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Un coup de foudre à Montréal, un mariage dans la foulée et un contrat avec trois règles ! Première règle : au travail, on fait semblant de se détester et d'être libres Deuxième règle : on s'envoie en l'air dans des lieux insolites, en utilisant notre jeu Troisième règle : à la maison, on s'aime et on se surprend. Et ce contrat démarre à Paris, pour une durée indéterminée, sans aucun retour en arrière possible. L'ennui ? Ils ne connaissent pas ! La routine ? Sûrement pas ! Des complications ? Pour quoi faire ? Extrait : Notre jeu commence. Le top départ : notre nuit de noces. J'ai tellement hâte de la retrouver que mon intimité, en continuelle souffrance pendant toute cette journée en raison de la proximité du corps chaud d'Ely à mes côtés, est sur le point d'exploser. A partir de maintenant, je peux user du corps de ma femme autant que je le désire, et elle du mien, insatiables que nous sommes. - Bonsoir, bureau des objets trouvés, j'écoute ? réponds-je, un brin d'amusement dans ma voix. Je l'entends soupirer avant de me répondre d'une voix aguicheuse qui me fait mourir d'envie. - Vous tombez bien, monsieur, je cherche un barbu, yeux gris hypnotiques, un mètre quatre-vingts, très musclé et bien outillé si vous voyez ce que je veux dire. - Hum, je vois très bien, je vais voir si j'ai ça en stock et je vous reprends tout de suite ! - Ah, un détail ! Je veux la livraison express, car j'en ai absolument besoin dans cinq minutes chrono, glousse-t-elle. - Vous payez cash ? poursuis-je en passant un doigt sur le rebord de mon verre, tandis qu'en pensée, je la dévore déjà. - Oh, mon mari ne m'a pas laissé de liquidités, l'enfoiré, paiement en nature, ça vous irait ? - ça marche, je passe votre commande en priorité. Je raccroche prestement avec un large sourire et termine mon verre, avant de la rejoindre dans la suite que j'ai réservée. Lorsque j'entre dans notre chambre, mes yeux sont absorbés par l'ambiance tamisée, et mes oreilles tendues vers la musique sensuelle qui se joue, lorsque je l'aperçois debout, dos contre le mur vitré qui donne sur la terrasse extérieure. Sa robe de mariée épousant son corps à la perfection encore sur elle. Personne ne peux nous voir de l'extérieur, pourtant, cette idée de risquer d'être aperçus m'excite davantage. - Vous allez me devoir des pénalités, j'ai attendu une minute de trop, me réprimande-t-elle. Je détache ma cravate et la fais valser sur le sol, puis déboutonne ma chemise sans la retirer, tout en m'approchant d'elle.
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Seitenzahl: 315
Veröffentlichungsjahr: 2021
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« Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction, intégrale ou partielle réservés pour tous pays. L’auteur ou l’éditeur est seul propriétaire des droits et responsable du contenu de ce livre. Le Code de la propriété intellectuelle interdit les copies ou reproductions destinées à une utilisation collective. Toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite par quelque procédé que ce soit, sans le consentement de l’auteur ou de ses ayant droit ou ayant cause, est illicite et constitue une contrefaçon, aux termes des articles L.335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle »
« Croyez-le, le véritable amour est éternel, infini, toujours semblable à lui-même ; il est égal et pur, sans démonstrations violentes ; il se voit en cheveux blancs, toujours jeune de cœur. »
Honoré de Balzac.
« L’amour éternel est une flamme qui jamais ne se consume et que les deux amoureux portent en eux, dans leurs cœurs, leurs corps et leurs âmes. »
Eva Baldaras.
Ce livre est dédié à l’amour fou…
Mon petit mot pour vous !
Vous avez été très nombreux à lire L’Inconnu de Noël et moi, les premiers pas de l’histoire de Noël et Elyna à Montréal, une histoire de folie et d’amour ! Et c’est grâce à vous que j’ai décidé d’écrire leur vie à deux, qui n’est pas usuel dans la romance, puisque celle-ci s’attache beaucoup plus à la première rencontre jusqu’à ce que les héros se réunissent pour pouvoir commencer leur vie à deux, laissant à vous, lecteurs et lectrices, le loisir d’inventer leur suite… Alors, devant votre insistance, qu’aurais-je pu bien faire ? Je n’ai pas pu résister !
J’ai écrit ce tome deux avec beaucoup de cœur, d’émotions et toujours un zeste de folie remplie d’humour ! J’ai adoré replonger dans leur histoire et partager avec eux leurs péripéties, vivre avec eux le temps de l’écriture a été pour moi quelque chose d’intense, vraiment très intense, à tous les niveaux…
Vous qui me connaissez savez sans nul doute que j’adore vous faire voyager et visiter de nouvelles contrées à chacun de mes romans. Alors, je ne vais pas y déroger ici, n’est-ce pas ?
Cette suite vous entraînera d’abord à Las Vegas, pour rejoindre Paris et finir à… à… suspense… !
