Jager (French) - Dale Mayer - E-Book

Jager (French) E-Book

Mayer Dale

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Beschreibung

Jager Hannover, ancien soldat des forces spéciales, s’est enfin remis des dégâts causés par le passage du camion de son équipe sur une mine anti-tank. Six autres de ses co-équipiers ont été gravement blessés, et le septième, Mouse, est mort, dans ce qui n’était autre qu’un coup monté pour les supprimer, comme leur chef d’équipe, Badger Horley, l’a découvert plus tard. À la recherche de réponses sur l’histoire de Mouse et de l’homme qui leur a tendu ce piège, Jager atterrit à Vail, dans le Colorado.

Mais le meilleur ami de Mouse, l’homme qu’il recherchait, vient de disparaître, semant la mort dans son sillage. Pour ne rien arranger, ce n’est pas sans difficulté que Jager s’est rendu à Vail. C’est là que ses parents ont trouvé la mort dans un accident tragique. Ils étaient en virée dans la nature quand leur camping-car s’est détaché d’une falaise pour tomber dans le vide. À présent, à la lumière des nouvelles informations recueillies, il commence à craindre que ce ne soit pas un simple accident.

Allison Monroe est agent de police dans le Colorado. Son mari, également policier, est mort il y a quelques années dans un accident de ski. Elle prend du temps sur les lieux où ses rêves ont volé en éclats pour faire son deuil et réfléchir à la direction qu’elle souhaite prendre. Elle n’avait aucune intention de se retrouver au cœur de l’enquête que mène Jager sur quelqu’un qu’elle ne connaît que pour son goût pour les femmes et la fête, mais leur attirance mutuelle est aussi instantanée qu’indéniable. La passion prend des allures de course contre la montre quand ils se lancent aux trousses d’un tueur jusqu’à Santa Fe, dans un enchaînement de révélations…
 

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Veröffentlichungsjahr: 2022

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Sommaire

Première de Couverture

Page de Titre

Résumé du livre

Prologue

Chapitre 1

Chapitre 2

Chapitre 3

Chapitre 4

Chapitre 5

Chapitre 6

Chapitre 7

Chapitre 8

Chapitre 9

Chapitre 10

Chapitre 11

Chapitre 12

Chapitre 13

Chapitre 14

Chapitre 15

Chapitre 16

Épilogue

Son vœu le plus cher

Note de l’auteure

À propos de l’auteure

Tous droits réservés

Résumé du livre

Deux unités militaires de huit hommes chacune ont été envoyées à bord de deux véhicules pour ce qui n’aurait dû être qu’une mission de reconnaissance banale, à Kaboul. La mission s’est soldée par une catastrophe, quand l’une des unités a roulé sur une mine anti-tank. Badger Horley, le chef de l’équipe des SEAL, ainsi que six de ses hommes ont été gravement blessés. Le huitième homme est mort. Seulement, voilà. Le matin de l’accident, les itinéraires ont été changés sans explications ni informations sur la personne qui a autorisé ces nouvelles directives. Jusqu’à l’explosion de cette mine, Badger s’est senti mal à l’aise avec ce changement de dernière minute, mais il n’a pas envisagé de raisons criminelles. Maintenant qu’on a tenté de détruire son équipe, cela devient personnel. Badger et ce qu’il reste de son escouade refusent de prendre du repos tant qu’ils n’auront pas découvert ce qui a entraîné cette tragédie et tué l’un des leurs. Pour cette Légion d’acier, la vengeance n’attend pas…

Jager Hannover, ancien soldat des forces spéciales, s’est enfin remis des dégâts causés par le passage du camion de son équipe sur une mine anti-tank. Six autres de ses co-équipiers ont été gravement blessés, et le septième, Mouse, est mort, dans ce qui n’était autre qu’un coup monté pour les supprimer, comme leur chef d’équipe, Badger Horley, l’a découvert plus tard. À la recherche de réponses sur l’histoire de Mouse et de l’homme qui leur a tendu ce piège, Jager atterrit à Vail, dans le Colorado.

Mais le meilleur ami de Mouse, l’homme qu’il recherchait, vient de disparaître, semant la mort dans son sillage. Pour ne rien arranger, ce n’est pas sans difficulté que Jager s’est rendu à Vail. C’est là que ses parents ont trouvé la mort dans un accident tragique. Ils étaient en virée dans la nature quand leur camping-car s’est détaché d’une falaise pour tomber dans le vide. À présent, à la lumière des nouvelles informations recueillies, il commence à craindre que ce ne soit pas un simple accident.

Allison Monroe est agent de police dans le Colorado. Son mari, également policier, est mort il y a quelques années dans un accident de ski. Elle prend du temps sur les lieux où ses rêves ont volé en éclats pour faire son deuil et réfléchir à la direction qu’elle souhaite prendre. Elle n’avait aucune intention de se retrouver au cœur de l’enquête que mène Jager sur quelqu’un qu’elle ne connaît que pour son goût pour les femmes et la fête, mais leur attirance mutuelle est aussi instantanée qu’indéniable. La passion prend des allures de course contre la montre quand ils se lancent aux trousses d’un tueur jusqu’à Santa Fe, dans un enchaînement de révélations…

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Prologue

Jager Elstad s’agitait d’impatience. Il avait hâte que la surprise arrive. Il avait participé à son organisation, mais il demeurait toujours incertain d’avoir fait le bon choix.

