Erhalten Sie Zugang zu diesem und mehr als 300000 Büchern ab EUR 5,99 monatlich.
Quand des vacances de rêve aux Îles Fidji se transforment en cauchemar familial...
Lors d’une fête entre voisins, Constantin Birgus fanfaronne. Il a prévu d’emmener sa femme et ses trois enfants aux Îles Fidji cet été. Un rêve en réalité inaccessible, pour des raisons financières. Constantin pourtant s’obstine et raconte à tout le monde qu’il a réservé l’avion, l’hôtel, les excursions. Le jour du départ approchant à grands pas, il doit finalement exposer à sa femme son vrai projet de vacances...
L’Aquarium, une fable contemporaine, un huis-clos familial où un homme, prisonnier de sa propre folie et obsédé par un plan étrange, entraîne les siens dans un monde totalement incongru, voire diabolique.
Un récit court et saisissant sur les dysfonctionnements d'une famille happée par la folie paternelle.
EXTRAIT
Mais les adultes sont agglutinés autour de la longue table dressée derrière les mitoyennes et ont d’autres soucis. Ils sirotent de la sangria et des bières, médisent sur les absents, vantent les salades, louent les desserts, ouvrent des paris pour la coupe du monde de football, parlent de leurs prochaines vacances.
Et c’est là que Constantin Birgus déclare tout à coup qu’eux, cet été, ils partent aux îles Fidji.
Tatiana le regarde d’un œil interloqué. Les îles Fidji? un tel voyage doit coûter une fortune! Il a perdu la tête...elle devrait intervenir. elle ouvre la bouche. Hésite.
Mais il est trop tard. Les voisins, déjà jaloux, s’exclament:
– Les îles Fidji, il paraît que c’est ma-gni-fi-que! Quelle chance vous avez!
Et chacun de renchérir avec un souvenir de reportage ou des bribes de récits rapportés par des connaissances ayant goûté à ce coin de paradis.
CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE
Une histoire délicieusement irritante qui fait de ce court premier roman un ouvrage entêtant où folie et délire riment avec une analyse pertinente des mécanismes familiaux. -
Laurence Desbordes, Edelweiss
Écrit d’une plume très alerte, introduit par un titre bien choisi qui, à lui seul, pourrait le résumer, récit divertissant et apologue sur notre vie sociale, ce petit livre a tout pour plaire. -
Plume au Vent
Cornélia de Preux ose camper, dans un quartier résidentiel « suisse sous tous rapports », un univers de huis clos insolite et perturbant, que seuls animent sereinement les éclats colorés mais silencieux de l’aquarium familial. -
Marie Claire Suisse
Fable grinçante sur les diktats de la vie sociale, plongée dans la folie d’un homme et huis clos familial incongru, ce premier roman d’une journaliste lausannoise, joli coup de poing littéraire, séduit par son originalité et sa noire vigueur. -
L'Hebdo
À PROPOS DE L'AUTEUR
Cornélia Mühlberger de Preux est née à Vienne en 1959. Après avoir grandi à la montagne, en Valais, elle a étudié les Lettres à l’Université de Genève. Elle collabore à différents organismes en tant que journaliste spécialisée dans l’environnement et est également traductrice.
Avec la nouvelle
Qu’il neige, enfin, elle a obtenu le premier prix ex aequo du Concours d’écriture interculturel Encrages en 2007; ce texte a ensuite été publié dans l’ouvrage collectif
Le chameau dans la neige et autres récits de migration, aux Éditions d’en Bas.
L’Aquarium est son premier roman.
Sie lesen das E-Book in den Legimi-Apps auf:
Seitenzahl: 128
Veröffentlichungsjahr: 2018
Das E-Book (TTS) können Sie hören im Abo „Legimi Premium” in Legimi-Apps auf:
Avec le soutien du Service de la Culture de la Ville de Lausanne, auquel va toute la reconnaissance de l'éditeur et de l'auteur.
ISBN : 978-2-940486-22-9
© Éditions Plaisir de Lire. Tous droits réservés.
