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Kelly Mundty est une jeune chanteuse en début de carrière, vivant à Londres. Elle et un ami, Mike, forment un duo et ils commencent à se faire connaître grâce à leurs concerts. Aussi, lorsque l'héritier d'une fortune familiale, également membre de la chambre des Lords, les contacte pour un gala de charité, il s'agit pour elle d'un contrat comme un autre. Pourtant sa vie va basculer lors de cet engagement. Car, comme le rappelle un des personnages, l'amour est la plus belle chose du monde, et en même temps ce qui fait couler le plus de larmes ! Cette romance traditionnelle transpose dans le Londres d'aujourd'hui une histoire d'amour entre une bergère moderne, qui serait une musicienne, et un prince, qui serait un Lord.
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Seitenzahl: 121
Veröffentlichungsjahr: 2024
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CHAPITRE 1
CHAPITRE 2
CHAPITRE 3
CHAPITRE 4
CHAPITRE 5
CHAPITRE 6
Il était à peine 8 heures du matin lorsque le téléphone de Kelly Mundty la réveilla. Ce n'était pas une heure habituelle pour cette musicienne londonienne. Avec un ami, Mike Cesena, elle avait monté depuis quelques années un tour de chant. Ils agrémentaient leurs chansons de numéros de prestidigitation et de scénettes humoristiques. Ce mélange varié plaisait au public, et ils commençaient enfin à pouvoir plus ou moins vivre de leur passion. D'ailleurs, la veille, ils avaient donné un concert à 300 km de Londres dans la campagne anglaise.
Kelly et Mike s'étaient ensuite relayés au volant de leur camionnette pour rentrer à Londres la nuit même. Mike était descendu à proximité de son logement dans le quartier de Soho, puis elle avait rejoint vers les 5 heures du matin son studio meublé vers Hendon Park, en lisière de Londres, au nord-ouest de la capitale. Autant dire qu'elle avait prévu une seule chose ce matin-là, dormir le plus longtemps possible...
Elle se retourna dans son lit, plaquant l'oreiller contre ses oreilles, espérant ne plus entendre la ritournelle que Mike lui avait spécialement composée à la guitare pour son portable. Qui pouvait ainsi l'appeler un matin de si bonne heure ? Seuls ses proches pouvaient vouloir la joindre aussi tôt. Elle se décida donc à prendre l'appareil sur sa table de chevet avant la 8ème sonnerie qui dirigerait l'appel vers la boîte vocale.
— Allô oui ?
— Je suis bien au secrétariat de Kelly Mundty ?
Secrétariat ? Quel secrétariat... Ah oui, c'est vrai. Elle et Mike avaient décidé de gérer eux-mêmes leurs carrières, et son numéro de téléphone à elle figurait sur tous leurs documents.
Elle toussota, espérant donner une tonalité éveillée à sa voix.
— Oui... Enfin, c'est moi...
— Vous êtes Madame Mundty, peut-être ?
La voix était masculine, sûre d'elle, presque arrogante.
— Oui, c'est moi. Je vous écoute.
— Et bien, je suis ravi de voir que les artistes se lèvent tôt eux aussi. Et vous avez bien raison, la fortune sourit aux audacieux qui savent se lever de bonne heure !
Formule condescendante, jugea-t-elle, tirée maintenant totalement du sommeil. Et avec de l'impolitesse malgré un vernis d'éducation.
— Que puis-je pour vous Monsieur ? Et qui êtes-vous ?
— Ah, c'est vrai, je ne me suis pas encore présenté. Je suis Lord Garrick, et je souhaite vous engager, vous et Mike Cesena, pour un gala de charité que je donne dans mon château de Colombey le 28 juin prochain. Est-ce que c'est possible ?
Le visage de Kelly se renfrogna dans une moue déplaisante. Elle n'avait pas envie de discuter un futur contrat après sa petite nuit.
— Écoutez, je ne sais pas... Il faut que je regarde... Donnez-moi votre numéro de téléphone, et je vous rappellerai dès que j'aurai vérifié nos agendas avec Mike.
