Il a hacké mon coeur - Sandra Eve Marie - E-Book

Il a hacké mon coeur E-Book

Sandra Eve Marie

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Beschreibung

Romane Becker est une jeune hackeuse de talent. Tous les soirs, elle se connecte sur un forum de tchat sur Le Dark web ou elle réalise des défis avec ses amis virtuels. Elle découvrira qu'une d'entre eux vit dans la même ville qu'elle. Elles se rencontreront et deviendront de très bonnes amies. Se découvrant de nombreux points communs. Grace à sa nouvelle copine, Romane découvrira le monde du BDSM, donnant ainsi le piment qui manque à sa vie.

À PROPOS DE L'AUTEURE

Maman de trois enfants et épouse comblée. Travaillant à mi-temps, Sandra Eve Marie partage son temps libre entre sa famille et ses loisirs dont l'écriture. elle publie beaucoup sur Wattpad depuis quelques années. elle aime se perdre dans le monde imaginaire de ses personnages.

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Veröffentlichungsjahr: 2023

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Il a hacké mon cœur

 

 

 

 

 

 

 

 

Sandra Eve Marie

Chapitre 1

 

 

Je me présente, je m'appelle Romane Becker. J'ai une passion dans la vie, l'informatique et sans vouloir me lancer des fleurs, je suis très douée. Je suis tombée dedans au divorce de mes parents quand j'avais 14 ans. Ils se livraient une guerre sans nom. Tout le temps de leur mariage, ils n'avaient pas cessé de se tromper mutuellement, mais tant que ça restait dans l'ombre, tout allait bien. Mais lorsque mon père a fait fortune en commercialisant la gélule minceur (soi-disant miracle), notre famille à commencer à faire la Une. Ma mère a été prise en flag dans un hôtel, vous imaginez la réaction de mon père qui s'est senti humilié publiquement.

Moi, je suis devenue un moyen de pression dans le divorce. J'avais besoin de m'évader. Au sens littéral, j'entends. D'un, j'étais jeune et de deux mon père étant devenu riche avec plein d'ennemis (histoire de vol de brevet), mes sorties étaient plutôt réglementées... mais j'avais le dernier cri question technologie et PC. Quand j'ai fait sauter le contrôle parental en une minute, j'ai été curieuse de voir jusqu'où je pouvais aller...

Après le divorce, j'ai fait régulièrement la navette entre mes deux parents qui même là continuaient à se tirer dans les pattes. Autant dire que c'était pas la joie. Vu que j'étais fille unique, je passais le plus clair de mon temps dans ma chambre sur mon ordi. Je me perdais un peu dans ce monde parallèle. J'avais bien des amis au lycée, mais très franchement leur petit délire de qui couche avec qui ne m'intéressait pas vraiment.

J'ai eu mon premier copain quand je suis arrivée à Polytech. J'étais la seule fille dans une classe de mec, forcément ça attire l'attention. J'en suis sortie avec mon diplôme d'ingénieur informatique. Et je suis entrée dans le monde du travail. Actuellement, je bosse dans une petite boite de réparation d'ordi, je vis seule avec mon lapin qui devait être un chat dans une autre vie, mais passons... et je ne parle quasiment plus à mes parents.

Je rentre chez moi après une journée passée à débuguer l'ordi infesté d'un petit crétin qui a voulu télécharger un porno bien qu'il le nie. Je jette mes chaussures et ma veste dans l'entrée avant de m'affaler sur le canapé. Là Panpan, ma boule de poils, saute sur le canapé et vient sur mes genoux. Je le laisse en liberté dans l'appartement et il semble très heureux comme ça. Moi, tant qu'il ne me ronge pas les câbles électriques, ça me va.

« - Alors qu'est-ce que tu as fait aujourd'hui ? » Je dis

Je ne suis pas folle et je sais pertinemment qu'il ne me répondra pas, mais bon. Je le caresse un peu et le soulève pour le poser sur le côté, je me lève et ouvre mon frigo. Il faut absolument que j'aille faire des courses. J'attrape le reste de ma pizza d'hier et la moitié de carotte. Je croque dans ma pizza et pose le bout de carotte sur le canapé pour mon lapin qui s'en donne à cœur joie.

Mon repas, si je peux dire, englouti, je file prendre une douche. J'adore mon appartement. Il est très grand et super bien équipé. Parce que même si je ne parle plus à mes parents, je ne peux pas nier qu'ils m'ont toujours apporté un certain confort financier. J'avoue que j'ai aussi craqué quelques petits serveurs, histoire d'avoir des ristournes intéressantes sur mes objets d'ameublement et de déco...

Je me glisse sous l'eau chaude et me détends aussitôt. Ma douche à l'italienne avec ses jets massant est une tuerie. J'aurai tout aussi bien pu prendre un bon bain chaud, mais ce soir, je suis assez pressée. Comme tous les soirs depuis quatre jours, j'ai rendez-vous sur un forum de hackeur. On se taquine et se lance des petits défis... Hier Masterone, oui, je sais on fait pas plus péteu comme pseudo, bref, il a lancé le défi de craquer le serveur de la police pour trouver le dossier sur le braquage qui a eu lieu la semaine dernière. C'était un vrai jeu d'enfant. Deux ou trois algorithmes et j'étais dans le système.

Mes cheveux encore mouillés, je me recale dans mon canapé d'angle et me connecte sur le forum du Dark web. Mon pseudo à moi, c'est : Menora. Une anagramme de mon prénom.

Masterone : Menora, on pensait que t'allais pas venir.

Moi : Et louper une occasion de vous mettre une pâtée à nouveau, tu peux toujours rêver.

Rainbow : T'as peut-être gagné hier, mais prend pas la grosse tête.

Sandman : Oui, on a déjà Masterone qui se sent plus.

Masterone : Je t'emmerde !

Circus : Dis-donc, y a de l'ambiance. C'est à qui de choisir le défi ?

Rainbow : À moi ! le défi d'aujourd'hui est : entrer dans le système de Becker Pharmacetic.

 

J'ai un moment d'arrêt en voyant le nom de la société de mon père. Je sais que je n'aurai aucun mal à m'y introduire vu que c'est moi qui ai crypté le serveur, mais est ce que je peux faire ça...

 

Sandman : Pourquoi ? T'as des kilos en trop et tu veux lui voler sa formule minceur ?

