit du cavalier une image harmonique de son rapport à l'animal. Image symbolique toute en exécution, qui joue sur les correspondances de l'un à l'autre, faisant de l'un comme le prolongement de l'autre et, dans la réussite, l'accomplissement des deux. Ce sont autant de figures omniprésentes dans le langage équestre, comme il apparaît d'un mot comme "main" et du verbe manier dont on ne sait finalement plus qui est le vrai sujet cheval ou cavalier. Cette symbolique hantait déjà la mythologie, comme l’illustre la splendide Guerre de Troie aux murs du château d’Oiron. Elle hantera aussi le plus haut degré du politique à travers le Manège royal du grand écuyer Pluvinel enseignant Louis XIII. Tout se résume dans la figure de Chiron.


À PROPOS DE L'AUTEUR


Auteur de divers travaux littéraires, dramatiques, politiques et historiques, diplômé de l’École pratique des Hautes Études, traducteur de Shakespeare, Marlowe, Synge, Eich, Merwin, et des troubadours occitans… Luc de Goustine est aussi un commentateur fervent de l’art sacré et de la Sainte Écriture.

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Seitenzahl: 148

Veröffentlichungsjahr: 2022

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Luc de Goustine

Figures équestres

Préface de Patrice Franchet d’Espèreyécrivain et écuyer français

quint’feuille

Préface

Luc, vous me demandez une préface.

Quel que soit le mérite que vous aimeriez m’attribuer, je réponds « oui », – un grand « oui » plein de promesse, un grand « oui » qui éclate, le « oui » de l’amitié, celle que préconise de construire Aelred de Riévaux1, ce moine anglais du xiie siècle.

La nôtre est née au gré des circonstances à une portée d’arbalète de La Devinière, sous le signe de François Rabelais. En effet, vous dirigiez un Centre Permanent d’Initiation à l’Environnement (CPIE) sis à l’abbaye de Seuilly où – à en croire François-Roger de Gaignière qui avait recueilli cette tradition orale lors d’une de ses campagnes de croquis des monuments de France – ­l’illustre écrivain avait, auprès des moines, appris à lire et à écrire.

En fait de lecture, vous y avez initié une « lecture perpétuelle » de son œuvre. Chaque semaine amenait un nouveau lecteur, écrivain, acteur, etc. Certains se laissaient aller à improviser un accent plus ou moins archaïque, inspiré d’une Nouvelle France outre-­Atlantique ou de nos vieilles provinces ; d’autres ne changeaient rien à la façon actuelle d’articuler notre langue. Les enfants du village à la sortie de l’école se réjouissaient des multiples préconisations du « torche-cul » et les réclamaient régulièrement. Quant à moi, je venais aussi, en fin de journée, me mettre à l’écoute, attendant avec impatience la « parabole des paroles gelées » dont le surréalisme me fascinait. Réchauffer les mots, ces perles qui tombent du ciel, leur donner notre vie… Il y a là un mystère de transmission dans lequel je me retrouvais.

En effet, je fus pendant vingt-cinq ans instruit dans un art de l’équitation par l’un des plus éminents parmi les Maîtres2. Étrangement, à sa mort, ses merveilleuses et savantes conceptions se sont « rallumées » dans mon esprit comme si sa présence physique avait empêché leur déploiement. Je ne cherchais plus à reproduire. Son enseignement, débarrassé des liens matériels, délesté des mots proférés, des gestes, de sa volonté face à la mienne, prit un autre sens ; intuitions et sensations devinrent des guides plus sûrs que la mémoire et le souvenir.