J’espère que vous prendrez beaucoup de plaisir à découvrir cette histoire, car moi, je me suis véritablement éclatée dans l’écriture !! J’ai ri avec eux, pleuré avec eux, souffert avec eux, aimé aussi… tant et si bien que parfois, lors de l’écriture de certains chapitres, je ne retrouvais mon souffle qu’à la fin… comme si j’étais en apnée… car oui… je les ai un peu malmenés… avec parfois un brin de mal au cœur… Alors voilà, je vous dédie cette « suite » ! Avec une partie bonus pour conclure… qui j’espère vous régalera… !
Assez parlé, je vous laisse entrer dans leur histoire…
Bien à vous,
Eva Baldaras.
Prologue
Chapitre 1 : mariée ! - Elyna
Chapitre 2 : on se calme ! - Elyna
Chapitre 3 : au boulot ! - Elyna
Chapitre 4 : on se déteste ? - Elyna
Chapitre 5 : quatre mois - Noël
Chapitre 6 : au travail ensemble - Noël
Chapitre 7 : La guerre - Noël
Chapitre 8 : Mise au point - Noël
Chapitre 9 : reconquête - Elyna
Chapitre 9 : recadrage - Noël
Chapitre 10 : Surprises - Noël
Chapitre 11 : Julian et Charlie - Elyna
Chapitre 12 : Le test - Elyna
Chapitre 13 : la nouvelle - Noël
Chapitre 14 : Le désespoir - Noël
Chapitre 15 : Maman ? Papa ? Vous êtes là ? - Elyna
Chapitre 16 : convalescence - Noël
Chapitre 17 : quelques jours plus tard - Elyna
Chapitre 18 : envies - Noël
Chapitre 19 : dernière soirée à Paris - Noël
Chapitre 20 : En route vers Montréal ! - Noël
Épilogue
Bonus
Premiers chapitres du tome 1
Prologue
Chapitre 1: Montréal
Crois-tu en L’Ange-Gardien ? J’avais répondu du tac au tac : non.
Qui croirait, d’une façon rationnelle, à une entité surnaturelle qui vous suit et veille sur vous tout au long de votre vie, dès votre naissance ?
Pas moi. J’ai vu trop de personnes perdre la vie à l’hôpital, alors qu’elles auraient encore pu vivre de belles choses.
Je ne suis qu’un chirurgien qui ne croit qu’à la science exacte. À ce qu’il voit. Et qui s’efforce de rallonger la vie de ses patients ou d’éviter qu’ils ne la perdent avec ce qu’il possède : la médecine, la technologie, son cerveau et ses mains.
Pour moi, il n’y en a pas. Dans tous les cas, pour ces personnes.
Ou alors, leur ange gardien a merdé, trop occupé à faire autre chose…
Elyna est persuadée que nous en avons tous un, et un seul. Un ange que nous ne pouvons pas partager avec quelqu’un d’autre et auquel nous ne pouvons pas renoncer. Un genre de protecteur qui nous conseille d’une manière silencieuse, restant à nos côtés pour nous suggérer le bon chemin à suivre.
Avant elle, je n’y croyais pas, mais depuis elle, disons que j’ai de plus en plus envie d’y croire.
Elyna a demandé un homme au père Noël, en décembre dernier.
Le cadeau ? C’était moi !
Nous nous sommes d’abord détestés dans l’avion qui nous conduisait à Montréal, alors que nous ne nous connaissions pas encore (enfin, disons qu’Elyna m’a traité de connard plus ou moins, et que moi, elle me gonflait…). Nous sommes tombés amoureux à la première gifle qu’elle m’a donnée (un peu méritée, je l’avoue)… nous avons fait l’amour après une dispute (Elyna est très explosive et j’adore ça, complètement maso que je suis)… et nous nous sommes dit oui en quelques jours (timbrés que nous sommes l’un de l’autre).
Coup de foudre ?
Destin ? Hasard ?
Réunis par une entité invisible ?
Elyna vous répondrait que c’est son ange gardien qui l’a guidée jusqu’à moi, et que sans lui, elle n’aurait jamais eu la force de m’accepter dans sa vie (son salaud d’ex l’a trompée et elle pensait que j’étais idem).
Car soyons réalistes, le père Noël n’existe pas… n’est-ce pas ?
Alors, que je croie ou non à l’ange gardien, je lui demande officiellement de protéger notre amour, pour que jamais il ne s’éteigne.
Je suis fou parce que je parle à un être céleste ? Peut-être !
Mais ne faut-il pas un peu de folie de temps en temps dans la vie ?
Elyna et moi sommes toujours dans ce trip : la folie dans tous les sens du terme. Comme aujourd’hui, alors que nous nous apprêtons à formuler nos vœux de mari et femme à Las Vegas, en plein mois d’avril, soit quatre mois après notre rencontre.
Un mariage complètement atypique et dingue !
— Tu es complètement cinglé, Noël ! s’écrie ma fiancée, un large sourire fleurissant sur ses lèvres.
— Parce que tu ne le savais pas encore ? lui réponds-je, un sourire en coin.
Cinglé ? Oui. Elyna et moi ne voulions pas d’un mariage traditionnel en plein centre de Vegas, même si en soi, Las Vegas est déjà hors norme par rapport aux mariages classiques.
Ma fiancée en voulait un qui sorte de l’ordinaire.
