Greyson (French) - Dale Mayer - E-Book

Greyson (French) E-Book

Mayer Dale

0,0
5,99 €

oder
-100%
Sammeln Sie Punkte in unserem Gutscheinprogramm und kaufen Sie E-Books und Hörbücher mit bis zu 100% Rabatt.

Mehr erfahren.
Beschreibung

Combiner un voyage auprès de ses grands-parents avec la traque d’une chienne du K9 est apparemment une bonne excuse pour Greyson. Sans que l’on sache ce qui s’est passé, la chienne a été envoyée par erreur à l’autre bout du monde, dans la mauvaise direction, puis perdue. La retrouver n’est pas facile, mais Greyson suit une piste dangereuse, tout comme la chienne avant lui… pour tomber sur la femelle berger protégeant alors une mère et son enfant… Absolument pas ce à quoi il s’attendait.

Jessica ne comprend pas pourquoi la chienne est toujours là, mais elle est terrifiante. Pas autant que ce qui se passe dans le reste de sa vie, cela dit. Elle en attribue la plupart à son ex-mari, mais est-il réellement aussi terrible ? Avec son fils en bas âge à protéger, elle sait qu’elle ne peut pas commettre la moindre erreur, pour ne pas s’attirer d’ennuis.

À mesure que les événements s’intensifient, il ne lui faut pas longtemps pour décider qui est de son côté et… qui ne l’est pas.
 

Das E-Book können Sie in Legimi-Apps oder einer beliebigen App lesen, die das folgende Format unterstützen:

EPUB

Veröffentlichungsjahr: 2022

Bewertungen
0,0
0
0
0
0
0
Mehr Informationen
Mehr Informationen
Legimi prüft nicht, ob Rezensionen von Nutzern stammen, die den betreffenden Titel tatsächlich gekauft oder gelesen/gehört haben. Wir entfernen aber gefälschte Rezensionen.



GREYSON

K9 Files : chiens de guerreTome 9

Dale Mayer

Sommaire

Première de Couverture

Page de Titre

À propos du livre

Prologue

Chapitre 1

Chapitre 2

Chapitre 3

Chapitre 4

Chapitre 5

Chapitre 6

Chapitre 7

Chapitre 8

Chapitre 9

Chapitre 10

Chapitre 11

Chapitre 12

Chapitre 13

Chapitre 14

Chapitre 15

Chapitre 16

Chapitre 17

Chapitre 18

Épilogue

Rowan

Note de l’auteure

À propos de l’auteure

Tous droits réservés

Greyson

Bienvenue à tous les nouveaux lecteurs de la série K9 Files, dans laquelle vous allez retrouver les inoubliables héros de Légion d’acier, dans une nouvelle saga de romance à suspense pleine d’action et de rebondissements ; une saga attendue par tous les fans de l’auteure à succès Dale Mayer, reconnue par le USA TODAY. Pssst, vous croiserez également certains de vos personnages préférés rencontrés pour la première fois dans SEALs of Honor et Heroes for Hire !

Combiner un voyage auprès de ses grands-parents avec la traque d’une chienne du K9 est apparemment une bonne excuse pour Greyson. Sans que l’on sache ce qui s’est passé, la chienne a été envoyée par erreur à l’autre bout du monde, dans la mauvaise direction, puis perdue. La retrouver n’est pas facile, mais Greyson suit une piste dangereuse, tout comme la chienne avant lui… pour tomber sur la femelle berger protégeant alors une mère et son enfant… Absolument pas ce à quoi il s’attendait.

Jessica ne comprend pas pourquoi la chienne est toujours là, mais elle est terrifiante. Pas autant que ce qui se passe dans le reste de sa vie, cela dit. Elle en attribue la plupart à son ex-mari, mais est-il réellement aussi terrible ? Avec son fils en bas âge à protéger, elle sait qu’elle ne peut pas commettre la moindre erreur, pour ne pas s’attirer d’ennuis.

À mesure que les événements s’intensifient, il ne lui faut pas longtemps pour décider qui est de son côté et… qui ne l’est pas.

Inscrivez-vous ici pour être informés de toutes les nouveautés de Dale !

Prologue

Pour Greyson, c’était une nouvelle étape de sa vie, à rester assis, faire ce dont il avait envie, aider les autres par choix au lieu d’avoir un style de vie trop strict. Quand il officiait dans l’armée en tant que Marine, rien que ça, sa vie se partageait entre les entraînements, les missions, d’autres entraînements, de la remise en forme, et de nouvelles missions. Après l’accident qui lui avait détruit le dos, endommagé son épaule, et emporté une partie de son pied, il avait eu l’impression que sa vie était la même, et pourtant tellement différente.