Geir était affalé dans le canapé du salon de Badger. Dotty était allongée près de lui, comme si elle ressentait son état d’esprit. Jager savait pertinemment que la seule chose que son ami avait en tête était de trouver un moyen ou une excuse pour retourner auprès de Morning. Cette dernière et Geir avaient passé ces deux dernières semaines à s’appeler, mais la relation à distance n’était pas idéale.

Enfin, Badger lui demanda :

— Geir, es-tu avec nous ?

— Je suis là, s’exclama-t-il.

— Qu’allons-nous faire maintenant ?

— Nous continuons sur notre lancée, répondit Badger. Pour l’instant, nous avons arrêté Poppy. Nous avons prouvé que le Mouse que nous connaissions se faisait passer pour Ryan Hanson. La police et le NCIS font des recherches sur le vrai Ryan.

— Et pourtant, nous ne savons toujours pas qui nous a trahis, grogna Jager. Ça me rend dingue.

Puis, la sonnette de la porte retentit. Dotty se leva d’un bond en aboyant alors que Kat quittait le salon en direction de l’entrée. Des marmonnements se firent entendre depuis la porte. Jager leva les yeux et observa Geir qui continuait de fixer le plafond. Tout le monde était au courant pour la surprise, excepté Geir. Depuis son retour de San Diego, il agissait comme un ado souffrant d’une peine de cœur. Le reste de l’unité avait alors arrangé un petit quelque chose dans le dos de Geir.

Kat entra dans la pièce et Jager afficha un grand sourire. Morning Blossom se tenait près d’elle alors qu’elle semblait particulièrement hésitante et nerveuse. Jager adressa un regard à Badger.

Badger observa attentivement Morning. Dotty s’agita contre les jambes de celle-ci en remuant la queue à toute vitesse. Morning posa une main sur la douce tête de Dotty, mais son regard était posé sur Geir.

Jager s’exclama :

— Peu importe ce qu’il nous reste à faire, j’en fais ma mission. Vous avez tous eu l’opportunité de suivre l’une des pistes. Maintenant, c’est mon tour.

Geir secoua la tête, mais il n’avait toujours pas regardé en direction de la porte d’entrée.

— J’y retourne une fois de plus. Tu ne peux pas y aller seul.

— Non, tu ne viens pas avec moi, répondit joyeusement Jager en se demandant combien de temps encore Geir allait mettre pour remarquer la présence de son visiteur.

— Et pourquoi non ? demanda Geir en levant les yeux pour lui adresser un regard noir. Il est hors de question que je reste.

Son regard se posa sur Morning. Il se leva d’un bon, se précipita à travers la pièce et la prit dans ses bras avant de la faire tourner dans les airs et de la serrer fort contre lui.

Elle éclata de rire, ses bras enroulés autour de lui alors qu’elle s’accrochait avec vigueur. Dotty aboya à plusieurs reprises. Et, en voyant que personne ne lui prêta attention, elle retourna lentement vers Badger.

Submergé d’émotion, Jager dut se tourner. Il avait participé à son arrivée mais, en même temps, quelque chose l’attristait. Il était le seul célibataire dorénavant. Non pas qu’il souhaitait vivre une histoire d’amour, mais comment faire face à ses six amis ainsi qu’à leurs partenaires sans passer pour l’intrus ? Il enfouit les mains dans ses poches et lança :

— Je vais sûrement devoir repartir de la case départ.

Badger le fixa du regard.

— Vraiment ? En retournant à Kaboul ?

— As-tu une autre suggestion ? Aurais-tu une autre piste à suivre ? demanda Jager. J’étais certain que nous trouverions les réponses à nos questions en Californie, mais nous sommes tombés dans une impasse. C’était le point de départ de Mouse pour entrer dans la Navy. Mais nous n’avons trouvé aucun autre amant là-bas. Nous n’avons trouvé personne qui aurait pu nous en vouloir après la mort de Mouse.

— Devrions-nous parler à nouveau à son beau-père ? demanda Badger.

— Non, répondit Talon, il n’est au courant de rien. Cela faisait des années qu’il n’était plus dans la vie de Mouse.

— Ça reste tout de même une piste, répondit Erick en secouant son portable entre ses mains alors qu’il sortit de la cuisine pour rejoindre le salon. Je viens d’appeler Nelson, l’inspecteur de San Diego en charge de l’affaire de Poppy.

Erick affichait un grand sourire, mais la lueur dans ses yeux en disait bien plus long.

— Pour l’instant, leurs premières recherches leur ont permis de trouver un nom dans un dossier qu’ils ont trouvé chez Poppy. L’inspecteur voulait savoir si ce nom nous intéressait ou non. Mouse avait un bon ami nommé Freddie Brown.

— Et où était ce bon ami ? demanda Badger.

— Dans le Colorado.

Talon fronça les sourcils.

— Où précisément ?

— Il travaillait à Vail, dans l’un des grands hôtels, en tant qu’extra.

— Pouvons-nous l’appeler ? Lui parler au téléphone ?

— Il a disparu quelques années plus tôt. Personne ne sait où il est, répondit Erick alors que son sourire devint sévère. C’est pour ça que l’inspecteur nous a appelés, pour qu’on le retrouve. Nous disposons d’un nom et d’un lieu.

— Punaise, s’exclama Jager.

Puis il se figea alors que son cœur se serra.

— Je dois y aller. C’est là où le camping-car de mes parents a fait une sortie de route.

