Fin de vie - Serge Abad Galardo - E-Book

Fin de vie E-Book

Serge Abad Galardo

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Beschreibung

À l'heure où les lobbies et les médias veulent promouvoir le suicide assisté et l'euthanasie, le signal d'alarme est lancé par un ancien Franc-maçon...

Serge Abad Gallardo, bien connu pour son témoignage sur la franc-maçonnerie, est aussi bénévole en aumônerie d'hôpital depuis six ans. Il s'alarme de la volonté des lobbies et des médias de promouvoir le suicide assisté et l'euthanasie active sous couvert d'humanité.

Son expertise lui permet de constater que, depuis quarante ans, les loges militent pour un « droit à mourir » alors que cela est loin de répondre à une attente populaire : les malades demandent de l'attention plutôt qu'une piqûre létale. Pourquoi cet acharnement à voler leur mort ?

En rassemblant les cas d'Alphie, Anne Bert, frère Vincent, etc., cet ouvrage nous ouvre à l'environnement des soins palliatifs, à l'approche médicale de la souffrance, à la réalité des dérives eugénistes et au pouvoir du médecin traitant. Il nous donne les outils pour ne pas nous laisser illusionner par ce « droit à mourir » alors qu'à nos côtés, des personnes en fin de vie accueillent avec courage l'inconnu de leur mort, attendant de nous un accompagnement aimant.

Serge Abad Gallardo utilise son expertise afin de nous livrer un témoignage qui vise à montrer, d'une part, l'implication de la franc-maçonnerie dans les débats sur l'euthanasie et, d'autre part, quel point les patients ont avant tout besoin d'un accompagnement attentif et bienveillant.

EXTRAIT

Comme nous allons le voir dans cet ouvrage, en France, nous sommes englués dans la bien-pensance maçonnique. Nous l’avons été progressivement, depuis trois siècles. Nous sommes aujourd’hui soumis à sa « dictature molle », qui s’est peu à peu transformée en propagande insidieuse et en police de la pensée...
Il sera montré que le débat actuel sur la question de l’euthanasie ne doit rien à un quelconque hasard, à une prétendue « évolution de la société », à un plébiscite des peuples, mais à une sorte de « coup d’État » progressif et subreptice de la franc-maçonnerie. Et derrière cette démarche maçonnique se dissimule en réalité une idéologie que l’Institution initiatique s’emploie à imposer depuis sa création : un bouleversement complet de notre paradigme social et anthropologique, obtenu selon la formule alchimique du 30e degré des Hauts grades de Chevalier Kadosh : « Solve et coagula », que l’on peut traduire en langage « profane » par l’expression : « Détruis et reconstruis. » La franc-maçonnerie vise à détruire l’équilibre ancien afin de lui substituer un modèle nouveau et progressiste fondé sur son idéologie initiatique.

À PROPOS DE L'AUTEUR

Serge Abad-Gallardo, ancien haut fonctionnaire territorial, a passé vingt-quatre ans au sein de l'obédience du Droit Humain, jusqu'à en devenir vénérable maître. Après sa conversion, il a écrit J'ai frappé à la porte du Temple et Je servais Lucifer sans le savoir, chez Téqui.

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Seitenzahl: 210

Veröffentlichungsjahr: 2019

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Couverture

Page de titre

« Dieu prononça toutes ces paroles, et dit : […] Tu ne tueras pas » (Ex 20, 1.13).

« Procure des boissons fortes à qui va mourir, du vin à qui est rempli d’amertume, qu’il boive, qu’il oublie sa misère, qu’il ne se souvienne plus de son malheur ! »(Pr 31, 6).

Je veux dédier cet ouvrage au frère Vincent-Marie de la Résurrection, à tous ses frères chanoines de l’abbaye Sainte-Marie de Lagrasse, à leur père abbé Emmanuel-Marie, et à leurs sœurs chanoinesses du monastère Mater Dei, d’Azille, à leur mère supérieure, la sœur Faustine

Préface

1. Dire tout le bien que je pense de Serge Abad-Gallardo et de son livre serait bien inutile. Il suffit de le lire pour constater le souci qui a été le sien de rapporter les faits tirés de sa connaissance intime de la franc-maçonnerie.