Car tout était encore prévu pour lui. La rééducation, les médecins, d’autres tests, encore de la remise en forme, plus de tout, avec un calendrier bien précis. Depuis qu’il avait été exempté avec son dos plus ou moins en bon état, il n’avait besoin que de renforcement. Son épaule était fonctionnelle. Pas jolie à voir, mais qui avait décidé que cela ferait encore partie de sa vie ?

Il avait appris à marcher avec la moitié d’un seul pied. Ç’avait été plus dur qu’il l’aurait pensé. Qui l’aurait cru ? Mais malgré tout, il était mieux loti que beaucoup d’autres.

Il souleva sa tasse de café et s’étira à l’arrière de la maison de Geir. Ils avaient travaillé à la construction de terrasses chez plusieurs gars. Et vraiment, il y avait peu de choses que Greyson appréciait plus que l’esprit de camaraderie qui régnait ici, ce sentiment d’appartenance, mais se sentir obligé de faire quoi que ce soit. Pour l’instant, il vivait de ses allocations, tout en cherchant à décider de ce qu’il allait bien pouvoir faire du reste de sa vie.

Il n’avait pas de réponse facile. En fait, il n’existait pas de réponses faciles. La seule chose qu’il ne pouvait vraiment pas faire était un travail de construction lourd, mais il n’y avait pas grand-chose qui le retenait. Il avait été formateur au sein de l’armée, il était donc capable de travailler dans le management. Mais il n’avait pas vraiment envie de subir ce genre de pression, avec tout le stress.

Il aimait les animaux, et il avait travaillé un court laps de temps avec les K9, mais il aurait voulu avoir une relation plus personnelle avec les animaux, et on ne l’y autorisait pas. Plusieurs associations de sauvetage d’animaux avaient retenu son attention, mais il n’y avait pas beaucoup d’argent à gagner dans ce domaine. Il n’avait pas besoin de grand-chose pour vivre, et arrivé à ce stade de sa vie, la satisfaction au travail, le sentiment d’être utile, était plus importants à ses yeux.

Quand Geir sortit de la maison et vint s’asseoir à côté de lui, Greyson le regarda et lui dit :

— Tu as une belle affaire.

L’autre homme hocha lentement la tête.

— Ç’a été long à venir. Aujourd’hui, nous avons l’application concrète de la théorie que nous avons créée, et je suis ravi de voir ça jour après jour.

Greyson ne répondit rien, se contentant de boire son café.

— Qu’est-ce que tu voudrais pour ton avenir ? demanda Geir.

Greyson haussa les épaules.

— Quelque chose de différent de l’armée. Quelque chose de plus paisible, mais utile quand même, je crois. Mais sans tout le stress, les horaires, le chaos.

Geir acquiesça.

— Tu sais quoi ? Peu de gens le comprendraient.

— Eh bien moi, j’espère que certains le feraient. Après l’armée, je me rends compte à quel point ma vie était organisée, dit-il avant de secouer la tête. Je veux pouvoir m’arrêter et sentir un peu plus le parfum des roses.

Geir sourit.

— Pour ça, il te faut juste une épouse.

— C’est ça qui t’a aidé ?

L’autre homme y réfléchit puis hocha la tête.

— C’est d’avoir cette autre perspective, et les gars aussi, alors que nous décidions de ce que nous voulions faire à l’avenir. Comme tu le sais, nous avons tous des handicaps physiques, ce qui fait que le monde nous regarde différemment. Ça te fait voir les choses sous un autre angle.

— Effectivement, approuva Greyson. Qu’est-ce que tu penses des animaux ?

— Je les adore, dit-il en souriant.

— Je me disais juste que c’est dommage que je ne puisse pas monter un refuge, mais on ne peut pas gagner sa vie avec…

— Quel genre de refuge ?

Il regarda Geir, surpris par le ton de sa voix.

— Je ne sais pas. Je suis particulièrement attiré par les chiens, mais j’aime aussi les chats, avec une petite moue.

— Intéressant.

— Pourquoi ai-je l’impression que tu as quelque chose derrière la tête ?

— Nous avons travaillé sur les dossiers K9, dit-il. Nous avons eu un très bon taux de réussite, mais pour le prochain… Nous n’avons pas beaucoup d’informations à son sujet.