Au même moment, Geir refit surface alors qu’il tenait Morning entre ses bras, l’air radieux. Il la déposa délicatement au sol et elle se précipita à travers la pièce avant de se jeter dans les bras de Jager.

Il la serra contre lui et lui chuchota :

— Quelle entrée !

Elle repoussa ses cheveux en arrière et lui adressa un grand sourire avant de lui répondre :

— Merci. Merci pour tout.

Il déposa un baiser sur son front.

— Prends soin de lui. Ce gros nounours a besoin que l’on s’occupe de lui.

Elle se défit de son étreinte, lui adressa un petit sourire avant de lui répondre :

— Tout comme toi.

Elle lui tapota la joue.

— Tu es le prochain sur la liste.

Tous ses amis se mirent à rire. Jager se contenta de lui lancer un regard noir. Il secoua la tête et se dirigea vers la porte d’entrée.

— Si quelqu’un en apprend davantage, tenez-moi au courant.

— Où vas-tu ? lui demanda Badger.

— Je pars à la chasse à Vail.

— Brown n’y est sûrement plus.

Jager secoua une main.

— Peut-être, mais s’il a un quelconque lien avec la mort de mes parents, je le retrouverai.

Chapitre 1

Jager rentra chez lui à pied alors qu’il ne vivait qu’à quelques rues de chez Badger. Il entra suffisamment longtemps pour préparer un sac et récupérer son ordinateur portable avant de le déposer tout près de la porte d’entrée. Il vérifia que toutes les fenêtres et les portes furent bien fermées avant de jeter un œil à la gazinière pour s’assurer que tout était éteint avant de partir pour quelques jours.

Il sortit une veste du placard de l’entrée pour affronter les soirées fraîches de Vail, avant d’attraper son sac ainsi que son ordinateur et de partir.

Au volant de son deuxième véhicule, un pick-up, il prit la route de l’aéroport pour prendre n’importe quel vol à destination du Colorado. C’est alors que son téléphone se mit à sonner. Il observa le numéro affiché sur l’écran avant de sourire en réalisant qu’il s’agissait de Badger, puis il rangea son téléphone dans sa poche arrière. Conscient que chacune de ces pistes les rapprochait de la vérité et du tueur en série qui en avait après eux, ce qui devenait de plus en plus dangereux pour ses amis et leurs nouvelles petites amies respectives, Jager avait décidé sans leur laisser le choix que personne ne l’accompagnerait dans cette quête d’indices.

Non pas qu’il désirait mourir, il comprenait qu’il aurait sûrement besoin de renfort, mais pour le moment, il ne jugeait pas nécessaire que quelqu’un l’accompagne car il ne savait rien. Son esprit tournait encore en boucle avec tout ce qu’ils avaient appris sur Mouse et tout ce qu’il leur restait à découvrir. Mason avait lancé une enquête navale après avoir découvert le passé trompeur de Mouse au sein de l’armée. Ce qui aurait des répercussions parmi les rangs.

Jager tourna à gauche pour emprunter l’autoroute. Il vit alors les premiers panneaux indiquant l’aéroport.

Son unité devait également, avec ou sans l’aide de la Navy, trouver le corps du pauvre homme dont Mouse avait pris la place. Jager refusait l’idée même d’appeler sa famille. Mais tout ça révélait un autre point très intéressant. L’homme dont Mouse avait pris la place avait-il réellement une famille ?

Peu importe, l’idée que quelqu’un vole l’identité d’une personne restait tout de même difficile à imaginer.

De plus, personne dans l’équipe de SEAL de Badger ne connaissait Mouse ou le vrai Ryan Hanson avant que Mouse ne soit affecté dans leur unité. Mouse ressemblait probablement à sa victime ou avait peut-être subi des opérations chirurgicales pour se transformer. Mais puisque Mouse, en tant que Ryan Hanson, faisait partie des nouvelles recrues sur la base de Coronado, son anonymat avait joué en sa faveur. Mouse pouvait facilement se glisser dans la peau de Ryan.

Jager continua tout droit alors que l’autoroute se sépara en deux voies.

Mais Jager ne comprenait toujours pas comment Mouse avait réussi à surmonter sa peur de l’eau alors que le simple fait de marcher près d’un cours d’eau le terrifiait. Cette idée le perturbait beaucoup, sachant que l’eau était l’un des aspects majeurs dans leur vie de SEAL. Durant leur dernière année de mission, la seule où Mouse était présent, ils avaient alterné entre rescousses d’otages, surveillance de terroristes et missions de reconnaissance. Ils avaient sauté en parachute et avaient atterri sur la plage ou sur des barques gonflables. Lors d’une mission, le démantèlement avait eu lieu en pleine mer. Leur unité avait pris un navire en filature à bord de leurs zodiacs avant de l’aborder le soir. Mouse les avait accompagnés durant toute la mission. Et de temps en temps, ils s’étaient baignés. Mais lorsqu’ils concentraient leurs efforts à nager trois kilomètres par jour pour améliorer leur endurance, ce qu’ils faisaient souvent quand ils étaient basés près de la mer, Mouse, lui, suivait un entraînement pour s’améliorer au tir.

En y repensant, Jager se rendit compte que Mouse n’avait pas une très bonne condition physique et était souvent tombé malade depuis qu’il avait rejoint leur unité. Une fois, il était resté malade pendant six semaines. Une autre fois, il s’était gravement blessé lors de l’un de ses entraînements et s’était arrêté pendant des mois.

