L'alphabet des ombres - Kevin Chartron - E-Book

L'alphabet des ombres E-Book

Kevin Chartron

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Beschreibung

Regroupant des textes oscillant entre le visible et l'invisible, "L"alphabet des ombres" se veut être un recueil qui, s'il existe une recherche poétique, essaie de la trouver dans la perception immédiate de l'environnement comme du sentiment. De là, la constante quête de ce qui ne se voit pas (ou plus) et l'évocation persistante de ce qui est ressenti.

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Seitenzahl: 68

Veröffentlichungsjahr: 2021

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Sommaire

PREMIERS TEMPS

J'ai rêves comme oiseau un nid

En montagne

Papillons

Le rameur

Et l’ombre portée sur ma nuit

J’aime l’hirondelle quand je ne la vois pas

Les soleils enneigés

Celui qui n’a pas oublié

Je me passe du passé pour amour dire

La forêt noire

Il faut l’émoi pour le poème

LES LOIS DE LA NATURE

En chaque nuit couvent

L’autre printemps

Chanson de la fin de l’été

Le nénuphar rose

Botte d’asperges au chat assis dans la lumière du jour

Des hécatombes

Prairial recommencé

La grande souffrance

LE LIVRE OUVERT

Voici rimes cachées

La grande errance

Dans l’ombre où seul je survivais

Rien ne meurt en moi que les mauvaises pensées

Le soir quand tu m’es lointaine

L’embellie

C’est depuis toi que ma vie change

C’est le soir quand lentement tombe la lumière

À celle qui doit partir

Dans les bois où sont les longues promenades

Les atolls d’émeraude

Voici les mots de mon âme

Ce qu’est l’amour caché

Mets ta main là où mon cœur bat

Les cœurs conjugués

Quand dans la nuit glacée brille l’étoile absolue

Il est toujours temps

Si je parle bas quand ton cœur m’écoute

Tout a forme de ta présence de ce jour qui croît

Tu peux lire dans ces lignes la bonne aventure

Je suis le présent de ton sourire

J’entends ton rire comme on entend la mer

Le rossignol

Lorsque l'on se tient ensemble sur l'herbe

Le grand bonheur

Le monde m’est dans ton regard

Le cœur et l’encre

Je suis l’ombre du songe que je fais de toi

Le grand trouble

Je préfère à toute chose

Je ne brûle que de t’aimer toujours

J’ignore dans quel songe

Tu fermeras mes portes et mes livres

LA RIME RECOMMENCÉE

La rime introuvable

La rime retrouvée

La rime recommencée

La rime revenue

La rime testamentaire

La rime improvisée

LES OISEAUX INVISIBLES

Présence des absents

Le grand silence

Les oiseaux impossibles

Le voyageur clandestin

Je parle une langue qui n’est plus tout à fait la mienne

Après l’orage quand le ciel est doux

Le ciel pour l’océan

Le grand songe

L’incorrigible

Toujours n'est-il nulle part que l'on n'ignore

La grande rumeur

Toujours à voir de loin revient la beauté

J’entends que passe le temps

Le grand soupir

Je suis l’enfant de mon avenir

Il n’est de joie qui ne demeure comme s’éteigne

Tout m'est en ce monde chose étrange

Rien ne nous est moins court

Il faut se choisir un passé

L’écho muet

L’ALPHABET DES OMBRES

Il fait nuit

Les soirs sont heures pathétiquement améres

La joie et la douleur

La grande extinction

L’essoufflement

La grande question

Le grand tourment

En la nuit profonde

Déborah

Le grand mystère ou l’autre monde

Le sous-bois

Le langage invisible

Les mots qui sont de rose

I

Premiers temps

J'ai rêves comme oiseau un nid

J'ai rêves comme oiseau un nid

Aux mêmes feuillages des mêmes cimes

Aux mêmes étoiles qu'aurores déciment

Aux mêmes confins du ciel infini

Le soir si les choses s'éteignent

On entend se taire l'horizon

La nuit noire défait sa prison

Et tous les astres la ceignent

Si les choses s'éteignent le soir

L'horizon qu'on entend se taire

Se ceint du tour austère

Où saignent nos rêves noirs

Comme oiseau un nid j'ai rêves

A voir les fous battements

En faux songe qui ment

Des lueurs filantes et brèves

Le jour le jour les heures lentes

Ressuscitées et d'outre-nuit

Scellent pourtant d'un sceau d'ennui

Les lueurs brèves et filantes.