CH – 1006 Lausanne
www.plaisirdelire.ch
Couverture : Lucie Ryser – www.benitoandco.ch
Version numérique : NexLibris – www.nexlibris.net
CORNELIA DE PREUX
L'AQUARIUM
ROMAN
À mes indispensables compagnes d’écriture
Tout a commencé au pique-nique canadien des voisins.
Seuls les Lamproie et les Hotu manquent à l’appel. Les Lamproie, on ne peut pas compter dessus, même pour emprunter un œuf ou cent grammes de farine. Quant aux Hotu, ils sont en instance de divorce. Ils ont promis de venir à tour de rôle, sans les triplés, mais aucun des deux ne s’est finalement montré.
Sont donc présents les Rotengle, les Achigan, les Von Zingel, les Fario et les protagonistes de notre histoire, la famille Birgus : Constantin, 42 ans, Tatiana, 37 ans, et leurs enfants Kevin, 14 ans, Violette, 13 ans, et Vladimir, 6 ans et demi.
Ce rassemblement est bientôt une tradition. Il a été fixé au dimanche des Rameaux, dure depuis trois ans déjà et se déroule sur l’asphalte, à l’arrière des sept maisons mitoyennes du lotissement, séparées les unes des autres par des garages.
Lors de cette édition donc, il fait beau et étonnamment chaud pour la saison.
– Un temps idéal, parfait, répète-t-on x fois.
– Et que les enfants sont sympas !
Une fois leur ration de chips et de chipolatas avalée, la bande a effectivement disparu pour se défouler sur le trampoline mis à disposition par les Von Zingel.
Dix minutes chacun et pas plus de deux à la fois, leur a-t-on intimé.
L’engin est placé à l’avant des villas, dans le jardin des Von Zingel justement. Cet éloignement permet à la fois de tempérer le bruit qu’une telle occupation génère et d’empêcher les parents de s’y mêler ; sans cela, le ping-pong des conseils et réprimandes deviendrait vite insupportable :
– L’un après l’autre, Marie. Marie, tu m’entends ?
– Attention, pas trop haut !
– Nom d’une pipe, Kevin, laisse sauter ta sœur !
– Violette, fais attention à ta jupe. Mais va donc te changer. Compris ? Vio-let-te !
– Kevin, si tu n’arrêtes pas, tu vas être privé de jeux vidéo demain…
Mais les adultes sont agglutinés autour de la longue table dressée derrière les mitoyennes et ont d’autres soucis. Ils sirotent de la sangria et des bières, médisent sur les absents, vantent les salades, louent les desserts, ouvrent des paris pour la coupe du monde de football, parlent de leurs prochaines vacances.
Et c’est là que Constantin Birgus déclare tout à coup qu’eux, cet été, ils partent aux îles Fidji.
Tatiana le regarde d’un œil interloqué. Les îles Fidji ? Un tel voyage doit coûter une fortune ! Il a perdu la tête…
Elle devrait intervenir. Elle ouvre la bouche. Hésite.
Mais il est trop tard. Les voisins, déjà jaloux, s’exclament :
– Les îles Fidji, il paraît que c’est ma-gni-fi-que ! Quelle chance vous avez !
Et chacun de renchérir avec un souvenir de reportage ou des bribes de récits rapportés par des connaissances ayant goûté à ce coin de paradis.
*
* *
Constantin n’est pas sérieux. Ce n’est qu’une lubie momentanée, Tatiana en est certaine.
Elle va parler avec lui. Ils vont démentir. Il suffit de dire qu’ils n’ont plus trouvé de billets ou qu’ils doivent rester dans les parages à cause de son père à lui qui souffre de problèmes cardiaques. En plus, c’est vrai. Arthur vient de faire une petite attaque. Rien de grave, mais tout de même. Tatiana est convaincue qu’elle n’aura pas de peine à faire entendre raison à Constantin.
Mais celui-ci coupe court dès qu’elle aborde la question.
– On y va, un point c’est tout. Et puis, lâche-moi les baskets, j’ai mal au dos.
Elle laisse tomber. Se dit qu’ils mettront les pendules à l’heure demain.
Demain… enfin, quand il ira mieux. Constantin est tellement stressé ces temps. La boîte d’informatique qui l’emploie le fait valser. Souvent le soir, il sillonne encore la région pour dépanner des ordinateurs. Il est même parfois de piquet le samedi.
