L'amour est un acte manqué - Audrey Terrisse - E-Book

L'amour est un acte manqué E-Book

Audrey Terrisse

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Beschreibung

Et elle vécut sa vie comme une oeuvre d'art, se forgeant de chaque tourment, crachant ses monstruosités et celles des autres, résistant aux tempêtes et cramant sous des soleils de nuit. Et elle les invita tous à périr ses mille morts d'amertume, à se délecter de ses sens. Et elle se fit chasseuse d'orages et jaseuse de trésors. Et elle vécut sa vie comme une oeuvre d'art entre symphonies et cacophonies. Et elle vécut à perte d'écrire.

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Seitenzahl: 63

Veröffentlichungsjahr: 2020

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Sommaire

L'amour est un acte manqué

Le complexe du presque

Les Ephémères

L'amour est un acte manqué

L'amour est un acte manqué sur lequel on trébuche sans se louper avec l'envie d'y repasser. La chair en sang, n'en déplaise à la raison, l'amour est un acte manqué à l'unisson. L'amour est un acte manqué comme un précipice qui appelle la chute et le vertige de l'oubli. On ne peut s'aimer sans s'oublier, sans s'imprégner, sans se perdre. Et à chaque fois un nouveau chemin. Et à chaque fois une nouvelle déroute. De lui. De moi. De toi. En sens. En tous sens. Et en résonances. L'amour est un acte à pas se louper. Sauf à manquer. Se reconnaître et puis s'aimer. Se flairer et puis céder. T'es de ma famille. J'en ai pas alors j'adopte. A l'œil, à l'oreille. C'est pas que j'ai du nez, juste un peu de veine. Je t'ai vu, là, dans la dérive et t'ai ressenti. C'est pas que j'ai du flair. Juste que tu m'es tombé dessus, comme le filant d'une étoile. T'es ma galaxie et ma pénombre. T'es mon soleil noir. L'amour est un acte manqué à qui ne sait se résoudre à s'abandonner. L'amour est un acte manqué à la portée de tous les damnés. Il sait frémir et chavirer. Il sait donner et retirer. T'es mon amour. T'es ma beauté. T'es ma queue, ma poésie, mon émoi, mon chaos, ma force, ma perdition. T'es mon essence et ma charité. Tu es mon luxe et ma pauvreté. Tu es mon âme. Tu es mon double.

Chacun reste dans ses abysses, seul et isolé. On ne se trouve jamais. A quoi bon se chercher. C'est si simple. Faut rien changer. Que m'as-tu fait? Je vais sombrer. J'ai pas les sous-titres. Je comprends rien. Et t'as pas la clé. Faut pas sombrer, pas se laisser aller. Alors on tease, on anguille, on chatouille. Seuls et isolés. Je te parle. Tu me parles. Et qui s'entend. Je parle de moi, tu parles de toi. Et qui nous entend. Seuls et isolés. Seuls et isolés. Pourtant je te capte et tu me captes. Pas si loin, pas si douloureux. Justes parallèles, justes paraboles. Rien n'est juste, sauf toi et moi. Sauf toi sans moi. Stop! Rembobine. Il reste quoi? Juste toi sans moi. Juste moi sans toi. Et on se poursuit sans foi ni choix. Et on se détruit. Seuls et isolés. T'as rien perdu. J'ai tout gagné. En es-tu sûre ? Et réciproquement. J'ai rien perdu. T'as tout gagné. Et réciproquement. Et cet infini de faux semblants. Pas de douleurs, pas de délires, juste le souvenir. Juste toi et moi et rien d'autre à trépasser.

