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N’appartenant pas à la communauté LGBT et n’ayant personne dans son entourage confrontée à la question du changement de genre, Sandrine Marion Buttin a choisi de s’y intéresser en rencontrant celles et ceux qui vivent cette réalité. Elle a rassemblé ces témoignages dans cet essai, convaincue que l’ignorance dans laquelle elle se trouvait et les échanges qui l’ont profondément transformée peuvent offrir des réponses à ceux qui se posent des questions, qu’ils soient directement concernés par la question du genre ou non.
À PROPOS DE L'AUTRICE
La curiosité et la compréhension du monde ont toujours fait partie de la personnalité de Sandrine M. Buttin. Avec ce nouvel ouvrage, elle tente de transmettre une ouverture d’esprit ; celle qu’elle a découverte au travers de ces rencontres. Sans tabou, avec la bienveillance et le respect des différences, elle invite tous ceux qui, comme elle, se posent des questions et ce, peu importe l’identité de genre ou de préférences sexuelles.
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Seitenzahl: 171
Veröffentlichungsjahr: 2025
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Sandrine M. Buttin
Individus indivisibles
Roman
© Lys Bleu Éditions – Sandrine M. Buttin
ISBN : 979-10-422-8627-9
Le code de la propriété intellectuelle n’autorisant aux termes des paragraphes 2 et 3 de l’article L.122-5, d’une part, que les copies ou reproductions strictement réservées à l’usage privé du copiste et non destinées à une utilisation collective et, d’autre part, sous réserve du nom de l’auteur et de la source, que les analyses et les courtes citations justifiées par le caractère critique, polémique, pédagogique, scientifique ou d’information, toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle, faite sans le consentement de l’auteur ou de ses ayants droit ou ayants cause, est illicite (article L.122-4). Cette représentation ou reproduction, par quelque procédé que ce soit, constituerait donc une contrefaçon sanctionnée par les articles L.335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle.
À tous ceux qui s’interrogent.
Je m’appelle Sandrine Marion Buttin, je suis hétéro. Pour la petite histoire, j’ai eu envie d’écrire ce livre à la suite de réactions et de commentaires que j’ai entendus, notamment sur mon lieu de travail. J’étais employée comme secrétaire d’avocats et l’un de mes patrons s’offusquait de cette nouvelle « tendance trans ». Il ne comprenait pas que des personnes puissent subir de tels traitements. J’imagine qu’il ne comprend toujours pas que l’on puisse « vouloir changer » de sexe. Car c’est ainsi que certaines personnes comprennent la « transition » ; c’est une volonté, une lubie de riche, un nouveau besoin pour se sentir différent et qui ne concerne que les pays occidentaux, et des générations de jeunes dégénérés pourris par les réseaux sociaux, sans éducation ni réflexion.
Force est de constater que l’esprit borné, critique et réfractaire des gens n’a pas évolué d’un iota depuis le Moyen Âge. On est toujours dans ce triste constat : la différence fait peur ! Et au lieu d’essayer de la comprendre, l’homme moyen la rejette, la juge et la condamne. C’est tellement plus facile de mettre des œillères au lieu de s’interroger sur soi-même et ses propres émotions que d’aller vers l’autre, car cela demande un effort.
Pour ma part, je n’ai jamais eu aucun a priori sur cette question, je ne m’y intéressais tout simplement pas. Mais les propos que j’entendais me choquaient, cela me dérangeait qu’il puisse en parler ouvertement sans même se demander si cela était déplacé. Quelque chose ne me plaisait pas. J’ai laissé mûrir cette réflexion jusqu’au jour où je me suis dit, peut-être qu’il faudrait trouver un moyen de donner la parole à cette communauté, mais que celle-ci soit abordée par quelqu’un qui n’appartient pas à ce groupe, quelqu’un qui n’est pas concerné émotionnellement par cette cause, et c’est ainsi qu’est né le projet « individus indivisibles ».
Je suis néophyte et complètement externe à la communauté LGBTIQ+, je ne suis même pas féministe. En conclusion, je n’appartiens à aucune minorité qui se revendique, mais je m’y intéresse.