Puis vint l’année 1994 où, dans le cadre de la commémoration du cinquième centenaire de la naissance de François Rabelais, nous eûmes le projet d’une exposition des photos en noir et blanc d’Alain Laurioux3. Il s’agissait de rassembler, en fait de paysages et de visages, ce que Rabelais avait vu, ou n’avait pas pu voir, en parcourant son terroir. Le titre que nous lui empruntions était « Des soixante-quatre manières dont Diogène roulait son tonneau », par référence à l’épisode du Tiers Livre où Diogène riposte à l’hystérie des Corinthiens mettant leur cité en état de siège par peur de Philippe de Macédoine, en tourmentant sagement… son tonneau. Pour le catalogue de cette exposition, vous m’avez incité à écrire pour la première fois un avant-propos, et une sorte d’angoisse m’habitait à l’idée de jeter une petite part de moi-même « hors les murs » à la vue des autres.

À cette époque, je m’interrogeais sur l’ensei­gnement reçu, et je me lançais dans la rédaction d’une thèse pour découvrir d’où je venais et ce que j’étais devenu. Concomitamment, avec la lecture du livre d’Eugen Herrigel, Le zen dans l’art chevaleresque du tir à l’arc dont je tirais la leçon du « savoir attendre », commençait une longue période de tâtonnements à cheval qui déboucha sur une forme d’émancipation. J’imaginais la mise en œuvre d’un principe inspiré de l’Aïkido qui préconise d’entrer dans le mouvement de l’agresseur : il ne s’agissait plus alors d’opposer une résistance à celle du cheval, comme le préconisait François Baucher4, mais bien plutôt de se couler dans les mouvements de ce dernier pour, ensuite et selon les besoins, les amplifier, ce qui permet de conserver leurs ondulations qui sont l’essence même de ses déplacements. À l’image du cavalier qui accompagne le cheval, qui lui-même accompagne les aides du cavalier, vous étiez présent dans cette quête. Votre style par sa légèreté5 était inspirant.

Votre seconde contribution, en prologue de la publication des aquarelles du colonel Margot, portait sur l’image du cheval. Ce texte ouvrait sur une exploration multiple du monde de l’équitation savante.

À partir de l’année 2000, j’organisais à l’École nationale d’Équitation une série de colloques. Il y en eut une dizaine. Il s’agissait de sortir l’équitation des certitudes techniques et historiques, de l’enrichir en faisant appel à de nombreuses disciplines, de porter sur elle des regards croisés, de superposer les grilles de lecture. Ce fut l’occasion de plusieurs études de votre part que le lecteur retrouvera consignées ici.

Le premier se consacrait à « François Robichon de La Guérinière, écuyer du roi et d’aujourd’hui ». Vous y avez exploré les significations du terme « Manège » à l’éclairage du frontispice de son traité6 orné de la figure du centaure Chiron donnant leçon à Achille qui le chevauche.

Nous avons donc chevauché de concert, votre langue me réservant toujours de subtiles trouvailles, à la manière d’un Paul Valéry ou d’un Stéphane Mallarmé, chaque mot m’emportant vers de nouveaux horizons, ouvrant des perspectives de réflexion et, selon les dires des « Paroles gelées », redonnant vie par un subtil dégel à des trésors enfouis au plus profond de l’être.

Patrice Franchet d’Espèrey

Président de l’Association des Amis du Cadre Noir

1. Ælred de Rievaulx, né au début de 1110 et mort le 12 janvier 1166 (ou 1167), est un moine cistercien qui devint le troisième abbé de Rievaulx en 1147. Il a laissé de nombreux écrits et a été l’un des moines les plus influents dans l’Angleterre de son temps ; on le nomme le saint Bernard anglais. Il est considéré comme docteur de la charité et de l’amitié, et est commémoré comme saint dans la lithurgie des Églises catholique et anglicane le 12 janvier.

2. René Bacharach, disciple du capitaine Étienne Beudant, fut l’un des derniers grands écuyers bauchéristes du xxe siècle.

3. Alain Laurioux fut le photographe du Cadre noir de Saumur de 1985 à 2021. Il a parcouru le monde en le photographiant. En sortent de magnifiques portraits qui illuminent l’âme de ses modèles surpris sans avoir eu le temps de prendre une quelconque pose…

4. François Baucher, né le 16 juin 1796 à Versailles et mort le 14 mars 1873 à Paris, est un écuyer français auteur de nouveaux principes qui firent révolution dès 1833.