Mais il a mis dans ce livre bien plus que son expérience et son savoir. Il y a mis toute sa personne, notamment le chrétien, celui qui va tenir la main de ces vies finissantes à l’hôpital, se refusant de souffler sur ces flammes vacillantes, celui qui rapporte son témoignage, concordant avec ceux de tous les soignants, sur ces instants précieux que les faiseurs de mort veulent nous voler.

Serge Abad-Gallardo expose parfaitement les offensives législatives depuis 1976 pour faire reconnaître un droit à l’injection létale. Il souligne bien également qu’on ne saurait dissocier les offensives euthanasiques depuis 1976 de la législation de 1975 permettant de tuer le petit d’homme dans le sanctuaire que devrait être le ventre de sa mère. Tout est lié. Le mépris de la vie, de la conception à la mort naturelle, la volonté de l’homme démiurge surpassant toute la Création et ses vérités éternelles.

Mais Serge Abad-Gallardo ne cèle pas davantage que l’euthanasie existe déjà, sous une autre forme, hypocrite et barbare, depuis la loi Leonetti de 2005.

C’est de cela que je voudrais vous entretenir. Car si Serge Abad-Gallardo me fait l’honneur et l’amitié de me demander de préfacer son ouvrage, c’est parce que je suis contraint de lutter depuis bientôt six ans devant les tribunaux pour un homme et contre la pire des euthanasies. Non pas celle qui serait demandée lucidement par telle ou telle égérie complaisamment mise en scène par les médias manipulateurs et complices, mais celle que l’on applique hypocritement au plus vulnérable, au plus faible, à celui qui ne peut pas se défendre.

2. J’ai ainsi le triste privilège d’être le premier avocat depuis 1978 à avoir dû me lever le 11 mai 2013 dans une enceinte de justice, et combien de fois depuis, pour plaider pour Vincent Lambert, condamné à la mort par euthanasie.

Comme dans les sinistres couloirs de la mort, un homme attend, enfermé à clé, depuis presque six ans, interdit médicalement et judiciairement d’être transféré dans une unité spécialisée où l’on s’occupe de ces patients, malgré des demandes incessantes depuis le 11 mai 2013 et malgré l’accord de plusieurs de ces unités.

On a fait de lui un mort en sursis.

Car si la peine de mort est sortie solennellement du Code pénal en 1981, elle est revenue hypocritement dans le Code dit de la santé publique en 2005.

Vincent a été condamné à mort au nom de la prétendue autonomie d’une volonté qu’il ne peut exprimer, au nom de la prétendue lutte contre l’obstination déraisonnable, en réalité sur le jugement arbitraire que sa vie serait indigne et inutile.

Mais comment faire alors qu’il est vivant et qu’il n’est relié à aucune machine qui le maintiendrait artificiellement en vie ? Les tartuffes et sophistes ont trouvé la solution : ils ont eu l’idée vertigineuse de dire que donner à manger et à boire à un être humain par le biais d’une simple sonde gastrique constituerait un traitement médical que l’on peut arrêter au nom de ce qu’on appelait auparavant l’acharnement thérapeutique. Certains l’ont même qualifié de « technique de réanimation médicale » !

Ah les belles âmes ! Ah les grands humanistes !

On arrêtera donc son alimentation et son hydratation jusqu’à ce que mort s’ensuive. Progrès de la modernité sans aucun doute. Comme un nourrisson qu’on laisserait sans nourriture dans son lit. Et on prétendra laisser faire la nature. Comme s’il ne s’agissait pas d’une volonté de provoquer la mort, cet animus necandi qui caractérise l’homicide volontaire.

Mais si les juges du fond ont commencé par s’y opposer, les juges suprêmes ont décidé que tout cela était conforme au bon droit, jusqu’aux plus hautes instances internationales.

En attendant le droit à l’euthanasie active. En attendant le droit à l’injection létale. En attendant le droit à l’empoisonnement.

3. En effet, nos sociétés modernes exécutent leurs condamnés de manière civilisée. On ne coupe plus en deux, on ne troue plus la peau. On électrocute, on empoisonne.