Rainbow : Qui sait ? Ce serait plus rapide qu'un régime et aller à la salle de sport. Je déteste transpirer. Enfin tout dépend ce que je fais...

Circus : J'affirme que je suis sûre que Rainbow et Menora sont des nanas !

Masterone : On a dit aucune infos persos !

Sandman : Mais quel rabat-joie celui-là. C'est ta défaite d'hier qui a du mal à passer. Ça fait des mois qu'on échange sur ce forum, on peut bien lâcher quelques indices sur nos vies.

Moi : Ouais, surtout que je suis sûre qu'on vit aux quatre coins du pays... Et puis si, on voulait vraiment savoir qui sont les autres, il suffirait de remonter leur signal.

Masterone : Jamais vous ne réussiriez à remonter jusqu'à moi.

Rainbow : Je modifie mon défi de ce soir. C'est à celui qui trouve qui est Masterone en premier !

Circus : Je suis pour !

Sandman : Moi aussi. On va voir si t'es aussi fort Masterone.

 

Sur ce Masterone quitte le forum et se déconnecte.

 

Moi : On dirait qu'il y en a un qui avait les chocottes !

Des émojis morts de rire arrivent en cascade et je ris devant mon PC. À leur façon, ces gens sont mes amis. Je me sens plus proches d'eux que des gens que je côtoie dans la vraie vie.

 

Moi : Alors, on part à la recherche de Masterone ou pas ?

Rainbow : Sans qu'il soit là pour confirmer, c'est compliqué. Retour au défi initial. Becker Pharmacetic. Au premier qui découvre le prochain projet en cours.

 

Même si je ne lui parle presque plus, j'ai des scrupules à pirater la boite de mon père et décide de ne pas participer à ce défi.

 

Moi : Vous me direz demain qui a gagné, je dois y aller, une urgence. Bye.

 

Je ne leur laisse pas le temps de répondre et me déconnecte. Il est super tôt et j'ai pas du tout envie d'aller me coucher tout de suite. Je sais que mes collègues allaient boire un coup dans un bar du centre-ville. J'enfile un jean slim noir et un débardeur avant de me rendre donc au Hold on. Lorsque j'arrive, Adrian, Max, Nino sont assis à une table en train de rire. J'avance doucement vers eux et ils écarquillent les yeux en me voyant.

« - Et ben, si je m'attendais à ça... Dit Max

- Ouais, en cinq mois que tu bosses avec nous, c'est bien la première fois qu'on te voit ici. Lance Nino

- Alors que c'est pas faute de t'en parler. Ajoute Adrian

- Mouais, je sais... mais comme on dit, mieux vaut tard que jamais, non ? Je peux m'asseoir ? » Je demande.

Ils se décalent pour me faire une petite place. Je souris et m'installe sur la banquette avec eux. J'alpague une serveuse et lui demande une bière.

« - Qu'est-ce qui t'a décidé à venir ? demande Adrian

- Comme Nino l'a dit, ça fait cinq mois que je bosse avec vous... J'avais envie de mieux vous connaitre. C'est pas toujours facile d'être une nana dans un monde mec... Je réponds.

- Je suis content que tu sois là. Dit Nino.

- Idem. » Dit Max.

Nous parlons un peu et je ne regrette pas d'être venue. Je ne dirais pas que c'est la meilleure soirée de ma vie, mais les mecs ont quand même plus de conversation que mon lapin. Je crois bien que j'ai un ticket avec Nino. Il m'a offert deux cocktails, il m'a même invité à danser. On verra si je donne suite, il est mignon, mais sortir avec un collègue, je ne suis pas sûre que ce soit un bon plan.

Le lendemain, l'ambiance est un peu différente au boulot. Je ne sais pas comment l'expliquer. Je me sens moins mise à l'écart. Je me rends compte que c'est moi qui m'étais isolée toute seule. Je mange même avec eux à midi. Je ne compte pas rester collée à eux tout le temps non plus, mais ça me sort du virtuel.

En rentrant chez moi, je passe faire des courses et rempli mon frigo. Je ne suis pas une pro en cuisine, alors je prends de quoi me faire des plats vite faits. Ça me convient très bien, même si c'est loin d'être équilibré. Je pense que Panpan mange même mieux que moi. Tant que je ne prends pas cinquante kilos, je m'en moque. Je me prépare vite du riz avec un filet de poisson et m'installe sur le canapé.

J'attrape mon pc portable et le pose sur mes genoux. Je me connecte au Dark web, je suis tout de même curieuse de savoir qui a gagné le défi de Rainbow hier. Je veux savoir lequel a craqué le pare-feu que j'ai conçu pour mon père en premier. Je sais qu'il est efficace, mais il n'est pas infaillible. Aucun firewall ne l'est.

 

Moi : Salut...

Rainbow : On est les premières visiblement.

Moi : Alors toi aussi t'es sûre que je suis une femme ?

Rainbow : Oui. J'ai raison ?

Moi : Oui, je suis une femme, j'avoue. Qui a gagné hier.

Circus : Moi, je suis trop fort. Le serveur était vachement sécurisé pour une boite pharmaceutique.

Je ressens une légère pointe de fierté en lisant ça.

Sandman : Ouais, ça s'est joué à quelques secondes. Et puis on n'a pas pu voir grande chose.

Rainbow : On a été détecté rapidement. Leur informaticien est balèze.

Moi : Vous n'avez donc pas eu accès à la formule minceur miracle ?

Circus : Et ben non. Rainbow, tu devras passer par la case régime et salle de sport !

 

Il ajoute un petit gif d'une banane sur une plateforme vibrante et je suis morte de rire.

 

Moi : Masterone manque à l'appel on l'attend ou on lance le défi du jour ?

Sandman : À mon avis, il ne reviendra pas dans le groupe. Et aujourd'hui, c'est à Circus de lancer le défi.

Circus : Pirater la Whitmore Entreprise. Le premier qui y arrive envoie une capture d'écran aux autres. Départ dans 3,2,1, partez !

 

Mes doigts glissent sur le clavier à toute vitesse. Je pianote une suite de chiffre et passe la première sécurité rapidement. La seconde est bien plus complexe. Lorsque j'arrive sur la page d'accueil, j'ai à peine le temps de faire une capture d'écran avant de me faire éjecter du serveur. Pour être sûre de ne pas être repérée, mon signal est brouillé et passe plusieurs serveurs. Bref, j'envoie la capture d'écran aux autres et jubile. J'ai encore gagné. Nous discutons encore un peu tous les quatre et je vais me coucher.

