La Boite Noire - Marco Fratta - E-Book

La Boite Noire E-Book

Marco Fratta

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Beschreibung

«Vous appelez cette merde par son terme technique: la société. Encore qu’absurde, l’unique manière de lui donner une forme, une représentation concrète, une image, c’est de dessiner une boîte noire. Mais d’un noir robuste. Inexpressif. Tout tourne autour de certitudes et d’utopies construites sur du papier, de modèles forgés d’après le plus fin calcul pour surveiller les grillons. Moi, je fais moins de bruit que les autres grillons, parce que justement je déteste les entendre. »

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Veröffentlichungsjahr: 2012

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Marco Fratta

LA BOÎTE NOIRE

Proprietà letteraria riservata

© 2012 Abel Books

Tutti i diritti sono riservati. È  vietata la riproduzione, anche parziale, con qualsiasi mezzo effettuata, compresa la fotocopia, anche ad uso interno o didattico.

Le richieste per l’utilizzo della presente opera o di parte di essa in un contesto che non sia la lettura privata devono essere inviate a:

les êtres humains aiment donner des noms aux choses

Il y a quelques mois nous étions tous un peu différents.

Les feux d’artifice des jeux olympiques faisaient que nous nous sentions encore plus petits.

Moi, j’avais l’habitude de regarder dehors, par la fenêtre de mon bureau, tous les soirs à huit heures. Puis je me promenais entre les traces laissées par les feuilles. Je voyais en elles l’exemple d’une patience insaisissable.

Ce ciel industriel nous rendait comme égarés; nous sélectionnions les gens comme on le fait pour le personnel. Nous portions en nous toutes les images pour les reproposer avec le sang d’une émotion.

Nous projetions des voyages, nous laissions couler dans notre estomac de grandes quantités d’alcool et leur donnions le temps d’élargir nos perspectives.

Tout rapport avec l’extérieur était une guerre. Nous laissions seuls tous ceux qui étaient en dehors de notre cercle.

Puis, à sa manière, le ciel d’août a su nous brûler. Et, de nouveau, nous n’avons plus voulu jamais changer.

12 décembre 2006

1. ALINA ET NICHOLAS

Une volée de colombes effleure à grande vitesse le sol de Piazza del Duomo, dessinant le plus grand rêve de tout être humain: voler

Un peu plus loin le visage d’un vagabond en  traduit la pire crainte: l’angoisse.

Tout ressemble à n’importe quel dimanche milanais; et bien non. Aujourd’hui, c’est la veille de Noël.

Un homme vient d’ouvrir le portail de sa maison, il est bouleversé par le énième voyage en avion qu’il s’est obstiné à affronter, sachant bien pourtant qu’il vomirait jusqu’à ses pensées.

Mais il ne peut s’en passer.

Une fois par bimestre il s’ingénie à remédier à cet étrange manque d’air, à ce mal qui l’empêche de rester tranquille.

Et  il voyage.

Cette fois-ci encore, pour la troisième fois de suite, sa destination a été la même. Depuis qu’il a connu ces lieux il n’a plus pu s’en défaire. Pas même une femme n’a jamais été capable de pénétrer autantau cœur de ses frissons.

Avec une telle violence.

Son piano, pourtant, y a mis tout ce qu’il pouvait.

Et c’est là, devant son piano, qu’il s’assoit, sans défaire sa valise. Ces touches savent le distraire dignement des petits ennuis de santé d’un certain âge, des femmes et de la solitude.

Aussi bien que ces glaces.

Aussi bien que sa Norvège.

Si majestueuse et si forte au point de condamner le reste du monde à demeurer dans une misérable carte postale mêlée à d’autres, au milieu de ses souvenirs. Des déserts de sel boliviens aux sables volcaniques des plages des Canaries, jusqu’à la Place Rouge et aux Champs Elysées.

Rien de comparable aux Fjords.

Il retrouve sa dimension, là-haut. A ne pas hurler ses feux, pour ne pas rompre l’écho silencieux des frissons sur sa nuque. A ne pas consulter de textes sacrés, où, à ce qu’il paraît, on ne peut voir le paradis que lorsqu’on est mort.

A respirer et c’est tout.

Oxygène et tableaux peints. Sur toile et sur le monde.

Alors l’homme se rappelle le lieu natal de ce qu’il a en lui. Il s’appelle Nicholas; il ne comprend vraiment rien aux femmes.

Les notes séduisantes caressent la queue du piano, placé à côté de la fenêtre. Leur son est unique. Elles composent un voyage mental qui berce toute pensée extravagante, si celle-ci traverse ses méninges à la même vitesse. Avec les mêmes finalités.

Dès que les yeux de Nicholas rencontrent les touches, il lui revient toujours à l’esprit ce vieux blues. Comme par un incorrigible automatisme.

St. Louis Blues.

Je déteste voir le soleil

qui se couche le soir.

Il me fait penser que ce pourrait être  

aussi mon dernier voyage.

Si demain je suis comme aujourd’hui,

je le jure, si demain je suis comme aujourd’hui

je plie bagage et je m’en vais.

St. [...]