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Rejoignez l'équipage du Cybérius en 2450 pour parcourir l'univers et ses secrets, en quête d'un futur pour l'Humanité.
À cette époque, les fusées porteuses ne sont plus nécessaires, la puissance des moteurs atomiques suffit à propulser les vaisseaux hors de l’espace terrestre.
Le Cybérius traversa donc l’atmosphère à grande vitesse et fut hors de vue quelques secondes plus tard…
À bord les membres de l’équipage seront-ils à la hauteur des dangers à surmonter pour accomplir leur mission ?
Un voyage dans l'espace-temps rempli de découvertes et d'aventures qui nous invite à dépasser les frontières de notre réel...
EXTRAIT
La rentrée dans le champ d’astéroïdes fut fracassante, le champ visuel des trois pilotes fut tout à coup comme parsemé d’étoiles.
Isis menait le vaisseau avec une parfaite maîtrise.
— Comme c’est beau ! s’écria Kennedy.
— On se damnerait pour un tel paysage, répondit Isis en se tournant vers Goethe, le sourire aux lèvres.
Le vaisseau, souple et aérien, semblait poursuivre sa route, traçant dans l’espace le sillon de son immuable destin.
Soudain, tout sembla s’anéantir et se détruire en un instant, un terrible choc éclata contre les parois du Cybérius. Les témoins lumineux et sonores se mirent en action.
— Destruction et dépressurisation en zones 4, 8, 12, 14 et 16, hurla Kennedy.
L’astéroïde avait fait énormément de dégâts.
— Nous avons perdu trois hommes en zone 4, deux hommes en zone 8 et trois femmes en zone 16.
La moitié de l’équipage homme et un tiers des femmes en état d’hibernation venaient de disparaître, emportés ou tués par le vide sidéral.
Les sirènes hurlaient, à l’intérieur du vaisseau les doublures s’agitaient avec un incroyable sang-froid.
CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE
Une histoire SF qui évolue dans un univers fouillé empreint de péripéties étranges et de poésie. - Irisyne, Babelio
À PROPOS DE L'AUTEUR
Fils d’artistes peintres, Denis Ravel a été tour à tour publicitaire, puis éditeur. Passionné par les écrivains romantiques du XIXe siècle il apprécie particulièrement Edgar Allan Poe, Gérard de Nerval, Théophile Gautier, ainsi que les romans d’aventures. Citons : Typhon de Joseph Conrad, ou encore Lord Jim, voir entre autre les aventures d’Arthur Gordon Pym. Aujourd’hui auteur d’une vingtaine de romans et de nouvelles, il aime particulièrement écrire ce qu’il appelle ses duels amoureux. Il apprécie d’intégrer une note de fantastique dans ses histoires. Croyant, il manifeste clairement sa foi dans ses écrits.
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Seitenzahl: 117
Veröffentlichungsjahr: 2019
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Denis Ravel
L’odyssée du Cybérius
La Compagnie Littéraire
Catégorie : Space Opera
www.compagnie-litteraire.com
Nous sommes en 2450, le Cybérius parti de la planète Terre 150 ans plus tôt pour sauver ce qui restait de technologie et de sciences avancées, avait à son bord dix hommes et dix femmes triés sur le volet et représentant toutes les couches fondamentales à la survie d’une société et d’un peuple.
Les dix années qui avaient précédé le départ de cette expédition de la dernière chance pour l’espèce humaine avaient vu chaos, destruction et obscurantisme se répandre sur la Terre.
Le début des années 2000 avait été l’ère de nouvelles et très grandes découvertes en même temps que la faillite des systèmes socio-économiques.
Au rang des découvertes majeures, il fallait ranger tout ce qui touchait de près ou de loin à l’espèce humaine, lecture de l’A.D.N., compréhension et modification du fonctionnement du cerveau humain, création des premières doublures autonomes, répliques quasi parfaites de l’homme. Ces doublures étaient, entre autres choses, spécialistes des déplacements télépathiques et on leur affectait surtout des tâches intellectuelles.
Cette période fut également l’époque de l’éclatement des frontières, du brassage des peuples et des races en même temps que l’asservissement de l’homme aux grandes religions.
Les guerres de religion, jointes à des épidémies massives, avaient alors décimé le quart de la population. Puis un ordre nouveau était né, un Conseil de la Terre avait vu le jour et c’était ce Conseil qui avait permis à l’humanité d’alors de repartir en bâtissant les fondements de nouvelles valeurs.
