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Les faits que, dans ma pratique spéciale déjà longue, j’ai eu l’occasion d’observer ne sont pas isolés, car la faith-healing et son aboutissant, le miracle, sans attacher à ce mot aucune autre signification que celle d’une guérison opérée en dehors des moyens dont la médecine curative semble disposer d’ordinaire, répondent à une catégorie d’actes qui n’échappent pas à l’ordre naturel des choses. Le miracle thérapeutique a son déterminisme, et les lois qui président à sa genèse et à son évolution commencent à être suffisamment connues pour que le groupe des faits qu’on englobe sous ce vocable se présente avec une allure assez spéciale pour ne pas échapper tout à fait à notre appréciation. Il y a tout lieu de s’en féliciter, d’ailleurs, puisque par la compréhension plus nette de ces déterminations nous mettons de plus en plus à notre disposition les grandes ressources de la faith-healing et que, de ce fait, la maladie nous trouve de moins en moins désarmés devant elle.
Ce sont les éléments eux-mêmes de ce déterminisme que nous allons étudier. La guérison, d’apparence particulière, produit direct de la faith-healing, que l’on appelle communément en thérapeutique du nom de miracle, est, on peut le démontrer, dans la majorité des cas, un phénomène naturel qui s’est produit de tout temps, au milieu des civilisations et des religions les plus variées, en apparence les plus dissemblables, de même qu’actuellement on l’observe sous toutes les latitudes…
Je sais bien qu’aujourd’hui des médecins préposés à la constatation des miracles, et dont la bonne foi n’est pas en cause, semblent portés à reconnaître que la guérison subite des paralysies ou des convulsions n’a rien qui sorte du domaine des lois naturelles. Ils s’appliquent à montrer que des tumeurs, des ulcères parmi les plus rebelles, sont, par contre, monnaie courante dans le domaine de la thérapeutique miraculeuse…
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Veröffentlichungsjahr: 2023
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Les Hiéroglyphes et l’étude de la langue égyptienne.
Les Hiéroglyphes
et l’étude de la langue égyptienne
Le mot hiéroglyphe désigne l’écriture utilisée par les anciens égyptiens, principalement aux temps des pharaons. Il s’agit d’une écriture en peinture ; la première méthode qu’on a trouvée de peindre les idées par des figures.
Selon l’Encyclopédie{1}, cette invention, imparfaite, était de même espèce que celle des Mexicains qui se sont servi de cet expédient, faute de connaître ce que nous nommons des lettres ou des caractères.
Les hiéroglyphes ont été d’usage chez toutes les nations pour conserver les pensées par des figures, et leur donner un être qui les transmît à la postérité. Un tel concours universel ne peut jamais être regardé comme une suite, soit de l’imitation, soit du hasard ou de quelque événement imprévu. Il doit être sans doute considéré comme la voix uniforme de la nature, parlant aux conceptions grossières des humains. Les Chinois à l’Est, les Mexicains à l’Ouest, les Scythes dans le nord, les Indiens, les Phéniciens, les Éthiopiens ont tous suivi la même manière d’écrire, par peinture et par hiéroglyphes ; et les Égyptiens n’ont pas eu vraisemblablement une pratique différente des autres peuples. En effet, ils employèrent leurs hiéroglyphes à dévoiler leurs lois, leurs règlements, leurs usages, leur histoire, en un mot tout ce qui avait du rapport aux matières civiles. C’est ce qui paraît par les obélisques, par le témoignage de Proclus, et par le détail qu’en fait Tacite dans ses Annales, au sujet du voyage de Germanicus en Égypte. C’est ce que prouve encore la fameuse inscription du temple de Minerve à Saïs, dont il est tant parlé dans l’antiquité. Un enfant, un vieillard, un faucon, un poisson, un cheval-marin, servaient à exprimer cette sentence morale : « Vous tous qui entrez dans le monde et qui en sortez, sachez que les dieux haïssent l’impudence ». Ce hiéroglyphe était dans le vestibule d’un temple public ; tout le monde le lisait, et l’entendait à merveille.
Il nous reste quelques monuments de ces premiers essais des caractères égyptiens dans les hiéroglyphes d’Horapollo. Cet auteur nous dit entre autres faits, que ce peuple peignait les deux pieds d’un homme dans l’eau, pour signifier un foulon, et une fumée qui s’élevait dans les airs, pour désigner du feu.