Chose promise, chose due : Las Vegas (comme promis), limousine (le luxe), chant d’Elvis (pour le fun), un village dans l’Ouest américain (hors du commun), un toast après les vœux (mignardises, gâteau et champagne français), un shooting (photos atypiques avec des baskets), retour à l’hôtel (petite consommation à deux…), survol de Las Vegas de nuit (en hélicoptère) et nuit de noces à l’hôtel Venetian (thème Venise et notre jeu…).
Bref, un mariage crazy et inoubliable !
J’ai hâte de voir sa tête lorsqu’elle découvrira toutes ces petites surprises…
J’embrasse Elyna sur la joue avant de sortir de notre limousine après presque une heure de route depuis notre hôtel de Las Vegas.
— Où vas-tu comme ça ? me dit-elle, empoignant ma cravate pour m’attirer vers elle sans ménagement.
Sa bouche s’écrase sur mes lèvres avec avidité et sa langue joue avec la mienne en provoquant une danse endiablée dont l’écho se répercute dans mon entrejambe directement.
— Elyna, putain… sois sage… grognée-je.
Indocile, sa main se pose sur mon intimité, qui prend contenance en réagissant à ses caresses, tandis que notre chauffeur ouvre la portière. Pris en flag, nous nous dégageons brusquement, le souffle court.
— Je viens de bouffer ton rouge à lèvres, Ely…
— Je n’y peux rien si j’ai envie de toi… tu es si craquant avec ton costume… gémit-elle.
Je secoue la tête en souriant.
— Il faudra attendre notre nuit de noces, bébé, pour l’instant, on a un agenda bien rempli, lui chuchoté-je d’une voix rauque.
Je déglutis et prends sa main, qui est restée collée au niveau de la braguette de mon pantalon, avec une force surhumaine, car j’aurais bien envie de demander quelques minutes seul à seul avec ma future femme, mais je crois que notre wedding planner ne serait pas d’accord. Notre planning étant minuté.
Elyna exécute une moue irrésistible que j’ai envie de croquer, mais je m’abstiens.
Je sors en premier du véhicule de luxe et lui tends la main afin de l’aider à sortir.
— Oh my God ! Vite, un rouge à lèvres ! s’écrie notre wedding planner (l’organisatrice de notre mariage), alarmée, en constatant le désastre que j’ai causé en embrassant ma fiancée.
Elyna fronce le nez et son air penaud me fait sourire. Elle me donne l’impression d’une ado qui vient d’être grondée. Plus vite qu’il ne faut pour le dire, ma future femme voit sa bouche correctement dessinée à nouveau. Ensuite, lorsque ses yeux pétillants balayent l’environnement, sa bouche s’entrouvre de surprise et ses yeux éclatants prouvent son ravissement. Je vous explique le décor ? Un village abandonné, une Pink Cadillac au milieu de quelques vieilles voitures laissées pour compte, de vieilles bâtisses au loin, une station-service d’il y a un siècle. Tout ce qu’elle désirait.
— Oh, Noël ! J’adore ! On se croirait à l’époque de la ruée vers l’or !
— Je suis content que ça te plaise, lui dis-je, ne pouvant pas m’empêcher de l’embrasser sur la joue sous le regard légèrement meurtrier de l’organisatrice, qui m’a à l’œil depuis l’histoire du rouge à lèvres.
— Tu ne le sais pas encore, mais moi aussi, j’ai une surprise pour toi… me chuchote-t-elle à l’oreille.
Je lève un sourcil dans sa direction et je sens que ce qu’elle me réserve va me rendre fou toute la journée.
— Pas de sous-vêtements sous ma robe…
Mon fantasme devenu réalité. Elle, dans son plus simple appareil sous sa tenue.
J’incline légèrement la tête en sa direction, mes yeux gris scannant automatiquement son corps, l’imaginant nue d’un coup.
Putain, comment je vais faire pour tenir jusqu’à ce soir, moi ?
— Tu ne perds rien pour attendre… lui murmuré-je avec un clin d’œil en rajustant mon pantalon.
Alors que j’avance au bras de la femme de ma vie, mes yeux croisent ceux de mes parents, de Julian – le frère d’Elyna – et de sa femme, Charlie, naturellement témoins de notre mariage. Je souris au souvenir de leur mariage à eux, le 24 décembre dernier au Canada : ce jour où il s’est passé tant de choses entre Elyna et moi, sans parler des jours suivants où finalement, nous nous sommes retrouvés.
Je revois alors en songe Elyna dans cet avion, telle une apparition divine qui a fait sauter le disjoncteur de mon cœur, ma proposition de nous envoyer en l’air pour la provoquer, sa gifle monumentale qui n’a fait qu’accentuer mon désir pour elle, notre deuxième rencontre dans la maison de son frère et sa femme, qui est aussi mon amie, les yeux gourmands d’Elyna sur mon corps alors qu’elle est entrée par erreur dans la salle de bain… toutes nos péripéties… et nos folies.
Ma demande en mariage à Las Vegas, qu’elle a acceptée rapidement.
Pour nous, tout est allé très vite, mais, pourquoi attendre lorsqu’on est sûr d’avoir trouvé la bonne personne ?
Dans la vie, il n’y a pas de temps à perdre.