Plus le temps pour rien, ni pour s’occuper des poissons, sa passion, ni même pour nettoyer l’aquarium.
*
* *
Avril passe.
À la mi-mai, il s’entête toujours. Non, non et non, il n’est pas question de changer d’avis. Ils vont s’envoler aux îles Fidji.
– Et avec quel argent, mon chéri ?
– On trouvera une solution, on s’arrangera, répond Constantin.
Peut-être gagneront-ils le gros lot la semaine prochaine. Il achète un billet de loterie chaque lundi.
– Tu t’imagines si on fait volte-face… Que vont dire Babette, les Rotengle et les Fario ? Et quelles raisons invoquer ?
Expliquer qu’ils sont à sec ? Jamais.
Les Von Zingel, Babette en tête, s’en frotteraient les mains. Ils n’arrêtent pas de les bombarder de questions sur le voyage projeté. Facile. Eux n’ont aucun souci d’argent. Babette n’a même pas besoin de travailler.
Pour éviter les interrogations des voisins, Tatiana fait la pressée quand elle les croise, change de conversation lorsqu’ils la coincent au retour d’une course. Ou alors, quand elle se sent assez forte, rétorque :
– Et vos vacances à vous ? Ça se précise ?
Les gens adorent s’étendre sur leurs vacances prochaines, tout comme sur celles passées ou rêvées. Ils deviennent soudain vivants, animés par une vraie flamme. Comme s’il n’y avait que ça de bon, les vacances…
De son côté, Constantin poursuit sa chimère. En mentant, lui, avec aplomb.
Non, ils n’ont pas encore réservé ferme. Ils sont en train de chercher un vol direct. Ce n’est pas facile. Ils n’ont pas envie de devoir se farcir des escales. Vladimir n’a quand même que six ans et demi. Et puis, ils hésitent entre deux hôtels. L’un se trouve sur un site extraordinaire, mais hélas ne possède pas de spa, alors que l’autre offre ce service, mais a l’air plus passe-partout…
*
* *
Juin déboule.
Tatiana n’a toujours pas mis les points sur les i. Un soir pourtant, n’y tenant plus, elle l’interpelle :
– J’ai beaucoup de mal avec cette situation. Babette me harcèle avec ses questions. Comme si elle n’avait rien d’autre à faire de ses journées. Les Rotengle se montrent aussi très curieux. Même les Hotu et Monsieur Lamproie – qui pourtant n’habite plus vraiment là, il paraît – sont au courant. Les enfants racontent à tout le monde qu’ils vont passer leurs vacances à l’autre bout du monde. Kevin a surfé sur Internet et il aimerait qu’on lui achète de vraies lunettes de plongée. Violette rêve de deux nouveaux maillots de bain. Elle a déjà fait le tour des magasins et repéré plusieurs modèles qui lui plaisent. Quant à Vladimir, le soir, avant de s’endormir, il ne réclame plus que des histoires aquatiques. Je lui ai raconté au moins déjà dix fois le conte du pêcheur et du petit poisson.
– Je vais prendre les billets à la fin de la semaine.
– On n’a pas l’argent.
– Je vais encore essayer à la Loterie.
– Constantin… on peut aller camper à la montagne ou au bord du lac comme l’an passé. C’était très bien.
– Pas question !
Impossible de discuter. Il ne veut rien entendre.
Elle insiste néanmoins :
– Les jours filent. Les vacances commencent dans quatre semaines. Clarifions les choses.
– Laisse-moi jusqu’à dimanche. À ce moment-là, on avisera.
Une fois encore, elle cède.
*
* *
Dimanche est enfin là.
La journée est radieuse. Tatiana prépare la table du petit déjeuner dehors. Elle envoie Vladimir acheter des croissants au Shop de la station d’essence au coin de la rue. Tire les aînés du lit. Et puis, une fois qu’ils sont au complet, propose d’aller à la piscine. Cela fait si longtemps qu’ils n’ont plus rien entrepris tous les cinq.
Mais Constantin déclare qu’il n’a pas le temps :
– La cave doit être rangée, on ne peut plus se bouger en bas tellement c’est encombré.
