La harpéopathie - Alix Colin - E-Book

La harpéopathie E-Book

Alix Colin

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Beschreibung

La harpéopathie est une voie artistique d'ordre thérapeutique spécifiquement développée à la harpe. Cet instrument magique et intemporel peut changer votre vie. La créativité, l'improvisation, la sensibilité et l'authenticité sont au coeur de la démarche. Que vous soyez harpiste, musicien, soignant, patient ou simplement curieux, ce livre vous en donne tous les secrets.

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Seitenzahl: 309

Veröffentlichungsjahr: 2022

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Table des matières

Introduction

L’Ancien et le Nouveau

Pourquoi la harpe ?

Les forces de la musique

Les fondements de la harpéopathie

La grâce

La harpéopathie en pratique

Les belles histoires de la harpéopathie

La harpéopathie au chevet des plus fragiles

Envoi

Bibliographie

Remerciements

Pour tout contact

1. Introduction

Le véritable artiste aide le monde en révélant des vérités mystiques1

Bienvenue dans ce livre qui vous invite à découvrir ma pratique thérapeutique avec la harpe que j'ai développée progressivement depuis 2005. La musique de harpe associée à un certain art de la présence peut changer les choses pour ceux et celles qui en sont les bénéficiaires. Il ne s’agit pas tout à fait de musico-thérapie, mais d’une vraie pratique artistique, s’élevant à un niveau supérieur, par la conscience, l’intention et la grâce, qui atteint alors une dimension transformatrice.

Je l’ai appelée harpéopathie par association avec d’autres disciplines telles que naturopathie, ostéopathie, homéopathie … afin de l’intégrer dans les soins qu’on ne nomme plus alternatifs, mais complémentaires, du fait que petit à petit, malgré les apparences, la médecine officielle les intègre aux côtés des protocoles officiels.

En pratique, on peut définir la harpéopathie comme une forme de musique thérapeutique spécifiquement jouée à la harpe, en contact direct entre le musicien et son (ses) écoutant(s), dont le but est d’offrir un espace de ressourcement, de réconciliation ou de jouvence grâce à la musique qui lui est jouée.

Il va sans dire que l’essentiel se passe à la fois dans l’improvisation mobile et créative, dans la qualité d’attention et de bienveillance, et dans la présence authentique fine et subtile que le joueur est capable de développer. Quelque chose se passe … pour employer les mots de Jean During.

Ce livre est destiné à toute personne que ce domaine peut intéresser : des harpistes, qui veulent en savoir plus sur le pouvoir de leur instrument, et souhaiteront peut-être se former à la harpéopathie à l’avenir; d’autres musiciens ayant (ou pas) une pratique de musique thérapeutique; des patients (ou des proches) qui veulent découvrir ou mieux comprendre ce que ces séances peuvent apporter; des soignants ou des responsables de services ou d’institutions, qui désirent collaborer avec des praticiens/musiciens en harpéopathie; des étudiants en musico-thérapie ou même encore des musiciens thérapeutiques ayant été formés à d’autres approches et qui veulent élargir leur champ d’expertise. J’espère que chacun trouvera des réponses à ses questions et ouvrira un nouvel horizon de possibles autour de la harpe.

La harpe est ma compagne de vie depuis 50 ans, depuis ma tendre enfance. Lorsque j’étais petite, j’ai reçu à prêter de mon académie de musique à Bruxelles une grande harpe chromatique Pleyel durant cinq années. C’était exceptionnel. Cet instrument fabuleux trônait dans le salon de ma famille et je m’en approchais avec une grande vénération. Lorsque je jouais, j’étais littéralemet emportée comme si je chevauchais un cheval aux pouvoirs merveilleux. J’ai passé de nombreuses heures à improviser sur cet instrument (j’étais peu scolaire et mon professeur devait faire preuve de patience), et je réalise aujourd’hui que ce sont ces explorations libres et ludiques, qui m’ont permis d’installer en moi un jeu créatif et profond.

La musique (mais aussi la poésie à laquelle je suis également très sensible) m’a soutenue durant les passages difficiles de ma vie, me garantissant un ancrage dans la certitude que le Beau, le Vrai, le Bien, le Noble, le Juste … peuvent continuer d’exister malgré les épreuves, sous des formes artistiques, c’est à dire profondément humaines.

J’ai profité moi-même de ma propre musique pour accompagner mes moments de blues ou de replis, mes besoins de création joyeuse, ma vie sociale et relationnelle, l’affirmation de mes valeurs les plus profondes (et donc les plus fragiles), les naissances de mes enfants, les deuils, les passages en tous genres…

A partir de 2005, j’ai ressenti un appel à approfondir les pouvoirs de la musique, d’abord par la voix (je me suis formée en psychophonie ML Aucher entre 2005 et 2009) et par la pédagogie (j’ai été musicienne intervenante pour les Jeunesses Musicale de 1989 à 2001 et professeur de musique en école Waldorf-Steiner de 1995 à 2021). Lorsque j’ai commencé à animer moi-même un atelier de chant prénatal en 2009, en m’accompagnant à la harpe, j’ai découvert intuitivement le pouvoir de la musique prescriptive, c’est à dire la création d’une musique destinée à une personne précise, improvisée dans l’instant, plutôt que le choix d’un répertoire ou que la composition. Je me suis alors adonnée à cet art de l’inspiration libre et intuitive, et la harpe a commencé à prendre plus d’importance que le chant dans mes ateliers.