— C’est quoi, les dossiers K9 ?

Greyson écouta les explications de Geir au sujet de la division des Chiens de Guerre qui avait fermé en partie, et de certains chiens qui étaient perdus.

— Ces chiens ont consacré leur vie à leur formation, approuva Greyson. Ils ont sacrifié les meilleures années de leur vie physique, alors ils méritent d’avoir une fin décente.

— C’est pour ça que nous avons accepté d’aider. Aujourd’hui, nous devons travailler sur le dossier de Kona. C’est une femelle croisée malinois-berger qui a été envoyée à Denver, mais s’est retrouvée à Hawaï.

— Ça n’a aucun sens ! s’exclama Greyson qui le regarda avec surprise.

— N’est-ce pas ? acquiesça Geir en secouant la tête. C’est difficile à comprendre à notre époque où l’on fait tout le traçage en numérique.

— Alors, elle va être renvoyée à Denver ?

— Non. Quelqu’un est venu la prendre, et elle devait passer quelques nuits dans un refuge temporaire, le temps que nous puissions organiser son transport retour, mais une personne, et je mets un gros point d’interrogation sur cette personne, l’a volée.

— Eh bien, ce pourrait être une bonne chose, tenta Greyson. Beaucoup de gens n’approuvent pas le principe des refuges. Cette personne l’a peut-être ramenée chez elle pour lui offrir un endroit sûr.

— Eh bien, il s’agissait d’un refuge. Kona avait son propre espace, et elle aurait pu y être parfaitement bien, expliqua Geir. Mais nous ne pouvons pas laisser courir. Nous devons nous assurer que la personne qui a pris la chienne en prend soin, et qu’elle aura la meilleure vie possible.

— Qu’en est-il au niveau juridique ?

— Nous avions quelqu’un pour l’adoption, mais près de Denver. Nous n’avions personne à Hawaï.

— Donc, si je retrouve la chienne et que je peux confirmer qu’elle est dans un bon foyer, je suis quand même censé l’y arracher et l’expédier à Denver ?

Geir y réfléchit un moment, puis scruta sa tasse de café.

— Non, dit-il. À mon avis, la base de tout, c’est de nous assurer de tout faire dans le meilleur intérêt du chien.

— Donc, retrouver la chienne, traquer celui ou celle qui a volé Kona, découvrir ce qu’il ou elle fait de l’animal, et voir si elle ira bien ?

Greyson balaya le jardin du regard. Il avait passé les derniers jours à construire une terrasse ici.

— Hawaï pourrait être sympa.

Geir lui jeta un regard et sourit.

— Tu as des attaches là-bas ?

— Mes grands-parents, en fait, répondit-il aussitôt. Ils vivaient à New York, et puis un jour, c’est comme s’ils avaient craqué. Ils ont tout vendu pour déménager à Hawaï.

— Je ne suis pas sûr que ce soit une si mauvaise idée, mais honnêtement ? Si tu termines dans l’une des grosses villes des îles, je ne suis pas certain que cela fasse une grande différence.

— Ils sont sur une des îles extérieures, il me semble, expliqua Greyson. Il est peut-être temps pour moi de le découvrir.

— Exactement.

— D’où est-ce que le chien a disparu ?

— Eh bien, il a été envoyé par avion, et déposé au refuge local. C’est le dernier endroit où nous savons qu’il a été vu.

Il hocha la tête.

— Il y a combien de temps ?

— Trois semaines. En fait, elle a d’abord intégré une famille d’adoption, mais en moins de six semaines, la relation s’est achevée sur un désastre. Alors Denver était le second foyer pour Kona.

— Donc, c’était suffisant pour se lier, mais pas assez pour nouer de vraies relations, étant donné sa nouvelle vie.

— Comme tu le sais, ça dépend des circonstances, répondit Geir. Certaines situations créent un lien immédiat.

— Mais en général, ce sont les situations les plus désagréables. Le danger, le conflit, la violence, ou des trucs du même genre, énuméra Greyson en gloussant. Je crois que je peux m’occuper de celui-ci.

Geir le regarda, lui sourit et lui dit :

— Alors, c’est un oui ?

Greyson hocha la tête.

— Mission acceptée.

Chapitre 1

Greyson Morgenstein descendit de l’avion et prit un moment pour humer l’air. C’était quelque chose d’être à Hawaï. Le climat était très chaud et presque moite, l’humidité était à son comble à cette époque de l’année. Il avait contacté ses grands-parents pour leur annoncer qu’il serait dans la région et ils l’avaient immédiatement convié, comme il s’y était attendu. C’était là qu’il irait en premier. En fait, son grand-père viendrait le chercher ici.