Mais pourquoi m’y intéresser, me direz-vous ? Pour être totalement honnête, peut-être parce qu’une partie de moi fonctionne comme l’homme moyen que j’ai décrit ci-dessus. Comme beaucoup de personnes, je me laisse influencer, manipuler et ne cherche pas plus loin les réelles motivations de cette communauté. Je juge, je critique, je condamne et rejette. À partir du moment où j’ai réalisé à quel point mon propre comportement me révulsait, et ayant pris conscience de mon état de faiblesse et de mon manque total de discernement, j’ai décidé d’affronter cette partie dédaigneuse de ma personnalité et d’aller à la rencontre de ce groupe, afin d’en savoir plus et de mieux comprendre les motivations et les besoins qui se cachent derrière une telle démarche de transition. Ce que j’y ai appris, ne serait-ce que par le biais d’un simple entretien d’une heure, m’a déjà remis à ma place avec humilité.
Mon premier contact fut avec une éducatrice sociale, orientée LGBTIQ+. Avant notre rencontre qui s’est faite par vidéo, j’avais pris soin de rédiger toute une liste de questions auxquelles elle m’a très gentiment répondu. À la fin de notre interview, j’ai ressenti une grande honte face à mon ignorance. Cette femme m’a répondu avec bienveillance à mes questions maladroites, mais surtout, elle m’a montré la grande souffrance qui se cache derrière chaque individu trans, car ce n’est pas un choix, mais bien un besoin réel et vital.
Naître dans le mauvais corps est une réalité. Selon les statistiques, plus d’une personne sur vingt-sept est concernée par cette question, et ce, uniquement en Suisse, ce qui correspond à pas loin de 4 % de la population. Mais la société, cette bonne vieille société, où la masse d’hommes moyens est prédominante, a un impact et une force démesurée face aux minorités. Il serait peut-être temps d’arrêter tout cela et de laisser chacun vivre sa vie comme il l’entend, car finalement, ce que tout le monde recherche et, peu importe son genre, sa religion ou encore son orientation sexuelle, c’est le bonheur. Mais, hélas, nous ne vivons pas dans un monde empreint de tolérance et c’est regrettable. Cependant, s’il y a une chose que j’ai apprise dans mes propres expériences, c’est qu’il faut communiquer. Pas n’importe comment, certes, mais il ne faut pas rester dans son silence et ses pensées.
Le projet « Individus indivisibles » est un ouvrage qui va à la rencontre de l’autre, de sa vie, de son histoire. Au fil des pages, vous allez rencontrer des personnes qui ont été d’accord de se livrer et de me raconter leur parcours.
L’interview d’un couple lesbien complétera également cet ouvrage pour mettre ici en avant la masculinité de l’une des filles, qui n’est pas devenue trans, afin de comprendre et peut-être esquisser une réponse s’agissant des limites. Transgenre, non-binaire et homosexualité. Tous ces points seront abordés sans tabous, mais avec le respect et la bienveillance.
J’ai également interrogé l’éducatrice sociale s’agissant de la spiritualité, car cet élément est un point très important qui me semble également utile de mettre en avant dans cette publication, sans parler bien évidemment des démarches médicales, psychologiques et sexuelles.
Je prends soin de rédiger ici la première partie avant de démarrer mon travail pur de recherches, ainsi que les interviews. Il permettra ainsi de voir l’évolution entre l’avant et l’après, mais également de suivre l’évolution de mes propos en fin de parcours.
Ce livre n’apportera pas des solutions toutes faites, mais il souhaite être une source d’information pour mieux comprendre la démarche de transition et le courage qu’il faut pour passer à l’acte.
Je tiens également à ajouter quelques précisions afin de mettre de la cohérence dans le récit que je vais exposer tout au long de ces pages. Il me semble important de replacer le contexte.
Je suis de la génération 80. À mon époque, l’homosexualité était encore quelque chose de tabou. Les personnes appartenant à cette communauté se cachaient et ne s’affichaient pas. Ne faisant moi-même pas partie de ce groupe, je ne me suis jamais posé la question de savoir comment était vécue cette différence par les personnes concernées au sein de la société. La stigmatisation et l’éducation dépeignant ces préférences sexuelles comme contre nature sont ancrées dans l’inconscient collectif sur des centaines de générations (pour plus de détail sur l’évolution de la cause homosexuelle dans l’histoire, je vous invite à consulter la page Wikipédia : Histoire LGBTIQ+ en Suisse – Wikipédia (wikipedia.org). Casser de telles croyances prend du temps et ce n’est pas un processus qui se fait du jour au lendemain. Mais j’y reviendrai.