En 2012, j’ai rencontré Christina Tourin et les choses se sont précisées quant à ma nouvelle orientation vers la harpe-thérapie. Christina m’a littéralement poussée du nid pour prendre mon propre envol.

Lors d’un stage à San Diego, elle a soudainement annoncé devant tout l’auditoire que j’allais à présent jouer un solo. Ce n’était pas préparé et je n’avais aucune idée de ce que je pouvais jouer dans ce contexte qui réunissait en face de nous une bonne trentaine de personnes fort atteintes physiquement et éprouvées psychologiquement, résidant à long terme dans un centre de soins et de revalidation. Mais j’ai ressenti en même temps, que j’en étais parfaitement capable. J’ai ouvert mes ailes et j’ai commencé à jouer un air de ma composition qui s’est ensuite prêté à un développement improvisé. Soudainement, c’était facile à faire et mon inspiration intuitive coulait abondamment en moi comme par magie. Je me suis mise à déambuler entre les lits médicaux, les chaises roulantes, les fauteuils adaptés, m’approchant avec tendresse des corps mutilés, des visages déformés, de ces personnes fragilisées par la douleur et l’épreuve. Tout en croisant leurs regards profonds, intenses, pleins de gratitude, j’ai pris conscience de la soudaine lumière que ma musique et ma présence pouvaient susciter durant tout mon solo. Il n’était plus simplement question de leur faire plaisir ou de les distraire de leur stress. Il se passait autre chose. Je n’oublierai jamais ce jour. Je me suis sentie parfaitement dans mon élément quoique la situation me semblât hors du temps.

Depuis, bien sûr, j’ai étoffé mon expérience dans beaucoup de lieux de soins et pour beaucoup de patients et clients. Chaque rencontre est une aventure humaine avant tout et la harpe fait son travail, dans la grâce.

En 2013, j’ai rejoint le projet Unissons, créé par le chanteur Laurent De Vecchi en 2009, pour partager avec d’autres musiciens holistiques l’aventure de la scène et du public, sous la forme de concerts méditatifs dont la musique est à 85% improvisée. L’émulation et la régulation entre nous m’a permis de développer un jeu collectif et une relation porteuse entre musiciens. Le succès de ce groupe et la fidélité du public nous ont donné beaucoup de joie et de force. Les échanges tant avec notre public qu’entre nous ont toujours été très détaillés, profonds, porteurs et surtout positifs et qualitatifs. Avec Unissons, nous avons un grand respect pour le travail de chacun et nous mettons tout en oeuvre pour que chaque musicien puisse donner le meilleur sur scène. Avec eux, j’ai enfin expérimenté un lieu de travail musical (presque) sans compétition.

En 2019, j’ai rencontré Daniel Perret qui m’a ouvert à une dimension supplémentaire qui est le rôle spécifique que la harpe joue en tant que lien entre le monde terrestre et le monde céleste. Ce n’était pas nouveau, évidemment, car chaque artiste sait au plus profond de lui-même (parfois sans vouloir l’avouer) que toute création artistique, quelle qu’elle soit, se fait avec de l’énergie spirituelle. Cependant, Daniel parle d’un besoin musical que le monde spirituel ressent. D’une certaine façon, les êtres célestes se nourrissent de la musique humaine, ils l’utilisent dans leur monde. Elle leur est même indispensable pour accomplir certaines de leurs missions. Il semble même que la musique de harpe (ou d’instruments similaires, à longues cordes vibrantes) leur est particulièrement accessible et profitable. Beaucoup de harpistes ressentent cela, même si ils n’ont pas de mots pour en parler. Lorsqu’ils jouent sur leur harpe, beaucoup d’invisibles viennent puiser les sons, les vibrations, la grâce, la beauté … et ils insufflent à leur tour imagination, intuition et inspiration.

Depuis 2009, j’ai étendu mon expérience à de nombreux champs tels que les visites au chevet de personnes fragiles (à domicile, à l’hôpital, en institution …) auprès de personnes âgées, malades, handicapées, en fin de vie; mais aussi l’accueil et l’accompagnement de femmes enceintes et de bébés, voire de familles entières. Des personnes saines mais en besoin (fatigue, stress, immigration, pauvreté, deuil, convalescence, préparation à des traitements, …), en quête de ressourcement, ou simplement curieuses de faire une expérience personnelle sont venues se reposer dans l’ombrage doux de ma harpe. Lors des concerts, un public reconnaissant profite de mes musiques pour chanter, méditer, prier ou pratiquer des exercices de développement (intérieurs ou corporels). J’ai accompagné d’autres soignants lors de soins alternatifs, des massages, de la kinésithérapie, du Shiatsu, … des fêtes ou rituels divers, apportant une dimension plus sensible et plus élevée (passages, célébrations, funérailles, mariages …). En association avec le conte, la poésie, la littérature … la harpe fait des merveilles pour augmenter l’enchantement.

