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Lorsque deux artistes indépendants et reconnus comme des francs-tireurs de la création se rencontrent, cela donne naissance à ce livre. Les dessins d'Insolo habillés des textes de Léonel Houssam.
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Seitenzahl: 44
Veröffentlichungsjahr: 2021
Un projet soutenu par l’association Burn-Out Art Factory
Frontispice
I.
OBSCUR & OPALIN
LE CORBEAU ET LE BÂTARD
LES GUENILLES DE LEURS SOUVENIRS D’ENFANT
LES MOTS MURMURÉS DE SA MAMAN
SÉRIE HAS-BEEN: LA FAMINE DANS LE MONDE
ON A LE DROIT DE TUER SYMBOLIQUEMENT
LA PETITE MORT MAGISTRALE
LES CHEMTRAILS DE MA SHEMALE
DÉCRIRE LE SEUL ENDROIT DU MONDE
J'ORDONNE LA PAIX ET JE SUGGÈRE LA GUERRE
LE MONDE EST DEVENU UN CROISSANT DE LUNE
SE BATTRONT POUR LE DROIT DE VOTE
NOUS NE CÈDERONS RIEN DE NOTRE MORT
LES PARENTS SONT ADOPTÉS PAR LEURS ENFANTS
VOUS ÊTES LES MAÎTRES DES RÉSEAUX SOCIAUX
LA VIE EST ANTÉRIEURE À L'ÈRE ZOMBIES
JE NE QUITTE PAS CE MONDE, J'EN REJOINS UN AUTRE
II.
POLYCHROME
ÊTRE LIBRE, C'EST SE DÉTRUIRE
LA LIBERTÉ, C'EST LA MORT
LES COMPLOTISTES SONT LE COMPLOT LUI-MÊME
LE PLAISIR DES FEMMES
J'AIME PAYER POUR BAISER
L’AMOUR EXISTE, LES FANTÔMES AUSSI
LES 4 POINTS CARDINAUX DU NOMBRILISME
L'ABLATION DE MON PRÉPUCE MENTAL
Voilà un projet comme je les aime et celui-ci a un goût de renaissance pour moi. Alors que je m’engluais dans certaines impasses mentales, il ne m’était plus possible d’écrire, du moins en continu comme par le passé. Hormis la naissance de l’ère pandémique que chacun a pu subir, les mots ne me venaient plus, pour des raisons intimes. J’étais au bout d’un cycle, un peu comme si j’étais au bout de ma vie, et peutêtre que c’était le cas… J’étais – et certains d’entre vous l’ont peut-être déjà vécu – au bout d’un chemin. Tout ce que j’avais eu à souffrir et à porter était derrière moi. A cela s’ajoutait la sensation de n’avoir plus aucune énergie pour écrire.
Pour résumer, je n’avais plus rien à dire, et j’avais fait le tour de mes petites tempêtes intérieures.
Insolo est apparu comme une évidence. Ses œuvres sont brutes, directes sans artifices mais pleines d’une sincérité et d’une énergie qui me parlaient depuis bien longtemps. Dans mes errances mentales, presque moisi dans ma taule psychique, je me suis plongé dans ses créations. Et les mots sont venus, comme ça, sans précaution, sans plan prédéfini, sans fioriture. Je n’ai pas pensé à un lectorat, je n’ai même pas imaginé en faire un livre. Nous en parlions avec Insolo mais ça semblait lointain.
Il m’a livré 24 dessins dont 8 en couleurs. En fonction de mon humeur, de la force dont je disposais, j’ai pioché et écrit sur chacun d’entre eux, jusqu’au dernier en juin et juillet 2021. Avec les encouragements d’Insolo, je n’ai pas flanché et je dois avouer que ça a ouvert à nouveau les horizons. J’ai vu, au fil des semaines, des portes s’ouvrir dans mon esprit. J’étais revenu à l’écriture simplement en rédigeant ces petits textes sur les dessins d’Insolo.
Lui et moi sommes heureux de vous accueillir dans ce livre. Il est, nous le croyons, la preuve qu’il est encore possible de créer sans se compromettre et sans faire des concessions pathétiques à un monde de l’art et de la culture qui s’est fourvoyé dans le membre gluant d’un Occident en voie de disparition.
Mister Corbeau, sur un arbre perché,
Tenait dans son bec un carnage.
Mister Bâtard, terriblement excité,
Lui tint à peu près ce langage :
« Hé ! Bonjour, vieux Corbeau.
Que vous êtes chelou ! Que vous me semblez cabot !
Sans mentir, si votre vieil âge
Se rapporte à votre plumage,
Vous êtes le phénix des morceaux de choix de ces bois. »
A ces mots le Corbeau se la jouant comme un roi ;
Et pour cacher qu’il était aux abois,
Ouvrit un large bec et régurgita par deux fois.
Le bâtard s’en saisit, et dit : « Mon bon Monsieur,
APPRENEZ QUE TOUT EMMERDEUR
VIT AUX DÉPENS DE CELUI QUI LE BROUTE :
Cette leçon vaut bien un carnage, sans doute. »
Le Corbeau, péteux et déçu,
Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.
Le bâtard, frustré par une existence faite d’échecs et de coups durs,
Chopa une pierre qu’il balança à la tronche de l’oiseau.
La plaie grande ouverte sur son poitrail,
Laissa s’écouler un sang noir et épais.
Avant que le corps du corbeau ne touche le sol,
Le bâtard l’attrapa pour y planter ses crocs,
Savourant la chair chaude de la bête mourante.
Les croassements pitoyables,
Les tremblements violents,
Excitèrent les sens du garçon, qui,
Tout en mâchant la viande chaude,
Empoigna son chibre dressé.
« Putain que c’est bon ! Salope ! »
Juste avant d’éjaculer,
Il prit soin d’enfoncer,
Son sexe gonflé
Dans la plaie ouverte de l’oiseau trépassé.
Les cris orgasmiques du Bâtard
Se firent entendre dans toute la vallée
Plongée dans le noir.
Tous les habitants savent ce que fait le bâtard
Ils sont donc soulagés,
Que pour une fois,
Il ne se soit pas attaqué à l’un d’eux.
La morale de cette histoire,
C’est que si ce sot de corbeau s’était tu,
Sans doute serait-il encore de ce monde.
