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Regroupant des textes oscillant entre le visible et l'invisible, "L"alphabet des ombres" se veut être un recueil qui, s'il existe une recherche poétique, essaie de la trouver dans la perception immédiate de l'environnement comme du sentiment. De là, la constante quête de ce qui ne se voit pas (ou plus) et l'évocation persistante de ce qui est ressenti.
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Seitenzahl: 68
Veröffentlichungsjahr: 2021
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PREMIERS TEMPS
J'ai rêves comme oiseau un nid
En montagne
Papillons
Le rameur
Et l’ombre portée sur ma nuit
J’aime l’hirondelle quand je ne la vois pas
Les soleils enneigés
Celui qui n’a pas oublié
Je me passe du passé pour amour dire
La forêt noire
Il faut l’émoi pour le poème
LES LOIS DE LA NATURE
En chaque nuit couvent
L’autre printemps
Chanson de la fin de l’été
Le nénuphar rose
Botte d’asperges au chat assis dans la lumière du jour
Des hécatombes
Prairial recommencé
La grande souffrance
LE LIVRE OUVERT
Voici rimes cachées
La grande errance
Dans l’ombre où seul je survivais
Rien ne meurt en moi que les mauvaises pensées
Le soir quand tu m’es lointaine
L’embellie
C’est depuis toi que ma vie change
C’est le soir quand lentement tombe la lumière
À celle qui doit partir
Dans les bois où sont les longues promenades
Les atolls d’émeraude
Voici les mots de mon âme
Ce qu’est l’amour caché
Mets ta main là où mon cœur bat
Les cœurs conjugués
Quand dans la nuit glacée brille l’étoile absolue
Il est toujours temps
Si je parle bas quand ton cœur m’écoute
Tout a forme de ta présence de ce jour qui croît
Tu peux lire dans ces lignes la bonne aventure
Je suis le présent de ton sourire
J’entends ton rire comme on entend la mer
Le rossignol
Lorsque l'on se tient ensemble sur l'herbe
Le grand bonheur
Le monde m’est dans ton regard
Le cœur et l’encre
Je suis l’ombre du songe que je fais de toi
Le grand trouble
Je préfère à toute chose
Je ne brûle que de t’aimer toujours
J’ignore dans quel songe
Tu fermeras mes portes et mes livres
LA RIME RECOMMENCÉE
La rime introuvable
La rime retrouvée
La rime recommencée
La rime revenue
La rime testamentaire
La rime improvisée
LES OISEAUX INVISIBLES
Présence des absents
Le grand silence
Les oiseaux impossibles
Le voyageur clandestin
Je parle une langue qui n’est plus tout à fait la mienne
Après l’orage quand le ciel est doux
Le ciel pour l’océan
Le grand songe
L’incorrigible
Toujours n'est-il nulle part que l'on n'ignore
La grande rumeur
Toujours à voir de loin revient la beauté
J’entends que passe le temps
Le grand soupir
Je suis l’enfant de mon avenir
Il n’est de joie qui ne demeure comme s’éteigne
Tout m'est en ce monde chose étrange
Rien ne nous est moins court
Il faut se choisir un passé
L’écho muet
L’ALPHABET DES OMBRES
Il fait nuit
Les soirs sont heures pathétiquement améres
La joie et la douleur
La grande extinction
L’essoufflement
La grande question
Le grand tourment
En la nuit profonde
Déborah
Le grand mystère ou l’autre monde
Le sous-bois
Le langage invisible
Les mots qui sont de rose
J'ai rêves comme oiseau un nid
Aux mêmes feuillages des mêmes cimes
Aux mêmes étoiles qu'aurores déciment
Aux mêmes confins du ciel infini
Le soir si les choses s'éteignent
On entend se taire l'horizon
La nuit noire défait sa prison
Et tous les astres la ceignent
Si les choses s'éteignent le soir
L'horizon qu'on entend se taire
Se ceint du tour austère
Où saignent nos rêves noirs
Comme oiseau un nid j'ai rêves
A voir les fous battements
En faux songe qui ment
Des lueurs filantes et brèves
Le jour le jour les heures lentes
Ressuscitées et d'outre-nuit
Scellent pourtant d'un sceau d'ennui
Les lueurs brèves et filantes.