J’ai également développé de nombreuses activités de harpéopathie actives (les patients/clients jouent de la harpe), tels que les cercles de harpe, les journées harpéo en pleine nature, la balade des arbres sacrés, des stages et des cours dont la pédagogie est adaptée et en conscience. J’ai composé pour mes élèves des morceaux à caractère thérapeutique qui sont de plus en plus joués ou enseignés par d’autres harpistes sensibles.

Je maintiens également une pratique régulière de soins à distance, comme une méditation musicale, afin d’offrir régénérescence et soutien aux processus naturels, aux personnes touchées par des événements personnels ou extérieurs, ou encore pour soutenir les êtres spirituels dans l’aura de ma harpe.

Enfin, l’enseignement et la transmission me tiennent à coeur. Dans mon petit Studio Marguerite, à Louvain-la-Neuve, je donne mes cours individuels. J’y accueille des élèves de tous âges et de tous niveaux, avec lesquels j’apprends moi-même tous les jours de merveilleux secrets sur la harpe, l’art, la musique et la nature humaine. J’ai créé en 2021 une formation en harpéopathie, de niveau professionnel, que je propose aux harpistes francophones. Dans le cadre du programme international de harpe-thérapie IHTPEur que j’ai créé avec mes collègues hollandaises en 2015 sous le patronnage de Christina Tourin (fondatrice et directrice de l’International Harp Therapy Program), j’anime en anglais des ateliers, des webinars, de la supervision.

Que vous soyez harpiste ou non, que vous ayiez déjà une connaissance de la harpe-thérapie ou pas, je suis heureuse de vous accueillir dans mon univers personnel et de vous partager les puissances de la harpe qui ne cessent de se dévoiler à mes yeux depuis mon enfance.

La puissance de la musique de harpe est ainsi faite qu’elle a vraiment une dimension holistique et donc profondément humaine. Elle s’adresse à toutes nos parcelles, les plus cachées, les plus sensibles, les plus inconscientes. Le mot puissance peut signifier une force avérée ou bien une vertu subjonctive. C’est donc sur cette double invitation sémantique que se base l’art léger et subtil de la harpéopathie.

La harpe-thérapie et la harpéopathie

La harpéopathie est d’abord une discipline artistique mais elle comporte une assise scientifique et s'inscrit dans le mouvement mondial de la musique thérapeutique à la harpe (appelée aussi harpe-thérapie) qui ne cesse de se développer depuis une trentaine d’années. L’usage de la harpe en tant qu’instrument sensible et guérisseur fait l’objet d’une pratique millénaire et universelle, mais aujourd'hui elle a été redécouverte par des praticiens/musiciens modernes. Elle s’est enrichie des connaissances scientifiques actuelles ainsi que de l'expérience de terrain vécue par de nombreux harpistes thérapeutiques à travers le monde. Lorsqu’on est conscient des enjeux et des possibles, on devient encore plus créatif et surtout plus adapté aux situations qui se présentent. Les études officielles en physique, médecine, neurologie, psychologie, sociologie, linguistique, pédagogie, etc… peuvent nourrir l’imagination des artistes également. Une connaissance n’est pas un frein à l’inspiration, sauf si elle réfrène la spontanéité ou le geste artistique. Les publications révélant les recherches sur le cerveau et la musique devraient passionner autant les musiciens que les scientifiques. En tous cas, les conclusions vont toutes dans le sens qui est d’inciter Mr et Mme Toutlemonde à pratiquer plus de musique : cela devrait donc stimuler les musiciens. Personnellement, je trouve que les auteurs en musico-thérapie ont tendance à psychologiser l’expérience musicale, obligeant les lecteurs à entrer dans une vision trop précise de leurs convictions académiques ou leur vision du monde. Je trouve que les neurologues ont une approche plus neutre et finalement plus éthique. Je vous invite à lire (car c’est accessible en français) des auteurs tels que Emmanuel Bigand, Barbara Tillmann, Michel Rochon …

Dans ce livre, je présente ma propre pratique de la harpe-thérapie, non pas qu’elle soit meilleure que celle des autres, mais elle est teintée de ma personnalité, de mon parcours musical et de mes recherches et expériences. J’ai nommé ma pratique de harpe-thérapie : Harpéopathie©, afin de la distinguer de celles déjà en cours, et d’en assumer toute la responsabilité (ainsi que tout l’enthousiasme) pour tout ce qu’elle contient d’originalité.