 

 

Chapitre 2

 

 

Le lendemain, je vais au boulot et Nino ne cesse de me lancer des regards. Je sens qu'il est sur le point de m'inviter, mais qu'il n'ose pas. Je ne suis même pas sûre de le vouloir. Ce que je sais, c'est que ça fait des mois que je n'ai pas fait l'amour. Je suis loin d'être accro au sexe, mais ça me manque un peu tout de même. Et je ne suis pas vraiment adepte des coups d'un soir. Je n'ai pas eu des milliers d'hommes dans mon lit, pour être honnête, j'en ai eu cinq.

À chaque fois, la relation a foiré parce que leur niveau d'attachement était bien supérieur au mien. Rester avec un homme amoureux de moi alors que je ne le suis pas, je ne trouve pas ça correct. Je ne veux pas jouer avec les sentiments des autres. Je ne suis pas comme ça. C'est pourquoi je ne sais pas si je dois encourager ou stopper les avances de mon collègue.

J'ai décidé de faire celle qui était overbookée toute la journée alors que l'opération que j'ai effectuée aurait pu me prendre deux heures à tout casser, mais au moins ça a tenu Nino à distance. Quand je rentre chez moi, je me plonge dans un bon bain moussant. Je fixe le plafond sans penser à rien. Quand je commence à être fripé comme un pruneau, je sors de l'eau.

Au menu de ce soir, nouilles instantanées saveur crevette. En attendant que l'eau bouillante fasse son petit effet, j'attrape mon PC et me connecte au Dark web. Les autres sont là, sauf Masterone. Il semble avoir eu vraiment peur qu'on tente de remonter son signal. Bon, il a peut-être juste changé de pseudo et rejoint un autre serveur. Si c'est le cas, c'est vraiment un petit joueur. Je reconnais que ça ne me dérange pas qu'il ne soit plus là. Il plombait un peu l'ambiance du forum. Sa politique du « rien de perso » était lassant à la longue.

 

Circus : Salut Menora. Les deux filles rien que pour moi, j'en ai de la chance.

Rainbow : Quoi, tu vas pas nous faire un plan drague ! Je te préviens, je suis pas fanne du sexe 2.0. J'aime trop sentir la peau de l'autre contre la mienne.

Moi : Idem...

Sandman : Je suis en retard de deux minutes et vous parlez de sexe sans moi. Masterone serait outré !

Circus : Ben, il n'est plus là et tant mieux.

Rainbow : Oui, il est du genre coincé. Qu'est-ce que ça peut faire si on connait un peu la vie des autres. C'est pas comme si on allait se faire une bouffe.

Moi : On pourrait par écran interposé. Par exemple, là, je suis en train de manger des nouilles aux crevettes.

Sandman : Moi, un burger.

Circus : Moi, je suis au café et aux tartines.

Rainbow : Et moi, je viens de planter mon rancard. Un mec chiant comme la mort. Un analyste financier de la boite où je bosse. J'aime les ordis et les chiffrer, mais parler de ça, j'ai connu mieux comme mise en appétit...

Sandman : T'es sorti avec un de tes collègues. Tu connais le dicton : relation au boulot, emmerdes à gogo !

Circus : Toute cette discussion est bien sympa et change un peu, mais je dois partir bosser dans une heure alors. Menora, c'est à toi de lancer le défi.

Moi : Très bien. Le défi d'aujourd'hui consiste à entrer dans le système du concessionnaire Ferrari et passer une commande sous le nom d'emprunt « Ferrari sucks » bien sûr.

Rainbow : Les doigts dans le nez.

Moi : J'ai pas fini. Il faut que la voiture soit vert pomme avec siège vibrant et chauffant. Sans parler du fait que le baquet à l'arrière doit être marron. Et cerise sur le gâteau, ou sur la pomme, bien sûr la voiture doit être gratuite.

Sandman : Ce qui veut dire qu'il faut pirater deux logiciels !

Moi : Oui et sans se faire repérer évidemment ! Tout le monde est partant  ?

 

Des émojis de pouce en l'air me répondent. Je lance le compte à rebours et c'est parti. Réserver la voiture est assez simple malgré les critères optionnels hors catalogue que j'ai imposé. Même au niveau de la facturation passée, la sécurité est très simple, j'aurais cru leur serveur plus sécurisé que ça. Alors que je suis sur le point de validé, je reçois une capture d'écran de Sandman. Il a gagné.

 

Sandman : Un jeu d'enfant les gars. Qu'est-ce qui vous a pris autant de temps.

Rainbow : J'allais valider, arrête de ta la péter !

Circus : Ouais, moi, j'avais fini.

 

Il nous envoie la capture d'écran.

Moi : Perso, je suis déçue. Je pensais pas que leur sécurité était au niveau maternel du hacking. C'est Ferrari quand même ! Pardon pour ce défi au ras des pâquerettes. Je suis meilleure pour gagner les challenges que pour les donner !

Circus : Au moins, je serais pas en retard au boulot. Une longue journée ennuyeuse m'attend. Je vous souhaite bonne nuit, si j'ai bien tout compris. À demain.

Moi : Bonne journée.

 

Circus se déconnecte et nous parlons un moment tous les trois avec Sandman et Rainbow.

Une semaine s'est écoulée et Nino redouble d'attention à mon égard. Ça me touche beaucoup, au point que j'ai accepté d'aller manger un bout avec lui ce soir et juste avec lui. Je pense pouvoir dire que c'est un rancard. J'espère que Sandman à tort avec son dicton. Je n'adore pas mon boulot, mais ça me ferait chier de devoir en trouver un autre parce que j'ai fait la connerie de coucher avec mon collègue.

Je me prépare et avant de partir, je poste vite un message sur le serveur pour dire que je ne viendrais pas participer au défi de ce soir. Je me regarde dans le miroir et frotte un peu ma robe pour retirer les poils de lapin. C'est un des gros inconvénients à laisser Panpan en liberté. Il en met partout. J'ai pas fait cinquante efforts de présentation, mais c'est tout de même un rendez-vous.

J'arrive au resto qu'il m'a indiqué et l'endroit est plutôt simple, ça me convient parfaitement. Quand mon père avait gagné son premier million, on avait délaissé notre petite pizzeria de quartier pour un resto chicos, hyper guindé où je ne me sentais pas du tout à ma place. Et même avec le temps, j'ai toujours eu du mal avec les endroits où il y a plus d'une fourchette.