De même pour l’euthanasie : le coussin posé sur la tête, le coup de couteau, tout cela est trop vil et salissant. Comme les exécuteurs des temps modernes, les promoteurs de l’euthanasie revendiquent donc le droit à l’empoisonnement qu’ils appellent injection létale médicalisée.

Mishima a exalté un prétendu art de mourir, les euthanasistes défendent un prétendu art de tuer. Mais si cet art ne leur a pas (encore) été accordé officiellement, c’est parce qu’il heurte frontalement l’interdit fondamental qui irrigue toutes les sociétés, de tous temps et sur tous les continents : « Tu ne tueras pas. »

Hippocrate condamnait déjà cette pratique il y a deux mille quatre cents ans : « Je ne provoquerai jamais la mort délibérément », ce cri éternel qui résonne à travers les siècles aux oreilles de ceux qui n’ont retenu de leur caducée que le serpent.

Compte tenu de cet interdit fondamental, pour arriver à leurs fins, les euthanasistes doivent donc procéder par étapes.

4. Tout a commencé avec l’avortement en 1975. On a légalisé ce qu’on présentait alors comme un drame avant qu’il soit érigé en droit fondamental au XXIe siècle.

Un an plus tard, la première offensive législative était lancée pour légaliser l’euthanasie. La logique est totale. Aussi vrai que l’avortement, d’exception légale, est devenue un droit, l’euthanasie, par tentatives successives, a été intégrée dans notre corpus législatif subtilement et aboutira au droit à l’empoisonnement, d’abord de ceux qui le demandent, ensuite de ceux qui ne demandent rien.

La première loi Leonetti, en 2005, a permis d’endormir les consciences. Elle est née de l’affaire Vincent Humbert.

À la suite d’un accident en 2003, Vincent Humbert se retrouve tétraplégique, sourd et aveugle mais en pleine possession de ses moyens intellectuels. Il ne communique qu’en dictant les lettres de l’alphabet une à une avec le pouce. On lui attribue une lettre réclamant au Président Chirac de mourir. Finalement, c’est sa mère qui lui fera une injection létale mais insuffisamment dosée. Il sera définitivement euthanasié au chlorure de potassium. On apprendra plus tard par son kinésithérapeute Hervé Messager que Vincent Humbert ne souffrait pas, qu’ils riaient ensemble et qu’il n’avait aucune intention de mourir. Trop tard.

On retrouve les mêmes ressorts et la même manipulation dans l’affaire Vincent Lambert dix ans plus tard.

La mort de Vincent Humbert constitue l’acte de naissance de la loi Leonetti de 2005.

Piquer à l’hypnovel, Jean Leonetti s’y refuse. Arrêter un traitement ou une technique médicale sous prétexte de lutter contre l’obstination déraisonnable qui ne fait l’objet d’aucune définition, oui. Cela est relativement simple s’agissant d’un patient relié à un respirateur artificiel. Il suffit de l’éteindre. Mais quand il n’existe aucune machine ? On arrêtera donc l’alimentation donnée par voie artificielle, après l’avoir qualifiée de traitement médical.

C’est écrit noir sur blanc déjà dans les motifs de la loi Leonetti de 2005 : « En autorisant le malade conscient à refuser tout traitement, le dispositif viserait implicitement le droit au refus à (sic) l’alimentation artificielle, celle-ci étant considérée par le Conseil de l’Europe, des (re-sic) médecins et des (re-re-sic) théologiens comme un traitement. »

Elle sera appliquée dès sa promulgation en 2005 à Hervé Pierra qui mourra, privé de nutrition, d’hydratation, et sans sédation, en six jours, parcouru d’atroces convulsions.

Elle sera appliquée de même à Vincent Lambert le 10 avril 2013 à Reims. Mais comme ce dernier aura le mauvais goût de ne pas en mourir après trente et un jours sans alimentation et avec une hydratation réduite, on décidera qu’il faut également arrêter l’hydratation pour que ça aille plus vite. « À l’époque, nous ne savions pas faire », osera écrire le docteur Éric Kariger du CHU de Reims, à l’origine de ce fiasco éthique, médical, humain et judiciaire qu’est devenue l’affaire Vincent Lambert.