Ce livre contient partiellement des textes édités précédemment sous le titre Cette harpe qui guérit , qui est une publication réservée aux étudiants en harpéopathie, et qui révèle encore plus en détail tous les fondements de la harpéopathie.

En quoi, dès lors, la harpéopathie diffère-t-elle des autres pratiques de harpe-thérapie? Dans le concret on pourrait penser que c’est la même chose : action passive ou active, séances individuelles et collectives, en concert méditatif ou holistique, au chevet, en cercles de harpes, etc … Mais si on y regarde de plus près, c’est surtout la connaissance musicale et la conscience particulière de certains aspects qui en font la spécificité. La harpéopathie implique la maîtrise de l’improvisation individualisée et prescriptive (par une approche musicale particulière et l’observation très fine des besoins de l’écoutant), la délicatesse et la positivité du son (par une recherche sur le timbre et le travail de la main), l’usage du ton de résonance (TDR) et des qualités spécifiques des tonalités (par une expérience approfondie de l’harmonie), la pratique de la triangulation relationnelle (par l’hyperperceptivité dans les relations harpe-écoutant-musicien), la prise de responsabilités authentiques (par l’éthique et la philosophie), ainsi que l’incorporation d’une spiritualité universelle qui se manifeste dans la grâce de la musique et dans la présence (par la recherche d‘un Espace Sacré).

On peut dire finalement, que la harpéopathie présente des similarités avec d’autres pratiques de harpe-thérapie, mais elle se développe avec une conscience spécifique et selon une vision des choses orientée par mes propres enseignements.

Depuis toujours la harpe, la lyre, les cithares ou d’autres instruments à longues cordes résonantes, apportent des sonorités riches en vibrations bienfaisantes. Jouée dans l’intimité, la musique de harpe crée une enveloppe de sécurité et d’élévation. Rien que par sa présence, la harpe crée un sentiment de pureté et de noblesse, et il se forme autour d’elle une sorte de cercle magique ou sacré. Si le jeu est doux et caressant, il rassure et apaise. Si le jeu est vif, il dynamise le tonus et remonte le moral. Depuis une quarantaine d’années, des harpistes praticiens (surtout aux USA) ont été inspirés par ces vertus et ont développé chacun à leur manière une pratique de harpe-thérapie revisitée et adaptée aux temps présents. Dès 1995, les pionniers américains ont uni leurs forces pour créer un label afin de faire reconnaître officiellement ce travail de musique thérapeutique2. Ces personnalités hors du commun3 ont ouvert un champ des possibles large et créatif ; cherchant entre eux la congruence et la complémentarité plutôt que la concurrence ou le jugement de valeur, ce qui est pour moi une grande preuve de sagesse et de maturité, comme l’enseignaient les bardes, jadis. Je serai à jamais dans l’admiration et la gratitude devant leur travail passionné et dévoué. Leurs pratiques si ouvertes, si diverses, si créatives, émulent mon engagement, à mon tour.

La harpe-thérapie fait partie d’un plus large domaine qui se distingue de la musico-thérapie (qui est d’ordre psychologique) et de la sonothérapie (qui est d’ordre vibratoire), et que l’on peut appeler musique thérapeutique . Elle est pratiquée par des musiciens, c’est-à-dire des artistes, qui élèvent leur art à une dimension si subtile qu’il en devient thérapeutique. En allant au-delà de son pouvoir de divertissement, la musique peut rejoindre des espaces personnels où on atteint l’Etre pur : c’est-à-dire une parcelle de soi-même où l’on n’est ni vieux ni jeune, ni malade ni souffrant, ni blanc ni noir, ni triste ni gai … en dehors du temps et de l’espace. Au-delà des émotions et des sentiments communs, on y expérimente des ressentis très fins comme l’émerveillement, la contemplation, la vénération, la bénédiction … Par la grâce et la beauté, la musique peut permettre au patient/client d’atteindre cet espace. Le musicien devient praticien et va se mettre à jouer une musique totalement au service du patient/client, afin que celui-ci puisse se connecter à son être pur, son Esprit élevé, son Moi. A ce contact, le patient/client va atteindre sa propre source, celle où il peut puiser par lui-même ses ressources, ses énergies, ses motivations … celles qui lui sont propres et favorables.

En harpéopathie, il s’agit donc d’une forme d’auto-guérison où le processus est entièrement sous le contrôle du client. Il n’y a aucun autre objectif que celui de donner une opportunité au client. Il n’y a aucun autre protocole que celui d’offrir un moment de pure beauté, de pure authenticité, de pure bonté … sans attente. Le client peut (ou non) s’en saisir pour y cueillir des forces d’auto-guérison. Les enjeux d’une telle pratique échappent au contrôle du praticien/musicien ; ils relèvent du Champ Divin, de ce qu’on appelle souvent aujourd’hui la Spiritualité Universelle, de ce que j’aime de nommer l’Art le plus pur.