« - Wow, tu es très belle Romane. » Dit Nino.

C'est officiel, c'est un rancard !

« - Merci, tu sais j'ai rien fait d'exceptionnel... Je réponds.

- Tu te mets rarement en robe au boulot. D'ailleurs, j'espère que ça ne te gêne pas qu'on bosse ensemble. Dit Nino.

- Un peu pour être honnête... mais je suis là quand même, non ? » Je dis.

Il m'adresse un petit sourire et nous pénétrons dans le restaurant. Il pose délicatement sa main en bas de mon dos et c'est pas désagréable. À table, nous discutons de tout sauf du boulot. Bien sûr j'évite de lui parler de mes petits concours de hacking sur le Dark web. Nous finissons par nous trouver certain point commun comme la musique.

À la fin de la soirée, il propose de me raccompagner en voiture. J'avoue que j'ai pas vraiment envie de prendre le métro à cette heure et le taxi, ça coute la peau du cul, alors j'accepte. Dans la voiture, il allume l'autoradio sur lequel est branchée une clef USB, vu que nous avons les mêmes gouts musicaux, ça ne me dérange pas. Il tente aussi un léger rapprochement en posant sa main sur la mienne.

Lorsqu'il se gare, nous nous regardons un instant en silence. Puis, il m'embrasse. Je ne suis pas vraiment surprise. On a passé une bonne soirée et j'en avais envie aussi. Il reste d'abord très sage et quand j'entrouvre les lèvres, il comprend le message et sa langue vient à la rencontre de la mienne. Elles se trouvent avec gourmandise et passion.

« - J'ai envie de te goûter depuis que tu as commencé de bosser avec nous. Il dit.

- Tu es satisfais alors. Je lance, taquine.

- En partie, mais je vais éviter de me comporter comme un chien fou en te sautant dessus. Il répond.

- Et si j'ai envie que tu te comportes comme un chien fou ? » Je dis.

Il me regarde avec une lueur étrange dans le regard.

« - Par contre, t'emballe pas. Avant qu'on monte éventuellement chez moi pour finir la soirée. Je dois te dire que... j'ai du mal à m'attacher au mec avec qui je sors... Toutes mes relations se sont soldées par un échec à cause de ça... J'ajoute.

- Romane, tu me plais, mais il est un peu tôt pour les promesses d'avenir ou quoi que ce soit. J'ai envie de toi, mais j'ai pas non plus envie que tu penses que je veux juste te sauter ce soir. On pourrait profiter et voir où ça nous mène non ? » Il dit.

Il a raison, mais au moins comme ça, notre... relation part sur de bonnes bases.

« - Ce soir, elle nous mène sous ma couette, tu viens ? » Je dis.

Je sors de la voiture et il m'emboite le pas en riant.

Je déverrouille la porte de chez moi et ses lèvres se perdent déjà dans mon cou. C'est doux et sensuel. Je me retourne et lui vole un long baiser. J'attrape sa main et l'entraine dans ma chambre. Nos vêtements tombent vite au sol et je peux constater qu'il est plutôt bien équipé. Il me pousse sur mon lit et me regarde avec envie en se tripotant.

« - T'as besoin de te toucher pour avoir envie de moi ? je lance

- Non, mais t'es tellement bandante que je peux pas m'en empêcher. Il répond.

- Et si tu posais tes mains sur moi plutôt ! » Je dis.

Ni une ni deux, il s'allonge près de moi et me caresse. Ses mains et ses lèvres sont partout sur ma peau. Il suce un peu mes tétons, mais les relâche bien trop vite à mon gout. Ses doigts glissent doucement le long de ma fente humide avant de titiller mon petit bouton de chair. J'ai envie de les sentir en moi et me cambre un peu. Il m'exauce rapidement alors que ma main fait des va-et-vient sur son membre bien dur.

J'estime que les préliminaires sont finis. Je me détache de lui et lui tends un préservatif que j'attrape dans ma table de chevet. Il le déroule sur son pénis avec un sourire mutin. Il se recouche sur moi et d'une lente poussée, il entre en moi. C'est bon... Ses mouvements sont précis et profonds si bien que j'arrive vite à la jouissance. Il me suit de près, se retire, jette le préservatif et se recouche près de moi. Il a un grand sourire satisfait et je lui souris. J'ai aimé, c'est clair, mon orgasme n'était pas simulé, mais comme à chaque fois que je fais l'amour, j'ai un goût d'inachevé... le pire, c'est que je ne sais même pas ce qui me manque...

 

 

 

Chapitre 3

 

 

Deux semaines se sont écoulées et je sors officiellement avec Nino. Je dis ça parce que si jusqu'à présent, on se la jouait discret au boulot, le fait qu'il m'embrasse à pleine bouche n'est pas passé inaperçu. J'imagine que je devrais être heureuse, c'est toujours bien quand un mec n'a pas honte de se montrer avec sa copine, mais le fait qu'il ait fait ça pour marquer son territoire devant un client un peu collant me dérange. Je ne pense pas qu'il avait une mauvaise intention, mais je ne sais pas...

De plus, j'ai une nouvelle fois l'impression que je ne suis pas aussi investie que lui dans notre relation. Par exemple cette nuit. Il a dormi à la maison, jusque-là rien d'étonnant, surtout qu'on était claqués, mais il s'est blotti contre mon dos et pris ma main pour nouer mes doigts aux siens. Ensuite, il s'est endormi comme une masse, mais j'ai pas réussie à fermer l'œil jusqu'à ce que je retire ma main de la sienne. C'est con, mais je trouve plus intime le fait d'entrelacer mes doigts à ceux d'un mec que de faire l'amour avec lui.

Ce soir, je me connecte sur le forum du Dark web, ça fait deux jours que je ne me suis pas connectée. Nino était là et je ne tiens pas à étaler mes petits jeux plus ou moins légal devant lui. C'est avec un certain plaisir que je retrouve mes amis virtuels, enfin, il n'y a que Rainbow de connectée.

 

Rainbow : Menora, je suis contente de te voir, je commençais à me dire que tu nous avais laissé tomber. Me laisser seule avec Sandman et Circus aurait été vraiment pas cool.