Nous nous détachons un instant l’un de l’autre pour saluer nos invités, avant de nous diriger vers l’arche de cactus, lieu de la cérémonie, sur fond de la voix du sosie d’Elvis qui chante « loving you » d’une manière surréaliste, car il ne ressemble absolument pas à la star sur le plan physique. C’est tellement insolite que nous sommes pris d’un fou rire au moment de nous dire oui pour la vie, « yes we do » (oui, nous le voulons), entraînant une lueur d’affolement sur les visages de nos invités. Pourquoi être sérieux au moment de la célébration ? Nous ne sommes pas dans le standard de la plupart des gens.
Et surtout, nous sommes heureux et ça se voit. Le reste, on s’en fiche.
Après les félicitations usuelles, la photo avec Elvis et nos invités, nous sautons dans nos baskets afin de parcourir les endroits atypiques que nous offre ce village pour notre shooting photo sur mesure. Elyna prenant soin de remettre ses talons hauts aux pieds en fonction de la pose souhaitée et du lieu.
Notre photographe nous fait marcher, grimper, prendre des poses non conventionnelles que nous agrémentons avec notre propre style : taquineries, fous rires, baisers… un peu de sensualité qui a fait frémir plus d’une fois notre organisatrice de cérémonie.
Avant de quitter ce village fantôme, à treize heures, le champagne coule à flots et nous accompagne dans la dégustation de notre gâteau. Julian s’avance vers moi alors que ma femme est à l’écart, en pleine discussion avec Charlie.
— Tu vas en chier avec ma sœur, me taquine-t-il.
— Sûrement ! Parce qu’à partir de maintenant, je vais haïr tous les mecs en chaleur qui vont poser leurs yeux sur elle, lui réponds-je en portant ma coupe à la bouche avec un clin d’œil tout en observant mon épouse de loin.
— Jamais je n’aurais cru que tu arriverais à lui passer la bague au doigt, s’esclaffe-t-il.
— Personne ne peut résister à ce bel homme que tu as devant toi ! réponds-je en bombant le torse.
Le visage de Julian devient subitement grave, ce qui, dans d’autres circonstances, m’aurait alarmé.
— Vous avez réfléchi à votre situation professionnelle une fois à Paris ? me questionne-t-il.
Je prends une profonde inspiration avant de lui apporter la réponse.
— Pas trop.
— Tu devrais. Maintenant qu’elle et toi allez travailler dans le même service… peut-être que ce serait bien si elle choisissait une autre affectation ? Charlie et moi ne pourrions pas travailler ensemble, surtout si elle devait être à mes ordres. On s’entre-tuerait !
Oui, mais Ely et moi, ce n’est pas pareil.
— Elyna ne sera pas véritablement sous mes ordres et c’est le directeur de l’hôpital qui l’a mutée dans mon service. Parce que c’est une infirmière hors pair et que dans ma spécialité, j’en ai besoin.
Il n’a peut-être pas tort…
— Bon, peut-être que je m’inquiète pour rien, vous êtes tellement amoureux et vous saurez faire la part des choses. Et l’appartement est déjà prêt ?
Sur la plus belle avenue du monde… comme Ely.
— Tout est prêt et nous avons déménagé ses affaires cette semaine, ses anciens colocs terminent de les rapporter en ce moment même.
— Prêt pour la vie à deux, alors ?
Je regarde ma femme de loin et nos yeux se rencontrent, aussi intenses et pénétrants qu’au premier jour.
Elle est si belle et elle est à moi.
— Je l’ai tant rêvé, si tu savais… la savoir de temps en temps chez moi sans l’avoir constamment avec moi m’a été très pénible pendant ces longs mois. J’ai envie d’elle tout le temps et j’ai envie de l’avoir greffée dans mes cellules à tout jamais.
— Beurk, épargne-moi vos cochonneries ! En tout cas, je te préviens, si jamais tu lui fais du mal, je te tue, OK ? m’avertit-il avec une tape sur l’épaule.
J’opine du chef en souriant.
— Je ne lui ferai rien qu’elle ne désire pas… elle et moi, c’est la glace et le feu à tour de rôle… et ensemble, nous sommes un putain de bon coup au lit… réponds-je machinalement, songeur.
Julian lève les yeux au ciel en faisant une moue de dégoût.
À ce moment-là, Elyna me surprend en m’enlaçant par la taille. Je la ramène un peu plus vers moi en enroulant mon bras libre autour de ses épaules.
— Aucun regret ? lui demandé-je en l’embrassant sur ses cheveux lâchés.
— Je te dirai ça ce soir… et toi ?
— Je ne sais pas si je tiendrai avec toi à mes côtés toute une vie ! plaisanté-je en recroquevillant ma tête dans mes épaules comme si elle allait m’assommer.
La réplique arrive avec son coup de poing dans mon ventre, ce qui amène mon rire.
— Enfoiré…
— Ouais, mais t’aimes ça, bébé…
Elle lève les yeux au ciel en riant.
— Attends que notre jeu commence, tu verras… me répond-elle malicieusement.
— Votre jeu ? s’étonne Julian.
— Je t’adore, mon petit frère, mais ce que je fais de mon corps avec mon époux ne te regarde pas…
Son frère me jette un œil interrogatif, tandis qu’au même moment, notre wedding planner sonne l’alarme de notre prochaine activité : visite du Grand Canyon.