Il y a également une chose que je souhaite aborder dans ce livre, c’est la question de la liberté de chacun. Nous connaissons tous le dicton « la liberté de chacun s’arrête où commence celle des autres ». J’ouvre ici peut-être un débat, mais je vais tout de même exposer mon point de vue sur ce que les médias, séries, Internet nous proposent et parfois nous imposent comme clichés, et ce, même si le support en question ne le revendique pas clairement.
Se démarquer ou s’affirmer dans son genre ou son homosexualité n’est pas obligé de passer par la provocation, voire la vulgarité. Je pense même que ce genre de démarche dessert la cause et lui renvoie une image pas très positive. Nous ne pouvons pas effacer 17 siècles de martèlement religieux en une génération. Quand bien même, les horreurs ont été commises contre la communauté LGBTIQ+, l’acceptation doit passer par un processus. Il suffit de discuter avec les générations concernées. Ma tranche d’âges et les plus vieux appréhendent ses différences avec leur éducation et leur vécu, soit leurs repères. La plupart des enfants d’aujourd’hui sont beaucoup plus tolérants et acceptent ces différences comme étant normales. À mon sens, il est très important de soulever ce point, car, certaines personnes qui ne sont pas réfractaires ou qui n’ont même pas d’a priori sur la question LGBTIQ+, peuvent être influencées défavorablement face à une surexposition qu’elles n’ont pas recherchée. La douceur va dans toutes les directions. Il est dès lors très difficile de trouver un équilibre qui convienne à tout un chacun. La tolérance est une qualité qui s’apprend. Bien entendu, je comprends également la colère et la frustration que cette minorité a subie durant des siècles de répression et il est normal de vouloir casser ces diktats obsolètes et de vouloir mettre un terme à des siècles de souffrance, d’humiliation et de torture. Pour rappel, ce n’est qu’en mars 2007 que la communauté LGBTIQ+ a été reconnue par Amnesty International comment étant bénéficiaire des droits humains par la création des Principes de Jogjakarta. Il existe encore des régions du monde où l’homosexualité est punie par l’État. Comment voulez-vous qu’une place leur soit faite en toute bienveillance sur cette terre ? Par ailleurs, même si les droits humains sont reconnus pour la communauté LGBTIQ+, et que certains pays sont effectivement vivement déconseillés pour eux, il est tout de même bien hypocrite et illusoire de croire que tout est « friendly » pour cette communauté de genre dans les pays soi-disant développés. Il suffit de lire la presse et d’écouter les nouvelles même locales.
Pour exemple, même dans notre charmant pays qu’est la Suisse, il est évident que, quand nous entendons que certains restaurants indiquent sur leur site Internet ou leur carte des menus « LGBTIQ+ bienvenus », il y a problème. C’est une réalité ! Il suffit de taper dans votre moteur de recherche « restaurants LGBTIQ+ suisses » et une pléiade de sites orientés LGBTIQ+ vous proposent, itinéraires de voyages, cafés, restaurants, pubs, lieux de sorties et j’en passe. Ignorant cet aspect-là de cette réalité, j’avoue être attristée de le découvrir. J’ai le sentiment de faire un voyage dans le temps, près d’un siècle en arrière, en pleine ségrégation raciale.