Moi : Pardon. Avant-hier, j'ai fini super tard au boulot. Un gros client qui avait planté son réseau. Et hier mon petit ami a tenu à ce qu'on aille boire un verre au Sub Zéro, un nouveau bar qui vient d'ouvrir.

Sandman : Sub Zéro ? Comme dans Mortal Combat ?

Moi : Exactement, c'est un bar de gamer, plein de vieux jeu d'arcade.

Circus : C'est délire, je veux y aller ! Content que tu sois là Menora, ça manquait de bons challengeurs !

Rainbow : Va te faire voir !

Sandman : Dit celui qui a perdu hier, en plus... C'est cool d'être à nouveau au complet. Surtout que ce soir, c'est moi qui lance le défi !

 

Je souris toute seule devant mon écran. Je ne connais quasiment rien de ces trois personnes et pourtant, c'est avec eux que je me sens le plus à l'aise.

 

Moi : Je suis là et prête pour vous mettre la pâté à tous les trois.

Sandman : Elle me manquerait pas tant que ça Mme je passe du temps avec mon mec finalement.

 

Je lui envoie l'émoji doigt d'honneur et nous échangeons des rires virtuels.

 

Rainbow : Allez Sandman, on t'écoute. Quel est le défi du jour ?

Sandman : Quelle est la plus grosse boite de Géorgie ?

Circus : Whitmore Entreprise. Mais ce défi a déjà été donné !

Sandman : J'aurais dû préciser, la plus grosse boite informatique.

Moi : Tu veux qu'on s'attaque à Palmer Tech ?

Sandman : Exactement. Vous avez vu l'article dans la presse ce matin où le PDG se vente que son système est imprenable. Et si on lui remettait les pieds sur terre !

Rainbow : On peut toujours essayer !

 

Sandman donne le top et c'est parti. À peine arrivée sur le serveur que je me casse les dents sur le pare-feu. Il est béton, pas moyen de le faire tomber, je vais donc devoir le contourner. Et pour ça, je ne connais qu'une solution. Un petit virus de mon cru devrait détourner la vigilance du firewall, au moins le temps que je fasse sauter la sécurité qui se trouve derrière. Je ne pense pas que je pourrais rester longtemps dans le système, mais le défi, c'est juste d'y entrer, non ?

Je tape tellement vite que j'ai l'impression que mes doigts volent sur mon clavier, ce genre de défi demande de la concentration et aussi de l'audace. Parfois, il faut savoir se dépasser. J'envoie le virus et enchaine ensuite les lignes de code. Lorsque le logo de Palmer Tech apparait sous mes yeux, je suis fière de moi. Ce qui est très con vu que ce que je suis en train de faire pourrait me valoir un séjour en prison. Je fais une capture d'écran et quitte le système en effaçant toutes les traces qui pourraient remonter à moi. Puis avec un grand sourire, je balance l'image sur le forum.

 

Circus : Putain, comme t'as fait, je suis toujours sur le pare-feu ?

Sandman : Idem.

Rainbow : Pas mieux...

Moi : Un magicien ne dévoile jamais ses secrets.

Circus : Bon, c'est pas plus mal, il faut que j'aille bosser. À plus dans le bus !

 

Une volée de pouce vers le bas répond à son jeu de mot complètement pourri. Sandman nous dit qu'il va y aller aussi et je le soupçonne d'être mauvais perdant. Alors que je suis sur le point de me déconnecter. Je reçois un message privé de la part de Rainbow qui me demande de la rejoindre dans un salon à part. Intriguée, j'y vais.

 

Moi : Tu voulais me dire quelque chose que les mecs ne doivent pas savoir ?

Rainbow : Oui et non. C'est marrant de garder une petite part de mystère entre nous tout de même. Je ne voudrais pas gâcher la complicité qu'on a tous les quatre...

Moi : C'est clair, les petits moments sur le forum avec vous sont ce que je préfère dans la journée.

Rainbow : Tu préfères même pas le temps que tu passes avec ton mec... genre sous la couette...

Moi : Joker.

Rainbow : Il est nul au pied ?

Moi : Non mais... on peut parler d'autre chose.

Rainbow : Ok. J'ai une proposition à te faire, mais ce serait plus simple si on en parle de vive voix.

Moi : Comment ça ? Tu veux que je te donne mon numéro ?

Rainbow : Pourquoi pas, mais je parlais de se voir en face à face. Je sais que tu vis à Atlanta. C'est un ami à moi qui vient d'ouvrir le Sub Zéro... je vis à Atlanta moi aussi. On pourrait aller prendre un café ?

Je reste interdite devant mon écran, je n'aurais jamais pensé rencontrer une personne du forum. Mais bon, les amis que je peux avoir ne se bousculent pas au portillon. Et puis j'aime bien Rainbow, on est sur la même longueur d'onde.

 

Moi : Ça marche.

Là des coups résonnent à ma porte c'est étrange, j'attendais personne. Je me lève et regarde par le judas. C'est Nino. Mais qu'est-ce qu'il fait là ? Je retourne vite sur mon PC.

 

Moi : Faut que je te laisse, mon... petit ami est à la porte. Bonne soirée.

J'ajoute mon numéro de téléphone et me déconnecte. Je ferme mon PC et ouvre à Nino.

« - Surprise ! J'avais envie de sentir ton corps chaud près du mien cette nuit. Et tiens ! » Dit Nino

Il sort son bras de son dos et en sort un mug Space Invaders. Je l'ai battu à ce jeu hier au café des gamers. Vous savez, c'est le jeu idiot où on doit éviter d'être touché par les vaisseaux adverses ? En fait, c'est tout con, c'est juste une suite d'algorithme très précis. J'ai fait ma thèse de fin d'étude sur ce jeu.

« - J'ai tout de suite pensé à toi quand je l'ai vu. » Il lâche

Je souris et attrape le mug en lui faisant un petit baiser. Il ne semble pas l'entendre de cette oreille et attrape ma nuque pour dévorer mes lèvres avec passion. Dans la foulée, il me plaque contre le mur et ça m'excite. Puis doucement sa fougue se calme et sa bouche se posent délicatement dans mon cou. C'est très agréable mais, bizarrement, ça me fait moins d'effet que son accès de fougue de tout à l'heure.

« - Pardon, je me suis laissé allé à mon désir. Ce soir, je vais te traiter comme une princesse. » Il dit.

Une princesse, il est sérieux, là ? Il prend ma main et m'entraine jusqu'au canapé. Ses mains voyagent sur mon corps avec lenteur et douceur.