5. « La légèreté caractérisant donc, en même temps, l’état du cheval parfaitement mis et la rectitude des moyens employés pour le conduire, il s’ensuit que l’expression “légèreté” s’applique à la fois au dressage du cheval et au talent de l’écuyer. Elle en est le critérium. D’où il s’ensuit que la légèreté – la légèreté parfaite s’entend – trouve sa formule dans la mise en jeu par le cavalier et ­l’emploi que fait le cheval des seules forces utiles au mouvement envisagé ; toute autre manifestation des forces produisant une résistance, et, partant, une altération de la légèreté. »

Général L’Hotte, Questions équestre, 1906.

6. François Robichon de La Guérinière, École de cavalerie, édition de 1733, l’un des plus beaux livres du xviiie siècle considéré comme la bible de l’équitation.

De la bouche à la main, une plume…

L’image du cheval monté inspire la glose. Sculptée en haut ou bas-relief, gravée en frise, érigée en statue royale, peinte en tableau de sacre, en scène de bataille ou portrait d’apparat, esquissée, croquée, brossée, rehaussée d’aquarelle, encre, sanguine ou gouache, la représentation équestre véhicule éternellement son commentaire.

Certes, rien ne l’empêche, à l’égal d’autres œuvres – paysagères, marines, heures galantes ou natures mortes — d’aspirer le témoin en silence dans son mirage, mais, par-delà cette contemplation, l’imago equestris jouit et pâtit du privilège régalien de n’aller jamais seule, de ne jamais sortir sans escorte ; même dans le chant a capella, un accompagnement la rejoint. Ses sabots immobiles ne cessent de faire jaillir et rejaillir les sources du langage.

L’image du cheval monté serait donc en soi une forme artistique incomplète. Non contente d’être vue, elle exige d’être dite ; à peine feuilletée, elle veut son interprète. Regardez à deux fois l’ouvrage du colonel Margot7 : plus qu’un album à feuilleter, c’est une partition à déchiffrer. Car le cheval monté est plus et moins que son image : une note, un hiéroglyphe, un idéogramme. Il campe sur le champ clos de l’écu une figure blasonnée qui se prête de bonne grâce au spectateur profane, mais ne se donne vraiment qu’au cavalier, à l’écuyer. Qui sait lire.

La « perspective cavalière » fait la différence. De même qu’en architecture elle restitue ou même invente l’espace en l’extrayant de l’écrasement des plans de masse ou de façade, de même, le coup d’œil du cavalier sur le cheval monté surpris dans son mouvement suspendu dépasse infiniment le regard du profane. Celui-ci, obsédé par la locomotion, pense accélé­ration du déplacement, vitesse, dextérité, audace, fuite. Le cavalier lit dans ­l’instantané de l’image tout l’avant et l’après, mais sans nulle impatience ; ce momentpendant lui parle et il l’écoute. Ce-pendant… Chacune de ses phrases commence par un tel mot fait pour dompter l’éphémère en y attelant le raisonnement. L’accompagnement de l’image tient dans les cependant dont le balancement logique comprend et argumente avant-après, poitrail et croupe, bouche et main, homme et « bête ».

Dire que l’image équestre ne se suffit pas n’est donc pas un blâme. Mais prétendre qu’elle se suffit d’un commentaire est insuffisant. L’image du cheval monté légendée d’un discours génial ne serait que mondanité sans art s’il n’y avait au pied, pour prononcer les ­ce-pendant, un cavalier de chair et d’os et d’imagi­nation. Non content d’avoir lu, il relit, puis, au risque de briser la suspension de l’instant, il court relier image et discours à la prochaine séance d’équitation, lui méritant ainsi le beau nom de « reprise ». L’image, sa lecture, l’homme à cheval les reprenant, voilà comment on pourrait ramasser l’essence de ces pages.