Lorsque la musique est improvisée, spontanée, entièrement individualisée (dédiée au client) et que le musicien y développe la grâce et la beauté (sans mise en avant de son égo), les effets guérisseurs de la musique deviennent visibles sur plusieurs plans :

Harmonisation générale de la personne

Baisse du stress

Apaisement des émotions négatives

Concentration sur le présent

Optimisation de sa santé (physique, énergétique, mentale, psychologique, spirituelle)

Expérience transcendantale

Recherche de l’essence et de l’essentiel (rejet du superficiel)

Sensoralité supérieure (avoir bon goût, avoir du flair, trouver l’équilibre…)

Qualités intérieures supérieures : imagination, intuition, inspiration

Confiance dans le Sens de la vie et le destin

Recherche du raffinement, de la subtilité

Perceptions positives d’êtres immatériels ou d’énergies (les invisibles)

Connection supérieure avec la nature, les animaux, …

Etc.

La musique thérapeutique sera particulièrement bien adaptée aux personnes en grande fragilité que l’on visitera au chevet. En soins intensifs et palliatifs, en périnatalité, en revalidation physique ou neurologique, en maisons de retraite et de soins, etc. Elle accompagne merveilleusement les étapes de vie et les quêtes de sens (transition, naissance, deuil, …). Elle peut également soutenir la spiritualité vécue (méditation, religion, engagement, rituels …). Elle éclaire et ressource toute personne qui en éprouve le besoin.

Le champ d’expertise de la musique thérapeutique est donc d’abord la maîtrise de la musique. Pour y prétendre, le praticien doit être un très bon musicien. Il doit connaître en profondeur les puissances de son instrument et être capable d’en jouer avec une grande liberté, une grande souplesse, une grande créativité … Il doit pouvoir jouer sans égo, sans chercher à impressionner ni performer, tout en développant sa flexibilité ; sachant que par elle, grâce et beauté, ouvriront la porte des mondes invisibles à atteindre. Il doit aussi être capable, tout en jouant, d’observer très finement ce qui se passe là, dans l’instant, afin que la musique qu’il joue, soit parfaitement en résonance avec l’Etre de son patient/client.

La musique et l’humanité

Humanity is soundly organized John Blacking4

Les recherches sur l’être humain et la musique sont arrivées tardivement dans l’histoire des sciences parce que la musique est tellement naturelle et quotidienne à l’être humain qu’on la remarque à peine. Oliver Sacks5, chercheur en sciences cognitives en neurologie cérébrale, en prend conscience et se met à développer une observation de la musique grâce à un accident terrible : un homme fut frappé par la foudre, et conséquemment, il manifesta une compulsion irrésistible pour le piano à toute heure du jour. Ses recherches ont mis en évidence que l’être humain fait de la musique en continu, à tout âge, partout dans le monde, depuis toujours et à jamais. Même dans le silence, son cerveau, sa pensée, sa sensibilité ou son imagination sont continuellement dans une attitude musicale ; et cela est vrai pour tout le monde. Nous rythmons nos pas, nous fredonnons, nous organisons nos pensées, nous nous accordons aux autres, nous reconnaissons les voix, les langues, … Nous avons tendance à organiser notre espace en fonction du son (sécurité, confort, intimité) et à nous entourer de musiques que nous aimons. Nous avons mis au point une technologie musicale incroyable qui nous suit jusqu’au coeur de nos foyers : Youtube, Spotify, radios, internet … Les rencontres entre êtres humains sont toutes marquées du sceau de la musique : nous écoutons le concert, nous chantons à l’école ou à l’église, nous berçons nos enfants, nous vénérons des chanteurs et des musiciens, nous dansons en boîte ou en festival, nous rythmons le travail, nous prononçons des discours expressifs, nous remplissons les espaces sociaux de musique (publics, commerces, salles d’attente …), nous communiquons avec la nature (bruissements des arbres, des animaux, des vents et marées …), etc. La liste est tellement longue qu’il est impossible de tout décrire ! Pensez à votre journée et mesurez à quel point la musique est présente en vous et autour de vous.

Les recherches modernes dans des domaines des plus variés (et éloignés) se tournent actuellement vers la musique : archéologie, anthropologie, neurosciences, physique acoustique, physique quantique, médecine, psychologie, psycho-pédagogie, communication, … Elles tendent toutes vers l’évidence que l’être humain a besoin de la musique, tout autant qu’il mange, boit, dort ou respire. La musique semble être un élément qui appartient aux nécessités pour que tout individu se ressente comme étant pleinement humain. Elle fait tellement partie de nos vies qu’on l’a totalement banalisée. Un peu comme l’air qu’on respire en continu, qui nous est tellement familier, qu’on n’a pas l’impression qu’il fait partie du monde matériel qui constitue la Terre et son atmosphère. Pour étudier l’air, ses propriétés physiques et sa composition chimique, nous avons dû nous abstraire de la respiration.