Des étoiles pleuvaient du ciel entaillé
Il faisait un froid à ne pas se taire
Le souffle de la nuit planait sur le mystère
Pareil aux ténèbres entrebâillées
De tes yeux plus profonds que l’éther
C’était un temps d’hiver l’été
De la montagne tombait le cri des loups
L’adret et l’ubac se jetaient un mépris jaloux
Nous grelottions comme d’avoir été
La dernière chouette pendue au dernier clou
L’étendue invisible cachait un long visage
On croit toujours aux ombres qu’on ne voit pas
La moindre absence fait un bruit de pas
Et l’obscurité invente tous les présages
Et l’entière légende humaine s’en drapa
On croyait bientôt ressuscitées les ourses
Leur sourde démarche s’accompagnait aux cieux
Et la plus petite voix qu’on entendait
Roulait doucement la petite source
Qui sait seulement où elle descendait
Je ne sais plus si nous étions heureux
Je revois parfois encore la montagne évidée
Sommes-nous autres que gens amoureux
Et cœurs autres que cœurs douloureux
Les étoiles couraient dans le ciel lapidé
Volent dans l'ombre par centaines
Ceux pourpres du thym
Et se posent sur le bord des fontaines
Comme soleil sur votre teint
Battent des ailes vers les nues
Aurores de Provence
Et lumières dociles s'atténuent
Comme nuit s'avance
Et l'on vous voit comme Ariane
Changeante et profonde
L'autre est pris dans vos lianes
Océan entre les mondes
Il faut apprendre à vous regarder
Cela remplace les choses
Nul filet ne pourrait vous garder
Volent écailles roses
Seul sans la proue et réduit à la poupe
De la coque au pont l’égal de la vigie aux cales
Dans l’infortuné esquif aux avirons bancals
Le voilà homme sans joie dans sa chaloupe
Souquant contre l’invisible brimé par l’océan
Et à l’est et à l’ouest et au nord et au sud
Rien le port soudain a pris de l’altitude
Va donc homme frêle va cœur de géant
Il sait des terres promises que l’on rejoint
Son âme bat des larmes aimante écume
Sur les flots bercé n’est-il rien qu’enclume
A guetter encore comme la côte est loin
Et l'ombre portée sur ma nuit
Que la lune pâle glace d'ennui
Ressemble au long hiver qui nuit
Et au court été qui pleure
J'y entends un chant éteint
Et son écho pareillement lointain
Il ne point qu'un vague matin
Et son éclat n'est qu'un leurre
Cela n'est que part du récit
Il ne vient personne ici
Le temps même est imprécis
Qui se penche à la fenêtre
Au loin les étoiles se devinent
L'azur a une allure divine
Et telle fraîcheur de ravine
Qu'on se morfond d'y n'être
Cela est un refrain courant
Les jours se sont mis en rang
Le crépuscule va s'étirant
La main tendue vers l'horizon
On demeure à n'en pouvoir mais
Encore qu'on ne sache jamais
Ce que demain ne promet
Et quelle sera notre déraison
Elle habite ailleurs en ville
On se prend à rêver où
En croyant la voir partout
On voit ses cheveux son cou
Le bleu qu'elle met à ses cils
Ou peut-être à ses paupières
Pauvre galant va pauvre pierre
Tombée au fond de la rivière
Les jours passent comme
Les longs rêves du somme
Et la jeunesse des hommes
Si fugitifs et si lents
Les nuits aux jours répondent
Il faut que la terre soit ronde
Et ce qui nous vient au monde
Disparaît du même élan
Comme l'heure est fugitive
Voilà que nous est plaintive
L'absence nue et la plaie vive
De si seulement voir
De ses propres yeux l'image
Et le miroir fait davantage
Que d'agrandir les parages
En les faisant plus noirs
La ville peut être en fête
Ses chants monter à la tête
Et l'air se charger de conquêtes
On demeure à l'âme brisée
Et ce qui nous reste de vie
Va à la joie inassouvie
Comme la chaîne au pont-levis
Et la flamme bien attisée
J'aime l'hirondelle quand je ne la vois pas
Moi au désert.
