La fin des haricots - Cornelia de Preux - E-Book

La fin des haricots E-Book

Cornélia de Preux

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Beschreibung

Un recueil de nouvelles originales et surprenantes où se mêlent humour, errance, nouveauté et sentiments.

Un haricot violet rêvant d’une citrouille. Une enfant roumaine au pays des Helvètes. Un chef d’état qui devient végétarien. L’errance d’un homme après l’attentat au Bataclan. Une étreinte dans un igloo. Une petite ville qui lit comme on respire. Et tant d’autres histoires.
Des tranches de vie qui, tel un kaléidoscope, dessinent les contours d’un monde ni blanc ni noir, mais joyeusement composite. 35 nouvelles : des aigres-douces, des amoureuses, des crépusculaires, des existentielles, des gourmandes, des végétales.
À déguster selon ses envies.

Laissez-vous surprendre par ces trente-cinq courtes nouvelles, comme autant de tranches de vies qui nous sont racontées.

EXTRAIT DE Réouverture

Attaque sur la ville. Je marche dans la nuit, dans le vide, fatigué, usé.
Je crie pour tuer l’accident dans ma tête. Je veux une chaise, je veux avant.
J’ai froid. Je pense à ma femme, aux enfants. Mes chers petits. Arriver à la maison, ouvrir la porte. Les embrasser. Jouer avec eux, manger, boire, rire autour de la table. Mes mains dans les leurs.
Parents nus, familles sans pied, véhicules en feu, pleurs, peurs dans les yeux. Images volées d’un spectacle noir, d’un monde en panne. Pas un nez qui bouge, pas un vieux dehors, pas un jeune à toucher, pas un homme, pas un animal, ni plumes, ni poils, même pas un insecte. Juste moi, froid comme un caillou, seul, cassé, perdu.

CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE

Toutes ces nouvelles montrent la diversité des centres d'intérêts de Cornélia de Preux. L'ensemble de ces histoires constitue un monde à facettes, un monde bien à elle, de par sa vision des êtres et des choses (souvent symboliques), un monde tout en nuances, où le bien et le mal se côtoient, comme dans la vraie vie, sans qu'il soit possible de dire jamais que l'un aura raison de l'autre... - Francis Richard, Le blog de Francis Richard
L’auteure, Cornélia de Preux, nous conte avec justesse des morceaux d’histoires humaines, comme autant de couleurs couchées sur le rouleau de nos vies. - Marylène Rittiner, Weblitterra

À PROPOS DE L'AUTEUR

Cornélia Mühlberger de Preux est née à Vienne en 1959. Après avoir grandi à la montagne, en Valais, elle a étudié les lettres à l'université de Genève. Elle collabore à différents organismes en tant que journaliste spécialisée dans l'environnement et est également traductrice. Après ses deux romans, L'Aquarium et Le chant du biloba, publiés aux Editions Plaisir de Lire, Cornélia de Preux signe aujourd'hui son premier recueil de nouvelles.

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Seitenzahl: 129

Veröffentlichungsjahr: 2018

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Couverture

Page de titre

À Brigitte et Ferdinand.

LES AIGRES-DOUCES

COUP DE BALAI

La première chose que j’ai vue en Suisse, c’est l’autoroute. Qu’elles sont pressées, les voitures ici ! J’ai essayé de regarder les gens qui voyageaient dedans. C’est difficile, ça va tellement vite. Mais il n’y a personne à côté du conducteur… Chez nous, les voitures sont pleines à craquer. Les enfants sont assis sur les genoux des grandes sœurs, des cousins, des tantes et des oncles, des grands-mères. On nous fourre même dans le coffre. Et puis, nos autos, elles sont rouillées, cabossées.

On nous a lâchés dans une sorte de parc. Il n’y avait rien par terre, comme si on passait le balai tous les jours. Le balai sur la route, quelle drôle d’idée ! J’avais froid avec mes sandalettes et ma jupe à courants d’air. Le soleil, il était tout pâle, mais il me faisait mal aux yeux.

Avant d’arriver, pendant des heures et des heures, on est restés entassés sous la bâche du fourgon. Heureusement, on a pu jouer à se déguiser. On a mis les costumes des gens d’ici pour passer la frontière. Des habits bien pliés et tous doux. J’ai choisi un pull polaire et des leggings avec des cœurs. Ce qu’on était élégants ! Finalement, je n’ai pas vu de frontière mais on a dû rendre les leggings quand même.

Des policiers sont venus nous chercher. Drôlement gentils pour des policiers ! Il y avait un monsieur qui savait notre langue. Il ressemblait à mon cousin Mario. J’aurais voulu lui demander s’il connaissait notre village, mais il n’avait pas le temps. Il nous a expliqué qu’on allait commencer à habiter dans la halle de sports de l’école.

