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Lové en pleine nature et dissimulé au pied des vertigineuses falaises creusées par la Borgne, l’ermitage de Longeborgne est un lieu spectaculaire et pittoresque, empreint d’une spiritualité vivante. Si ses débuts se perdent dans les siècles, un document de 1522 atteste la présence d’une petite communauté franciscaine qui y bâtit des oratoires et des habitations sommaires. D’importants travaux entrepris dès le XVIIe siècle confèrent à ce site les caractéristiques d’un petit couvent. Creusées dans la roche, les chapelles géminées conservent une importante collection d’ex-voto, témoinsde l’attachement des fidèles à la Vierge de Compassion et à Saint Antoine. L’ermitage de Longeborgne est à la fois un site naturel d’exception, un lieu de pèlerinage et un havre de paix dont le long passé nous donne à voir notre futur avec foi et confiance.
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Seitenzahl: 73
Veröffentlichungsjahr: 2022
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R. Syburra • C. Fauchère • J.-C. Balet C. Berthod • J. Fournier • F. Huot
L’Ermitage de Longeborgne
Canton du Valais
Introduction
Géologie
Longeborgne, côté nature
L’Ermitage de Longeborgne, cinq siècles de vie et de dévotion
De lointains échos
Une genèse éprouvante
Une présence régulière féconde
Évolution du bâti de 1900 à nos jours
Disposition des lieux
Les chapelles Notre-Dame et Saint-Antoine
Le chemin de croix
Les travaux de 1907 à 2015
Mise sous protection du vallon de la Borgne
Les Amis de Longeborgne
Un lieu vivant
Un lieu attirant
Quels visiteurs?
Les Vendredis de Carême
Autres pèlerinages
Célébrations quotidiennes
Dévotions personnelles et communautaires
Accompagnement spirituel
Travail bénévole
Avenir
Écrire Longeborgne du XVIe au XIXe siècle
Géographes, historiens et graveurs
Savants et voyageurs
Les évêques de Sion
Les ex-voto
Un tableau pour s’adresser au ciel
L’intention de vœu
Les différents intercesseurs priés à Longeborgne
De l’artiste établi à l’anonyme dilettante, puis au geste anonyme
Décorer l’ermitage
Les chapelles
Les ornements liturgiques
Longeborgne: un ermitage traditionnel et unique
Annexes
Longeborgne, c’est un site, un chemin, un sanctuaire… Un sentier qui s’enfonce dans les gorges de la Borgne, que ponctuent les stations du chemin de croix. Au fur et à mesure que l’on monte, la vie du monde s’estompe derrière nous. On oublie ses soucis, ses souffrances, le stress quotidien. On se sent comme aspiré vers le haut, vers le silence, vers le mystère… L’éloignement des bruits de la ville et des travaux de campagne nous libère pour un temps du poids de la vie ordinaire. Le retrait favorise la réflexion. La curiosité s’ajoute à l’impatience d’arriver au but.
Après un bon quart d’heure de marche, un grand escalier débouche sur une esplanade pittoresque où le corps se sent bien, l’âme légère. La vue est belle sur la gorge, les rochers où domine la croix de la Sentinelle. La Borgne gronde à nos pieds et se perd dans la plaine. Au-delà de Bramois, le regard s’élève vers les villages et les montagnes alentour. Ici, tout respire la paix. Longeborgne est un lieu de prière et de grâce, d’espoir et d’apaisement. Reste à franchir la porte de bois pour se laisser envahir par le silence et l’envoûtement des chapelles… En ressortant sur l’esplanade, le visiteur est sensible à la nature, à l’impressionnante falaise abrupte aussi bien qu’aux bâtiments, témoins d’une vie de solitude et de prière en ces lieux pittoresques depuis cinq cents ans.
fr François Huot osb recteur de l’Ermitage de Longeborgne
Situation de Longeborgne.
Sécurisation contre les chutes de pierres et de blocs
Le danger représenté par les rochers se désagrégeant sous l’effet du gel-dégel et de l’eau a de tout temps été un sujet de préoccupation. Des éboulements ont régulièrement été recensés en 1788-1789, 1796, 1806, 1824, 1911, 1919, 1927, 1971 et 2008.
Des travaux de sécurisation sont régulièrement entrepris pour protéger le chemin de croix ainsi que les bâtiments contre les chutes de pierres. Entre 2003 et 2005, les falaises surplombant l’accès à l’ermitage ont été purgées et certains compartiments rocheux stabilisés par ancrage ou par la pose d’un grillage métallique plaqué contre le rocher. Enfin, environ 170 mètres linéaires d’écrans pare-pierre d’une hauteur de 3 à 4 mètres ont été aménagés. Entre 2011 et 2012, c’est au tour des falaises situées en amont de l’ermitage d’être traitées. Les anciens treillis sont démontés. Ces dangereux travaux sont exécutés par des spécialistes suspendus dans le vide. Au printemps 2012 s’achève la seconde étape de consolidation des rochers sur l’ermitage. Des purges sont réalisées, et les blocs les plus instables sont ancrés dans la falaise. Deux écrans pare-pierre ainsi que des treillis sont plaqués contre la paroi. Actuellement, l’ensemble du site est régulièrement contrôlé à l’aide de points de mesures posés directement sur la roche et d’un suivi photogrammétrique (comparaison de la topographie 3D des falaises dans le temps pour observer leur activité).