Jean Leonetti confirmera en 2014 devant le Conseil d’État que l’alimentation et l’hydratation peuvent être arrêtées s’agissant des patients en état dits végétatif ou pauci-relationnel. Et sa nouvelle loi de 2015 promulguée le 2 février 2016 fera expressément référence aux mille cinq cents patients dans la situation de Vincent Lambert en France (présumés ne pas vouloir vivre, selon le rapport de présentation de la proposition de loi Claeys-Leonetti).

Mais comme la mort par déshydratation constitue l’une des morts les plus abominables qui soit, notre corps étant composé à 80 % d’eau, les habiles législateurs inventeront en 2015 la sédation profonde et continue jusqu’au décès pour, espèrent-ils, empêcher les souffrances qu’ils auront eux-mêmes causées (personne n’est jamais revenu pour dire si on souffre ou pas d’une telle traversée du désert médicalement provoquée).

Tout cela par hypocrisie de certains : on ne veut pas pousser sur la seringue, c’est trop contraire au serment d’Hippocrate. Et d’ailleurs, Jean Leonetti lui-même, sans cohérence, est un farouche opposant à l’euthanasie active.

Mais y entre aussi un calcul pour d’autres, comme le développe très bien Serge Abad-Gallardo dans ce livre : il est trop tôt pour le « peuple ». « L’opinion n’est pas mûre. » Manuel Valls le dira lui-même à la tribune de l’Assemblée nationale : cette loi n’est « sans doute qu’une étape ». En attendant, on continuera donc à provoquer la mort par déshydratation après avoir endormi les patients.

5. Mais comme si cela ne suffisait pas à nous saisir d’effroi, cette législation a multiplié les abominations. Je n’en citerai que certaines.

a. Tout d’abord, la proposition de loi Claeys-Leonetti ayant abouti le 2 février 2016 avait osé viser comme condition de la sédation terminale le fait de « ne pas prolonger inutilement la vie ». Cette conception utilitariste de la vie était tellement scandaleuse que les parlementaires l’ont supprimée dans le texte final.

b. Puisqu’on prétend que c’est le patient, même hors d’état de s’exprimer, qui décide au nom du principe de l’autonomie de la volonté, on lui fera dire ce qu’on veut au travers du premier témoignage venu d’un membre de la famille et, à défaut de famille, d’un proche.

La loi du 2 février 2016 se contente désormais d’un seul témoignage d’une telle volonté antérieurement exprimée, sans encadrer son contrôle, sa vérification, sa cohérence ou sa crédibilité.

Le mode d’emploi est véritablement criminogène : si vous voulez hériter du richissime oncle Marcel, il vous suffira d’affirmer la main sur le cœur qu’il n’aurait jamais voulu vivre Alzheimer ; et si vous avez la chance que l’oncle Marcel soit également insulino-dépendant, il suffira de lui supprimer son traitement, il en mourra, et vous gagnerez des années sur l’héritage.

c. De 2005 à 2016, une personne consciente pouvait décider d’arrêter un traitement. Mais si cet arrêt était susceptible de mettre sa vie en danger, le médecin avait l’obligation légale et déontologique de tout mettre en œuvre pour convaincre son patient de ne pas arrêter. Ce n’est que si le patient réitérait sa volonté après un délai raisonnable que le médecin devait en prendre acte.

Mais depuis la loi Claeys-Leonetti du 2 février 2016, on change totalement de philosophie : désormais, le médecin n’a plus qu’une seule obligation, c’est de prendre acte de la volonté du patient, sans même tenter d’argumenter pour lui sauver la vie.

De la protection de la vie, on passe à la promotion de la mort.

d. Il en est de même s’agissant des « directives anticipées ». Il y aurait beaucoup à dire dessus.

C’est déjà un non-sens absolu : demander à des personnes saines et bien portantes de se projeter dans une situation de maladie ou de handicap. Au mépris de l’expérience. C’est Philippe Pozzo di Borgo, devenu tétraplégique après un accident de parapente en 1993, l’inspirateur du film Intouchables qui l’explique très bien : « Si vous m’aviez demandé quand j’étais valide de signer un papier comme quoi il fallait me débrancher si j’étais dans un état aussi catastrophique, je l’aurais signé comme 92 % des français le disent aujourd’hui. Simplement, vous êtes gentil de ne pas me débrancher aujourd’hui parce que je suis très bien où je suis. La mort m’est très familière, mais elle est très loin de moi. Je suis tellement bien en vie, tellement bien avec les autres. »