« - Tu as la peau si douce que je pourrais te caresser pendant des heures. » Il continue.

Je ne sais pas trop quoi répondre à ça, alors je l'embrasse. Il me rend mon baiser et sa langue vient jouer avec la mienne. Je le fais basculer et m'installe à califourchon sur ses genoux. Mes lèvres se posent dans son cou et je mordille sa peau.

« - Hum... c'est bon. Romane... je... je crois que je suis en train de tomber amoureux de toi... » Il soupire

Je reste un moment figé, mes lèvres dans sa nuque. On est en pleine séance de préliminaires et il me sort ça. Vu que je n'en suis pas là, je ne peux pas lui répondre que moi aussi et un « merci » serait mal venu dans ce genre de situation. Je redresse la tête et l'embrasse à nouveau. Pour lui couper toute possibilité de dire encore un truc qui casserait mon envie de sexe, j'emprisonne sa langue de la mienne.

Pour lui faire comprendre que l'heure n'est pas à la causette, mais à quelque chose de plus charnel, je glisse ma main entre nos deux corps pour caresser sa virilité par-dessus son pantalon. Il gémit contre mes lèvres. Je me lève de ses genoux et l'entraine dans ma chambre. Nous allongeons sur le lit et il me déshabille en prenant tout son temps. Il se déshabille à son tour et revient se coucher sur le lit. Il caresse ma poitrine en m'embrassant dans le cou. À un moment, ses dents effleurent ma peau et j'aurai presque envie qu'il me morde, mais il n'en fait rien.

Sa main rejoint mon intimité et tâte le terrain. Je mouille, c'est certain, ses caresses sont agréables bien que très classique. Il se retourne en direction de ma table de chevet et attrape une capote. Il me sourit et la déroule sur son membre.

« - Je t'en ramènerai une boite, c'est la dernière. À moins qu'on s'en passe... » Il dit.

Ne plus se protéger, il est dingue. Je sais que je prends la pilule, mais je ne suis pas encore assez en confiance pour ne pas mettre de préservatif. Je ne lui laisse pas le temps de développer davantage et le force à se coucher sur le dos et le chevauche. Il lâche un râle de plaisir alors que je le prends jusqu'à la garde.

J'ai mené la danse durant tout notre câlin et j'ai bien aimé, c'est rare quand un mec se laisse faire ainsi. Je m'endors contente et même si je voudrais dire pleinement satisfaite, il me manque toujours quelque chose même si je n'arrive pas savoir quoi.

 

 

Chapitre 4

 

Je me réveille à côté de Nino qui dort encore profondément. Je ne cesse pas de repenser à la déclaration qu'il m'a fait hier et ma première réaction, c'est : et merde ! pourquoi je suis sorti avec un de mes collègues ? Une petite voix me hurle que c'est peut-être parce que c'est une des rares personnes réelles que je côtoie... Je m'auto-engueule et me lève délicatement pour ne pas le réveiller.

Une fois dans le salon, je vois mon portable qui clignote. Je l'attrape et j'ai un message d'un numéro inconnu. Je le consulte et on peut dire qu'elle n'a pas perdue de temps.

??? : Menora, que dirais-tu qu'on se voit au café 80's vers 16h ? On pourrait discuter en buvant un bon milkshake. Rainbow. Qui sait, je te donnerai peut-être mon vrai prénom...

Je regarde l'heure du message, elle m'a écrit à une heure du matin. Je suis à la fois curieuse, impatiente et stressée de faire sa connaissance. Je lui réponds pendant que j'ai mon portable dans la main.

Moi : Ça me va, mais comment je vais te reconnaitre ?

Je pose mon portable et lance la cafetière. Mon téléphone bipe, signe de Rainbow m'a répondue.

??? : Crois-moi, tu me reconnaitras. À plus.

Surement réveillé par le bruit et l'odeur du café qui coule, Nino arrive dans le salon. Il ne porte que son boxer et ses cheveux sont tout en bataille. À moitié endormi, il avance vers moi et me prend un baiser.

« - Pourquoi tu t'es levé ? C'est samedi, on aurait pu trainer au lit... Il dit.

- J'arrivais plus à dormir. » je réponds.

J'attrape deux mugs et nous sers du café bien chaud. Acte manqué ou non, je n'ai pas pris le mug qu'il m'a offert hier. Il ne relève pas, c'est déjà ça. Il l'avale d'une traite et me regarde.

« - Tu veux faire quoi aujourd'hui ? Il demande.

- Je pensais prendre une bonne douche et trainer. Je dis.

- C'est un bon programme ma puce, ça me va. » Il dit.

« Ma puce » vraiment ! Certes, je n'ai pas un look gothique ou émo, mais mes cheveux noirs et mes yeux gris ne colle pas vraiment avec le ma puce... Et puis j'aurai dû préciser que je comptais me doucher et trainer seule. Nino doit le voir vu qu'il joue avec l'anse de son mug.

« - Tu sais hier quand je t'ai dit que je commençais à tomber amoureux de toi, tu n'as rien dit... Il lâche.

- Nino... je commence.

- Laisse-moi finir s'il te plait. Je t'en veux pas et franchement, je ne veux pas que tu me dises que tu m'aimes juste pour me faire plaisir. Je sais que ça ne fait pas longtemps qu'on est ensemble et crois-moi, ça m'effraie aussi un peu... mais c'est plus fort que moi. Je pense à toi tout le temps et j'ai envie de passer chaque seconde avec toi. » Il dit.

Ses mots me touchent, pour autant, je ne peux pas y répondre. Je l'aime beaucoup, oui, mais je ne suis pas amoureuse de lui, pas encore du moins et je ne sais pas si je le serai un jour. Mais si je veux donner une réelle chance à notre histoire, je ne dois pas me fermer à cette idée.

« - Je dois retrouver une amie à 16h, mais si tu veux, on pourrait aller se faire une toile ce matin et manger ensemble à midi. » Je dis.

Un sourire vient illuminer son visage.

« - Tu viens, on va prendre une douche. » je lance.

Nous arrivons dans la salle de bain et Nino se fige. Je suis son regarde et je vois Janpan sur le tapis de douche.

« - Je savais que tu avais un lapin, mais je ne savais pas qu'il était en liberté. Il dit.

- Si, il fait sa vie, il est timide, c'est pour ça que tu l'avais jamais vu. Viens là panpan. » Je réponds.