Jager était en colère de savoir qu’ils s’étaient fait avoir. Il tentait d’éloigner ce sentiment insoutenable de frustration. Badger avait lancé cette mission afin de trouver des réponses suite à la mort de leur ami Mouse. Le reste de l’unité l’avait volontiers rejoint alors qu’il leur fallait quelque chose pour les occuper. Jager s’était éloigné d’eux et s’était senti perdu pendant longtemps ; puis cette mission lui avait donné un but.

En voyant les autres chez Badger ce jour-là, tous ses amis avec leurs partenaires, Jager avait réalisé qu’il se sentait bien plus seul que ce qu’il pensait. Il avait besoin de trouver quelque chose d’ici son retour. Quelque chose qui récompenserait tous ses efforts des derniers mois.

Voir Geir tomber amoureux de Morning Blossom fut une aventure en soi. Mais le fait que Morning se soit trouvée en danger à cause de leur mission rendit Jager encore plus vigilant.

Peu importe qui était cette ordure de chef de bande, une chose était sûre, il n’allait pas abandonner ni déléguer son autorité, et encore moins laisser tout ça derrière lui. En réalité, c’était presque comme s’il avait affiné ses méthodes, son système. Il cherchait sûrement à infliger la douleur maximale, une phrase qui tournait en boucle dans l’esprit de toute l’équipe depuis qu’elle fut apparue. Et l’idée que Mouse ait appris cette leçon de sa propre mère durant son enfance était tout simplement déchirante, à en juger l’inscription sur l’un des murs de la chambre où il avait grandi.

Bien que les membres de l’unité eussent aperçu les cicatrices sur le corps de Mouse, ils les avaient simplement associés à une enfance difficile. Mais ils ignoraient à quel point elle fut difficile. Pourtant, Mouse jouissait d’une bonne réputation après avoir réussi ses épreuves de BUD/S. Seulement, Jager et le reste de l’unité savaient dorénavant que c’était en réalité Ryan et non Mouse qui avait gagné cette distinction. Jager avait du mal à comprendre Mouse, autant le garçon que le jeune homme qu’il était devenu.

Le fait que ce genre de subterfuges fut possible à mettre en place au sein de la Navy le clouait sur place. Comment avait-on pu falsifier les dossiers de la sorte ? Cela dit, la seule façon possible pour Mouse d’y arriver était de prendre la place de quelqu’un d’autre. Et Jager ressentit de la peine en pensant à quel point Mouse devait être désespéré.

Poppy lui était venu en aide, probablement au péril de ses propres intérêts. Il aurait fait n’importe quoi pour que le rêve de Mouse de devenir un SEAL se réalise. Il aurait fait n’importe quoi pour qu’il reste proche de lui. Mais, une fois devenu adulte, Mouse ne voyait sûrement plus que Poppy comme un vieil homme désespéré qui ne voulait pas laisser partir son jeune amant. Mais l’aide de Poppy dans l’accomplissement du rêve de Mouse pour devenir SEAL les avait tous privés de lui. Jager se demandait pendant combien de temps Mouse aurait-il pu entretenir ce mensonge.

Depuis combien de temps entretenait-il cette illusion avant qu’elle ne se retourne contre lui ? Sans compter la phobie de Mouse pour l’eau. Évidemment, beaucoup de monde parvenait à surmonter leurs peurs et à accomplir de grandes choses. Mais Mouse avait sûrement exagéré cette phobie depuis le début. Il parvenait sans peine à faire avaler ses mensonges aux autres, alors peut-être que sa peur de l’eau en faisait partie.

Jager réfléchissait lentement à tout cela alors qu’il prit l’entrée principale de l’aéroport et se gara dans un parking longue durée avant d’attraper par chance la navette en direction du terminal.

Il acheta un billet pour le prochain vol à destination de Vail, se dirigea vers la porte d’embarquement et s’assis avec son ordinateur sur lequel il découvrit une douzaine de messages en provenance de ses amis. Il les lut un par un avant de sourire. Ils comprenaient son choix, mais demeuraient en colère. Eh bien, tant pis pour leur colère.

Il envoya un e-mail à Mason et Erick en leur demandant s’ils pouvaient confirmer la présence de l’homme qui avait positionné la bombe à l’origine de l’exposition de leur camion, dans la fausse commune près de Kaboul.

Il reçut instantanément une réponse d’Erick.

Ramène tes fesses ici et nous en parlerons.

J’attends mon vol, répondit Jager. C’est notre seule option pour le moment. Il me faut une réponse. Il nous faut tous une réponse.

Son téléphone sonna à nouveau. Il s’agissait d’Erick.

— Tu ne peux pas y aller seul, grogna-t-il.

— Il ne reste plus que moi, répondit Jager. Je suis le seul n’ayant personne qui se retrouverait en danger et impliqué dans notre cauchemar. Je suis la meilleure option. Cette ordure sera de plus en plus agressive si nous lui donnons l’opportunité de continuer, que ce soit après nous, nos partenaires ou bien ensuite le reste du monde. Je suis le seul célibataire et celui ayant le moins à perdre.

— Tu n’avais pas à y aller seul.

— Je ne suis encore allé nulle part, répondit Jager d’un ton joyeux. Mais je devrais arriver à Vail d’ici quelques heures.

Il cliqua sur le reste de ses e-mails.

— Des nouvelles de Tesla ? A-t-elle obtenu autre chose du micro que nous avons posé dans l’atelier du trafiquant d’armes ?