Dans la proposition de loi de 2015, les directives anticipées opposables au médecin étaient celles exprimant « les conditions du refus, de la limitation ou l’arrêt des traitements et actes médicaux ». Ainsi, si elles réclamaient de continuer à vivre, ce qui n’était pas prévu dans la proposition Claeys-Leonetti, elles n’avaient aucune valeur légale et donc n’étaient pas opposables en tant que telles. Les parlementaires ont changé quelque peu cette perspective dans la loi définitive. Il est désormais autorisé de demander à vivre !

Et, alors qu’en 2005, de telles « directives anticipées » étaient valables trois ans, la loi de 2016 les a rendues valables à vie. Étant donné que tout le matraquage médiatique et gouvernemental vise à faire rédiger des directives anticipées demandant à ne pas vivre, on n’aura pas à se poser la question de savoir si le patient, désormais hors d’état d’exprimer sa volonté, n’aurait pas changé d’avis depuis qu’il a rédigé ses directives il y a dix, vingt, trente ans et davantage après avoir vu un reportage de propagande pro-euthanasie.

La logique mortifère est éclatante.

e. Mais le plus terrifiant est la sacralisation du médecin tout-puissant dans sa tour d’ivoire. L’affaire Vincent Lambert n’existe que parce que la loi a prévu que le médecin décide souverainement, après une procédure qui n’a de collégiale que le nom puisqu’en réalité, il décide légalement seul, même contre les avis des soignants, de la personne de confiance, de la famille et même contre les directives anticipées qui demanderaient à vivre : s’il estime ces directives « médicalement inappropriées », il lui suffira de réaliser une procédure collégiale à l’issue de laquelle il décidera tout aussi souverainement de les écarter ! Pour la loi, il n’existe que des médecins parés de toutes les vertus, omniscients et omnipotents.

f. Ultime abomination de la législation de 2005 maintenue en 2016, lorsque le patient est un mineur, le médecin demande simplement l’avis de ses parents mais prend seul la décision qui va entraîner la mort.

En Grande-Bretagne, nous avons assisté, horrifiés, aux prises d’otage et à la mort décidée médicalement et judiciairement des petits Charlie Gard et Alfie Evans.

En France, nous avons assisté de la même manière à la mort de la petite Inès Afiri en 2018. Ses parents éplorés ont été dépossédés de leur autorité parentale conformément à la loi. Et le Conseil d’État a décidé le 5 janvier 2018, comme une ultime sacralisation du pouvoir absolu du médecin, infligeant une incertitude et donc une angoisse supplémentaire aux parents : « Il appartiendra au médecin compétent d’apprécier, compte tenu de l’ensemble des circonstances de l’espèce, si et dans quel délai la décision d’arrêt de traitement doit être exécutée. »

Ces décisions auront été prises à chaque fois contre la volonté des parents. À chaque fois avec l’approbation de la Cour européenne dite des droits de l’homme. Alors que des demandes de transfert dans d’autres hôpitaux étaient faites. Au mépris du droit naturel qui fait de la famille la cellule de base de toute société et des parents les protecteurs naturels et les représentants légaux de leurs enfants.

6. Aujourd’hui, depuis 2005, on peut donc euthanasier légalement en provoquant la mort par dénutrition et déshydratation des patients hors d’état d’exprimer leur volonté.

Et depuis 2016, on y a ajouté le droit à la sédation profonde et continue jusqu’au décès.

Pour les patients pouvant exprimer leur volonté, la sédation terminale pourra être mise en œuvre, « pour éviter toute souffrance » (y compris donc spirituelle ou psychologique) et « ne pas subir d’obstination déraisonnable » dont on sait qu’on y met ce que veut le médecin, dans deux cas :

1o Lorsque le patient atteint d’une affection grave et incurable et dont le pronostic vital est engagé à court terme présente une souffrance réfractaire aux traitements ; cela se comprend aisément dans le principe, hormis que cette sédation devient un droit et donc un devoir à l’irréversibilité ; pour éviter les angoisses spirituelles, on n’enverra plus l’aumônier pour aider à affronter le grand passage. On enverra l’infirmière et sa perfusion d’hypnovel dont on ne revient jamais. Et si, après une sédation profonde et continue jusqu’au décès, un proche arrive du bout du monde pour se réconcilier avec son parent sur son lit de mort, cela lui sera refusé car le droit à la sédation est irréversible. Seront ainsi refusés ces instants précieux que Serge Abad-Gallardo décrit si bien dans son livre. Ces instants précieux que j’ai personnellement vécus comme tant d’autres et encore récemment. Voleurs de vie et voleurs de mort.