Etudier la musique ne peut se dissocier du fait que l’être humain est profondément social ; et donc la musique est elle aussi profondément sociale. John Blacking est le premier chercheur à dénoncer le nombrilisme de la musicologie, au profit d’une vision plus large, en contexte, de toute musique. L’ethnomusicologie doit devenir une anthropologie de la musique pour faire sens. Sinon, on s’en tient à du descriptif, qui n’a en fait aucun intérêt, puisqu’il s’agit en réalité de processus vivants et en évolution. Aussitôt jouée, la musique est finie, et la suivante sera différente. Blacking6 met en évidence par exemple que les chansons d’enfants, bâties le plus souvent sur quelques notes seulement, ne sont pas les premières musiques auxquelles les bébés sont exposés. L’enfant in utero et dans ses premiers mois de vie, est exposé surtout à la musique que font ou écoutent ses parents. Ce n’est que pour établir un lien social solidaire, une hiérarchie de génération et un langage d’intégration à la société que les chansons d’enfants sont pratiquées par les adultes vers leurs petits ; elles constituent en réalité un code sémantique d’intégration, et pas du tout une pédagogie de la musique, qui serait nécessaire ou linéaire.

On sait que l’homme joue de la musique depuis toujours et on peut espérer qu’il en jouera à jamais. Les plus anciennes flûtes datent d’il y a env. 40.000 ans (Allemagne, Tchéquie, Serbie), c’est-à-dire 20.000 ans avant les peintures rupestres. La précision de ces instruments montre bien que leur construction était déjà bien maîtrisée, donc leur apparition devait être bien plus ancienne. La musique a vraisemblablement commencé avec le chant, la danse et la percussion (sur objets, puis sur instruments). Les percussions naturelles telles que lithophones, xylophones, stalactites, etc se sont progressivement élaborées. Les instruments à vent sont venus ensuite ; et les instruments à cordes sont les plus tardifs. Le tout, suivant le développement des outils et techniques. On peut voir qu’en Amérique (du Nord au Sud), les instruments à cordes ne sont pas représentés chez les peuples natifs (tambours et flûtes uniquement) ; on pourrait donc imaginer que leur migration depuis l’Europe s’est déroulée avant l’apparition des instruments à cordes (théorie à creuser …). Tous les instruments à cordes, et donc toutes les harpes, dérivent de l’arc (à flèches, ou à feu) devenu petit à petit musical : cordes tendues sur une structure en bois.

Tout au long de sa vie, l’être humain dépend de ses relations aux autres. Il reçoit des autres, toutes les ressources utiles à son avancement et les redistribue à son tour : soutien, exemple, protection, compassion, entraide, enseignement, encouragement … Il échange ces ressources personnelles par le langage (verbal et non-verbal), les actions et la connaissance. Et c’est ici que la musique intervient (plus que les autres arts) car la musique est le ciment des relations humaines. Dans les échanges musicaux, l’être humain trouve toutes les vertus nécessaires à son développement. De nombreux domaines de la vie qui pourraient paraître éloignés de la conception formelle de la musique, sont en fait purement musicaux, si on creuse un peu. On trouve d’ailleurs dans les expressions du langage courant, des tas d’exemples qui en disent long, comme par ex. :

Bien s’entendre, ça résonne en moi, qu’est-ce que tu me chantes là ?, je mets un bémol à cette idée, je passe à l’octave, accordons nos violons, C’est faux et c’est juste, je cherche l’harmonie, quelle cacophonie !, il fait ses gammes, c’est le ténor de la profession, j’accorde mes pas aux tiens, ils sont à l’unisson, il donne le ton à toute l’équipe, etc.

La vertu sociale contenue dans la musique est souvent plus puissante que les aspects personnels et intérieurs de ses effets sur le développement personnel. On pourrait presqu’affirmer que c’est par le sens social de la musique que l’on permet d’atteindre ce développement personnel. Dans la musique, les forces sociales positives qui sont à l’œuvre sont incroyables et peuvent cimenter des relations à vie.

La principale fonction de la musique est d’engager les gens en une expérience de participation dans le cadre de leur culture.

John Blacking7

Le rythme joue un grand rôle dans la cohésion sociale par sa force d’appel à l’engagement et la participation. Lorsque les membres d’un groupe expérimentent une musique ensemble, il se crée entre eux un lien de coopération, de collaboration, de connivence, voire d’intimité. Ce vécu commun joue un rôle d’anti-conflit. Les individus rythmant la musique ensemble, se placent symboliquement non pas face-à-face, mais côte-à-côte. La musique les porte dans une direction commune, ils marchent au pas communautaire. Ils vivent dans le même temps, ils avancent en même temps.