A-t-on seulement le droit d'exister à deux ? L'amour n'est-elle que notre illusion, que nos désillusions. Je te vois, je te crois. Y ai-je droit ? L'amour n'est qu'un acte manqué au tempo un peu trop scandé. En arythmie je te suis, sans vraiment baliser. Ça déborde, j'ai la nausée. Et les amours mortes ont le charme amer de ce qu'elles auraient pu être. On ne sera jamais. Même pas foutus d'avoir été. Fracas d'esprit et mots assassins. La chair en cendrier moins douloureuse que tes mots. Le rappel consternant du second choix, l'appel constant de la chute. Je partirais bien mais j'ai nulle part où me fixer. Faudrait tailler la route, éperdue de grands chemins. Faudrait se briser et puis recoller. Alors je m'écrase et j'oublie. Passe les cachets. Y en a bientôt plus. On fera comment pour se supporter sans pharmacopée ? Ressers un verre. Encore un. Déjà ? Je veux plus que ça. Le monde s'écroule, les gens se pressent. Ça trinque et ça graillonne. C'est pas mon monde. Alors je pars. Tu me suis ? Ça fait flipper, je sais.

Nous sommes annihilés par tous ces culs, ces chattes, ces queues. Et nous finissons par jouir de nous-mêmes, les yeux dans l'œil du sillon. Nous nous virtualisons en virages faussés et en chants de partisans hygiéniques. Je suis l'inexistence et le tremblement. Tu es la grâce et la fournaise. Et si on s'aimait pour de la vraie. Et si on s'apprenait comme les enfants qu'on n'a jamais été. Viens là, viens, touche-moi. C'est ma peau que tu sens, mon cœur que tu entends vibrer, mon souffle qui vient te lécher. Viens là, fais-moi toucher. C'est doux et ça fait mal. Ça brûle au corps. Tu crois qu'on va se blesser. Reviens. Je veux savoir. C'est ta peau qui transmet. Je veux apprendre ses sillons. Vers où mènent-ils ? Que vont-ils faire de nous. On n'a pas assez de cette vie. On en a plus qu'assez. On n'est pas bons à recycler. Déchets bien trop consommés. Arrête-toi là. Oui, juste là. Mon cœur bat jusque-là. Plus fort. Encore.

T'as griffonné quoi aujourd'hui. Quelques peines d'amour à inscrire sur ma page noire. Tu es l'auteur de mes desseins. Tremble pas, écris, gémis, crache, transpire, crève. L'amour est un acte manqué mais pas sans nous compter. Prends ta plume, poète. Dessine-toi, dessine-moi, dessine-nous. Décime-les. Faut pas se priver, faut pas se brider. Pas de jeûne pour nous, juste l'orgie. C'est comme une caresse, c'est le bliss. C'est un ogre inconstant qui va et vient au gré de ses appétits, nous gave et nous affame. C'est l'ennui et la passion. C'est se lever avant l'aube pour niquer le temps avant que la vie nous rattrape. C'est le crépuscule en myriades au cœur de l'hiver. C'est le salaud qui se délecte et la garce qui s'humecte. C'est un éclat de rire surpris et une goutte qui s'évade. C'est toi et moi. En seule issue.

Nous sommes les héritiers désabusés en œil de cyclone. Nous sommes les amants manqués d'une pauvre pute décharnée. Tu me dis c'est le chaos depuis que tu as débarqué, j'ai vieilli sans jamais grandir, j'ai écouté mais je ne sais toujours rien. Tu me dis c'est une longue histoire que tu sais même si je te l'ai pas contée. Je te dis je sais les histoires interdites et les cris mutiques. Je te dis je vis dans un chaos maîtrisé où j'ai envie d'aimer, peut-être même de t'aimer. Tu sais je n'y arriverai sans doute jamais. On est les actes manqués d'un amour desséché. Dans le sachet, elles sont trois à me narguer, ils sont presque cent bien alignés. Je te dis c'est la petite solitude qui va nous emporter et je pense à mon linceul de tulle noir d'ultime épousée. Je t'ai même pas encore aimé, même pas goûté. On n'a pas pu refaire ce monde foutu bien avant nous. Alors je finis de m'assommer à la liche bon marché. Tu dis ça fait pas rêver. Les rêves je les laisse à ceux qui ont su oublier.