Ainsi les besoins secondés de l’industrie, imaginèrent l’art de s’exprimer : ils prirent en main le crayon ou le ciseau, et traçant sur le bois ou les pierres des figures auxquelles furent attachées des significations particulières, ils donnèrent en quelque façon la vie à ce bois, à ces pierres, et parurent les avoir dotés de la parole. La représentation d’un enfant, d’un vieillard, d’un animal, d’une plante, de la fumée ; celle d’un serpent replié en cercle, un œil, une main, quelque autre partie du corps, un instrument propre à la guerre ou aux arts, devinrent autant d’expressions, d’images, ou, si l’on veut, autant de mots qui, mis à la suite l’un de l’autre, formèrent un discours suivi.
Les Égyptiens inscrivaient alors les hiéroglyphes sur tout : leurs colonnes, leurs obélisques, les murs de leurs temples, de leurs palais, et de leurs sépultures... S’ils érigeaient une statue à un homme illustre, des symboles tels que nous les avons indiqués, ou qui leur étaient analogues, taillés sur la statue même, en traçaient l’histoire. Des caractères semblables peints sur les momies, mettaient chaque famille en état de reconnaître le corps de ses ancêtres. Tant de monuments devinrent donc les dépositaires des connaissances des Égyptiens...
Les Hiéroglyphes et la langue égyptienne{2}.
Les anciennes écritures de l’Égypte, qui de tout temps ont été l’objet d’une vive curiosité, ne figuraient encore dans nos musées que pour une bien faible part à la fin du siècle dernier. Depuis cette époque, de riches collections d’antiquités égyptiennes nous sont venues des rives du Nil ; le Louvre a vu se former un musée nouveau, consacré tout entier à l’Égypte d’autrefois ; et bientôt un obélisque, enlevé aux ruines de Thèbes, se dressant sur une de nos places, va nous montrer l’écriture sacrée des Égyptiens, les hiéroglyphes employés à la décoration de nos monuments publics.
Parmi les objets précieux pour la science, dont l’Europe s’est enrichie depuis un petit nombre d’années, se trouve une pierre noire portant une triple inscription. Elle est connue sous le nom de pierre de Rosette, parce qu’elle fut trouvée par un ingénieur français dans les environs de la ville de Rosette. Enlevée aux savants qui accompagnaient notre armée d’Égypte, elle figure aujourd’hui dans le musée britannique. Cette pierre offre à sa partie supérieure, qui est fracturée, quatorze lignes d’écriture hiéroglyphique ; au-dessous de cette première inscription il en existe une deuxième beaucoup plus longue, en caractères égyptiens cursifs, appelés caractères vulgaires ou démotiques : enfin, la partie inférieure est occupée par une inscription grecque plus longue encore, au moyen de laquelle nous apprenons que les trois inscriptions ne sont qu’un même décret tracé en caractères et en langages différents.
Si de tout temps on avait considéré l’écriture hiéroglyphique comme purement idéographique c’est-à-dire comme n’ayant aucun rapport direct avec la langue parlée, on avait toujours aussi regardé l’écriture égyptienne vulgaire comme procédant par les mêmes moyens que nos écritures ordinaires européennes. C’était une bonne fortune que la découverte d’une inscription égyptienne alphabétique. Bien des essais furent tentés pour retrouver l’alphabet égyptien.
Un savant suédois, M. Akerblad, démontra d’abord que les noms étrangers étaient susceptibles d’une lecture analogue à celle de nos écritures ; mais l’alphabet qui résulta de l’analyse des noms propres étrangers n’eut aucune prise sur le texte égyptien. Toutes les tentatives de déchiffrement demeurant infructueuses, les érudits renoncèrent bientôt à marcher plus longtemps dans cette voie. Ils y étaient entrés convaincus que l’écriture égyptienne vulgaire était alphabétique comme la notre ; ils la quittèrent emportant des doutes nouveaux, et se demandant de quelle nature pouvait être cette écriture vulgaire.