Quand j’entends encore qu’au Texas (USA), ils ont voté une loi contre l’accès aux soins à la communauté LGBTIQ+ mineure et qu’il est vivement conseillé d’arrêter les traitements pour ceux qui ont commencé, je suis effrayée. Quand j’entends encore qu’en Australie, les écoles privées (essentiellement religieuses) interdisent aux écoliers qui se revendiquent ouvertement appartenir à la communauté LGBTIQ+ l’accès à des titres de délégués de classe ou major de promotion et j’en passe. Je suis tout simplement estomaquée, et démoralisée face à cette simple constatation d’échec. L’humanité n’a rien compris et semble figée dans la dualité et le rejet. Je ne vais pas ici casser du sucre sur les religions et leurs dogmes séparatistes et de haine. Mais la croyance en un dieu qui divise et oppose, semble bien loin des simples propos d’amour qui sont mis en avant dans les bases mêmes de ces dernières. Ne sommes-nous pas tous faits à l’image de dieu ? Et ce ne sont pas mes mots, je ne fais que citer le plus vieux livre du monde…
Je suis encore interpellée quand je constate qu’au sein même de l’Église Catholique, une division règne quant à leur ouverture d’esprit. Le Pape François semblait accueillir la communauté LGBTIQ+, cependant, dans un même discours, il dit que tout le monde a sa place auprès de Dieu, qu’il ne faut pas marginaliser les homosexuels et, en même temps, il affirme que l’homosexualité reste un péché à ses yeux. Ce double discours apporte confusion et invite les églises et leurs prêtres à adopter leurs propres règles. La tolérance n’a visiblement pas encore fait son chemin, et cela, même auprès de la première Église du monde. Il n’y a pas si longtemps, en avril 2023, à Genève, une messe catholique destinée à la communauté LGBTIQ+ a été vivement contestée, mais encore une fois, c’est l’ignorance, la peur, le manque de curiosité et d’ouverture d’esprit qui bloquent et freinent l’accès à une religion pour tous. Comment voulez-vous là encore qu’une cohérence existe et soit un repère fiable pour cette communauté minoritaire qui se sent exclue quoi qu’elle fasse ? Comment voulez-vous que le bien-être de cette catégorie de personnes puisse évoluer favorablement, si tout n’est qu’incohérence, rejet, jugement et violence ?
Il est temps, à mon sens, d’arrêter de donner du pouvoir à des personnes qui sont hors contexte et qui défendent des règles obsolètes. Je crois que, là aussi, la question des générations est directement liée. Si le Souverain Pontife était plus jeune, est-ce que le discours serait différent ?
Je vais arrêter ici mes interrogations métaphysiques, mais il me paraissait important de les soulever et de laisser ces questions à la libre interprétation de chacun.
Pour en revenir à mon expérience, à l’âge de 17-18 ans, mon amie de jeunesse m’a parlé de son homosexualité. Je me rappelle avoir eu une réaction de rejet très forte vis-à-vis d’elle, non pas pour ses préférences sexuelles, mais parce que je me sentais trahie. Nous étions extrêmement proches, autant que peuvent l’être deux jeunes adolescentes. Nous avons voyagé ensemble, pris nos premières cuites ensemble, nous avons même partagé un même lit. C’était pour moi comme perdre une amie. Nous étions différentes et cette différence me forçait à la voir sous un autre angle ; je n’étais pas prête ni émotionnellement mature pour comprendre et réagir différemment. Suite à cette confidence et à ma réaction de rejet, sans recul ni réflexion et encore moins d’éducation sur l’homosexualité, nous avons pris des chemins différents pendant plusieurs années.
En même temps que je vivais cette expérience personnelle, l’émancipation de la communauté LGBTIQ+ a fait ses premiers pas de manière très affirmée, avec l’arrivée de la première gay pride en Suisse, à Zurich, en 1997. J’avais alors 17 ans et étais totalement étrangère à cette manifestation.
Je ne comprenais pas ce qu’il se passait concrètement, je trouvais à mon petit niveau qu’ils en faisaient beaucoup trop, mais surtout, j’étais grandement influencée déjà par les médias. Le SIDA avait fait des ravages et montrait du doigt la dangerosité d’être homosexuel. Par ailleurs, un parallèle était nettement fait entre homosexuels et toxicomanes. Car seules ces personnes-là pouvaient contracter une maladie mortellement transmissible. Si tu étais homosexuel ou toxicomane, voire les deux, dans les années 80-90, tu avais de grandes chances d’être malade et, surtout, cela démontrait clairement qu’il s’agissait de choix de vie peu recommandables, car à cette période, dans mes souvenirs, l’homosexualité était encore dépeinte comme un choix de vie, tout comme celui d’être toxicomane. Dès lors, avec l’arrivée de cette surexposition lors de cortèges carnavalesques, de déguisements, d’exposition de nudité, d’affichages et de témoignages physiques, tels que des baisers en public, j’avoue très humblement avoir été mal à l’aise, sans trop savoir comment appréhender cet état de fait. J’ai donc préféré fermer les yeux et regarder ailleurs. Pendant des années, je me suis tenue à l’écart, sans avoir de jugement ni d’a priori, car je ne savais tout simplement pas quoi en penser et si même je devais avoir une quelconque opinion sur la question. Tout bonnement, je crois que je suis arrivée à la conclusion que cela m’était totalement égal, tant que les personnes étaient heureuses et respectueuses des autres.