Chez nous, l’école, on n’y va pas souvent et on n’y pratique pas de sport. Moi, en tout cas, je préfère faire sauter les mots plutôt que faire de la gymnastique ! Elle était jolie et toute brillante, cette grande chambre et dans un coin, il y avait plein de ballons aussi gros que des roues de camion. On nous a donné du coca, de la soupe, du pain. Le pain était frais, croquant, blanc. Chez nous, il est noir et si sec qu’on se casse les dents.

On a reçu un linge et un savon pour la douche. Ici l’eau chaude coule encore et encore. Je ne voulais pas sortir de la cabine. Après, ils ont collé ensemble des matelas rouges et on a dormi sous des couvertures grises et piquantes. J’ai rêvé que notre hutte s’était transformée en château rose bonbon et que, dans la cuisine, il y avait un robinet duquel arrivait du coca.

Au lever, j’ai mangé cinq tartines avec une confiture au chocolat. C’est tellement bon avec ce pain blanc qui craque ! Après, avec les autres enfants, on a grimpé sur les ballons et on a joué à qui réussissait à s’envoler le plus haut.

Et puis, on est repartis dans un grand bus jaune, tout en fenêtres. J’ai regardé le paysage qui courait avec nous. Des collines vertes, des maisons lourdes de fleurs, des grands blocs qui ressemblent à des usines, mais en beaucoup plus joli. Et tout est si propre, si bien rangé. Comme si on n’avait que ça à faire ici, le ménage.

On est arrivés près d’une montagne. J’avais envie qu’on monte dessus, mais on est entrés dans la terre. Quelle drôle d’idée que de construire une maison dans un trou ! Mais il y avait tout ce qu’il faut pour être bien. Des douches avec de l’eau brûlante qui ne s’arrête jamais, des appareils à réchauffer et une télévision plate, où on pouvait mettre des films dedans.

Une dame est venue nous voir. Elle sentait la lessive, elle avait des boucles dorées qui ne semblaient pas être à elle, des ongles bleu ciel et une voix sucrée. On s’est de nouveau déguisés. Cette fois, on a pu garder les habits. On nous a aussi donné des jouets. On ne doit pas les rendre non plus. Jamais. J’ai pris une poupée qui rit et qui pleure pour de vrai et puis un éléphant vert.

Ici, je joue tout le temps… Chez nous, je passe la journée entière dans la décharge d’à côté à ramasser du bois, de l’aluminium, du verre. C’est pour revendre pour qu’on ait à manger. Ça sent tellement mauvais là-bas ! Et il y a plein de rats. Ils me font peur.

Je ne comprends pas pourquoi maman fait encore toujours ses yeux tristes. Elle aussi a reçu des cadeaux : des nouvelles chaussures, une veste en peau retournée, des langes en plastique avec plein de nounours dessus pour mon petit frère. Elle non plus, ici, elle ne doit pas travailler ni se faire de souci pour remplir nos assiettes. Ici, il y a toujours assez. Et ce n’est même pas elle qui pèle les patates.

Il paraît que demain on retourne chez nous. En avion !!! Je me réjouis, je rêve depuis toujours de voler comme un oiseau. C’est dommage, je trouve qu’ils sont gentils avec nous, les Suisses. J’espère qu’on pourra revenir un jour.

COÛTE QUE COÛTE

Champion olympique. C’est ce qu’il voulait devenir quand il serait grand. Pas plus haut que trois pommes, il se fabriquait déjà des muscles en s’adonnant à la boxe avec son frère et en grimpant sur les plus hautes branches de l’épicéa qui trônait dans la cour de l’immeuble. Il partait au pas de course à l’école et en revenait à toutes jambes. Il trottait d’ailleurs tout le temps, que ce soit pour aller au magasin, chez les copains ou à sa leçon de clarinette. Souvent aussi, il s’exerçait à retenir son souffle le plus longtemps possible au risque de tourner violet. Il se postait devant le miroir de l’entrée, aspirait profondément, gonflait torse et joues. Il comptait les secondes gagnées en dépliant un doigt après l’autre, un exercice déjà difficile en soi. S’il avait battu son record, il lançait un hourra triomphal à travers tout l’appartement.

Cela se gâta quand son père essaya de le mettre sur un vélo. Très vite, à l’instar de ses petits camarades, il voulut qu’on lui ôtât les petites roues de soutien. Que de genoux écorchés, de coudes éraflés et de nez encroûtés ! Rien n’y faisait. Il tanguait systématiquement. Il mit des semaines et des semaines à tenir en équilibre, alors que la bande du quartier s’éparpillait à l’envi en pédalant à tout rompre hors du périmètre autorisé. Pourtant, devant les autres, il serrait les dents et gardait la tête haute. À peine de retour à la maison, il arrachait son casque protecteur et laissait jaillir les larmes de rage. La rage de ne pas y arriver, la rage de subir railleries et quolibets.