Alors que Greyson s’avançait, il balaya du regard le petit aéroport et la foule qui attendait. Il n’eut aucun mal à retrouver son grand-père. Il s’était peut-être un peu tassé avec les années, mais son sourire radieux ne passait pas inaperçu. Dès que Greyson s’avança, les deux hommes s’embrassèrent.

— Bon sang, tu as l’air en forme ! lui dit son grand-père en l’examinant. Pour quelqu’un qui a passé les deux dernières années en convalescence, tu n’es pas mal en point.

— Effectivement, répondit-il avec un sourire rayonnant. Ç’a été plutôt compliqué pendant un moment, mais c’est derrière moi.

— Ta grand-mère voulait venir te voir, mais tu nous as demandé de rester à l’écart, alors nous avons accédé à ta requête à contrecœur.

Son grand-père le dévisagea d’un air scrutateur, comme pour s’assurer qu’ils étaient les bienvenus à présent.

Greyson tendit une main pour serrer celle de son grand-père.

— C’est seulement parce que j’étais dans un sale état, le rassura-t-il. Je ne me sentais pas capable de me montrer amical ou gentil avec qui que ce fût.

Son grand-père hocha la tête.

— J’ai bien compris, mais ta grand-mère, elle…

— Je vais me rattraper auprès d’elle maintenant, répondit Greyson en riant.

— Qu’est-ce qui t’amène ici ? Et non, nous n’imaginons pas une seconde que ce soit nous, ajouta le vieil homme avec un rire.

— Disons que c’est une rencontre fortuite entre le travail et la famille, expliqua Greyson.

— Le travail ? demanda son grand-père qui se retourna, l’air surpris. Tu as un travail maintenant ?

— Ces derniers mois, j’ai surtout fait du bénévolat avec un groupe d’anciens militaires. Ils ont mis en place un grand programme de formation pour bon nombre d’entre nous qui sommes obligés d’affronter la vie après nos blessures. Ils effectuent des missions pour le département des Chiens de Guerre, qui sont passés entre les mailles du filet.

— Des chiens de guerre ?

Son grand-père secoua la tête, puis montra du doigt un petit camion sur le parking vers lequel ils se dirigeaient.

Puis il annonça :

— C’est le nôtre. Comment t’es-tu retrouvé impliqué dans les Chiens de Guerre ?

— Parce qu’ils avaient une bonne douzaine de dossiers à suivre, et qu’il se trouve que l’un d’entre eux est sur Hawaï, répondit Greyson.

Son grand-père lui jeta un regard étonné.

Il rit, puis hocha la tête.

— C’est dingue, hein ? Je me suis donc dit que c’était l’occasion de venir vous voir, et vous montrer que je suis vivant et que je vais bien. J’ai survécu à toutes les opérations, et à la convalescence, dit-il alors que son ton redevenait sérieux. Et la vie est de nouveau belle.

— Eh bien ça, c’était vraiment une chose que nous avions besoin d’entendre ! Au moins, quand tu as commencé à nous contacter et nous envoyer des mails, nous savions que tu étais toujours en vie, mais nous étions inquiets.

Greyson hocha la tête. L’une des premières choses qu’il avait faites à son réveil après son opération, ç’avait été de se renfermer et rejeter tout le monde. C’était son modus operandi. Il ne savait pas vraiment qui, et ce qu’il devait affronter, et il savait qu’il devait faire ce voyage seul, donc il continuait de repousser les gens. Tout le monde ne fonctionnait pas de cette manière, mais lui oui.

— Je sais, j’aurais dû vous contacter plus tôt, convint Greyson. C’est plutôt difficile quand tu fais des allers-retours permanents en salle d’opération et que tu vis avec la douleur au quotidien, de trouver des choses agréables à dire aux gens. Et la dernière chose dont vous avez envie de parler, c’est de vos blessures ou vos passages en chirurgie.

— De toute manière, je ne parle pas beaucoup de ce genre de choses, avoua son grand-père. Je trouve ça plus simple d’oublier.

— Exactement ! approuva Greyson en riant.

Une fois installés tous les deux dans la cabine et ses bagages bien rangés à l’arrière, son grand-père s’engagea sur la route principale à la sortie de l’aéroport.

— Pour vous aussi c’est un sacré changement, déménager de New York à Hawaï.