Décidément, il exagère. En plus, il réclame de l’aide. Elle refuse. Il essaie auprès des enfants.
– Il faut mettre de l’ordre dans la chambre de jeux située dans l’entresol. Regardez-moi ce canapé, il est tout taché de chocolat !
Kevin et Violette protestent. Pour une fois qu’il fait beau, ils n’ont aucune envie de s’enfermer. D’ailleurs, ils ont rangé le lieu de fond en comble pendant les vacances de février.
Vladimir aussi fait la moue :
– Mais p…p…papa, j’ai envie d’es…s…sayer mon nouveau vélo, siteuplêê, viens avec m…m…moi… P…p…promis, je mettrai mon casq…q…q…que…
Constantin reste insensible aux objections des enfants et à la demande de son cadet.
– On ne va nulle part avant que le sous-sol soit en ordre, c’est mon dernier mot.
Lui qui déteste les rangements. Lui qui adore pédaler et, en temps normal, serait ravi de mater quelques cols avec le club ou d’initier Vladimir à la petite reine. D’ordinaire, c’est plutôt Tatiana, qui, de temps à autre, est prise d’une transe nettoyage et débarras.
– Mais pas maintenant… Pas question que je descende par une si belle journée ! Attends donc qu’il pleuve, alors je t’aiderai.
Constantin la regarde d’un œil noir.
Mieux ne vaut pas s’immiscer. Elle s’installe dans le jardin avec un livre. Impossible pourtant de se concentrer. Vivement le moment de vérité. Elle lui parlera le soir, quand ils seront seuls.
Sous la pression, les enfants se résignent à exécuter ce que Constantin leur demande. Il a l’air un peu fou et cela leur fait peur. Violette vient se plaindre chez Tatiana.
– Papa hurle.
Tatiana finit par intervenir lorsque Constantin menace de liquider la vieille Xbox de Kevin.
– Kevin a économisé pendant plus de dix-huit mois pour se l’acheter. Laisse-la-lui ; un jour, il décidera tout seul de la refiler à ses cousins.
– Mais il ne l’utilise plus.
– Si, on joue encore parfois avec Brian, se défend Kevin.
Brian est le cadet des Rotengle et c’est le dernier argument auquel Constantin pourrait être sensible.
– Ça prend de la place. Ça rend paresseux. Ça abêtit. Et ça bouffe du courant, même quand c’est éteint.
Tatiana répète encore que l’engin appartient à Kevin, qu’il l’a payé avec son argent de poche, qu’il peut donc en disposer.
Finalement, ils décident de reprendre la discussion à la fin de l’été.
Encore un délai repoussé, un répit trompeur, une échéance empoisonnée.
*
* *
Le soir, après le repas, ce même dimanche, Constantin organise une visite du sous-sol à laquelle il convie Tatiana et les trois enfants.
Il s’agite dans tous les sens et n’arrête pas de parler. Raconte tout ce qu’il a accompli pendant les dernières heures. Ce qu’il a trié, éliminé, débarrassé, nettoyé.
Comme il est maintenant content de disposer de cet abri antiatomique !
À l’époque, quand ils ont acheté la maison, il n’était pourtant pas enchanté d’avoir hérité de ce local. Quoique peu critique par rapport à l’armée, il s’est toujours moqué de ceux qui, pendant la guerre froide, accumulaient des réserves de nourriture et espéraient échapper aux effets du plutonium en se terrant dans leurs caches de béton.
– Ha ha… quand ils ressortiront, ils seront de toute façon irradiés sur-le-champ.
Et même si ce n’était pas le cas, ils se retrouveraient seuls, sur une terre dévastée, nue, stérile. Voués à mourir à petit feu dans d’atroces souffrances.
C’était un des sujets à propos duquel il se disputait avec les autres lieutenants pendant les cours de répétition. Mais il a mis un terme à sa carrière militaire maintenant. Il devrait d’ailleurs rendre le gros sac gris-vert, qui croupit encore là, dans le coin.
Ah oui, l’abri… À l’époque, ils n’ont pas eu le choix. C’était la dernière maison libre du lotissement, la seule pourvue d’un tel espace. Sans doute une compensation pour le jardin un brin plus exigu.