Le globe terrestre avait été divisé en huit étoiles par le Conseil de la Terre; les anciens États-Unis d’Amérique étaient devenus Altaïr, les territoires inoccupés du Pôle Nord et du Groenland Polaris, l’ancienne Europe fut appelée Bételgeuse. Les territoires asiatiques englobant une partie de la Russie, la Chine et l’Inde furent, quant à eux dénommés Véga.
La mer du pacifique fut Aldébaran, l’Amérique du Sud Orion, l’Afrique Arcturus et les terres australes Antarès.
Une nouvelle religion était née, le divinisme; elle présentait l’avantage de maintenir chaque peuple dans sa croyance, tout en ne bouleversant pas l’ordre nouvellement établi. Durant quelques centaines d’années, une paix fondée sur l’anéantissement des personnalités, le ramollissement des esprits ainsi que la soumission totale au divinisme s’installa en souveraine sur la Terre.
Seul refuge pour ceux qui n’acceptaient pas les décisions du Conseil de la Terre : les territoires inoccupés du Pôle Nord de Polaris ou la mer du Pacifique d’Aldébaran.
Les évolutions technologiques et scientifiques avaient permis à l’homme, après plus de 2000 ans, d’occuper enfin les fonds marins et de s’en rendre maître.
Des bases entières, véritables cités ou usines, étaient à cette époque construites sur terre, puis immergées en état de vide pour être assemblées au moyen de techniques avancées que l’homme maîtrisait à présent parfaitement. Grâce à ces usines, l’homme pouvait réaliser les plus vieux rêves de Jules Verne : domestiquer les fonds marins et vivre en se nourrissant de tout ce qui les peuplait. Algues, lichens, poissons, coquillages, anémones de mer, gastéropodes marins, toute cette flore aux couleurs variées et multiples, aux formes extraordinaires et aux espèces innombrables nourrissait à présent l’homme et compensait les insuffisances agricoles de la planète.
Les rebelles qui s’étaient réfugiés dans la mer d’Aldébaran étaient devenus quasiment invulnérables sous l’eau, au grand dam du Conseil de la Terre qui ne parvenait pas à leur faire une guerre traditionnelle. En effet, tout comme l’homme qui, pour voler, avait emprunté ses attitudes à celles des oiseaux, ceux de la mer d’Aldébaran avaient, pour se déplacer sous l’eau, conçu leurs engins selon la souplesse des poissons d’attaque. Ils offraient donc un armement surprenant, rapide et insaisissable.
À l’instar de ceux de la mer d’Aldébaran, ceux qui avaient choisi les territoires inoccupés du Pôle Nord de Polaris avaient également l’avantage du terrain et étaient difficilement traqués par le Conseil de la Terre. De ce fait, deux entités très puissantes s’étaient ainsi constituées et s’opposaient très violemment au gouvernement en place.
Durant les cent premières années, quantité d’esprits supérieurs étaient partis s’installer sur Polaris. Ils avaient d’ailleurs eu des descendants, tous insoumis au Conseil de la Terre. Parallèlement, d’autres rebelles étaient venus se réfugier dans la mer d’Aldébaran, y installant de nouvelles bases sous-marines encore plus performantes.
L’attitude du Conseil de la Terre à l’égard de ces rebelles avait été, dans un premier temps, le mépris. Il avait ainsi laissé se développer deux entités toutes-puissantes, autonomes, qui avaient à présent chacune ses lois, ses armées et un pouvoir qui devenait de plus en plus imposant chaque jour.
L’ordre s’était ainsi peu à peu inversé entre l’inactivité des six autres étoiles engluées dans les décisions hésitantes du Conseil de la Terre, et la puissance industrielle et financière des peuples de Polaris et d’Aldébaran.
C’est au début du XXIVe siècle, peu après 2320, que ces deux peuples s’unirent pour faire la guerre aux six autres puissances.
Une convention, appelée Convention des Étoiles, interdisait l’usage des armes de destruction massive ou à conséquence atomique immédiate. Seules étaient autorisées les armes à destruction laser autonomes ou les armements traditionnels.
La guerre fut longue et étrange. Les deux étoiles rebelles gagnaient des guerres éclairs dont elles ne pouvaient assurer le suivi. Elles détruisaient systématiquement les gouvernements en place mais ne pouvaient, après leur départ, assurer le maintien de l’ordre faute d’effectifs suffisants.
Les gouvernements religieux firent place à des états militaires, les conventions furent bafouées et la guerre devint totale et dévastatrice. Ainsi donc, après quelques dizaines d’années de destructions massives, ce qui restait du Conseil de la Terre décida d’expédier dans l’espace, à l’abri de la folie des hommes, un vaisseau d’un type très particulier.