De simples injonctions comme de commencer ensemble et de finir ensemble, prennent sens et les individus adhèrent sans rechigner aux mouvements de la communauté, parce qu’ils se sentent liés aux objectifs communs et y ajustent leurs objectifs personnels. Le chœur tempère le tempo du cœur. Par son adhésion sociale musicale, l’individu reçoit du groupe des forces psychologiques importantes qui ne se transmettent pas si facilement par d’autres biais. Par ex, le courage, la force, la confiance, l’habileté … Depuis l’aube des temps, la musique sert socialement à l’enseignement et l’édification. Sans la cohérence sociale, la société ne survit pas. On trouve la musique partout où cette cohérence doit être construite, entretenue ou reconstruite. Et ne croyons pas qu’il ne s’agit que des sociétés traditionnelles, notre monde moderne fonctionne exactement sur ces mêmes bases. Chants de travail, de guerre, de chasse, d’héroïsme … Chants d’édification, de mémoire, de dévotion … Chants de tendresse, de soutien, d’amour … et c’est le rythme dans la musique qui assure le fondement de cette cohésion.

Mais il n’y a pas que le rythme dans la musique. La mélodie et l’harmonie ont tout autant d’importance, mais d’une façon plus subtile, dans l’usage de la musique en tant que ciment relationnel, culturel et social. On peut le voir dans la joie de partager du répertoire, ou dans la crainte de ne pas être à la hauteur musicalement.

En général quand une personne est peu encline à la musique, elle conclut : Je n’ai pas l’oreille musicale … et cette sentence semble être un verdict. Si j’insiste dans mes chapitres sur le fait que tout le monde est en fait musical, est-il possible que des personnes ne le soient pas ? Eh bien, à vrai dire, non … J’y crois vraiment : tout le monde est musical, même si tout le monde n’est pas musicien. Cependant, certaines personnes ne développent pas (ou peu) cette compétence et n’ont pas conscience de ce potentiel. Si vous n’avez quasi jamais expérimenté votre compétence musicale, elle s’est peu développée (vous avez développé autre chose …) et vous ne connaissez pas cette part de vous-même, vous ne l’utilisez donc que très peu; l’exercice de la musique vous semble un terrain miné et vous vous contentez de la consommer. Si, pire, durant votre enfance, un adulte peu éveillé, vous a taxé de non-musical (d’une façon ou d’une autre), vous aurez inscrit ce verdict comme un jugement de valeur sur vous-même, extrêmement blessant puisqu’il touche une nature universelle en vous. Il se peut également que votre nature musicale soit intacte et même très active dans votre vie, sans que vous soyez du tout musicien (c’est la majorité des gens !). Vous utilisez votre intelligence musicale de trente-six façons sans vous en rendre compte. Car cette intelligence prend des formes variées et sert à toutes sortes de choses, dont la pratique musicale n’est qu’une partie. Elle vous sert dans un nombre incalculable de situations et vous aide à danser votre vie. Cela va du tempo de votre jogging, à la pensée géométrique de votre agenda, de la reconnaissance des voix, à votre fluidité dans le trafic auto, à votre surveillance auditive (inconsciente) des appareils et machines, ou encore à votre équilibre équestre, etc.

S’il n’y avait qu’un petit nombre de gens qui possèdent la compétence musicale, il n’y aurait qu’un petit nombre de gens qui pourraient apprécier la musique8. Or, quasi l’entièreté de l’humanité est friande de musique. Celui qui est capable de jouer ou de chanter ne possède en fait que l’expérience instrumentale en plus, ou des qualités psychomotrices plus exercées, ou simplement un désir plus grand d’intégrer son intelligence musicale à sa vie. Mais quiconque possède suffisamment de compétence musicale pour apprécier la beauté, ressentir les émotions ou se soumettre aux impulsions que la musique contient et fait émerger chez tous les êtres humains. On ne peut pas limiter la compétence musicale aux seuls joueurs de musique. Les auditeurs ont les mêmes compétences, et sont sensibles aux mêmes forces, au même langage artistique. D’ailleurs, sur un plan énergétique ou spirituel, les auditeurs créent la musique avec l’exécutant, leur présence participe grandement à l’inspiration du moment ; et la musique prend tout son sens quand elle est partagée.

Quand on dit avoir de l’oreille on parle en général de la compétence qui concerne la perception des hauteurs, des intervalles. C’est-à-dire une compétence mélodique. Or il se peut que vous ayez une meilleure compétence harmonique ou rythmique que mélodique, et vous concluez un peu tôt que vous n’avez pas le sens de la musique. Certaines personnes ont une oreille musicale extrêmement affûtée et ne sont pas musiciennes pour autant. Il y a même plus de gens qu’on ne pense qui ont ce qu’on appelle l’oreille absolue (c’est-à-dire la reconnaissance immédiate des notes) même parmi les non musiciens. Les musiciens, eux-mêmes, n’ont pas toujours l’oreille musicale la plus affinée qui soit. Avoir de l’oreille est le fait d’une sensorialité aiguisée, d’une présence très active dans l’écoute et d’une capacité de mémoire ciblée ; c’est une compétence qui peut s’acquérir par une pratique active et consciente9.

Ce que je veux dire avec tout cela c’est que la compétence musicale est très répandue, ce n’est pas quelque chose de rare ou réservé à quelques élus. La harpéopathie est une discipline qui peut concerner tout le monde, car elle fait appel à cette universalité musicale humaine.