— Non, rien d’intéressant, répondit Erick. Si nous parvenons à trouver le vrai Ryan ou à découvrir ce qui lui est arrivé, ce serait déjà bien. Mais ça ne répondrait toujours pas à notre « pourquoi » ?

— À moins que ce salaud soit l’un des membres de la famille de Ryan, répondit doucement Jager. Il a peut-être vu Mouse se faire passer pour lui.

— Si seulement Poppy n’était pas mort, nous aurions pu en apprendre bien plus de sa part.

— En réalité, nous en savons déjà beaucoup. La police enquêtera pendant des mois sur tout ce qu’ils ont trouvé chez Poppy. Et ils nous ont donné la piste qui nous a menés jusqu’à Freddie Brown.

— Mais je n’aime quand même pas l’idée que tu y ailles seul. Tu as besoin d’un partenaire, d’un renfort quand les choses tournent mal, rétorqua Erick.

Jager sourit sans contredire Erick.

— Avez-vous du nouveau ? demanda Jager.

— Eh bien, tu le saurais si tu n’étais pas parti. Tu aurais été là quand nous avons reçu les e-mails.

Jager grogna.

— Eh bien, je suis parti. Alors, fais-toi à l’idée et communique-moi les informations.

— Poppy avait tout répertorié sur une liste. Les noms, les États, les garçons. Il a essayé avec quelques filles mais ce n’était pas son truc alors il est revenu aux garçons. Mais ils n’étaient pas nombreux. Il s’est contenté de quelques-uns qu’il avait choisis. Ceux qui appréciaient son attention.

— Comme Mouse ?

— Oui. Mais Poppy semblait aimer Mouse. Il est difficile de comprendre comment un pédophile peut ressentir un sentiment s’apparentant à un amour sincère, dit Erick d’un ton représentant la frustration qu’ils ressentaient tous. Mason s’occupe de faire le lien entre l’armée et la police. Et, bien sûr, le NCIS est dorénavant très impliqué dans cette affaire.

— Évidemment, soupira Jager. Ce qui signifie qu’ils vont tous nous barrer l’accès et que nous n’aurons aucune chance d’obtenir des informations.

— Maintenant, notre plus grosse question reste à savoir où est passé le marin disparu. Si Mouse a pris sa place, ce Ryan a-t-il donc été assassiné ? Ou a-t-il accepté un pot-de-vin pour disparaître ? Et un membre de la famille du vrai Ryan ne voudrait-il pas rendre justice à la mort de Mouse, en pensant toujours que leur proche est mort à Kaboul ? Ou peut-être le contraire, comme tu l’as suggéré. Quelqu’un aurait peut-être pris Mouse pour cible parce qu’il avait pris la place de leur proche ?

— Mais, une fois de plus, nous n’avons aucune réponse.

— Eh bien, nous manquons de renfort disponible, dit Erick d’un ton légèrement ironique. Alors, si tu es déterminé à accomplir cette mission seul, assure-toi de nous appeler en renfort quand tu en as besoin. Ne joue pas au justicier ou au héros solitaire. Nous sommes là pour toi. Je me remets petit à petit. Je peux donc superviser les opérations. Je n’ai rien de plus à te donner pour l’instant, et tous nos amis présents dans cette pièce, oui parce qu’ils sont toujours ici avec moi, sont en colère et veulent des réponses.

— Et j’ai l’impression d’être une flèche tendue sur un arc dans l’attente d’une direction à prendre ; pour l’instant je n’en ai aucune.

— Encore une chose… s’exclama Erick. Poppy avait des documents prouvant qu’il a fait entrer Mouse dans la Navy sans qu’il n’ait passé aucun des tests. Et il avait également répertorié les noms de ceux qui l’ont aidé, ainsi que les sommes qu’il avait dû débourser. La Navy a récupéré cette liste, dit-il avant de se taire quelques secondes. Je n’aimerais pas faire partie des noms figurant sur cette liste à l’heure qu’il est. Il avait aussi fait chanter d’autres pédophiles pour récupérer de l’argent. Mais, pour l’instant, rien n’indique comment ils ont choisi et remplacé Ryan. Mais comme il avait déjà passé les tests de BUD/S, il représentait une proie idéale pour Mouse. Il pouvait alors se glisser dans la peau de Ryan et se faire passer pour un SEAL officiel.

Jager regarda dans le vide.

— Punaise, j’ai encore du mal à croire que notre Mouse ait fait ça. Vraiment ?

— Oui, vraiment. C’était dans un gros fichier Excel sur l’ordinateur de Poppy. Évidemment, ses agissements remontent bien avant l’histoire de Mouse. Une grosse enquête sera menée sur toutes les victimes de Poppy. Mais, au-delà de ça, le NCIS veut évidemment découvrir comment on a pu pirater les fichiers sécurisés de la Navy, et comment ils peuvent empêcher que cela se reproduise dans le futur.

— As-tu trouvé des preuves indiquant que la mort de mes parents était en réalité un double homicide ?

— Non, mais j’ai de grands soupçons qu’il s’agissait d’une autre attaque. Et à en juger le lieu, ce Freddie Brown est probablement responsable, ou du moins il sait peut-être quelque chose, dit Erick avant de poursuivre quelques secondes plus tard. À l’heure qu’il est, il fait peut-être lui aussi partie des victimes…

— Je te tiendrai au courant.

