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Joseph Grasset, né le 18 Mars 1849 et mort le 7 Juillet 1918 à Montpellier, est un médecin interniste et neurologue, un parapsychologue et chercheur infatigable dans le domaine des phénomènes paranormaux. A été diplômé en médecine en 1873 à Montpellier, ville dans laquelle se déroula sa carrière. Il s'intéressa à la médecine interne et particulièrement aux maladies du système nerveux.
Son nom est associé à celui de Louis Landouzy dans l'énoncé de la loi de Landouzy-Grasset, décrite en 1899 dans son ouvrage Diagnostic des maladies de la moelle, selon laquelle un patient souffrant d'hémiparésie, couché sur le dos, peut surélever une jambe après l'autre mais est dans l'incapacité de surélever les deux à la fois.
Joseph Grasset a par ailleurs publié de nombreux travaux relatifs à la psychiatrie, notamment Demi-fous et demi-responsables en 1907, ou liés au thème paranormal, notamment dans les livres Le Spiritisme devant la science (1904) et L’Occultisme hier et aujourd'hui (1907).
L'essai L’Occultisme a été publié en 1866 dans la Revue des Deux Mondes.
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Veröffentlichungsjahr: 2023
SYmbolS & MYtHS
JOSEPH GRASSET
L’OCCULTISME
Edizioni Aurora Boreale
Titre: L’Occultisme
Auteur: Joseph Grasset
Série éditoriale: Symbols & Myths
ISBN: 979-12-5504-471-0
Edizioni Aurora Boreale
© 2023 Edizioni Aurora Boreale
Via del Fiordaliso 14 - 59100 Prato - Italia
www.auroraboreale-edizioni.com
PRÉSENTATION DE L’ÉDITEUR
Joseph Grasset, né le 18 Mars 1849 et mort le 7 Juillet 1918 à Montpellier, est un médecin interniste et neurologue, un parapsychologue et chercheur infatigable dans le domaine des phénomènes paranormaux. A été diplômé en médecine en 1873 à Montpellier, ville dans laquelle se déroula sa carrière. Il s'intéressa à la médecine interne et particulièrement aux maladies du système nerveux.
Son nom est associé à celui de Louis Landouzy dans l'énoncé de la loi de Landouzy-Grasset, décrite en 1899 dans son ouvrage Diagnostic des maladies de la moelle, selon laquelle un patient souffrant d'hémiparésie, couché sur le dos, peut surélever une jambe après l'autre mais est dans l'incapacité de surélever les deux à la fois.
Joseph Grasset a par ailleurs publié de nombreux travaux relatifs à la psychiatrie, notamment Demi-fous et demi-responsables en 1907, ou liés au thème paranormal, notamment dans les livres Le Spiritisme devant la science (1904) et L’Occultisme hier et aujourd'hui (1907).
L'essai L’Occultisme a été publié en 1866 dans la Revue des Deux Mondes.
Nicola Bizzi
Florence, le 9 Décembre 2023.
Joseph Grasset
L’OCCULTISME
I.
DÉFINITION DE L’OCCULTISME ET DES PHÉNOMÈNES OCCULTES
L’occultisme n’est pas l’étude de tout ce qui est caché à la science. C’est l’étude des faits qui, n’appartenant pas encore à la science, — je veux dire: à la science positive au sens d’Auguste Comte, — peuvent lui appartenir un jour.
Les faits occultes sont en marge, ou dans le vestibule de la science, s’efforçant de conquérir le droit de figurer dans le texte du livre ou de franchir le seuil du palais. Et il n’y a aucune contradiction logique à ce que ces faits cessent, un jour, d’être occultes pour devenir scientifiques. Le professeur Charles Richet les appelle métapsychiques. Comme en réalité ils sont vraiment psychiques, j’aimerais mieux les appeler juxtascientifiques ou prescientifiques.
La Revue s’est toujours intéressée à l’analyse de ces phénomènes qui paraissent extraordinaires, merveilleux, supranaturels ou supranormaux, tant qu’ils ne sont pas devenus scientifiques. Je rappellerai tout spécialement: en 1833, la lettre de Chevreul à Ampère sur une certaine Classe de mouvemens musculaires; et, en 1854, les articles de Babinet sur les Sciences occultes au xixe siècle, les tables tournantes et les manifestations prétendues surnaturelles. À ces articles, qui marquent le début des études scientifiques sur les mouvemens involontaires et inconsciens, il faut joindre ceux de Peisse sur les sciences occultes au xixe siècle et sur le magnétisme animal (1812) et de Paul de Rémusat sur le merveilleux autrefois et aujourd’hui (1861).