J'attrape ma boule de poil et le caresse un peu avant de le poser dans le couloir et de fermer la porte de la salle de bain. Je me tourne ensuite vers Nino. Je le frôle volontairement pour allumer l'eau de la douche. Je retire ma nuisette et mon tanga. Je l'embrasse ensuite dans le cou avant de me glisser sous le jet chaud. Nino me regarde avec envie et me rejoint. Il scelle sa bouche à la mienne et me soulève en m'attrapant sous les cuisses. Je noue mes jambes autour de sa taille et je sens son érection naissante contre ma féminité.

Nos langues se caressent, se taquinent alors que ses mains glissent dans mes cheveux mouillés. Il me repose ensuite au sol et attrape le savon. Il le passe lentement ma peau, redessinant le galbe de ma poitrine, traçant un rond autour de mon nombril. Il se mord la lèvre, son pénis maintenant bien au garde à vous.

« - J'ai trop envie de toi. Laisse-moi te prendre ici dans cette douche. » Il lance.

Mais comme je l'ai dit hier, je ne me sens pas prête à laisser tomber les préservatifs. Et visiblement ma boite est vide. Je décide de détourner son attention alors.

« - J'avais d'autre plan en tête. » je dis.

Je m'agenouille dans la douche en laissant courir mon index le long de sa verve. Puis j'embrasse délicatement son gland. Il lâche un râle de plaisir. Très vite ma langue remplace mon doigt et je le prends en entier dans ma bouche. Il bascule la tête en arrière en jurant.

« - Putain Romane, c'est trop bon ! » Il gémit.

J'accentue alors mes mouvements tout en taquinant ses testicules. Il vient, je le sens. Je retire ma bouche et le caresse jusqu'à ce qu'il jouisse dans ma main. Et oui désolé, j'avale pas ! Son souffle est chaotique et il me regarde avec un air béat.

« - C'est la meilleure pipe qu'on m'est jamais fait. Laisse-moi une seconde pour reprendre mes esprits et je m'occupe de toi. » Il dit.

Je me redresse et commence à me laver comme il faut. Nino me regarde avec un air coquin et se glisse derrière moi. Ses mains se nouent d'abord autour de ma taille. Puis une part à la rencontre de mes seins alors que l'autre part plus au sud. Tout en m'embrassant dans la nuque, il me caresse. C'est bon, mais pas au point de me faire jouir non plus. J'en veux plus.

Sa bouche glisse ensuite le long de mes vertèbres et il m'écarte les jambes. Je le vois s'asseoir dans la douche et sans me quitter des yeux, il pose ses lèvres sur mon intimité. Il titille mon bouton de plaisir de sa langue et ses doigts me pénètrent. Il les recourbe un peu pour trouver mon poing G et je sens l'orgasme monter en moi. Il sourit et accentue ses caresses. Je me laisse aller à la jouissance et il se relève tout fier de lui.

Ensuite, nous sommes allés au cinéma avec Nino. On est allé voir un film d'action qui était bien nul d'ailleurs. 20/10 au pays de nanar land. Après, on est allé manger un morceau. Nino m'a pris la main, je l'ai laissé faire, nous n'avons pas entremêlé nos doigts comme la plupart des petits couples qu'on a pu croiser. J'ai bien vu que ça le peinait un peu, mais il doit me laisser du temps pour voir si je développe les mêmes sentiments que lui.

Je suis sur le point d'entrer dans le café 80's, j'ai une sorte de boule dans l'estomac. Rainbow, Sandman et Circus sont ce qui se rapproche le plus d'amis pour moi et ça me ferait vraiment chier de les perdre. Je secoue la tête et pénètre dans l'établissement. À une table au fond, je vois une nana blonde avec les pointes de cheveux arc-en-ciel pastel. Je souris, je comprends mieux pourquoi elle m'a dit que je la reconnaitrai. Elle semble avoir environ mon âge.

Enfin, j'imagine que c'est elle et que je ne vais pas taper la honte en l'accostant. J'imagine bien la scène : « Moi : salut Rainbow. Elle : Mais t'es qui toi ? », je regarde le reste de la salle et c'est la seule nana seule. Ça me conforte dans ma première intuition. Je m'avance et lui souris. C'est elle qui prend les devants.

« - Salut Menora... Elle dit.

- Salut. Sympa tes cheveux, j'adore. Je dis.

- Merci, c'est gentil. Assieds-toi. » Elle répond.

Je pose mon sac et m'assieds en face d'elle. Le serveur arrive et nous commandons nos milkshakes. Si sur le forum, on peut parler à bâton rompu, là, on semble avoir toutes les deux du mal.

« - Romane... » je lâche.

Elle sourit et tend la main.

« - Enchanté Romane, moi, c'est Léa. » Elle dit.

Je lui serre la main et nous pouffons de rire.

« - C'est plus simple par écrans interposés. Pourtant, je suis pas timide d'habitude... je crois que c'est parce que tu m'impressionnes. Elle lâche.

- Moi ? je t'impressionne ? je demande.

- Oui, tu remportes presque tous les défis qu'on lance. Tu sembles pouvoir faire ce que tu veux avec un PC.

- C'est pas vrai et tu te débrouilles pas mal aussi. Je gagne pas à chaque fois non plus. Tu sais, j'ai craqué mon premier mot de passe à 14 ans pour virer le code parental.

- Idem sauf que j'avais 16 ans moi. »

Le serveur nous dépose nos milkshakes, mais tellement prises à notre conversation, nous ne nous en rendons même pas compte. Maintenant que la conversation est lancée, ça coule de source. Nous avons plein de points communs. Nous avons le même âge, la même passion pour les ordis, toutes les deux des problèmes avec nos parents (bien que sur ce sujet, nous n'entrons pas dans les détails). Nous rions et ne voyons pas le temps passer. Nous réalisons l'heure qu'il est que quand le café commence à se remplir.

« - Putain, il est déjà 19h... Elle lâche.

- Oui, le temps est passé vite. Je dis.

- Le temps passe toujours vite quand on s'amuse.

- On devrait peut-être penser à rentrer si on veut pas louper le défi de ce soir.

- Oui, mais je t'ai parlé de la chose pour laquelle je voulais te voir à la base. Tu viens, on va marcher un peu ? Y a trop de monde autour de nous.

- T'es agoraphobe ? Je demande.