— On a traversé l’océan, répondit-il avec un hochement de tête. Nous pensions laisser derrière nous les grandes villes, la population, les impôts et une atmosphère trop politique. Au lieu de ça, nous avons droit à la même chose en taille réduite.

— C’était prévisible. Des regrets ?

— Non ! répondit aussitôt son grand-père. Le climat est quand même meilleur pour nous, et la population est beaucoup plus restreinte, du moins, là où nous vivons. Et nous avons toujours la possibilité d’aller dans la grande ville, mais nous ne le faisons pas souvent.

— Qu’en est-il des hôpitaux et des soins médicaux ?

— Nous ne sommes pas très loin du centre principal, répondit son grand-père. L’hôpital est à environ trente minutes de route.

— Ça me paraît pas mal, approuva Greyson.

— Alors, ce chien, lança le vieil homme pour changer de sujet, où est-il ?

— Eh bien, elle était censée être expédiée à Denver, et on ne sait comment elle a terminé sa route à Hawaï. Mais ensuite, c’est un refuge qui l’a recueillie pour quelques jours, le temps de mettre en place la suite de son voyage. Et apparemment, c’est là qu’elle a disparu. C’était il y a trois semaines.

— Waouh ! Comment es-tu censé retrouver un chien disparu depuis des semaines ?

— Je ne sais pas, avoua Greyson. Je crois que ce dossier a été ajouté récemment, parce que pas mal d’autres dossiers concernant des chiens sont en attente depuis plus longtemps.

— C’est assez triste. Ces chiens donnent leur vie pour l’armée. On aimerait à penser qu’ils ont eu droit à une retraite sympa pour les remercier de leur dévouement.

— Ce serait bien, n’est-ce pas ? répondit Greyson avec un rire. Mais ça n’est jamais aussi facile. Tu le sais bien.

— Effectivement, répondit son grand-père en levant les yeux au ciel. Nous ne faisons rien d’autre que planifier nos retraites.

— Et moi qui pensais que tu l’avais déjà prise, le taquina-t-il.

— Eh bien, oui, sans le moindre doute, je suis à la retraite, mais ça ne veut pas dire que j’ai tout planifié. Ce qui nous a aidés, ce sont les prix élevés de l’immobilier à New York quand nous avons vendu, et nous avons acheté quelque chose de bien plus petit ici, alors ça va. Mais tu sais, maintenant que tu es aussi à la retraite, il ne reste jamais grand-chose. Et en fonction de l’évolution de notre état de santé, ça pourrait devenir moche à la fin.

Greyson hocha la tête.

— C’est le truc que je prévois, dit-il. Et pourtant, j’ai l’impression d’avoir déjà eu droit à la partie moche, et aujourd’hui je cherche à retrouver une seconde partie de vie.

— Tu la trouveras, répondit son grand-père. Il suffit d’avoir un peu confiance.

— Est-ce que tu sais quelque chose au sujet du refuge local ?

— Non. Je ne peux pas dire que j’en aie déjà entendu parler. Tu sais où il se trouve ?

Greyson prit son téléphone et consulta son application GPS.

— D’après ce truc, c’est seulement à quinze minutes d’ici.

— Eh bien, nous allons dans cette direction. On peut faire un petit détour, proposa le vieil homme en jetant un œil à la carte du GPS sur le téléphone de Greyson. Tu veux qu’on aille vérifier avant d’aller à la maison ?

— Ce serait fantastique, si ça ne te dérange pas. Il va falloir que je prenne une voiture de location, pour pouvoir rayonner sur l’île à la recherche du chien. Mais je me disais que ça pourrait attendre demain.

— Pas besoin de ça, répondit le grand-père. Nous avons deux voitures.

— Non, répondit-il. Ce ne sera pas nécessaire. Je peux en louer une.

— C’est tout simplement insultant, déclara son grand-père avec fermeté. Nous avons deux voitures dont nous nous servons à peine. Je ne roule plus beaucoup. Quel est l’intérêt ? Nous avons tout ce que nous voulons à distance de marche. Tu peux prendre l’un de nos véhicules, confirma-t-il d’un ton sans appel. Si tu as vraiment envie de payer pour ça, tu peux nous emmener au restaurant.

— Eh bien, de toute manière, c’était prévu ! répondit Greyson en riant. Il y a des luaus dans le coin ?

— Un des restaurants du coin, sur la plage près de chez nous, en fait un gros. Mais je ne suis pas sûr qu’il y en ait de prévus la semaine prochaine.