Forte de mon analyse et après quelques années, je pensais toujours à mon amie. Elle me manquait. Mon sentiment de trahison avait évolué en quelque chose de bien plus noble. Je me rendais compte qu’elle n’avait pas choisi d’être lesbienne. Je voulais lui présenter mes excuses. Je l’ai dès lors recontactée et nous nous sommes revues, et avons pu mettre à plat nos ressentis. Cela n’a pas été facile. Non seulement j’ai dû admettre que je l’avais blessée, mais je pense que, pour la première fois, j’ai été capable d’entendre ses difficultés. Je suis sortie de mon égocentrisme, perturbée et honteuse. Mais quelque part, j’ai réagi avec mes propres moyens, c’est-à-dire aucun. Pour revenir à mon amie, faire son « coming out » à la fin des années 90 n’a pas été évident, à commencer par sa propre famille, ainsi que certains de ses amis qui, tout comme moi, se sont éloignés. Quand nous nous sommes revues, après une première tentative où elle m’avait posé un lapin. Elle avait une grande colère, totalement légitime contre mon attitude, et elle n’a pas été des plus tendres. C’est bien simple, près de 25 ans plus tard, je m’en souviens encore. Je pense que cela a été pour moi la première prise de conscience sur les réelles difficultés que vivait et vive encore la communauté LGBTIQ+.
Mais l’amour de l’autre efface les différences et j’avoue qu’aujourd’hui, même si nous nous voyons peu, nous sommes toujours en contact. Elle reste mon amie et peu importe comment elle vit. C’est de cela que je souhaite parler. L’amour n’a pas de sexe, il n’a pas non plus de préférence de genre.
Sortir de sa zone de confort de ses propres limites demande un petit effort, mais il suffit d’un pas pour ouvrir une porte. Il suffit d’une parole pour se mettre à l’écoute. Il suffit de se souvenir d’où l’on vient et qui nous sommes pour aller vers l’autre. Ce dernier n’est pas si différent. Il vit des expériences, comme nous, elles ne sont simplement pas identiques. Alors pourquoi faut-il en faire toute une histoire et interdire à une communauté de vivre ses différences ? Au nom de quoi ? D’une médecine dangereuse ? D’une religion ? De croyances non avérées ? De maladies mentales ? Personnellement, je constate que d’aller à l’encontre de cette réalité ne va qu’engendrer colère, rébellions et débordements. Mettre un cadre pour accompagner la transition est par contre très important. À ce propos, je crois qu’il est urgent d’en parler, car il existe déjà. Les médecins, les thérapeutes, les psychothérapeutes, les organisations religieuses et autres guides spirituels qui sont déjà présents aux côtés des personnes LGBTIQ+ doivent être mis en avant, et pas en retrait. Je pense que les acteurs qui participent à l’intégration de la communauté doivent se montrer. Il faut qu’ils s’expriment.
Une transition ne se fait pas n’importe comment ! Il faut déjà bien se rendre compte que c’est un processus qui va être à vie. Cela implique de prendre des médicaments tous les jours ! Pour le corps, c’est une souffrance. Se rendre compte que l’on est né dans le mauvais genre, en parler, et ensuite prendre les devants pour s’offrir une vie meilleure et se sentir bien dans l’enveloppe charnelle que nous occupons est un besoin légitime et vital. Il ne s’agit pas d’une lubie ou d’un caprice d’ado en pleines recherches existentielles.
Ce n’est pas non plus une différence qui ne concerne que les pays soi-disant développés. Mais c’est une réalité qui concerne le monde. Il n’y a pas de frontière.
Comme vous le lirez au travers de ces pages, chaque histoire que je vais vous raconter vous permettra de mieux comprendre et d’ouvrir votre esprit à l’autre. Nous avons le droit d’avoir peur, de ne pas comprendre et d’être dépassés par certains événements. Ce n’est pas grave de se tromper. L’important est d’évoluer.
Je me réjouis de partager cette aventure avec vous, chers lecteurs, et je vous souhaite une belle découverte. Je vous retrouve à la fin du livre afin de partager avec vous les conclusions que j’aurais tirées suite à cette merveilleuse aventure que je me réjouis de vivre.