Cependant l’alphabet obtenu par la lecture des noms propres renfermait, comme nous allons le voir, le germe d’une brillante découverte. Un savant anglais, le docteur Young, reprenant cette pierre de Rosette abandonnée depuis quelque temps, se mit à rechercher, par une opération toute matérielle, et à comparer entre elles les expressions des mêmes idées dans les trois textes. Il reconnut promptement que dans une foule de cas, et surtout dans les noms propres étrangers, les caractères du texte vulgaire n’étaient autre chose que des abréviations des caractères hiéroglyphiques. La conséquence obligée de cette remarque était que la méthode, pour exprimer les noms propres étrangers dans l’écriture hiéroglyphique, pourrait bien être analogue à celle dont faisait usage l’écriture vulgaire.
Le docteur Young tenta donc, sur le nom de Ptolémée, le seul qui fût conservé dans le texte hiéroglyphique, ce qui avait été tenté avec succès par M. Akerbald sur les noms propres du texte vulgaire. On sent combien peu de ressources doit offrir un seul nom pour arriver à une analyse exacte. Le docteur Young rencontrant juste pour le fond, c’est-à-dire reconnaissant l’expression phonétique des noms propres étrangers, se trompa dans quelques détails ; l’alphabet qu’il forma, incomplet, inexact, resta inapplicable.
Vint alors M. Champollion, qui donna la vie à une découverte demeurée stérile, et qui, la fécondant par un principe auquel n’avait point songé le savant anglais, étranger aux études philologiques, lui fit produire les résultats les plus importants, les plus inattendus. Remplaçant l’alphabet informe de son devancier par un alphabet certain, riche, complet, il nous montra les noms de rois grecs, ceux des empereurs romains, sur des monuments que l’on avait toujours regardés comme remontant à la plus haute antiquité.
L’on a voulu faire du docteur Young et de M. Champollion deux rivaux se disputant une même découverte ; c’est une erreur, comme il est facile de s’en convaincre. Quelles sont, en effet, les prétentions du docteur Young ? Nous les trouvons consignées dans les dernières pages sorties de sa plume, dans la préface de son dictionnaire démotique : « Ce fut alors que, dit-il dans une lettre adressée à l’archiduc Jean d’Autriche, pour la première fois il fit connaître l’identité originelle des différons systèmes d’écriture employés par les anciens Égyptiens, observant qu’on peut reconnaître dans le nom enchorial (en écriture vulgaire) de Ptolémée une imitation éloignée (loose) des caractères hiéroglyphiques dont se compose le même nom. J’ai étendu ensuite la même comparaison au nom de Bérénice.» Quelle est, d’un autre côté, la découverte revendiquée par M. Champollion ? Ce n’est point d’avoir reconnu que l’écriture vulgaire n’est qu’une tachygraphie des hiéroglyphes ; ce n’est point d’avoir cherché dans les cartouches (petits encadrements elliptiques) des noms écrits alphabétiquement de même que dans l’écriture vulgaire, mais seulement « d’avoir fixé la valeur propre à chacun des caractères qui composent ces noms, de manière que ces valeurs fussent applicables partout où ces mêmes caractères se présentent. »
Ainsi, avoir démontré que les écritures sacrées et vulgaires sont de même nature, voilà la part qu’il n’est point possible de contester au docteur Young, et c’est la seule qu’il réclame. Cette identité de nature entre l’écriture hiéroglyphique et l’écriture démotique conduisait naturellement à essayer sur les noms de l’inscription hiéroglyphique les procédés de lecture employés par M. Akerblad sur l’inscription démotique.
Avoir fixé la valeur propre à chacun des caractères hiéroglyphiques qui composent les noms propres, voilà la part que réclame M. Champollion, et que personne ne lui conteste. Il n’y a point ici découverte disputée : il y a deux découvertes tout-à-fait distinctes. Celle du savant français est venue après celle de M. Young ; mais elle n’en est point une conséquence obligée.
J’arrive aux premiers résultats de la découverte de l’alphabet des hiéroglyphes phonétiques. M. Champollion, en lisant au milieu des sculptures hiéroglyphiques les noms des empereurs de Rome, a ramené en deçà du point initial de l’ère chrétienne des constructions, des décorations, qui différaient assez peu des sculptures les plus anciennes pour que des personnes habiles, des savants distingués, les aient considérées comme vieilles de plusieurs milliers d’années.