— Nous allons le découvrir, répondit Greyson. Ce serait un dîner agréable.

— On passe toujours un bon moment, répondit le vieil homme.

Ils roulèrent dans un silence complice, entrecoupé de discussions à propos de tout et de rien, lorsque son grand-père lui indiqua un panneau dans la rue.

— Il me semble que c’est la sortie que nous cherchons, non ?

Juste à ce moment-là, le GPS indiqua qu’il fallait prendre la sortie.

— Tu te débrouilles très bien, Grand-Père. Tu es en avance sur le GPS.

— Ces stupides ordinateurs, dit le vieil homme en secouant la tête. C’est bien à cause d’eux qu’il y a tant de personnes âgées atteintes de démence de nos jours. Nous avons cessé de nous servir de nos neurones.

Greyson rit.

— Je ne crois pas que tes cellules cérébrales soient en danger de mort de sitôt.

— J’espère que non ! J’ai soixante-quatorze ans maintenant, et j’aimerais bien vivre encore dix ou quinze ans.

— En bonne santé, avec assez d’argent et ta propre maison, sous un bon climat, absolument ! approuva Greyson. Je pense que c’est parfaitement faisable.

Ils prirent la sortie et tournèrent dans une petite zone de banlieue. Après l’avoir traversée, ils arrivèrent de l’autre côté, dans une communauté plus rurale et spacieuse. Devant eux se trouvait le panneau du refuge. Son grand-père se gara devant le bâtiment.

— Je viens avec toi, dit-il.

Les deux hommes sortirent du camion, et Greyson entra pour parler à la femme de l’autre côté du comptoir. Elle semblait être la seule employée, et elle avait l’air un peu fatiguée.

Elle leva les yeux, fronça les sourcils, et s’enquit :

— Puis-je vous aider ?

— Je suis ici au nom du département des Chiens de Guerre, annonça-t-il. Je crois savoir que vous gardiez le chien qui s’était accidentellement retrouvé expédié ici, jusqu’à ce que les modalités de son retour à Denver soient arrangées.

— C’est vrai, répondit-elle en secouant la tête. Depuis toutes ces années, jamais on n’a eu de chien perdu ou volé. Et maintenant, nous nous retrouvons à essayer d’aider un chien d’élite qui disparaît, comme par hasard.

— Elle a disparu ?

Greyson bondit.

— Alors quoi, est-ce qu’elle a été volée ? Elle a sauté ? Est-ce que quelqu’un a laissé une grille ouverte par accident ? Que s’est-il passé ?

Il leva la main en voyant l’air contrarié de la femme.

— Croyez-moi. Je n’accuse personne. Je suis ici pour faire tout ce qui est en mon pouvoir pour retrouver le chien et m’assurer qu’il va bien.

Les épaules de la femme perdirent un peu de leur raideur. Elle opina.

— Nous n’en avons pas la moindre idée, l’informa-t-elle. Personne n’a vu ce qui s’est passé. Nous avions un chien dans cet enclos, et un autre dans l’enclos voisin. C’est le seul qui a été pris.

— D’accord, c’est bon à savoir. Mais aucune trace du chien disparu ?

Elle secoua la tête.

— Non, rien du tout. Et c’était plutôt frustrant. Nous ne sommes pas là pour perdre des chiens.

— Absolument, dit-il. Alors, racontez-moi tout ce que vous pouvez, du début à la fin.

— Voyons voir. Le chien est arrivé dans une caisse, et il a été livré à seize heures. Nous l’avons emmené courir, l’avons nourri, lui avons donné à boire, et fait faire un peu d’exercice. Nous sommes restés jusqu’à dix-huit heures. À ce moment-là, toutes les vérifications de sécurité ont été faites. Non, nous n’avons pas de caméras. Nous n’avons rien d’autre qu’une alarme basique, et non, nous n’avons pas d’alarmes sur les enclos.

— Bien, dit Greyson avant de s’interrompre, se tourner, et balayer les environs calmes de l’endroit. Quelqu’un était-il au courant ? Est-ce qu’il y a eu du tapage autour de ça ? Une couverture médiatique ou quelque chose ?

Elle secoua la tête.

— Pas à ma connaissance. Non.

— Comment était le chien ? Socialement parlant ?

Elle le regarda, visiblement perplexe.

— Était-il agressif ou grognon ?

— Elle, dit-elle avec emphase, était calme, patiente, et avait un bon comportement. Elle a bu un peu d’eau avant d’aller se coucher dans l’enclos.