Puis, Jager raccrocha. Quelques minutes plus tard, les passagers de son vol furent appelés à embarquer. Il s’installa dans son siège, toujours perdu dans ses pensées. Ses parents et lui furent proches, mais il ne les vit pas aussi souvent qu’il l’aurait voulu en grandissant. Et leur accident de camping-car l’avait empêché à tout jamais d’y remédier.

Un accident de la route de plus. Au fond de lui, il savait ce qu’il découvrirait à Vail une fois qu’il creuserait plus à propos de leur mort. Pourtant, il n’arrivait pas à y penser pour le moment. Il devait contenir cette fureur en lui et la transformer en quelque chose d’utile, ce qui signifiait trouver Freddie Brown. Jager observa sa montre. Il était tard. Il pourrait dormir quelques heures dans l’avion, à condition de se détendre. Une fois arrivé à Vail, il passa la sécurité, quitta l’aéroport, loua un véhicule et se rendit à l’hôtel le plus proche où il arriva à temps pour réserver une chambre. Une fois à la réception, il ne put s’empêcher de se mettre aussitôt au travail.

— Connaissez-vous un Freddie Brown ? demanda-t-il à la réceptionniste en retournant de nouveau vers la réception. J’ai entendu dire qu’il était parti quelques jours, mais j’espérais qu’il serait rentré maintenant.

Jager affichait son sourire victorieux mais, à en juger la rection de la jeune femme, il se demanda si ce sourire était vraiment efficace.

Elle l’observa d’un air suspicieux.

— Je ne connais personne de ce nom.

— Alors comment puis-je savoir s’il a bien travaillé ici ? demanda-t-il d’un ton officiel. Pourrais-je m’entretenir avec le manager ?

La jeune femme observa l’horloge et secoua la tête.

— Non, il a fini sa journée.

Jager la regarda d’un air surpris.

— À onze heures du matin ?

Elle le regarda toujours avec le même regard et lui adressa un sourire poli.

— Oui, il travaille de cinq heures à midi.

— Mais il n’est pas encore midi, lui fit-il remarquer.

Son sourire s’amplifia et elle lui répondit d’un ton joyeux :

— Navrée, il est absent pour le moment. Si vous souhaitez lui laisser un message, il vous recontactera prochainement.

Il la remercia poliment en refusant de lui laisser un message et sortit de l’hôtel. Il se rendit ensuite dans deux établissements de plus. Il y avait dans les soixante hôtels dans cette ville. Sans compter les chambres d’hôtes, qu’il visiterait aussi si les hôtels ne donnaient rien. Il entra dans un café où il s’assit à une table près de la fenêtre avant d’observer la rue. Il fallait que Jager trouve quelqu’un qui connaissait Freddie mais, pour l’instant, il se trouvait coincé.

Il rassembla également suffisamment de courage pour se rendre au poste de police afin de consulter les détails sur l’accident de ses parents. Mais, en même temps, il détestait avoir à remuer le couteau dans la plaie. Cela ne faisait que six mois qu’ils étaient décédés. Ils faisaient alors un road trip en camping-car qu’ils avaient prévu depuis des années. Il se rassurait en se disant qu’ils avaient au moins pu profiter de quatre mois de ce voyage ensemble. Ils étaient partis de la côte est pour traverser la totalité du pays. Une fois à Vail, ils avaient déjà parcouru au moins trois quarts de leur trajet. Mais ils n’eurent jamais l’occasion de visiter certains des plus beaux lieux d’Amérique. Et cela le désolait.

On aurait dû leur laisser la chance de finir ce voyage. Bon sang, on aurait dû leur laisser la chance de vieillir.

Il avait entendu parler de l’accident, mais, tout comme Badger, Jager venait à peine de retourner à l’hôpital pour subir une opération chirurgicale reconstructrice. La peau de ses mains présentait encore les cicatrices de la dernière opération. Ils avaient inséré des poches gonflables dans son abdomen afin que de la peau supplémentaire se développe. Puis ils lui avaient greffé cette peau sur les parties endommagées de ses mains. La bonne nouvelle était que cette opération avait bien fonctionné. La mauvaise était qu’il ressemblait à Frankenstein avec tous ces morceaux cousus les uns aux autres. Ce qui ne l’aidait pas lorsqu’il parlait à des personnes qui, de temps en temps, s’éloignaient de lui. Mais il ne considérait pas ceci comme un moyen dissuasif de continuer sa mission puisqu’il s’était déjà rendu en Californie avec Geir. Et il ne lui avait jamais fait aucune remarque. Mais pourquoi l’aurait-il fait ? Il était sa propre version d’un patchwork. Sans compter que Morning Blossom n’était pas non plus le genre de personne à faire une remarque.

Accomplir cette étape de leur mission seul avait poussé Jager au contact du public de façon plus régulière que d’ordinaire et c’était pour le moins… intéressant de voir les réactions.

La cicatrice sur son visage n’était pas vilaine ; la trace rose se dissipait. C’était évidemment une tout autre histoire concernant ses mains. Mais quand même, les dégâts se trouvaient surtout au-dessus de ses poignets. Ils étaient alors plus discrets lorsqu’il portait des manches longues. Cela faisait plus de deux ans qu’il n’avait fréquenté personne et sa dernière relation s’était finie de façon assez tragique.