— Si t’as… enfin, des conseils pour pimenter un couple, je prends… me souffle-t-il en me surprenant par la même occasion.
Je n’ai pas le temps de creuser sa demande qu’il est déjà parti.
J’espère qu’entre Charlie et lui, tout va bien.
Après une journée mémorable, nos invités se sont retirés dans leurs chambres respectives, et nous nous sommes envolés en hélicoptère pour admirer cette ville unique en plein désert et de nuit. Je ne sais pas si ce sont les étoiles, la beauté du paysage magique, notre mariage devenu réalité, mais cette nuit restera gravée dans nos mémoires pour l’éternité.
Adossé au bar de l’hôtel, j’attends qu’elle m’appelle en sirotant tranquillement un cocktail. Des filles prennent place à mes côtés, un sourire niais et séducteur aux lèvres. Je repose mon verre devant moi et leur désigne mon alliance pour les écarter. Une moue de déception plus tard de leur part et la sonnerie personnalisée signalant un appel d’Ely survient enfin. Mon cœur loupe un battement et commence à courir un peu plus vite. Je décroche mon téléphone portable.
Notre jeu commence.
Le top départ : notre nuit de noces.
J’ai tellement hâte de la retrouver que mon intimité, en continuelle souffrance pendant toute cette journée en raison de la proximité du corps chaud d’Ely à mes côtés, est sur le point d’exploser.
À partir de maintenant, je peux user du corps de ma femme autant que je le désire, et elle du mien, insatiables que nous sommes.
— Bonsoir, bureau des objets trouvés, j’écoute ? réponds-je, un brin d’amusement dans ma voix.
Je l’entends soupirer avant de me répondre d’une voix aguicheuse qui me fait mourir d’envie.
— Vous tombez bien, monsieur, je cherche un barbu, yeux gris hypnotiques, un mètre quatre-vingts, très musclé et bien outillé… si vous voyez ce que je veux dire…
— Hum… Je vois très bien… je vais voir si j’ai ça en stock et je vous reprends tout de suite !
— Ah, un détail ! Je veux la livraison express, car j’en ai absolument besoin dans cinq minutes chrono… glousse-t-elle.
— Vous payez cash ? poursuis-je en passant un doigt sur le rebord de mon verre, tandis qu’en pensée, je la dévore déjà.
— Oh, mon mari ne m’a pas laissé de liquidités, l’enfoiré… paiement en nature, ça vous irait ?
— Ça marche, je passe votre commande en priorité.
Je raccroche prestement avec un large sourire et termine mon verre, avant de la rejoindre dans la suite que j’ai réservée.
C’est ça, être heureux ? Avoir le sourire sur les lèvres à en avoir une crampe sans y penser lorsque l’on porte un être dans son cœur ? Aimer une femme comme un dingue ? La vouloir dans son lit, dans sa maison, tout le temps avec soi ? Attendre impatiemment qu’elle rentre chaque soir pour pouvoir l’embrasser et partager avec elle tous les moments de sa vie ?
Alors, je suis heureux.
Lorsque j’entre dans notre chambre, mes yeux sont absorbés par l’ambiance tamisée, et mes oreilles tendues vers la musique sensuelle qui se joue, lorsque je l’aperçois debout, dos contre le mur vitré qui donne sur la terrasse extérieure. Sa robe de mariée épousant son corps à la perfection encore sur elle. Personne ne peut nous voir de l’extérieur, pourtant, cette idée de risquer d’être aperçus m’excite davantage.
— Vous allez me devoir des pénalités, j’ai attendu une minute de trop, me réprimande-t-elle en glissant les bretelles de sa robe sur ses épaules d’une manière langoureuse jusqu’à ses coudes.
Bordel, elle est en train de me rendre fou !
Je détache ma cravate et la fais valser sur le sol, puis déboutonne ma chemise sans la retirer, tout en m’approchant d’elle.
— Tu n’imagines pas à quel point tu es bandante, Ely…
— Oh my God, comme tu es baisable, Noël…
Ses mains commencent à toucher mon torse, ranimant la flamme en moi, celle qui s’éveille de plus belle. En moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, je la pousse contre le mur et l’y plaque complètement en poussant un grognement, laissant ma virilité déjà bien ferme contre son ventre. Ma main droite caresse sa hanche, puis ses fesses à travers sa robe fluide, avant de glisser le long de sa cuisse cachée, pour se faufiler en dessous du vêtement qui me gêne.
— À partir de maintenant, je ne veux plus que tu portes de culotte sous tes robes lorsque tu es avec moi… j’ai envie de pouvoir te prendre quand je veux… ça te va, madame Leclerc ?
— Oh oui… mon beau mâle à moi…
Ely pousse un petit cri lorsque ma main se déporte sur son pubis, en même temps que ma bouche s’écrase enfin sur la sienne dans un gémissement mutuel. Son corps se cambre et mes lèvres descendent un instant jusqu’à son cou pour y déposer une pluie de baisers, puis mes dents mordillent le lobe de son oreille.
Pendant ce temps, Ely entreprend de défaire le bouton de mon pantalon, puis fait glisser la fermeture éclair, pour permettre à sa main de s’enfuir à l’intérieur de mon caleçon et de s’emparer de mon membre. Je pousse un râle de délectation alors qu’elle produit des mouvements de va-et-vient dessus.