— Je suis allé sur votre site internet, et il n'y a rien de noté pour ce jour-là. Par contre, j'ai vu que vous intervenez dans un stage de chant le 25 à Leistford, c'est à 15 miles de chez moi, puis le 3 juillet à Glasgow. Donc apparemment, vous êtes libre le 28 !
Kelly regrettait maintenant d'avoir pris son téléphone.
— Monsieur, je ne peux pas vous dire comme ça... Tout ce que nous faisons n'y est pas forcément... Et puisque vous parlez de notre site, le plus simple serait de nous envoyer un message.
— Mais je l'ai déjà fait ! A deux reprises même, ces dernières semaines ! Et sans jamais avoir reçu de réponse ! D'où mon appel ! Ça commence à devenir urgent, c'est dans un mois quand même ! Vous avez peut-être des soucis avec votre hébergeur ?
Aïe ! Non, le souci, c'était Mike. Ils s'étaient répartis le travail, à lui l'internet, à elle le téléphone, et les papiers entre eux deux. Mais Mike avait la fâcheuse manie de remettre au lendemain tout ce qui était administratif. Elle se promit, encore une fois, de lui en reparler dès qu'ils se reverraient.
— Bon, je règle ça et je vous tiens au courant. Votre numéro de téléphone est bien le...
Elle approcha le portable de ses yeux.
— Euh... le 07 30 81...
— Oui-oui, interrompit l'autre. Et inutile de me rappeler mon numéro, je le connais ! Ajouta-t-il avec un rire, semblant fier de sa plaisanterie éculée.
— En ce qui concerne votre cachet, reprit Lord Garrick, je suppose que les tarifs sur votre site sont toujours actuels? L'ordinateur indique qu'il n'y a pas eu de mise à jour depuis deux ans.
Sur ce point, Mike n'était pas en faute. Ils avaient en effet décidé ensemble de ne pas les faire évoluer.
— Ce sont nos prix, oui, acquiesça-t-elle en fronçant les sourcils.
— Très bien. J'attends votre confirmation ce soir 20 heures au plus tard dans ma boite mails. Sinon ce sera quelqu'un d'autre. Au revoir Madame.
Et il raccrocha sans lui laisser le temps de répondre. La montre du téléphone n'indiquait pas encore 8 heures et demie. Mike ne serait pas joignable avant 14 heures au moins. Elle se demanda si elle irait voir dès maintenant les messages expédiés par Lord Garrick, puis renonça en se rallongeant dans son lit et ramena la couette sur elle. Ils pouvaient bien encore attendre quelques heures.
Kelly avait pu se rendormir après le coup de téléphone de Lord Garrick. Elle buvait maintenant à petites gorgées un thé fort en regardant par la fenêtre. Le soleil printanier de cette fin du mois de mai égayait d'un regard souriant le paysage qui s'offrait à sa vue. Le secteur où elle habitait était essentiellement construit de maisons particulières, avec quelques immeubles peu hauts, entrecoupés de jardinets et de squares tranquilles. A côté de chez elle s'étendait un grand parc public accolé à un terrain de golf. Des feuillages d'arbres centenaires se découpaient dans le bleu azuré du ciel. La gigantesque métropole britannique semblait suspendre à cet endroit son incessante avidité d'espace.
Elle aimait ce quartier. Peu d'imagination suffisait pour s'y croire davantage dans une petite ville de province que proche du cœur trépidant de la City. Les gratte-ciel qu'on apercevait d'une autre fenêtre, tout au fond à l'arrière-plan, semblaient bien loin. Pourtant, ils n'étaient qu'à quelques stations de métro.
Son appartement, une grande pièce unique avec un ameublement sommaire et chaleureux, occupait l'étage d'un pavillon situé dans une petite rue calme qui s’appelait Nan Clark’s Lane. La propriétaire continuait d'habiter le rez-de-chaussée. Ancienne choriste au Royal Albert Hall, elle acceptait avec bienveillance les vocalises quotidiennes de sa locataire, ainsi que ses séances de travail avec Mike. Très touchée par son état d'esprit et sa gentillesse, Kelly ne manquait jamais de s'arrêter pour lui dire quelques mots lorsqu'elle la croisait, et se proposait régulièrement pour l'aider quand elle en avait besoin.