— Vous n’avez pas eu de problème avec elle ? Elle n’était pas difficile à approcher ?

— Non, pas du tout. Et à mon avis, c’est peut-être un peu le problème. Vous savez, j’ai l’impression que si quelqu’un l’avait voulu, il lui aurait suffi de venir lui parler et il aurait pu la voler sans problème.

— Mais c’était une croisée malinois-berger, dit-elle, j’ai bien l’impression que c’est le genre de chien qui intimide.

— C’est ce qui m’inquiétait au départ. Je ne vois pas pour quelle raison quelqu’un voudrait un tel chien, à moins d’avoir besoin d’un chien de garde ou de défense.

— C’est possible, dit-il. Vous avez déjà eu des vols ou des crimes par ici ? On vous a dérobé d’autres animaux ?

Elle secoua la tête.

— Nous n’avons jamais eu le moindre problème. Les gens les laissent ici. Ils ne les volent pas. Il y a eu un problème sur la route ce jour-là, et je me suis demandé si la chienne n’était pas impliquée, mais je ne vois pas comment elle aurait pu.

— Quel problème ?

— Un accident de voiture devant. Quelques pare-chocs abîmés. Je sais que la police est venue parler aux personnes impliquées. La chienne aurait été visible dans son enclos sur le côté, mais je ne vois pas pour quelle raison elle aurait voulu s’échapper.

— Est-ce que je pourrais voir l’enclos, pour me faire une idée précise de ce à quoi le chien s’est retrouvé confronté ?

Elle hésita, puis lui adressa un petit signe de tête.

— Je serai bien contente quand tout ceci sera terminé, dit-elle. Nous ne connaissons pas l’échec, ici. Et de savoir que c’est un chien comme ça, que le gouvernement est impliqué, ce serait sûrement sans fin, déplora-t-elle en secouant la tête. C’est dommage, parce que cela jette une ombre sur notre dossier impeccable.

Il patienta aux côtés de son grand-père pendant qu’elle répondait au téléphone, puis s’occupait d’un chat en cage sur son bureau. Une fois que ce fut fait, il put jeter un coup d’œil à la réception, très simple. Il se rendit compte que, bien qu’on n’ait pas dépensé beaucoup d’argent pour cet endroit, il semblait être sain et bien entretenu.

Elle ouvrit les doubles portes et les conduisit à l’arrière, passant devant un tas de cages avec de petits animaux à l’intérieur et beaucoup de cages vides.

— Heureusement, vous n’avez pas l’air d’avoir beaucoup de pensionnaires en ce moment, fit-il remarquer.

— Nous détestons être au complet.

— Nous organisons en permanence des campagnes de collecte de fonds pour nous occuper des animaux, mais surtout, nous sommes toujours à la recherche de personnes désireuses de ramener les animaux chez eux et de les sortir de ces cages. Ce n’est une bonne vie pour aucun d’entre eux.

Son grand-père en regarda certains en secouant la tête.

— Ça n’a pas l’air d’être une partie de plaisir pour tout le monde, dit-il tristement.

— N’hésitez pas à me le faire savoir si vous en soyez un que vous voudriez adopter, dit-elle avec un grand sourire.

Il secoua à nouveau la tête.

— Pas sans la permission de la femme. Ça ne se passerait pas bien du tout.

— Alors, revenez avec elle, l’encouragea la femme.

Quant à Greyson, il laissait filer la conversation. Il doutait que son grand-père veuille s’occuper d’un animal de compagnie à ce stade de sa vie, mais Greyson s’était déjà trompé. Quand le vieil homme passa devant un basset couché tout seul dans sa cage, il ralentit le pas. Il s’accroupit et tendit les doigts vers lui. Le chien s’étira et le renifla, et afficha l’air le plus malheureux du monde. Sachant que son grand-père était déjà en train de s’accrocher, Greyson se tourna vers la femme qui s’éloignait encore.

— Quelle est l’histoire de ce basset ?

— Son propriétaire est décédé, et la famille nous a remis l’animal, expliqua-t-elle avec un froncement de sourcils. Il lui faut vraiment une maison tranquille avec quelqu’un qui l’aime, car non seulement il a besoin d’un bon foyer, mais il est aussi en deuil.

Le grand-père de Greyson se redressa, fourra les mains dans ses poches, et se détourna avec détermination, mais ses yeux ne cessaient de revenir au chien derrière eux. Celui-ci les regarda fixement alors qu’ils s’éloignaient. La femme les mena à la porte arrière. Greyson franchit un grand portail pour se rendre à l’enclos du chien. Il y avait une passerelle entre deux, et une autre un peu plus loin.