C’est dans ce contexte que, pour sauvegarder vingt siècles de connaissances, de recherches et de découvertes, on construisit le « Cybérius ».
La préparation de cette mission fut longue et laborieuse, nous étions en période de guerre, et les autorités qui régissaient le Conseil de la Terre étaient affaiblies. Elles avaient vu leur pouvoir discuté et remis en question car le désordre régnait alors en maître sur Terre.
Les plus grandes sommités de l’époque furent réunies à bord d’un vaisseau que l’on baptisa « Cybérius ». Il fut lancé dans l’espace dans le plus grand anonymat et dans une confusion générale dictée par la bérézina du Conseil de la Terre qui subissait désormais la loi des deux étoiles rebelles.
Au début de l’année 2400, le vaisseau s’éleva d’une base secrète sous le regard de quelques centaines de techniciens et de ce qui restait des dirigeants du Conseil de la Terre, emportant avec lui les espoirs de ce peuple déchu.
À cette époque, les fusées porteuses n’étaient plus nécessaires, la puissance des moteurs atomiques suffisait à propulser les vaisseaux hors de l’atmosphère terrestre. Le Cybérius traversa donc l’atmosphère à grande vitesse et fut hors de vue quelques secondes plus tard.
Il pénétrait l’espace interstellaire à une vitesse sidérante. C’était un immense triangle de 100 mètres de long et de plusieurs milliers de tonnes, propulsé par huit moteurs atomiques.
Sur chaque pointe du triangle du vaisseau figurait l’emblème du Conseil de la Terre symbolisé par un cercle séparé en son milieu verticalement; la partie gauche du cercle était rouge, la partie droite était constituée de trois bandes horizontales bleues sur fond blanc.
Tout autour du cercle étaient positionnées, dans un rythme géométrique parfait, les huit étoiles du Conseil de la Terre; elles étaient de couleur or. Ainsi paré, le vaisseau terrien avait belle allure et arborait fièrement ses armoiries.
À bord l’équipage, hommes et femmes, avait été placé en état d’hibernation avancée. Seules les doublures au nombre de quinze ainsi que quatre doublures de rechange comportant chacune un stock de pièces et cerveaux interchangeables devaient assurer le bon déroulement de l’Odyssée du Cybérius.
Ces doublures, hormis destruction éventuelle, avaient une durée de vie illimitée. Une fois par mois, elles passaient au « contrôle-vital » où l’ensemble de leurs circuits était revu et leur cerveau soumis à plus de trois millions de tests à l’issue desquels elles étaient confirmées dans leurs fonctions, ou en cas de défaillance éventuelle se voyaient attribuer des tâches subalternes ou proposer un passage à la revitalisation.
Les deux tiers de ces doublures avaient été conçues à l’image des hommes, un tiers seulement à l’image des femmes. Doublures femmes et doublures hommes jouissaient du même potentiel musculaire, donc de la même force.
Aucune fonction érotique n’avait été initialement programmée, mais comme les scientifiques les avaient voulues à la parfaite image humaine, les doublures hommes ou femmes possédaient toutes un sexe.
Un marché parallèle du sexe était d’ailleurs né car, à l’occasion du « contrôle-vital », les techniciens mettaient en service les fonctions sexuelles de certaines doublures dont on se disputait les faveurs nocturnes sur les bases éloignées et les planètes oubliées.
Mais à bord du Cybérius, on était bien loin de tous ces problèmes; chaque doublure parfaitement à sa place remplissait ses fonctions avec une ténacité proche de l’obsession.
À l’intérieur du vaisseau avaient été recréés la plupart des éléments végétaux que l’on trouvait sur Terre.
On avait stocké un nombre incroyable d’espèces de graines, de plantes, de fruits, de légumes, de façon à pouvoir éventuellement les réensemencer sur une planète lointaine qui pourrait héberger les hommes du Cybérius. Les embryons des animaux les plus divers avaient été également chargés à bord en grande quantité avant le départ de l’expédition. Ils étaient conservés dans des conditions de parfaite reproductibilité. On avait également conçu un jardin où circulait une rivière miniature peuplée d’innombrables poissons.
Cet espace de verdure et de fraîcheur était aussi un havre de paix et une aire de repos à l’usage des passagers du Cybérius, car chacun sur Terre, avant le lancement, savait que ce voyage durerait longtemps, pour ne pas dire l’éternité.
Tout était calme et silencieux à bord.
Le cerveau central assurait une veille permanente et Isis, la doublure numéro un, transmettait les données à la Terre.