Tel Rousseau imaginant le bon sauvage, Leonetti et Claeys ont imaginé des patients vivant et mourant sans Créateur, sans famille, seuls juges de leur vie et de leur mort.

Deuxième hypothèse, la sédation pourra également être mise en œuvre :

2o Lorsque la décision du patient atteint d’une affection grave et incurable d’arrêter un traitement engage son pronostic vital à court terme et est susceptible d’entraîner une souffrance insupportable.

Ainsi, en pratique, la sédation pourra être demandée, et c’est un droit désormais, par une personne qui n’est pas en fin de vie. Il lui suffira d’être atteinte d’une maladie grave et incurable mais non mortelle, de demander à arrêter son traitement lui permettant de vivre, et d’être endormie définitivement jusqu’à ce que mort s’ensuive.

Quant à la sédation mise en œuvre, la loi prévoit qu’elle est systématiquement et obligatoirement associée à un arrêt des traitements de maintien en vie, sachant que l’alimentation et l’hydratation données par voie artificielle en font désormais officiellement partie. Ainsi, le patient ne mourra pas de sa maladie mais bien de la déshydratation obligatoirement associée à la sédation.

Et évidemment, la mort étant attendue, la distinction entre sédation palliative, destinée à soulager des souffrances réfractaires, et terminale, destinée à attendre ou accélérer la mort, sera de plus en plus ténue. Pourquoi attendre ce qui tarde ?

7. Depuis 2015, les promoteurs de ces euthanasies hypocrites ne se cachent plus.

Alain Claeys, corapporteur avec Jean Leonetti de la loi éponyme du 2 février 2016 va le dire expressément : « Nous parlons d’une véritable aide à mourir », et il va le réitérer : « J’assume la formule: c’est une aide à mourir. »

Le 21 octobre 2018, Agnès Buzyn, ministre des solidarités et de la santé, invitée du Grand Jury RTL-Le Figaro-LCI, a déclaré en parlant de la loi Claeys-Leonetti : « Je voudrais le dire à tous les Français et tous les citoyens : s’il vous plaît, allez remplir vos directives anticipées. Qu’est-ce que vous voulez si un jour vous êtes dans le coma, que vous êtes très malade ? Est-ce que vous voulez qu’on abrège vos souffrances ou pas ? »

Il s’agit évidemment d’une mauvaise dialectique, comme si le choix se présentait entre souffrir et ne pas souffrir. Surtout, on ne met pas fin à la souffrance en l’abrégeant mais en la soulageant.

8. Ainsi, depuis 2005 et 2016, nous vivons sous un régime hypocrite mais légal d’euthanasie.

Il suffit d’ailleurs de lire la proposition de loi d’euthanasie de Jean-Louis Touraine de septembre 2017 (qui est, comme le souligne parfaitement Serge Abad-Gallardo, la même que celles d’Olivier Falorni et de Caroline Fiat en octobre et décembre 2017) : « Toute personne majeure et capable, en phase avancée ou terminale d’une maladie incurable, provoquant une douleur physique ou une souffrance psychique insupportable, peut demander à bénéficier d’une aide médicalisée à mourir. »

Vous l’avez compris, c’est déjà ce que permet la loi Claeys-Leonetti du 2 février 2016, à une différence près : la sédation et la déshydratation d’un côté ; l’injection létale de l’autre. Mais le but recherché est le même : la mort.

9. Si l’euthanasie vient, comme tous les combats sociétaux, des bas-fonds des loges maçonniques, celles-ci ont trouvé dans l’air du temps le terreau nécessaire à l’épanouissement de cette culture de mort. Ils ont trouvé dans les médias dominants des complices efficaces.

Cette sombre barbarie avance depuis en blouse blanche et en robes noires.