Pour apprendre à nager, ce ne fut pas plus évident. Le professeur de natation, auquel sa mère l’avait confié, assura au bout de quelques cours qu’il n’y arriverait simplement pas. « Il s’agite dans tous les sens comme un caniche, ses mouvements sont désordonnés, il ne fait que des vagues, avale tasse sur tasse sans avancer d’un millimètre », affirmait invariablement le maître-nageur après chaque séance de torture. « Pas question pour le moment de lui enlever les manchons. »

Jour après jour, piteux, il enfilait les honteux accessoires. Il aurait volontiers fait boire l’eau entière du bassin à son frère, l’aurait noyé, tellement celui-ci le narguait à s’essayer déjà au crawl et à la nage papillon. Quelle humiliation que de se retrouver dans les débutants, volée après volée ! Trois étés passèrent avant qu’il ne réussisse à aligner plusieurs brasses. Après cela, on ne put plus le sortir de la piscine. Si on le trouvait… car ce qu’il aimait le plus, c’était plonger et nager sous l’eau le plus longtemps et le plus loin possible. Les yeux grands ouverts, les joues gonflées et les doigts jouant la calculatrice.

Ses débuts en sports d’équipe furent catastrophiques. En football, son entraîneur le déclara carrément inapte. Ses parents furent convoqués, on essaya de le persuader de s’intéresser à une autre discipline, rien n’y fit. Il s’acharna encore et encore à bombarder de son ballon l’arrière de l’immeuble tant et si bien qu’au bout de quelques mois il trépignait en centre-gauche dans la junior B1. Sa première grande victoire.

Désormais rien ne put l’arrêter. Il s’essaya au karaté, au basket, au lancer du javelot. Mais son truc, il le sentait, c’était la vitesse. À l’âge de douze ans, il bifurqua vers le ski de descente et s’y consacra corps et âme, été comme hiver. Des mois, des années de ténacité, d’innombrables séances d’entraînements contraignantes et épuisantes, une vie réglée au chronomètre. Il accumula triomphe sur trophée. Son trésor de guerre – les titres, les médailles et les globes de cristal – fit bientôt exploser l’armoire vitrée du salon. Seule manquait à son palmarès… la consécration suprême.

La suite, on la connaît. La terrible chute à 140 km/heure lors de l’entraînement sur le dernier saut de la Streif à Kitzbühel. Traumatisme crânien avec hémorragie cérébrale, fracture du nez, contusions à un poumon, trois semaines de coma artificiel, de longs mois pour réapprendre à parler et à se mouvoir normalement.

Ses rivaux lui rendirent visite à l’hôpital, dégoulinants de condescendance. Sûr qu’ils ne le reverraient pas de sitôt dans l’aire d’arrivée, mais ils l’encourageaient, lui susurraient en roulant les biceps que sa place sur le podium restait réservée. Tout le pays retint son souffle, douta de son retour puis l’oublia. Lui pourtant, tout immobilisé qu’il était, continuait à refaire dans sa tête les parcours de course, à redresser la nuque, à retenir son souffle.

Il se remit debout, reprit les séances d’entraînement, les multiplia. Faisant fi des regards ricaneurs, il rechaussa les skis et recommença à descendre. De plus en plus sûrement, de plus en plus vite. 681 jours après son accident, lors de son retour dans le cirque blanc, il finit 21e.

Depuis ce moment-là, il se rapprocha de plus en plus des meilleurs, à chaque compétition.

La nuit avant le rendez-vous olympique, il fit un rêve. Tous, son frère, le maître-nageur, l’entraîneur de foot, de même que les autres concurrents lui prenaient des dizaines de centièmes de seconde.

La rage gagna ses jambes et ses muscles.

Sur la ligne de départ, il aspira profondément, gonfla le torse et les joues.

Et puis, il fila… vers l’or.

GRAND-MAMAN ZINGHI

Tu es là. Dans la boîte en bois. Devant le cercueil, il y a une photo de toi, à moitié cachée par une corbeille. On t’a casée sous l’autel, en face de l’allée. Sur toi, deux lourdes couronnes, l’une tressée de roses pourpres et de lys blancs, l’autre mouchetée de chrysanthèmes jaune canari. Toi qui détestais les fleurs coupées. Même le sapin de Noël, tu l’achetais en pot et le replantais ensuite dans le jardin.