Après avoir pris sa douche, Kelly décida enfin de lire les messages de son interlocuteur du matin. Le premier était daté du 15 mai.
« Bonjour, un de mes amis vous a vus en concert il y a trois mois à Heathrow, et m'a dit beaucoup de bien de vous. Des vidéos de vos spectacles trouvées sur internet m'ont confirmé son impression. Je souhaite vous engager pour un gala le 28 juin à Colombey. C'est à 85 miles au sud-est de Londres. Je vous remercie de m'indiquer si cela vous est possible. Lord Garrick. »
Le second, plus sec, avait été expédié le 23 mai.
« Bonjour, je vous rappelle mon message précédent du 15 mai, dans lequel je vous proposais de vous produire dans mon château de Colombey le 28 juin. Je vous remercie de me recontacter dans les meilleurs délais pour me donner votre réponse. Lord Garrick. »
Kelly ne put s'empêcher de faire une moue. Mike exagérait vraiment. Laisser des messages trois semaines sans réponse... Si Lord Garrick n'avait pas relancé encore une fois ce matin, c'était un cachet qui leur passait sous le nez. C'est à croire qu'il ne voulait qu'eux.
Kelly et Mike s'étaient rencontrés au prestigieux London Royal Conservatoire of Music and Dance. Étudiants, ils donnaient des récitals chacun de leur côté dans des pubs pour arrondir leurs fins de mois. Un soir, poussés par des amis, ils avaient improvisé un tour de chant ensemble. Les spectateurs avaient été ravis de leur prestation. Mais surtout, eux s'étaient aperçus qu'ils avaient la même vision de la musique, et que leurs qualités se complétaient admirablement sur scène sans nuire à l'autre partenaire. Une sympathie réciproque s'était ainsi créée. Cela les avait amenés à continuer, et le duo Mikelly était né.
Mike faisait partie de ces hommes qui ont besoin de séduire toutes les femmes qu'ils croisent. Avec son mètre quatre-vingts, son corps musclé, ses longs cheveux blonds et son talent de chanteur, il avait conscience de disposer d'atouts charmeurs. Il savait parfaitement les exploiter, et Kelly elle-même n'y avait pas été insensible. Elle pressentait toutefois qu'une petite amourette entre eux serait mauvaise pour la suite de leur duo. Aussi, un jour où il se montrait trop entreprenant, elle lui affirma qu'elle ne se donnerait à lui que s'il lui promettait le mariage ! Certains mots font reculer les Don Juan trop sûrs d'eux. Mike préféra se rabattre vers d'autres conquêtes moins farouches. Et leur carrière artistique commença à décoller.
D'un point de vue professionnel, il avait été convenu entre eux qu'ils ne prendraient aucun engagement sans en discuter ensemble. Bien que se doutant de l'accord de Mike, elle ne pouvait donc pas expédier la proposition de contrat à Lord Garrick sans lui en parler auparavant. Il était déjà presque midi un quart.
Elle savait que son partenaire aimait se promener l'après-midi dans des boutiques de disques et rencontrer des amis. Elle composa son numéro, espérant le joindre avant qu'il ne sorte. Elle tomba aussitôt sur la boîte vocale, et y déposa un message résumant l'appel du matin et en lui demandant de la recontacter avant 20 heures.
Elle tenta à nouveau de le contacter à plusieurs reprises au cours de l'après-midi, mais son téléphone restait éteint. N'ayant pas de nouvelles de son associé, et voyant l'heure limite indiquée par Lord Garrick se rapprocher, elle décida après un dernier essai qu'exceptionnellement elle déciderait seule pour eux deux. Ce serait sa manière à elle de rappeler à Mike sa mauvaise gestion de leur boîte mails.
Elle adressa à Lord Garrick par courrier électronique un contrat d'engagement. Celui-ci lui en renvoya un scan signé aussitôt. Comme s'il l'attendait avec impatience. Elle répondit par un message de remerciement pour en accuser réception, puis tenta une nouvelle fois de joindre Mike.