Ces travaux démontrent d’abord que l’amour du merveilleux a existé de tous temps. L’attraction vers le mystère scientifique n’a été l’apanage d’aucune époque. Les siècles les plus sceptiques sont même souvent les plus crédules1. Comme le remarque Paul de Rémusat, Mesmer faisait son entrée à Paris l’année même où Voltaire y venait mourir. À ce moment, «on aimait sans doute très peu les miracles, mais chacun avait soif de merveilles».
Ces travaux montrent aussi que, si l’amour du merveilleux reste le même à travers les âges, la nature de ce merveilleux change constamment et que ces changemens ne répondent pas à un mouvement circulaire avec retour à la même place (à la façon de l’écureuil), mais à un mouvement incessant de progrès en avant. La plupart des phénomènes étudiés comme occultes, il y a un demi-siècle, ne le sont plus aujourd’hui, et sont devenus scientifiques. La science, qui n’est jamais finie, envahit tous les jours le domaine de l’occultisme, dont les frontières reculent sans cesse et qui est ainsi comme la terre promise de la science. Ainsi, si l’astrologie et l’alchimie sont aujourd’hui remplacées par l’astronomie et la chimie, bien des phénomènes qui, autrefois, appartenaient à la sorcellerie, c’est-à-dire à l’occultisme (anesthésies, convulsions, épidémies saltatoires…) ont définitivement pénétré dans la science et appartiennent aux psychoses, à l’hystérie ou au somnambulisme. Plus récemment, nous avons vu le magnétisme animal devenir scientifique sous le nom d’hypnotisme; et les tables tournantes, le cumberlandisme avec contact, la baguette divinatoire… cesser d’être des phénomènes occultes depuis les travaux sur les mouvemens involontaires et inconsciens et sur le psychisme inférieur2.
S’il y a donc toujours un occultisme, et si les phénomènes étudiés sous ce nom varient d’une époque à une autre, il y a donc aussi toujours intérêt à mettre de temps en temps la question au point, afin que le grand public ait un guide ou tout au moins un point de départ précis pour la lecture et la critique des innombrables publications qui paraissent tous les jours sur ces sujets. Et ceci est d’autant plus nécessaire que trop souvent on généraliserait hâtivement et, de ce que beaucoup de phénomènes, autrefois occultes, sont aujourd’hui définitivement admis par la science positive, on conclurait volontiers au caractère également scientifique de tous les autres phénomènes occultes, comme les matérialisations ou la télépathie.
Le docteur Surbled rappelle avec à-propos ce mot d’un mage: «L’hypnotisme nous sert de coin; nous passerons tous derrière Charcot». Non. C’est là une erreur! N’entre pas dans la science qui veut. Le jour où un groupe nouveau de phénomènes occultes aura été analysé et fixé comme l’hypnotisme l’a été par Charcot et par le professeur Bernheim, l’occultisme perdra un chapitre, et la science positive en gagnera un. Mais ce travail de contrôle doit être fait, non en bloc pour tous les phénomènes occultes, mais en détail et successivement pour chaque groupe. Ni les travaux de Charcot sur l’hypnotisme, ni ceux du professeur Pierre Janet sur les tables tournantes, ne justifient certaines affirmations des occultistes contemporains qui ont un retentissement considérable sur le grand public, comme en témoigne le récent jugement de Saint-Quentin, sur lequel je reviendrai.
Rien de plus utile donc que la délimitation précise du champ actuel de l’occultisme. Car la base de toute science vraie est la connaissance des limites exactes de son domaine acquis, des terres inconnues à découvrir au-delà, et de la méthode avec laquelle chacun doit s’efforcer de reculer ces limites et de «désocculter l’occulte».
Avant de laisser ces généralités et pour préciser encore la définition donnée plus haut de l’occultisme, il faut insister sur ce qu’il n’est pas et faire quelques distinctions nécessaires.