- Non prudente. »

Nous payons les milkshakes et sortons. Nous allons dans un petit parc non loin.

« - Bien que j'aie adoré notre rencontre et qu'il faudra qu'on remette ça, j'avais une mission. Elle dit.

- Tu m'intrigues...

- Si je te montre ça, tu me dis quoi ? »

Elle tourne son téléphone vers moi et je reconnais immédiatement le symbole des Anonymous.

« - Putain, t'es une Ano... je m'interromps.

- Oui. On est toujours à la recherche de membre à haut potentiel et tu as parfaitement le profil. Si je suis venue sur le tchat à la base, c'était pour recruter, puis je me suis prise au jeu et à notre complicité. Quand j'ai vu qu'on vivait dans la même ville, je...

- Tu veux que je rejoigne les... que je vous rejoigne... je dis.

- C'est ça. T'arrive à pirater des serveurs en quelques minutes alors que moi, il me faudrait des heures voir des jours. Et c'est moi la meilleure de la branche d'Atlanta. Je sais que ce que je te demande peut avoir d'importantes conséquences alors t'inquiète, t'as pas à me donner ta réponse tout de suite. Et je te fais confiance pour garder mon secret.

- Tout ce que je peux te promettre, c'est d'y penser. Je lâche.

- Ça me va. Bon, j'habite à l'autre bout de la ville. On se voit tout à l'heure sur le serveur. »

Elle me donne une accolade avec un sourire. Je ne réagis pas tout de suite, mais j'avoue que je suis un peu sous le choc.

« - Euh... ouais, à tout à l'heure. » je dis.

C'est la tête pleine de question que je rentre chez moi.

 

 

Chapitre 5

 

 

Ça fait deux jours que Rainbow, Léa, m'a parlé des Anonymous et proposé de les rejoindre. Pour un hackeur, c'est un honneur d'être repéré par eux... je ne devrais même pas hésiter, mais pourtant, c'est le cas.

Ce soir, je ne me connecte pas sur le serveur parce que mon PC est en pièce. Je viens de recevoir le nouveau processeur que j'attendais. Avec ça mon ordi sera encore plus performant, mais pour l’installer, j'ai dû démonter mon portable. Il y a des pièces détachées partout et pour une fois Panpan se retrouve enfermé. Je ne tiens pas à ce que ces poils viennent salir les composants. Alors que je suis sur le point de faire une soudure, on sonne à la porte. C'est étonnant, je n'attends personne et franchement là, je suis occupé. Je ne réponds pas et me remets sur ce que j'étais en train de faire.

Ça sonne à nouveau et au même moment, mon téléphone portable se manifeste. C'est Nino qui m'appelle. Je lui ai pourtant dit qu'on ne pouvait pas se voir ce soir. Je le laisse basculer sur la messagerie, mais dans la seconde qui suit, je reçois un message.

Nino : Je suis devant ta porte. Ouvre-moi, c'est important.

Je bougonne dans ma barbe et me lève pour aller lui ouvrir. Sur le pallier, je le vois avec un petit sac à dos. Je le regarde, intriguée.

« - Je sais qu'on ne devait pas se voir ce soir, mais j'ai un problème... Il dit.

- C'est quoi ça ? » Je demande.

Je lui désigne son sac.

« - Les vêtements que j'ai pu sauver... je peux entrer ? » Il lâche.

Je réalise qu'il est toujours sur le pas de la porte. Je m'efface pour le laisser entrer et il dépose un léger baiser sur mes lèvres. Il se laisse tomber sur le canapé avec un air dépité.

« - Qu'est-ce qu'il se passe Nino ?

- Mon crétin de voisin du dessus a oublié de fermer le robinet de sa baignoire quand il est parti bosser ce matin. Résultat la flotte a coulé toute la journée et elle a rongé le parquet. Sa baignoire est littéralement tombée sur mon lit... Mon appart est devenu une pataugeoire... »

Il prend sa tête entre ses mains. Je suis dégoûtée pour lui. Je m'assieds près de lui sur le canapé et passe ma main dans son dos.

« - Tu veux bien m'accorder l'asile quelques jours... ? » Il demande.

Vu qu'il est déjà là avec ses affaires, je me vois mal lui dire non.

« - Oui, tu peux rester. Tu pourras prendre le canapé... » Je dis, taquine.

Ma petite plaisanterie lui arrache un sourire.

« - Merci ma puce. » Il dit.

Il va falloir que je lui dise que le « ma puce » me mets mal à l'aise surtout s'il squatte quelques jours ici. Il regarde mon PC éventré et se tourne vers moi.

« - Il est en rade ?

- Non, j'étais en train d'installer un nouveau processeur. Je réponds.

- Tu veux de l'aide ?

- Tu me donnes les composants et je soude. » Je dis.

Nous nous installons en tailleurs devant la petite table et nous remettons au remontage de mon ordi.

Nous commandons ensuite un repas chinois que nous mangeons devant la télé.

« - Romane... » Il lâche.

Moi qui étais à fond dans le film, je sursaute et me tourne vers lui.

« - Oui ?

- Désolé d'avoir débarqué comme ça. Je sais que nous deux, ça fait pas longtemps qu'on est ensemble, mais je savais que tu ne me laisserais pas en plan. »

Il est chou. Je soulève son bras et me cale au creux de ses bras pour regarder la suite du film. Il m'a dit être en train de tomber amoureux de moi et j'aimerais bien que mes sentiments pour lui décollent enfin. Je me donne encore deux semaines, mais passé ce délai, si je ne ressens toujours rien pour lui, je serais obligé de mettre fin à notre relation, avant de le faire trop souffrir, ce que je ne veux pas.

Alors que le film est fini et que nous sommes sur le point d'aller nous coucher, mon portable bipe. Je l'attrape, c'est un message de Léa.

« - Ça ne te gêne pas si je te pique ta douche avant d'aller au lit ? Il demande.

- Non, vas-y. Il faut que je réponde à ma copine de toute façon. Je réponds.

- Ok, essaie de me rejoindre peut-être... » Il dit.

Il me vole un baiser et file dans la salle de bain en emportant son sac à dos. J'attrape mon portable pour voir ce que Léa me raconte.

Léa : T'es pas venue sur le forum ce soir, ça va ?

Moi : Oui, mon ordi était HS le temps que j'installe le nouveau processeur et après mon copain s'est pointé.

Léa : Ah...