— Tu me rends fou, putain !
— Toi, tu me rends nympho…
Et soudain, j’ai envie de sentir son corps chaud près de mon corps nu, sa bouche sur tout mon corps, mais je fais durer encore un peu le désir, car l’expectative de ce que qui suivra augmentera encore plus notre plaisir.
Ma seconde main caresse son cou, glisse sur son épaule, puis le long de son flanc, sa cuisse et passe en dessous du tissu pour aider sa jumelle à remonter la robe sur ses hanches. Ely gémit alors qu’elle sent mes mains sur sa peau et quand je frôle une nouvelle fois son intimité, elle pousse un râle de plaisir. Lorsque d’un doigt, je la pénètre, que j’entame de longs va-et-vient, son corps se cambre, vibre, se secoue, frissonne, me laissant deviner avec satisfaction que je viens de lui donner son premier orgasme. J’accélère la cadence, pour engager un deuxième doigt, puis un troisième avant de la lâcher, le temps de la placer face au mur.
Elle est tellement prête pour moi que ça me rend encore un peu plus timbré…
Elyna pose ses mains sur le mur vitré et m’offre son joli postérieur, le tissu de sa robe blanche délimitant la frontière avec la chute de ses reins. Je retire mon pantalon et ma chemise, mais laisse sa robe sur elle, remontée sur ses hanches, me laissant admirer la vue.
Mes yeux se régalent à cette vision, mon cœur bat la chamade et mon esprit salive déjà en pensant à ce qui va suivre.
— Noël, j’ai besoin de toi en moi maintenant ! se plaint-elle.
Son semblant d’ordre propulse mon désir encore d’un cran, si c’est possible, pour me faire perdre la tête définitivement.
— Moi, j’ai attendu ce moment toute cette journée… grogné-je.
D’un seul coup de reins, mes mains clouées sur ses hanches, je m’exécute. À chacun de mes assauts, nos peaux claquent, de plus en plus vite, nos gémissements s’intensifient, nos battements cardiaques s’envolent dans une course effrénée, nos odeurs se mêlent pour n’en faire qu’une, jusqu’à ce qu’un plaisir déferle en nous, violent, intense, puissant, que nos corps se contractent en même temps, nous projetant dans le ciel étoilé américain. Les étincelles crépitent, se transforment en un feu d’artifice démentiel, pour se muer en une véritable bombe nucléaire qui explose en nous pour atterrir dans le désert qui nous entoure avec brutalité.
Sous l’effet de sa jouissance, les jambes d’Ely tremblent et peinent à garder l’équilibre. Sans tarder, je l’attrape d’un geste viril et la porte dans mes bras jusqu’à notre lit.
— Je ne suis pas déçue de mon colis… me chuchote-t-elle, encore sous l’effet de l’extase, les yeux mi-clos.
— Tant mieux, parce qu’il n’y a pas de retour possible…
Elle soupire d’aise.
— Noël, si c’est un rêve, je ne veux jamais me réveiller.
Un truc puissant me bouleverse sous le poids de sa phrase, car moi non plus, je ne veux plus jamais me réveiller.
Alors, sans attendre, j’arrache sa robe (elle pousse un petit cri), littéralement, dévoilant son corps complètement nu à ma vue (je grogne longuement), pour sombrer une nouvelle fois dans l’abîme du plaisir qui nous consume et que nous nous jurons de garder longtemps.
— Je ne réalise toujours pas que tu es ma femme.
— Et moi, que tu es enfin mon mari…
— Tu ne le sais pas encore, mais on va faire l’amour comme des dingues toute la nuit…
— Tu ne le sais pas encore, mais on fera toujours l’amour comme des dingues… toute notre vie…
Ce soir, nous prenons une décision : ne jamais laisser le temps nous éloigner l’un de l’autre, quelles que soient les circonstances ou les embûches que nous rencontrerons. Nous nous jurons de conserver cette flamme qui brûle constamment dans nos veines, notre esprit et nos corps, pour qu’elle ne tarisse jamais.
Et surtout de ne jamais laisser des conneries atteindre l’harmonie de notre couple.
Nous sommes maintenant mari et femme.
Nous n’avons pas fait de contrat de mariage, car le ciment de notre couple est la confiance mutuelle.
Nous avons signé un contrat virtuel avec trois règles, pour que notre mariage dure toute notre vie :
Première règle : au travail, on fait semblant de se détester et d’être libres, pour séparer notre vie privée de notre vie professionnelle.
Deuxième règle : on s’envoie en l’air dans des lieux insolites, en utilisant notre jeu.
Troisième règle : À la maison, on s’aime et on se surprend.
Et ce contrat démarre à Paris, pour une durée indéterminée, sans aucun retour en arrière possible.
Je peine encore à croire que je suis mariée à Noël ! Ce beau Québécois venu du froid, qui m’a fait succomber à sa tentation.
Mariéé !!!
Oui, je m’entends parfaitement et j’en crois bien mes oreilles ! Je suis bel et bien mariée à un homme parfait !
C’est incroyable, n’est-ce pas ?
Une petite colle : connaissez-vous le palmarès essentiel des qualités requises pour un homme ? Eh bien, Noël les détient toutes sans exception !