Ils sont là. La famille et derrière, les autres. Debout, éparpillés dans les rangées de bancs. Tous vieux, tous vêtus de gris, de noir, de brun à la limite. Tu aurais détesté, toi qui arborais des foulards arc-en-ciel et des jupes amples pour cacher tes rondeurs. J’ai sûrement ça de toi. Le béguin des accessoires pimpants, le dada du rouge à lèvres intense. Exprès aujourd’hui, j’ai enfilé mes bas résille rouges, mes baskets rouges et piqué ma grosse pivoine en feutre dans les cheveux. Rouge aussi. Pour toi, grand-maman. La dernière fois que je suis venue à L’arche, tu avais adoré la pivoine et les bas.

Ils me regardent curieusement. Certains détaillent mes pantalons bouffants. Toi non plus, tu ne t’enserrais pas, ni dans les habits, ni dans les conventions, ni dans les clapets à puces. C’est ainsi que tu appelais les immeubles. Tu ne jurais que par L’arche, ta maison. Tu t’étais endettée jusqu’au cou pour acheter ce cabanon flanqué d’un immense terrain. Pour sûr, tes protégés à poils et à plumes y étaient au paradis.

Tout devant, il y a, dans l’ordre, Bernard, papa, Claude et Jade. Tes enfants. Aïe, ça fait une paie que je n’avais pas vu mes oncles et Jade ! Oncle Bernard semble effondré. Il paraît que ce matin, il a déjà bu. Son visage est boursouflé, couperosé, imbibé. C’est le seul qui m’a serrée très fort. Papa, lui, comme toujours, il gère. Surtout ne pas montrer d’émotions. Ça tuerait n’importe quel avocat, n’est-ce pas. Tu as vu, les tics de Claude redoublent d’activité aujourd’hui. Jade, elle, est la seule à avoir hérité ton sourire et tes beaux traits. Elle ne voulait jamais que je l’appelle tante, elle, la danseuse étoile, toujours en voyage. Regarde, elle est assise à côté d’un gros monsieur chauve que je ne connais pas et qui lui chuchote des choses à l’oreille. Pas son amant, j’espère. Comme toujours, elle a l’air ailleurs.

Je te raconte tout, d’accord ? Plus loin, il y a ton dernier frère vivant, bien droit au milieu des belles-sœurs. Là, ça doit être les parents plus éloignés. Et il y a des dames, des grappes de dames qui sortent d’on ne sait où. Quelques copines et contemporaines sûrement. Mais celles-là, là, je jurerais que ce ne sont que des passantes curieuses. Comment tu disais déjà ? Ah oui, tu parlais de grenouilles de bénitier, de coureuses d’enterrement.

Ou alors ce sont des amies des bêtes, comme toi. Qui va maintenant s’occuper des lapins, des poules, du coq, du dindon, des cinq chats, des deux chiens, de la brebis et des sept paons ? Excuse si j’en ai oublié… Truffe, ton énième chien, au moins, ils auraient pu le prendre avec ! Ce qu’il est devenu énorme ! Tu l’as trop habitué aux biscuits, du temps où tu étais représentante pour la fabrique Petit-Tendre.

Étonnant. Un prêtre noir, dans ce patelin gangrené par l’Union Des Contre. Ça t’aurait plu, ça, toi qui étais toujours du côté de ceux qu’il fallait défendre. Il paraît qu’il s’appelle Fêtnat. Ce nom a dû déteindre sur lui : il répète d’une voix monocorde des messages plats, usés. On se croirait au premier août. Et les choristes chantent du bout des lèvres. Et pas un seul morceau de musique vraiment choisi ! Je leur aurais donné des dizaines d’idées s’ils m’avaient demandé. Un air de Carmen par exemple, tu en étais folle.

La corbeille passe entre les bancs. Des sous cliquettent, des enveloppes bordées de noir les rejoignent. On peut enfin voir ta photo en entier. Tu es si belle avec tes yeux de biche qui tombent un peu et ta bouche redessinée au rouge à lèvres vermeil. Et ces épais cheveux de jais que j’aurais tant aimé hériter ! Tu cultivais ton teint mat avec une poudre que t’envoyait une cousine de Naples. Coquette, va !

Ils n’ont rien compris, ni pour les fleurs, ni pour les habits, ni pour la musique. Rien ne colle avec toi. Il aurait fallu faire ça au milieu de la basse-cour. On aurait mangé des biscuits. Bernard aurait ressorti sa trompette, papa son saxophone. J’ai envie de crier. Toi, tu adorais rigoler, chanter, danser. Tu aimais que ça vive, que ça s’éclate autour de toi.

La corbeille a repris sa place. Cachant ta photo. Quand c’est mon tour de te rendre les derniers honneurs, j’en profite pour la mettre bien en évidence. Pour que tout le monde te voie.

Dans le cadre, tu esquisses alors un de tes sourires. Un de ceux qui annonçait une blague malicieuse.

Et ton rire couvre le tintement des cloches qui sonnent la fin de la cérémonie.