Quant à l’illustration des illustrations par un maître, relisons Dupaty de Clam8 : « …les règles de la bonne position : il faut que l’esprit les conçoive avant que d’accou­tumer le corps à la prendre. C’est une des principales raisons pour lesquelles on voit tant d’hommes être si longtemps à se donner une posture supportable… » Est-il imprudent de conclure qu’il ne peut y avoir d’équitation sans une réflexion perpétuelle des images, comme il n’y eut peut-être pas de chasse véritable avant que le chasseur se soit longuement assis sous les peintures rupestres ?

Asseyons-nous donc et observons.

La lecture cavalière procède selon deux axes. Le premier est l’aplomb avec lequel l’homme s’implante sur sa monture, ­l’assiette qu’il adopte, le port de sa tête, la place de ses jambes et leur action. L’autre court de sa main à la bouche du cheval et de cette bouche à sa main, horizontalement. Cette distinction des plans évoque la différenciation des aides et leur mariage – ce qu’il faut bien appeler leur complémentarité rivale et conflictuelle. Elle culmine dans l’axiome sibyllin de Baucher9 : « La main sans les jambes et les jambes sans la main. » Le profane admire qu’au moindre arrêt sur l’image, le cavalier averti discerne l’action particulière des jambes de celle de la main, et que par la simple estimation de l’équilibre du cheval et de son mouvement, il conclue au plus ou moins grand bien-être et savoir-faire. Le critère n’est pas la performance, mais les signes qui montrent, comme le dit courtoisement le Général Geoffrey Brooke, que le cavalier est à chaque instant « dans les meilleurs termes avec son cheval ».10 Art utile parfois même en civilité humaine, qui se nomme « tact ».

À en croire La Guérinière11, si « la main doit toujours commencer le premier effet, et les jambes doivent accompagner ce mouvement », le tact s’exprime de manière privilégiée dans la relation, quasi d’égal à égal, entre la main de l’homme et la bouche du cheval. Sur cette liaison, les plus grands écuyers sont intarissables. « Il en est de la main du cavalier comme de la bouche du cheval. »12 « Ainsi, l’art d’emboucher le cheval est vraiment l’art de le dresser. »13 Ou encore : « Le cheval qui obéit au mouvement de la main seule est dans la main. Le cavalier agissant doucement sur les rênes obtient ce mouvement de la langue du cheval qui lui fait goûter le ou les mors et rend sa bouche liante, première manifestation de la légèreté. »14

La main serait donc le creuset de cette docilité paisible, la coupe où l’on déguste une aussi succulente joie ? Tout le mystère de l’équitation serait dans la main ?

L’écuyer M. de Brissy, qui ascensionnait en ballon libre avec son cheval en 1825 pour le muer en Pégase et rêvait de « se centauriser » littéralement, eût été homme à exiger de Chiron une réponse. Chiron est le centaure qui fit l’éducation d’Esculape, de Jason et d’Achille, avant qu’une flèche de son élève Hercule ne le blesse à mort. Lui en qui faisaient corps les natures divine et humaine aurait répondu en se présentant lui-même par son nom : Chiron, qui veut dire « main ». Par la main se forge l’unité de l’être.

Qu’il soit recommandé après cela d’avoir la main légère est un euphémisme. Or les différences à ce sujet font peur, tant elles reflètent les guerres doctrinales et politiques de notre histoire. John Paget a confronté pour notre édification deux images équestres datant des mêmes décennies de la Renaissance. Sur l’une, le cardinal Duprat entrant à Paris, quoique sur son mulet d’apparat, fait la pesante démonstration de la monte germanique et cléricale à quatre rênes tenues en appui à pleines mains. Sur l’autre, le roi François Ier, au passage brillant, révèle la nouvelle synthèse d’équitation chevaleresque enrichie des apports d’Afrique, d’Asie et d’Espagne qu’il a rapportés d’Italie. C’est, sous couvert d’élégance royale, une ascèse inversement poussée vers l’extase par allégement, non seulement de la main descendue, mais des brides en bridons et la quintessenciation des aides. Voici donc le premier, prince d’Église, alourdissant sur le cheval et sa propre nature humaine sa poigne doctrinale comme il le fera tantôt contre le schisme, et l’autre le retenant de fulminer, par la grâce seulement des diplomates qu’il envoie à Rome — les du Bellay et Rabelais — retardant l’odieuse guerre de religion qui se prépare, et ouvrant la voie à un autre cavalier aérien — un Chiron qu’une piqûre sanglante, hélas, assassinera — Henri IV. Entre-temps, Pluvinel aura fondé à Paris une académie pour la jeune noblesse française qui « n’était pas seulement un manège » mais « on y enseignait aussi les mathématiques, la littérature, la poésie, la peinture et la musique ». Où est-elle ?