Il est très intelligent (QI hors norme), d’une beauté de mâle irrésistible avec un corps musclé d’apollon (qui me fait céder à chaque fois), il a le sens de l’humour (il me fait toujours rire), il est très honnête (il me raconte toujours tout), il me respecte (et me fait respecter), il est très prévenant (toujours aux petits soins pour moi), il est à mon écoute (je bavarde beaucoup trop parfois et il me laisse lui prendre la tête…), il possède des yeux gris magnétiques qui me font fondre et trembler de la tête aux pieds à chaque fois qu’il me regarde… il a des mains et des doigts magiques qui me touchent et me caressent à la perfection… une bouche et une langue qu’il manie comme d’autres manient le sabre et l’épée… une voix sexy qui me fait frémir… et un truc hors norme qui me fait atteindre le septième ciel à chaque fois… et aussi… bon, je déborde !
Vous vous dites que je suis aveuglée par l’amour que je lui porte parce que je ne lui connais aucun défaut ?
FAUX !
Parfois, il est un peu (trop) taquin, m’oblige à dîner (alors que je n’ai pas faim) et il est (un poil) arrogant…, a tendance à dépasser quelques limites comme un enfant… entre autres, mais qui n’a pas de défauts, hein ?
Sûrement pas moi !!
Ah ! J’oubliais la qualité la plus importante qu’il détient : il me supporte ! Et Dieu sait que je lui en fais voir de toutes les couleurs… un peu… parfois seulement…
Bon, d’accord, plus que parfois…
Disons, que je tente de corriger mes petits défauts pour lui rendre la vie plus « fluide », la jalousie (un peu) excessive, l’impulsivité… entre autres.
Mais comme je le disais, qui n’a pas de défauts ?
D’ailleurs, si nous n’avions pas de défauts, notre vie serait fade, n’est-ce pas ?
N’est-ce pas…
Après notre mariage et notre retour de Las Vegas, nous avons emménagé ensemble à Paris, dans la ville de mon enfance, ma ville de cœur avec l’homme de ma vie, dans un bel appartement haussmannien très lumineux que nous avons décoré ensemble ! Entre nous, tout se passe à merveille et notre jeu se déroule plutôt très bien…
Que demander de plus ?
Rien du tout !
Peut-être un petit peu plus de temps ensemble ?
Ce détail sera résolu lorsque nos horaires à l’hôpital s’accorderont un peu mieux, car il faut bien l’avouer, ce n’est pas toujours simple, mais nos retrouvailles n’en sont que meilleures et compensent nos difficultés. D’ailleurs, nous arrivons toujours à passer du temps ensemble, notre adage est : lorsqu’on veut, on peut. Et nous deux… on veut tout le temps…
Je travaille dans le même hôpital que lui, moi dans le service de néphrologie et lui en cérébrovasculaire. Il est chirurgien, spécialisé dans tout ce qui touche le cerveau, y compris les tumeurs. Parfois, il arrive qu’un patient de Noël rejoigne notre service, et parfois, il en profite pour venir me faire un coucou…
Qualité commune que nous détenons : se surprendre tout le temps.
Notre jeu…
J’ai hâte de le rejoindre dans fief, même si pour cela, nous devons mentir sur notre lien personnel, parce qu’il sera le chef de service et que nous devrons travailler ensemble.
Aujourd’hui, c’est de la folie au travail. Deux de mes collègues sont absentes, ce qui a nécessité une réorganisation afin de pouvoir réaliser toutes nos tâches, parce que les chambres sont toujours occupées à cent pour cent et que l’effectif est à flux tendu (une seule absence et c’est la surcharge pour ceux qui sont présents). Je suis responsable du suivi des dialysés, de la surveillance des éventuels effets secondaires liés à des médicaments injectés, je dois répondre aux besoins des malades qui nous bipent fréquemment et parfois sans raison, avec un effectif très réduit.
Concentrée sur mon ouvrage, je prépare mon chariot pour faire la dernière tournée des chambres, afin de prendre les constantes des patients qui me sont affectés aujourd’hui, lorsqu’une voix grave et profonde me fait frémir.
— Tu termines à quelle heure ? me dit-elle.
Je lève les yeux sur l’amour de ma vie qui me scrute avec deux billes grises étincelantes, sur des cernes trahissant deux jours de garde.
— Nous ne sommes que deux, ce soir, alors, pas tout de suite… lui réponds-je à contrecœur, les yeux rivés sur sa bouche charnue que je rêve d’embrasser.
Noël me lance un regard coquin, jette un œil dans le couloir en amont et en aval, puis frôle discrètement mes fesses avec sa main, provoquant un frisson des orteils jusqu’à la tête.
— Dommage… j’ai envie de toi.
Sa voix mêlée à son souffle chaud pénètre dans mon oreille et réveille mes sens. Mais notre jeu devra attendre, le boulot d’abord.
— Noël, arrête avec cette voix… et pas si près de moi, s’il te plaît…
— J’ai envie de t’embrasser… et je suis un peu trop loin, je trouve…
— Noël, tu me perturbes et je suis en service… râlé-je.
— J’attends depuis au moins quarante-huit heures… c’est une vraie torture… mais tu as raison, ce n’est pas moi qui vais te contredire, les patients d’abord…
Il soupire en signe de résignation.