1 sur le mur d’entrée du Kröller-Müller Museum, Pays-Bas

2 NSBTM, National Standard Board for Therapeutic Musicians

3 1e génération de harpe-thérapeutes aux USA : Christina Tourin, Sarajane Williams, Laurie Riley, Therese Schroeder-Sheker, Ron Price, Stella Benson, Lynette Edelson, Mona Peck, Melinda Gardiner, Edie Elkan, Amy Camie, Portia Diwa, Ian Hepburn, Linda Kuckenbrod, Laurence Marie, Cynthia Price-Glynn, Susan Raimond, Mary Stevens, Dee Sweeney, Alison Ware, Lisa Lynn, … Mais aussi ailleurs dans le monde : Peter Roberts (Australie), Ushi Laar (Allemagne), Famille Harrari (Israël), Vanessa Gerkens (Belgique), Ludwig Conistabile (Italie), Alizbar (Russie), Daniel Perret (France/Suisse), Jan Jonkers (Pays-Bas), Hannah Brockow (Canada), Jeanne Martin (USA), Claudia Miranda (Brésil) … pour ne citer que quelques-uns … et depuis, des centaines et des centaines de harpistes sur tous les continents!

4 JOHN BLACKING, How musical is man ? Soundly est ici un jeu de mot : l’adjectif signifie aussi : judicieusement, avec compétence, sainement, sans risque.

5 OLIVER SACKS, Musicophilia

6 JOHN BLACKING, How musical is man ?

7 JOHN BLACKING, How musical is man ?

8 EMMANUEL BIGAND & BARBARA TILLMANN, La symphonie neuronale

9 KATJA KELLER, L’oreille absolue dévoilée

2. L’Ancien et le Nouveau

La harpe-thérapie est loin d’être une idée nouvelle. Les mythologies et les légendes anciennes nous en parlent abondamment, à travers les exploits des Dieux et des Héros venant d’horizons divers tels qu’Apollon et Orphée de la Grèce Antique, le Dagda de la mythologie Irlandaise, Bragi chez les Vikings, le roi David de la Bible, etc … A travers l’histoire et les histoires, la harpe a fait son chemin dans le cœur des hommes et dans l’inconscient collectif. Instrument des anges, des poètes, des bardes celtes, des minstrels germaniques, … Elle a toujours dispensé sagesse, douceur et magie. Elle est aujourd’hui de plus en plus utilisée au chevet de personnes fragilisées par l’âge, la maladie ou les circonstances (sociales ou psychologiques) afin d’apporter soin et réconfort.

Je ne suis pas la seule dans le monde à enseigner les vertus de guérison de la harpe. Depuis la nuit des temps, elle joue ce rôle et notre époque moderne renoue avec des pratiques très anciennes, non pas pour entretenir des Traditions, mais bien pour en tirer un enseignement qui peut en faire profiter notre époque. Nous sommes aujourd’hui à un tournant de la connaissance. Celle-ci s’est tellement ramifiée et spécialisée avec le temps, qu’il est devenu impossible de maîtriser un domaine dans son entier. Pour ne pas perdre notre humanité, nous devons à présent oeuvrer pour faire converger le Savoir, afin d’en recueillir la Sagesse, qui est faite de ces trois courants : la science, l’art et la spiritualité. Avançons donc personnellement sur ces trois chemins en parallèle, et cherchons les ponts entre eux, afin de créer une meilleure connaissance. Cherchons une vraie sagesse basée sur le respect profond de l’être humain, sur le désir de faire progresser le monde non pas de façon matérialiste, mais de façon éthique. La musique pourrait être le meilleur moyen pour relier pacifiquement les êtres humains entre eux, les élever dans leur dignité sans avoir besoin de compétition, d’exercer l’intelligence au service de la Vie, de pratiquer la créativité de façon éthique et responsable. Elle est à notre disposition partout, à toute heure, gratuitement. Mais pour cela, il faudra commencer par sortir la musique des secteurs marchands et de la vision du monde égotique (aliénée au succès et à l’échec).

La musique se comporte un peu comme le règne végétal. Une force verte, vitale. La viridité , dirait Hildegarde von Bingen. C’est à dire une puissance qui renaît toujours, malgré ce qu’elle subit. Il y aura toujours des hommes et des femmes qui feront de la vraie musique, même si c’est discrètement, dans leur entourage. Les grands champs cultivés de l’industrie du profit et des masses, offrent une musique morte, même si elle est très diffusée. La valeur d’une musique n’a rien à voir avec son succès. Les héros mythologiques musicaux n’ont jamais utilisé la musique en tant que source de profit sans en payer les conséquences. La musique libère toute sa magie lorsque le musicien est altruiste, empathique, responsable, généreux et surtout désintéressé. Les Dieux ont offert la musique au monde humain en tant qu’élément de lumière et d’avancement.