– Mais elle n’a pas coûté plus cher. Même un chouïa moins que les autres.
À la longue, le local était devenu le fourre-tout, la réserve pour les confitures et les compotes, le refuge des skis et des luges, l’endroit où dormaient le train Märklin et ses paysages bucoliques. Disparus soudain dans des cartons, eux aussi.
– Regardez, la place que j’ai faite là. On pourrait jouer au bowling. On va mettre un paravent pour cacher ce barda.
Constantin est comme euphorique. Jusqu’au repas, il continue de s’activer au sous-sol, vidant notamment une armoire remplie de vieilles chaussures et de photos. Il garnit même d’un abat-jour l’ampoule du plafond.
*
* *
Ce soir-là, il change encore l’eau de l’aquarium, pendant que Tatiana raconte à nouveau l’histoire du pêcheur et du petit poisson à Vladimir.
Les aînés, eux, sont avachis devant la télé. À 22 heures pile, Constantin les expédie au lit. Puis, il va chercher Tatiana, qui s’est assoupie près de Vladimir, et lui expose son plan.
– On va passer nos vacances en bas.
– En bas ? Que veux-tu dire ?
– Dans l’abri et la salle de jeux. Heureusement qu’on a opté pour cette salle de bain supplémentaire. Tu te rappelles, on avait pourtant hésité à cause des frais. Et voilà qu’elle nous sauve. Il y a l’eau, la douche, les toilettes. Et puis, on a l’électricité. Même la machine à laver pour la lessive. Il y a bien assez de place. J’ai mesuré. L’abri fait presque trente mètres carrés. Il fera office de cuisine et de salon. Nous y mettrons le canapé-lit de la mezzanine. Pour nous deux. Les enfants habiteront dans la salle de jeux. Kevin sera content. Il aura sa console à portée de mains. On sera un peu plus indulgents avec lui que d’habitude. Et on descendra la télé et l’aquarium. On sera très bien. Tu as toujours dit qu’en été, c’était l’endroit le plus frais de la maison, le plus agréable. Tu te rappelles, pendant la dernière canicule, on s’était d’ailleurs installés là.
– Tu es complètement cinglé.
– Écoute, Tatiana, c’est la seule solution pour ne pas perdre la face. Je sais exactement ce qu’on va leur dire, à tous. J’ai choisi la compagnie avec laquelle on va soi-disant voler, les horaires, l’hôtel, les excursions. Le jour du départ, au lieu de prendre l’avion, on va simplement déménager ici. On passera du bon temps. On va se préparer de bons petits plats. Comme au camping. Regarder plein de films. Faire des jeux.
– C’est hors de question.
– J’ai déjà préparé une liste de courses. Il faudra acheter petit à petit pour ne pas éveiller les soupçons. Le mieux serait de commencer quand tu vas en ville demain. Ce sera important de ne rien oublier. Car on ne pourra pas sortir, de peur qu’on nous voie. Il faudra demander aux voisins d’arroser le jardin et de relever le courrier dans la boîte aux lettres.
– Tu divagues, Constantin. Tu dois être épuisé après tout ce que tu as fait aujourd’hui. Viens, allons dormir, tu verras les choses autrement demain matin.
Mais il ne la rejoint pas au lit avant longtemps. Il traficote encore.
En bas.
*
* *
– Oui, cette fois c’est fait. On a réservé. Nous volons avec « Next Dream ». C’est si pratique, maintenant on n’a même plus besoin de billets, on reçoit un code. Il n’est même pas nécessaire de faire la queue pour le check in. On enverra les bagages avant. L’avion part tôt le dimanche 14 juillet. Quelle chance, on a trouvé un vol direct jusqu’à Nadi. Idem pour le retour. Une excellente compagnie, paraît-il. Fiable, ponctuelle. Qui propose des prix corrects, d’ailleurs. En plus, c’est parfait, le premier train du matin assure la correspondance. C’est quand même fantastique, cette gare sous l’aéroport. Et là-bas, le bus taxi de l’hôtel viendra nous chercher.
– Vous partez combien de temps ?