Isis était une doublure femme, on disait qu’elle avait été secrètement préparée pour l’expédition et qu’elle était d’une intelligence prodigieuse, plus de dix fois supérieure à celle d’un humain.
Elle était vêtue d’une combinaison gris-bleu adaptée à ses formes élancées et sportives, la taille ceinte d’une large ceinture de plastique transparent, et sur les manches de sa combinaison étaient accrochés son sensoriel vocal, son séparateur d’esprit ainsi que son déflagrateur atomique portable.
Isis était une brune calme et placide dont l’assurance et l’intelligence artificielle fascinaient, avant son départ, tous les humains qui avaient eu le privilège de l’approcher. Elle portait les cheveux courts et l’on pouvait lire dans son regard toute la philosophie que lui donnait l’étendue de ses connaissances. À aucun moment dans ses relations, que ce soit avec les hommes ou avec les doublures, il ne lui avait été nécessaire d’imposer un quelconque personnage de composition pour se faire entendre ou respecter. Chez elle, les attributs féminins étaient réduits au minimum et restaient d’une grande discrétion. Elle était l’âme de cette mission et en était consciente.
L’équipage de doublures hommes et femmes était entièrement programmé pour exécuter toutes les décisions d’Isis sans le moindre atermoiement.
L’ordre du Cybérius et en quelque sorte le sort de ce qui restait de nos connaissances étaient entre les mains de cette doublure androïde tout acquise à la cause du Conseil de la Terre. Avec ses cheveux bruns très courts, Isis offrait un physique mi-femme mi-homme qui dérangeait, selon les propres termes de l’homme qui, sur Terre avant le départ du Cybérius, s’était occupé de la mission. Ce scientifique s’appelait Joyce; il avait été à l’origine de toutes les grandes découvertes des vingt années précédentes, et avait partagé durant de longs mois une intimité totale avec les membres du Cybérius et particulièrement avec Isis. Ce qui ne devait surtout pas arriver s’était naturellement produit : Joyce était tombé follement amoureux d’Isis et n’avait pu supporter l’idée de la perdre, trouvant refuge dans l’alcool et quelques drogues nouvelles à la mode à cette époque.
Il faut dire qu’Isis était particulièrement envoûtante avec son regard noir et énigmatique, sa taille surprenante pour une femme – elle mesurait plus d’un mètre quatre-vingt –, sa silhouette élancée et quelque peu androgyne.
Si elle était actuellement le numéro un de cette mission, Isis n’oubliait pas qu’à l’arrivée de l’expédition sur une planète inconnue dans x années, elle ne deviendrait plus que le numéro 3 derrière les deux astrogénéraux Rigel et Astra.
Ce soir-là, Isis envoya comme chaque jour ses messages à la Terre. Ils prenaient en compte les diverses positions des étoiles et la nouvelle carte astronomique que les observateurs électroniques du Cybérius avaient tracée.
Ces données permettraient peut-être, en des temps éloignés, de définir les routes qui mèneraient à Galaxie 2, Galaxie 3 et peut-être même au-delà.
En dehors de la vérification des observateurs électroniques, Isis avait pour mission d’effectuer des pauses obligatoires de contemplation du vide et du noir sidéral. Ces pauses étaient quotidiennes et devaient donner lieu à des comptes-rendus personnels.
Quintoch, la doublure d’analyse de champ visuel du vaisseau, était présent pendant ces moments, non qu’Isis fût incapable de travailler en autonomie mais il s’agissait d’exercices de concentration trop risqués pour qu’elle soit seule. Ce travail s’effectuait en effet au moyen des dons télépathiques qui lui avaient été conférés et la fatigue qu’elle ressentait parfois à l’issue de ces séances nécessitait une surveillance.
De plus, les découvertes qu’elle pouvait faire se produisaient dans un état de semi-hypnose pour Isis qui transmettait alors simultanément ce qu’elle percevait avec une marge de flou plus ou moins grande selon la difficulté de perception et l’éloignement spatial du point d’émission. Il était alors important qu’un témoin puisse rapidement enregistrer ses déclarations. À plusieurs reprises, ces derniers jours, Isis avait été en contact avec une source d’information lointaine qui semblait porteuse d’éléments-clefs pour la suite du voyage. Malheureusement, elle était en échec jour après jour et commençait à penser qu’il s’agissait d’un mirage interstellaire. Elle produirait ainsi sa propre vision à son insu, ce qui risquait à terme de détruire la finesse de ses pouvoirs; mais cette éventualité était d’une très faible probabilité.
Ce qui était le plus plausible en revanche, c’était qu’une force s’interpose entre l’émetteur et Isis, force physique, psychique ou de nature encore inconnue.