— Tu me bipes dès que tu as terminé, j’ai une surprise pour toi… me déclare-t-il.
Mon cœur s’accélère à l’expectative de ce qu’il m’a réservé lorsque je serai libre de mes obligations professionnelles. Comme si de rien n’était, je termine de contrôler le matériel qu’il me faut avant de lui demander des éclaircissements.
— Un lieu insolite ?
Coup d’œil dans le couloir dans toutes les directions avant que sa main ne se pose sur mes fesses une nouvelle fois et dessine le contour de mes sous-vêtements, ce qui me donne très très chaud.
— Arrête, Noël… si quelqu’un nous voyait… soufflé-je.
Il soupire, puis retire sa main, au moment même où Lisa (une infirmière à lui qui m’emmerde) se pointe.
— Ah, tu es là ! Je te cherchais partout ! On se le boit, le verre que tu m’as promis ? Je suis libre comme l’air à partir de maintenant et tout à toi ! lui dit-elle d’une voix mielleuse en m’ignorant d’emblée.
Je mime sa phrase en grimaçant dans ma tête : elle m’horripile !
À toi ? Non, mais tu rêves !
Je jette un œil à la dérobée à mon mari pour le prévenir d’éviter d’aller trop loin (pas la peine de se donner à fond dans son rôle) et surtout à la main de Lisa qui se pose furtivement sur son épaule pour lui asséner une petite tape que je déteste d’emblée (car je ne peux rien y faire sauf la repousser violemment dans ma tête).
— Un café à la cafétéria rapidement ? lui propose-t-il.
Un vent de jalousie remue mon intérieur même si je sais qu’il le fait pour notre couverture.
Coup d’œil meurtrier en sa direction.
Mâchoire crispée qui me fait souffrir les gencives.
Yeux rieurs de sa part.
Il sait qu’il me fait enrager et il continue.
Voilà ! Ce genre de défaut m’énerve !
— Oh, je pensais que nous pourrions… mais je vois que tu as peut-être des plans avec Elyna, reprend-elle en le fixant.
Les yeux de mon mari et les miens se croisent, et une lueur d’affolement doit passer sur les miens : la peur d’être démasqués.
Non, Lisa ne sait pas qui nous sommes l’un pour l’autre. Sinon elle ne lui ferait pas du charme.
— Elyna ? Bien sûr que non ! rit-il en me faisant enrager de plus belle.
Est-il obligé de répondre ça ?!
— Cool, alors, on pourrait…
On pourrait quoi, pétasse !?
— Bien sûr, on discutera du patient de la chambre 805, la coupe-t-il en lui faisant un clin d’œil.
Son rire d’aguicheuse me donne envie de l’étriper, le clin d’œil de mon mari à son attention me donne envie de le gifler et lorsqu’ils partent ensemble côte à côte, qu’elle se rapproche un peu trop près de lui, j’ai envie de les flinguer tous les deux.
Quand leurs silhouettes s’éloignent pour disparaître au fond du couloir, je respire un bon coup avant de prendre le chemin de mon service, concentrée sur mon travail et uniquement sur mon travail.
J’arrive une heure plus tard, à bout de souffle, éreintée par ma journée mouvementée. La relève de l’équipe de la nuit est présente, je peux m’en aller. Je n’aspire qu’à une seule chose : me reposer, d’abord dans un bain à bulles et ensuite dans mon lit… avec… qui je sais…
J’adresse un SMS à Noël pour le prévenir que je rentre, et me rends dans le vestiaire pour me changer. Je jette un coup d’œil circulaire dans la pièce pour me rendre compte qu’il n’y a personne. Je commence à déboutonner ma blouse lorsque la porte s’ouvre, sans que j’y prête vraiment attention.
Pourtant, ma collègue est déjà partie et les autres sont déjà sur le pont.
Dos à la porte, je m’évertue à me hâter, car mon mari m’attend et que cette perspective me fait bondir de joie, comme à chaque fois que je quitte le travail pour le retrouver. Ma bouche s’entrouvre et mon cœur s’emballe lorsque je sens la chaleur de son corps irradier le mien, que je sens une main virile sous la jupe que je porte en dessous de ma blouse et qu’ensuite, elle se déporte sur ma petite culotte.
— Hum…
Mon souffle devient court, la chaleur devient affligeante, comme si la température de la pièce avait soudain augmenté toute seule d’un coup.
Le corps de mon homme se colle derrière mon dos et sa main glisse vers mon intimité, tandis que son souffle s’échoue sur ma nuque, provoquant une nuée de frissons qui, au lieu de me refroidir, me réchauffent encore.
— On avait dit pas de culotte, aujourd’hui… me chuchote-t-il d’une voix éraillée comme s’il me grondait.
— Noël… n’importe qui peut entrer… on joue avec le feu…
— En dentelle… Hum… putain… c’est la rouge, hein ? Elle m’excite, la rouge… et elle est minuscule… poursuit-il en faisant semblant de ne pas avoir entendu et en suivant les contours de mon string.
(Sa très bonne mémoire dans la cartographie de mes sous-vêtements est également une autre qualité de mon chéri, j’ai omis de vous le dire ?).