Même si son corps demeurait extrêmement musclé, Jager considérait que son état physique ne pourrait attirer aucune potentielle petite copine, encore moins depuis ses nouvelles cicatrices. Il avait perdu des muscles à tant d’endroits différents que c’en était ridicule. Alors qu’il s’est retrouvé propulsé à travers le toit du camion lors de l’explosion de la mine, le camion lui avait lui aussi causé des blessures. Sa cuisse droite était dorénavant maigre et endommagée, et elle demeurerait défigurée et plus faible que celle de gauche. Il lui manquait également la partie inférieure de sa jambe gauche.

Mais ses blessures semblaient raisonnables comparées à celles de ses amis dans le reste de l’unité. La façon dont le camion avait explosé ainsi que celle dont ils se tenaient assis à l’intérieur avait impacté les jambes de tous les survivants. Il était reconnaissant de n’avoir perdu aucun bras. Il ne pouvait l’imaginer. Et il était loin d’avoir perdu autant d’organes que Geir.

Jager, lui, avait perdu un rein. Beaucoup de ses muscles étaient endommagés et il avait également subi beaucoup de brûlures.

Les brûlures étaient ce qu’il y avait de pire. Il avait alors développé un immense respect pour les grands brûlés. Ce qu’il avait vécu était déjà assez dur. Il conduisait le véhicule le jour de l’accident, mais l’explosion était apparue de nulle part. Quelques-uns de ses amis se tenaient tranquillement assis. Mouse dormait au fond, entouré de tout le matériel que ses amis avaient disposé autour de lui.

Jager n’oublierait jamais l’annonce de ce qui était arrivé à ses amis après son réveil. Et ce qui était arrivé à Mouse… l’amertume de l’événement s’était répandue en lui. Finalement, de nouveau sur pieds, sa mobilité suffisamment retrouvée, Jager avait entamé sa propre enquête. Il ne pouvait nier qu’il s’était renfermé sur lui-même, sans informer ses amis de ce qu’il ne faisait ni pourquoi il le faisait. Puis il avait découvert qu’eux aussi avaient des doutes, il avait alors rejoint le reste de l’équipe en renfort. Il se sentit comme de retour dans sa famille après les avoir perdus de vue un bon moment après l’explosion. Dorénavant, il ferait presque tout pour maintenir cette famille intacte.

Mouse avait rassemblé quelques affaires pour former une barrière contre tous les bruits du camion et le reste de l’unité avait empilé le reste du matériel pour l’isoler car il avait besoin de silence pour dormir. Contrairement aux autres qui pouvaient vite s’endormir pendant une bonne heure, Mouse, lui, mettait du temps à s’endormir, d’où la raison de construire une barrière contre les bruits.

On aurait pu se dire que cette barrière de matériel autour de lui aurait pu l’aider à s’en sortir. Au lieu de cela, c’est ce qui lui causa sa perte. Ils avaient tous été projetés à travers le toit en toile du camion, ce qui leur avait causé de multiples blessures. Dans le cas de Jager, il avait perdu la partie inférieure de sa jambe gauche alors que celle-ci s’était retrouvée coincée dans l’armature métallique qui parcourait le toit du véhicule. La même chose arriva à sa cuisse droite où des entailles arrachèrent des bouts de muscles sur lesquels il travaillait encore pour retrouver leur force originelle.

Mais son corps ne serait plus jamais aussi rapide ni aussi puissant qu’avant. Et, bon sang, il ne serait jamais présentable et encore moins beau. Mais, au moins, il était fonctionnel. Et tant qu’il gardait cela en tête, le reste ne le dérangeait pas. Ce n’était que des broutilles.

Des broutilles gênantes et pendant longtemps déprimantes. Il s’était dit qu’il resterait seul pour le restant de sa vie car aucune femme ne voudrait d’un épouvantail pareil à ses côtés. Mais les autres hommes de sa bande lui avaient prouvé le contraire et également combien son esprit était étroit.

Il leva les yeux alors que la serveuse s’avança vers lui. Elle lui sourit, lui tendit le menu, et lui dit :

— Voulez-vous une tasse de café ?

Il lui sourit et hocha la tête.

Elle fut de retour quelques minutes plus tard, une grande tasse de café noir à la main. Il n’avait alors toujours pas ouvert le menu. Elle lui adressa un regard et lui demanda :

— Avez-vous besoin de quelques minutes supplémentaires ?

Il se contenta de hocher la tête une nouvelle fois, puis son regard se perdit de nouveau à travers la fenêtre. Du moins, jusqu’à ce que quelqu’un se glisse sur le banc face à lui. Il tourna la tête et lança un regard sévère au nouvel arrivant dans l’intention de le faire fuir. Mais ses yeux atterrirent sur une femme.

Elle lui adressa un petit sourire et lui dit :

— Je suis l’officier Allison Monroe. J’ai cru comprendre que vous posiez des questions aux locaux.

Il sentit alors tout son être se figer. Il se pencha en avant et chuchota :

— Effectivement, et alors ?

Au lieu de se laisser intimider, elle se pencha également sur la table.

— Vous devriez peut-être plutôt me les poser.

Il recula et lui adressa un sourire en coin.

— D’accord, aucun problème. Savez-vous où je peux trouver Freddie Brown ?

— Non. Pourquoi cette question ?

— J’ai entendu dire qu’il avait disparu quelques jours plus tôt, répondit-il d’un ton calme. Un de ses amis est décédé et je voulais m’assurer qu’il l’avait appris.

— Depuis combien de temps ?

Cette fois-ci, ses sourcils se rejoignirent au milieu de son front alors qu’elle l’observait.