Le lendemain midi, toutefois, il ne l'avait toujours pas rappelée. Intriguée, et devant absolument le prévenir de ce futur concert, elle se rendit chez lui. Son appartement était situé dans un vieil immeuble de Soho à proximité de Picadilly Circus. Ce quartier animé, avec ses nombreux restaurants, bars, discothèques, sans compter les galeries d'art, convenait parfaitement à la personnalité du musicien.
Arrivée sur place, elle entreprit de monter l'escalier délabré et poussiéreux qui menait à son étage. Elle sonna à sa porte, puis n'obtenant pour toute réponse qu'un silence glaçant, frappa à plusieurs reprises. Kelly était maintenant inquiète pour son ami. S'était-il passé quelque chose ? Ou délaissait-il simplement son logement le temps d'un nouveau flirt ? Elle prit son téléphone et chercha dans son répertoire auprès de qui elle pourrait obtenir des nouvelles de Mike.
La porte de l'appartement voisin s'ouvrit à ce moment. La silhouette d'un petit homme au ventre proéminent, avec des cheveux blancs coupés courts et un visage mal rasé y apparut. Ses yeux étaient jaunes d'alcool. Il parlait avec un fort accent cockney.
— Et bien Madame, vous n'êtes pas prête de le voir. Il est rentré il y a deux nuits à pas d'heure. Il devait être complètement saoul, car il est tombé dans l'escalier. Ça a fait un tel raffut que ça m'a réveillé. J'ai appelé les flics pour qu'ils viennent le ramasser. Ce n'est pas l'Armée du Salut ici !
— Comment ça? Il est tombé? Vous savez si c'est grave ? Et où a-t-il été emmené?
— Oh, j'en sais rien ! Tout ce que je veux c'est ma tranquillité, et je trouve que je paye déjà trop cher pour ce logement. Alors tout ce que j'ai à vous dire, c'est que ce n'est pas la peine de faire du barouf à sonner ou à frapper, il n'y aura personne pour venir répondre !
Kelly était abasourdie. Mike avait donc eu un accident? Et il semblait grave puisqu'il n'était pas encore revenu chez lui. Il s'était produit le soir de leur dernier concert. Kelly ne put s'empêcher de culpabiliser. C'est elle qui avait proposé de rentrer sur Londres plutôt que de dormir sur place à l'hôtel.
Le commissariat le plus proche lui avait donné les indications qu'elle recherchait. Ils avaient effectivement été appelés très tôt par un voisin l'avant-veille. Mike avait été retrouvé inanimé, baignant dans son sang en bas de l'escalier de son immeuble. Une ambulance avait été prévenue, et il avait été envoyé aux urgences de l'hôpital de Westminster. Là, on lui avait diagnostiqué une fracture au coude, avec un gros traumatisme crânien. Il avait alors été admis dans une chambre du service dédié aux accidents locomoteurs. Elle décida de s'y rendre aussitôt.
La visite de Kelly à son camarade à l'hôpital avait commencé sous de bons auspices. Mike, un bras plâtré et la tête entourée d'un bandage épais, prenait avec philosophie son état de patient. Incorrigible, il guignait avec appétence les formes des infirmières sous leur blouse blanche.
— Tu es vraiment un obsédé sexuel, avait lâché Kelly.
La remarque l'avait fait sourire, et c'était comme un aveu.
Mais, dès qu'elle avait commencé à évoquer le nom de Lord Garrick, il avait explosé.
— Il n'est pas question que j'aille jouer pour ce type !
Kelly avait été interloquée par la violence de sa colère.
— On voit bien que tu ne sais pas qui c'est, avait-il repris. D'ailleurs, je pensais avoir effacé ses messages !
Comment ça ? Il supprimait des propositions de contrat sans lui en parler avant ? Voici un nouveau point dont elle devrait discuter avec lui. Mais bon, elle savait que ce n'était pas le moment. Il est inutile de vouloir raisonner quelqu'un en pleine rage.
— De toute façon, la question ne se pose plus, fit-il avec un accent de triomphe et en montrant son bras plâtré. Alors tu le rappelles, et tu lui dis que ce n'est pas possible !
— Mais on ne peut pas...