Non contents de voler nos vies, ils veulent nous voler également nos morts, ces instants précieux où tant se dit souvent sans mots, ce moment décisif qui doit nous permettre de mettre en ordre nos affaires et d’affronter nos fins dernières.

Nous allons tous être concernés : un médecin seul décidera légalement de notre vie et de notre mort. Un médecin seul décidera pour nos proches, y compris pour nos enfants mineurs car la loi nous a dépossédés de notre autorité parentale. Quand nous serons à l’hôpital, il sera trop tard.

La prochaine loi viendra uniquement mettre fin à l’hypocrisie et permettre l’injection létale.

C’est l’objectif ultime de ces tentatives successives que nous présente Serge Abad-Gallardo dans son livre. L’opinion publique fabriquée a, depuis des décennies, été bien préparée.

10. Un dernier mot : personne ne veut de l’euthanasie. Ce que les personnes veulent, c’est éviter la souffrance. Or la médecine sait soulager la majeure partie des souffrances, et, pour les souffrances réfractaires, la pratique médicale sait encore les traiter par la sédation palliative et donc réversible.

Ceux qui promeuvent l’euthanasie le savent. Il leur faut donc mentir et désinformer. Car pour permettre l’aboutissement ultime de leur logique mortifère, ce n’est pas la souffrance qu’ils veulent supprimer, c’est le malade. Puis ce sera le diminué, l’infirme, le dément, finalement l’improductif.

Bienvenue dans le pire des mondes.

Jérôme TRIOMPHE

I État des lieux et panorama de l’action maçonnique

Scène d’ouverture pour une euthanasie

La scène est décorée de voiles noirs, comme un Temple pour une cérémonie d’élévation à la maîtrise maçonnique1. C’est donc une ambiance de semi-obscurité. Assis sur une chaise, au milieu de la scène, un homme, vêtu d’une chemise blanche dont le col est refermé par une cravate noire. Il porte un pantalon également noir et de bonne coupe. Il est élégant…

Sa veste, noire aussi, est posée sur le sol. Il arbore autour de la taille un tablier de maître franc-maçon avec, posé en diagonale sur son torse, le baudrier de ce grade. Ses mains sont recouvertes de gants blancs. On dirait un silence de mort. Qui dure de longues minutes ; une véritable attente. Pas un bruit. On se croirait face au néant et le temps est pesant. L’acteur tourne lentement son visage impassible, comme mort, à droite, puis à gauche. Il ne se passe rien. Il pose soudain une question qui claque et résonne comme un coup de feu : « TOOBBY ? » L’onde sonore ne rencontre rien et se disperse telle une poussière d’os jetée au vent après une crémation. Rien, pas de réponse. Toujours le silence. Comme un vide, une absence. Absence de vie. L’absence définitive d’un être devenu un non-être ? Il réitère alors son appel : « TOOBBY ? Où es-tu mon chien ? Viens, bon chien-à-son-maître … » Comme il ne se passe toujours rien, il ajoute avec un brin d’humour, pour faire un jeu de mots, et avec un sourire ambigu, presque malsain, aux lèvres : « TOOBBY, OR NOT TOOBBY ? » La salle est alors soudainement plongée dans un noir total, épais. Sur un écran géant, au fond de la scène, un texte lumineux est projeté : To be or not to be.

Être, ou ne pas être ?

Là est toute la question.

Y a-t-il plus de noblesse à souffrir les coups, les heurts

Les outrages d’une destinée désinvolte

Qu’à prendre les armes contre cet océan de douleurs

Et y mettre fin d’une définitive révolte ?

Mourir,

Dormir, rien de plus2.

Et la lumière revient, brutale, éblouissante, comme celle qui agresse les yeux du candidat à la fin de l’initiation maçonnique. L’acteur se lève alors dans une attitude solennelle, théâtrale en somme ! Face au public, il déclame en montrant une seringue hypodermique emplie d’un liquide verdâtre : « Shakespeare ! En réalité, je te le dis : j’ai euthanasié mon chien et je n’ai pensé qu’ensuite au fameux questionnement métaphysique d’Hamlet ! Mais il était trop tard pour les questions existentielles : Toobby ne répondrait plus… »