Sur le chemin de Longeborgne depuis Bramois apparaissent le bas du val d’Hérens et les falaises des gorges de la Borgne. Ce relief a été sculpté durant les deux derniers millions d’années de notre histoire, lorsqu’un refroidissement progressif a fait naître puis croître les glaciers. À chaque grande glaciation, les roches ont progressivement été rabotées par la glace, formant ainsi le val d’Hérens. Les gorges ont quant à elles été creusées par l’eau sablonneuse du torrent s’écoulant sous le glacier. Lors de la dernière grande glaciation, il y a 40 000 ans, le glacier d’Hérens descendait en pente douce depuis Arolla et rejoignait le glacier du Rhône. Sa surface se situait à environ 2000 mètres d’altitude, à l’emplacement actuel du village de Bramois. Le site de Longeborgne se trouve au pied de hautes falaises de quartzite, une roche dure, blanchâtre ou verdâtre, très riche en quartz. Il s’agit d’anciens sables ou de grès métamorphisés dont l’origine remonte à environ 250 millions d’années, alors que tous les continents étaient rassemblés en un seul, la Pangée. Ils ont été érodés depuis un massif montagneux et volcanique, la chaîne hercynienne, puis transportés sous forme de sables et de graviers par de grandes rivières. Ces sédiments ont ensuite été déposés en bordure de mer.
Vue d’ensemble de l’ermitage.
Vue du site avec, sur la falaise, les différents filets de protection, 2018.
L’accès à l’ermitage longe tout d’abord la base de cette formation composée de quartzite de couleur verte alternant avec de fines couches de schistes sériciteux vert bouteille ayant la caractéristique d’être soyeux au toucher.
Couches de schistes apparaissant entre la quatrième et la cinquième station du chemin de croix.
Le sentier s’élève ensuite et traverse des quartzites plus purs, verts et massifs. En observant ces roches entre la dixième station et l’esplanade devant les chapelles, on remarque quelques galets de quartz blanc, rose ou rouge disséminés dans la roche. Ces galets sont d’anciens morceaux de laves solidifiées arrachés aux volcans de la chaîne hercynienne.
Les falaises en surplomb sont quant à elles composées de quartzites blanc pur formant des bancs massifs. Elles abritent les grottes de Longeborgne, formées par la dissolution des joints intercristaux (silice qui cimente les grains de sables entre eux), réduisant la roche à un sable grossier et meuble. La dissolution de la silice est extrêmement lente et nécessite un contact permanent avec l’eau, ce qui devait être le cas durant la période glaciaire. Les sables résultant de la dissolution ont ensuite été entraînés à l’extérieur du massif rocheux par érosion, laissant apparaître les grottes. Ces dernières, à l’accès certes difficile mais avantageusement situées en bordure de la plaine du Rhône, offrirent dès lors un abri naturel aux personnes qui en avaient besoin ou qui recherchaient la tranquillité.
Claudine Berthod
Grotte dite «des poupons» dont le plafond a été sculpté par les eaux, et le sol recouvert de sable désagrégé.
Constituées d’une mosaïque de milieux rocheux, de pelouses steppiques et de boisements thermophiles, les gorges de la Borgne revêtent un aspect naturel et sauvage contrastant avec la plaine toute proche, intensément cultivée et urbanisée. Elles sont protégées au niveau cantonal en raison de leurs richesses naturelles et de leur valeur paysagère (décision de protection de la vallée de la Borgne du Conseil d’État, le 25 avril 1984).
Arbres et buissons divers en bordure de chemin. Les murs en pierres sèches sont des habitats appréciés de la petite faune (lézards, musaraignes, araignées, insectes, cloportes, escargots, etc.).
Au pied des rochers, le sentier traverse plusieurs types de boisements de composition plutôt hétérogène. On y trouve des pins sylvestres, des chênes pubescents et des tilleuls, bien adaptés aux sols pauvres, à la chaleur et à la sécheresse, remplacés par des frênes dans les endroits plus frais. Le robinier ou faux acacia, une essence invasive originaire d’Amérique du Nord, est malheureusement bien représenté dans ces milieux boisés. Parmi les buissons qui colonisent les sousbois et les lisières, on peut citer le bois de Sainte-Lucie, l’épine-vinette, l’aubépine, l’érable champêtre et le fusain.