À lire les images équestres qu’un écuyer nous donne ici à voir, souhaitons qu’un sourire souvent nous échappe. Un sourire complice avec la gourmandise que l’on suppose aux lèvres et à la langue du cheval quand il « goûte son mors ». Et que ce sourire trahisse notre souci de communiquer avec « l’intelligence qui est en lui » par le moyen discret de ces muqueuses, par cette délicatesse investie dans les doigts au moment où ils sentent que « dans la bouche entrouverte, la langue goûte les frôlements du mors », par ce respect, cette tendresse, qui découlent d’une sensibilité dont le vulgaire hésite à créditer aujourd’hui un homme de cheval. Parce que l’image s’en est gâtée chez nous du même pas que se détériorait celle du politique dont la représentation équestre est devenue emblématiquement impensable. Non pas que l’image soit désuète, mais parce que le mode d’exercice du pouvoir — une main de plomb que le moindre écart désarçonne et qui se venge en manipulations contradictoires — est à l’opposé de ce qui obtient, des chevaux comme des peuples, l’obéissance acceptée des natures libres. Quand la plume de Fiaschi reprendra-t-elle la haute main sur ce manège ?15

Entre les traditions enchevêtrées, il est cependant permis de choisir et pratiquer celle où, de la main à la bouche, un bridon allégé substitue l’échange spirituel à la contrainte et permet de maintenir, en nous-mêmes et sur l’art équestre, une parole émerveillée.

7. Cheval, Cavalier, Aquarelles et dessins de Georges Margot, ancien écuyer en chef du Cadre Noir, Cheminements/Courrier de l’Ouest, 1996.

8. Dans sa Pratique de l’Équitation en 1769.

9. Œuvres complètes, 1854.

10. Horse-sens and horsemanship of today, 1924.

11. École de Cavalerie, 1733.

12. Beudant, Extérieur et Haute École, 1921.

13. Dupaty de Clam, La Science et l’An de l’Équitation, 1776.

14. René Bacharach, Réponses Équestres, 1987.

15. Cesare Fiaschi, Traicté de lu manière de bien embrider, manier et ferrer les Chevaux, 1564.

Curieux manègeou anthropologie du cheval

Dans le chapitre IV de son École de cavalerie, La Guérinière s’efforce de définir « les termes de l’art » équestres. Parmi eux, manier et manège renvoient à la main, dont on connaît le rôle aussi bien dans la morphologie du cheval que dans l’usage des aides en équi­tation. Un examen plus poussé des mots et des mythes révèle que la métaphore du centaure Chiron transporte encore plus loin : le cheval participerait à l’ascèse par laquelle l’homme commémore et répète son propre « dressage » originel16.

Qu’on s’interroge sur son langage d’écuyer ne surprendrait pas M. de La Guérinière17. Pour deux raisons. D’abord, parce que c’est un exercice équestre par excellence, dont la mythologie grecque nous a laissé une image superbe : de ses sabots frappant la cime de l’Hélicon, le cheval ailé Pégase fait jaillir les sources de la poésie18. Une seconde raison de marteler la piste sémantique de nos petits sabots nous est fournie par La Guérinière lui-même lorsqu’il donne au chapitre IV de la Seconde Partie de son École de cavalerie