— Elle était dans l’enclos extérieur, dit-elle en pointant sur la gauche.

— Il y avait une raison à cela ?

Elle secoua la tête.

— C’était du hasard. Un pur hasard. Enfin, pas vraiment, en fait. Nous l’avons mise dans le plus grand enclos. C’était un gros chien qui s’était retrouvé enfermé dans une caisse, dans un avion pendant je ne sais combien de temps. Nous avons simplement pensé que cela lui laisserait le loisir de se détendre après une journée stressante.

Cela faisait sens à ses yeux et il appréciait la démarche. Il entra dans l’enclos qu’il arpenta, l’examinant à la recherche de traces éventuelles. Il s’arrêta en voyant des poils sur le haut de la clôture. Il sortit son téléphone et en prit rapidement une photo.

— Qu’est-ce que vous regardez ? lui demanda la femme d’un air méfiant.

— Juste des poils, dit-il, coincés sur le haut de la clôture, juste ici.

— Mais ils pourraient être là depuis une éternité, protesta-t-elle.

Il lui jeta un regard de travers.

— Peut-être, mais cela pourrait tout aussi bien être ceux de la K9.

Elle ne dit pas un mot de plus. Il recula un peu pour examiner le sol.

— Merci de m’avoir laissé jeter un œil.

Il prit quelques clichés supplémentaires de la zone depuis l’intérieur de l’enclos, et se rendit compte qu’il voyait un morceau de la rue de la zone forestière proche. Et, aux côtés de la réceptionniste, il traversa de nouveau le bâtiment jusqu’à l’avant. Ils retrouvèrent son grand-père accroupi devant le basset.

La femme s’avança.

— Il apprécierait vraiment un bon foyer. Il est réellement déprimé.

— Depuis combien de temps est-il là ?

Elle hésita.

— Deux semaines. Normalement, nous ne pouvons pas les garder plus de dix jours.

Grand-père la regarda avec horreur. Puis il posa les yeux sur Greyson, comme pour lui demander quoi faire.

— Tu peux toujours appeler grand-mère et voir ce qu’elle dit.

— Ou… et son grand-père se tut.

Mais Greyson savait exactement ce qu’il avait commencé à dire.

— Ou tu pourrais le ramener à la maison, sachant qu’elle tombera amoureuse de lui, comme tu viens de le faire.

Grand-père grimaça.

— Nos chiens me manquent, dit-il.

— Je n’en doute pas un instant. Il y a un endroit pour marcher ?

Il hocha la tête.

— Je marche sur les sentiers. Je fais des kilomètres et des kilomètres chaque jour, dit-il. Et je suis toujours seul maintenant.

À ce moment-là, la femme se baissa et ouvrit la cage, laissant le chien sortir pour dire bonjour. Et, évidemment, il se dirigea vers Grand-Père, avec qui un lien se formait déjà. Le vieil homme frotta doucement les longues oreilles du chien.

— Quel âge a-t-il ?

— À la louche, il doit avoir dans les cinq ans.

Grand-père hocha la tête.

— Comment s’appelle-t-il ?

— Leo.

Il rit en l’entendant.

— Ça ne m’étonne pas du tout. À combien se montent les frais ?

Elle hésita. Greyson regarda la femme, puis son grand-père, et lui dit :

— Pourquoi ne me laisses-tu pas m’occuper de ça pour toi ? Ce sera mon cadeau pour vous remercier de me laisser rester chez vous.

Grand-père le regarda et sourit.

— Si tu crois que ta grand-mère va te laisser t’en tirer comme ça, tu te trompes, fiston.

— On peut quand même espérer, dit-il en riant.

— Eh bien, ça pourrait rendre les choses plus faciles.

La décision prise, Greyson se rendit à l’avant et s’occupa de la paperasse, pendant que son grand-père et Leo faisaient connaissance. Et quand ce dernier fut autorisé à se rendre également à l’avant et qu’il fut conduit au camion, il donna l’impression d’avoir reçu un cadeau inestimable. Et c’était vrai. Il venait de se trouver un foyer aimant, avec deux personnes qui allaient le gâter, que demander de plus ? Leo démarrait une nouvelle vie, et étant donné ce que la femme avait dit au sujet du délai maximum de dix jours, Greyson se dit qu’il venait littéralement d’obtenir une deuxième vie.