— Depuis deux ans.

Elle recula.

— C’est un peu tard pour l’annoncer, non ?

Il fit glisser ses mains sous les manches de sa chemise.

— J’étais pas mal occupé.

Elle posa son regard sur la peau rose vif du dos de ses mains avant de hocher la tête.

— Pas mal comme excuse.

Sa remarque le fit ricaner. Il ne trouvait pas beaucoup de raison de rire en ce moment. Et pourtant, son style direct et son caractère difficile à impressionner lui plaisaient. Elle était unique et authentique et il sentit son intérêt s’éveiller.

— Vous posez beaucoup de questions, dit-elle doucement. Une femme en particulier ne les a pas vraiment appréciés et m’a appelée.

— Je n’ai jamais été impoli ni méchant et je n’ai franchi aucune limite, répondit-il à voix basse. Alors, pourquoi a-t-elle appelé la police ?

— Dans ce cas précis, c’est une amie qu’elle a appelée, rectifia Allison. Et la personne que vous avez interrogée se demande également où se trouve Freddie Brown et se fait du souci à son sujet.

— Avez-vous lancé un avis de disparition ?

— Nous l’avons fait après qu’on nous l’a signalé. Mais il n’y a aucune raison de trop s’en faire. C’est un adulte et il a pu disparaître de son plein gré. Il n’y a pas de quoi ouvrir une enquête pour l’instant. Mais je me renseigne à droite à gauche. Pour l’instant, sans succès.

Il s’adossa contre la banquette.

— Punaise, jura-t-il avant de soupirer et de passer la main dans ses cheveux. Il y a également eu un accident six mois plus tôt.

Il refusait d’énoncer précisément la date qui le faisait terriblement souffrir.

— Serait-il possible que j’obtienne le rapport d’accident ?

— Pourquoi ?

— Parce que, dit-il avant de prendre une grande inspiration et d’annoncer lentement, mes parents y ont perdu la vie.

En entendant ceci, un air de compassion s’empara de ses grands yeux couleur chocolat. Les biches des environs avaient ce même regard. Ses yeux étaient immenses et leur couleur variait du caramel au chocolat au lait selon la lumière.

Il se força à reprendre ses esprits.

— Ils conduisaient un camping-car de location et faisaient un road trip à travers le pays.

— Un couple de personnes âgées ? demanda-t-elle avant de s’interrompre et de froncer les sourcils alors qu’elle tentait de se remémorer. Emelia et Jorgen Elstad ?

Le visage de Jager s’illumina.

— Exactement, comment avez-vous fait pour vous en souvenir ?

Elle lui adressa un sourire triste.

— Parce que j’étais sur les lieux de l’accident et que votre mère était toujours en vie à ce moment-là.

Son cœur se serra.

— Je l’ignorais, murmura-t-il.

— Donc je présume que vous êtes Jager ?

Il hocha lentement la tête, haïssant le sentiment de ses larmes coincées dans sa gorge en entendant simplement que cette femme connaissait déjà son prénom et que le seul moyen pour elle de le connaître était par sa mère alors qu’elle était en train de mourir.

— A-t-elle dit quelque chose ?

— Oui, mais je n’ai pas vraiment compris ce que cela signifiait.

La respiration de Jager devint saccadée.

— Qu’a-t-elle dit ?

— « Dites à Jager de surveiller ses arrières ».

Il se mordilla la lèvre et observa à travers la fenêtre alors qu’il tentait de garder le contrôle de ses émotions. Il pouvait soit éclater en sanglots à l’idée que les dernières pensées de sa mère lui étaient adressées, ou alors évacuer sa colère alors qu’il comprit que sa mère savait ce qui lui était arrivé.

— A-t-elle dit autre chose ?

L’officière Monroe baissa le regard et hocha la tête.

— Elle m’a demandé de m’assurer de vous dire qu’elle vous aimait.

Il hocha la tête, incapable de prononcer un mot alors que ces derniers restaient coincés en lui.

Chapitre 2

Allison ne s’était pas du tout attendue à ça en s’asseyant à cette table.

Candy, qui travaillait l’hôtel, l’avait appelée pour la prévenir que cet homme était déterminé à trouver des réponses. Quelque chose chez lui l’avait inquiétée. Il paraissait dangereux, non envers elle, mais envers Freddie.

— Comme si ce type avait une dent contre lui, avait dit Candy. J’ignore si tu peux faire quelque chose, Allison, mais peut-être au moins lui parler ? Voir si tu peux savoir ce qu’il cherche. Je ne lui ai pas dit que Freddie avait disparu. Je ne savais tout simplement pas quoi dire.

Allison était ravie de lui parler alors qu’elle espérait elle-même trouver du nouveau sur la disparition de Freddie. Au lieu de cela, cet homme semblait n’avoir aucune information. Mais après avoir abordé le sujet de l’accident, elle dut trouver un moyen de retenir ses larmes. Des tragédies se produisaient tous les jours. Des accidents de voiture mortels arrivaient souvent. Et elle avait assisté à un ou deux d’entre eux où la personne était toujours en vie sur les lieux avant de décéder à l’hôpital. Mais, dans ce cas-là, Emelia était morte dans ses bras. Allison était venue en aide aux secours pour l’extraire du véhicule. Elle vivait encore à ce moment-là et Emelia avait pris la main d’Allison entre les siennes alors qu’ils avaient immobilisé le brancard suffisamment longtemps pour qu’elle puisse parler.