En montagne

Des étoiles pleuvaient du ciel entaillé

Il faisait un froid à ne pas se taire

Le souffle de la nuit planait sur le mystère

Pareil aux ténèbres entrebâillées

De tes yeux plus profonds que l’éther

C’était un temps d’hiver l’été

De la montagne tombait le cri des loups

L’adret et l’ubac se jetaient un mépris jaloux

Nous grelottions comme d’avoir été

La dernière chouette pendue au dernier clou

L’étendue invisible cachait un long visage

On croit toujours aux ombres qu’on ne voit pas

La moindre absence fait un bruit de pas

Et l’obscurité invente tous les présages

Et l’entière légende humaine s’en drapa

On croyait bientôt ressuscitées les ourses

Leur sourde démarche s’accompagnait aux cieux

Et la plus petite voix qu’on entendait

Roulait doucement la petite source

Qui sait seulement où elle descendait

Je ne sais plus si nous étions heureux

Je revois parfois encore la montagne évidée

Sommes-nous autres que gens amoureux

Et cœurs autres que cœurs douloureux

Les étoiles couraient dans le ciel lapidé

Papillons

Volent dans l'ombre par centaines

Ceux pourpres du thym

Et se posent sur le bord des fontaines

Comme soleil sur votre teint

Battent des ailes vers les nues

Aurores de Provence

Et lumières dociles s'atténuent

Comme nuit s'avance

Et l'on vous voit comme Ariane

Changeante et profonde

L'autre est pris dans vos lianes

Océan entre les mondes

Il faut apprendre à vous regarder

Cela remplace les choses

Nul filet ne pourrait vous garder

Volent écailles roses

Le rameur

Seul sans la proue et réduit à la poupe

De la coque au pont l’égal de la vigie aux cales

Dans l’infortuné esquif aux avirons bancals

Le voilà homme sans joie dans sa chaloupe

Souquant contre l’invisible brimé par l’océan

Et à l’est et à l’ouest et au nord et au sud

Rien le port soudain a pris de l’altitude

Va donc homme frêle va cœur de géant

Il sait des terres promises que l’on rejoint

Son âme bat des larmes aimante écume

Sur les flots bercé n’est-il rien qu’enclume

A guetter encore comme la côte est loin

Et l’ombre portée sur ma nuit

Et l'ombre portée sur ma nuit

Que la lune pâle glace d'ennui

Ressemble au long hiver qui nuit

Et au court été qui pleure

J'y entends un chant éteint

Et son écho pareillement lointain

Il ne point qu'un vague matin

Et son éclat n'est qu'un leurre

Cela n'est que part du récit

Il ne vient personne ici

Le temps même est imprécis

Qui se penche à la fenêtre

Au loin les étoiles se devinent

L'azur a une allure divine

Et telle fraîcheur de ravine

Qu'on se morfond d'y n'être

Cela est un refrain courant

Les jours se sont mis en rang

Le crépuscule va s'étirant

La main tendue vers l'horizon

On demeure à n'en pouvoir mais

Encore qu'on ne sache jamais

Ce que demain ne promet

Et quelle sera notre déraison

Elle habite ailleurs en ville

On se prend à rêver où

En croyant la voir partout

On voit ses cheveux son cou

Le bleu qu'elle met à ses cils

Ou peut-être à ses paupières

Pauvre galant va pauvre pierre

Tombée au fond de la rivière

Les jours passent comme

Les longs rêves du somme

Et la jeunesse des hommes

Si fugitifs et si lents

Les nuits aux jours répondent

Il faut que la terre soit ronde

Et ce qui nous vient au monde

Disparaît du même élan

Comme l'heure est fugitive

Voilà que nous est plaintive

L'absence nue et la plaie vive

De si seulement voir

De ses propres yeux l'image

Et le miroir fait davantage

Que d'agrandir les parages

En les faisant plus noirs

La ville peut être en fête

Ses chants monter à la tête

Et l'air se charger de conquêtes

On demeure à l'âme brisée

Et ce qui nous reste de vie

Va à la joie inassouvie

Comme la chaîne au pont-levis

Et la flamme bien attisée

J’aime l’hirondelle quand je ne la vois pas

J'aime l'hirondelle quand je ne la vois pas

Moi au désert.