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Au fil des printemps, le murmure des oiseaux accompagne Louise et son amie Lola dans la campagne béarnaise. Telles deux soeurs, elles évoluent main dans la main sur le chemin qui les conduit vers la maturité. Mais les familles se façonnent et parfois se délitent, Louise en fait l'éprouvante expérience. Alors que son monde semble s'écrouler, son coeur, lui, continue de battre. Grâce au soutien de son entourage et aux puissants liens de l'amitié, elle trouve le courage de poursuivre sa jeune vie. C'est aussi en foulant la terre de Bretagne et en s'éloignant de douloureux souvenirs qu'elle aperçoit la lumière au bout du tunnel et puise la force d'accomplir ses rêves ; l'avenir tout entier s'ouvre à elle.
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Seitenzahl: 166
Veröffentlichungsjahr: 2022
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C’est dans le Béarn près de la ville de Pau que Julie et Alain ont décidé de s’installer, suite à la réussite professionnelle d’Alain dans cette région du Sud-Ouest. Ils s’y sont immédiatement sentis comme chez eux. Ils ont pu acquérir une somptueuse demeure et pour Alain, qui vient d’un milieu ouvrier, c’est une grande fierté. Aujourd’hui Julie s’apprête à mettre au monde leur premier enfant.
C’est par une belle journée d’automne que le travail a commencé. À l’extérieur les feuilles des arbres centenaires ont pris de belles couleurs rouges et dorées. De la fenêtre de sa chambre, Julie profite du paysage magique en cette saison; elle aperçoit les scintillements des gouttelettes de rosée sur les feuilles et elle entend les oiseaux gazouiller. Cela lui fait un peu oublier les douleurs qui, de temps en temps, la plient en deux.
Au fond d’une allée elle aperçoit la fontaine, où des carpes koï se prélassent, elles ont senti que le temps a changé, les jours sont plus courts et leur rythme est devenu plus lent.
Alain fait les cent pas entre la chambre et le salon. Sa femme Julie, âgée de vingt-huit ans, est sur le point de mettre au monde leur enfant.
Elle n’a pas souhaité accoucher à l’hôpital, préférant l’intimité de sa chambre. Julie est une femme moderne, elle a lu toutes les revues qui traitent du sujet et certaines remettent en cause le côté impersonnel des accouchements pratiqués à l’hôpital. Les horaires sont les mêmes pour toutes : elles enchaînent la tétée, puis le bain, puis le repas; pas le temps de se préoccuper du rythme de chacun. Julie souhaite le meilleur pour elle et son bébé. Tout a été préparé avec minutie avec la participation de la sage-femme : une baignoire est remplie d’eau tiède censée diminuer les douleurs des contractions de la jeune femme. Elle a mis une musique de relaxation douce et reposante sur son ordinateur. La pièce aux couleurs claires, joliment décorée de meubles de «designers» est prête, mais bébé fait des siennes, il n’a pas envie de sortir.
Alain est anxieux. Tout en marchant, il songe à leur rencontre, deux ans plus tôt, leur coup de foudre pendant ce voyage d’affaires en Martinique. Julie était là en touriste avec une amie. Ils avaient pris un verre ensemble puis ils ne s’étaient plus quittés du séjour. Ils ont su immédiatement qu’ils étaient faits l’un pour l’autre, alors pourquoi attendre! Alain est un homme pressé. Un an plus tard ils organisaient leur mariage. Cela lui paraît si proche…
À trente et un ans il est chef d’entreprise, il a réussi avec brio dans les affaires. Pourtant son parcours scolaire fut chaotique. Quatre collèges et deux redoublements furent nécessaires pour qu’il arrive enfin en troisième. Il n’aimait pas les études, préférant nettement aller jouer au football avec ses amis plutôt que de se plonger dans des livres de mathématique. Il repense à ce professeur de français qui lui prédisait un destin peu reluisant. Mais aujourd’hui il a pris sa revanche, et quand il resonge à lui, il sourit de malice, heureux qu’il se soit trompé.
Sa première acquisition, après sa belle Mercedes, fut cette magnifique propriété dans la campagne béarnaise; un endroit calme, loin de l’agitation des grandes villes, où il peut évacuer le stress de sa vie professionnelle. C’est une personne spitante et sa vie est à son image. Tout doit être en mouvement autour de lui, l’inactivité est sa pire ennemie. Après avoir déniché cette maison, Il avait amené Julie, qui eut immédiatement un coup de cœur pour elle. Pendant un an elle en a entrepris toute la décoration. Elle est artiste peintre et a fait de cet endroit un lieu apaisant. Dès le seuil franchi, les tensions se relâchent. Elle y a mis tout son cœur. Chaque pièce reflète sa personnalité, douce et fragile. Seul le bureau d’Alain dénote. Elle a choisi pour lui des tons foncés, un mobilier plus masculin. Au milieu trône un magnifique bureau en merisier et un fauteuil en cuir noir. Une imposante bibliothèque déjà bien remplie termine le décor et donne le ton de ce lieu de travail. Alain apprécie cette ambiance quand il doit terminer un dossier urgent chez lui.
«Monsieur, venez vite!»
Sarah, la sage-femme, vient de surgir devant lui et le sort brutalement de ses pensées.
«Le bébé arrive.»
Alain se précipite auprès de sa femme. C’est un mari très prévenant, il ne raterait cet instant pour rien au monde. Julie est allongée dans la baignoire, de temps-en-temps son ventre se contracte, elle gémit et, malgré l’eau tiède, à chaque contraction la douleur devient de plus en plus forte. Elle est courageuse et suit bravement les conseils de Sarah. Alain fait de son mieux pour soutenir sa femme. Il est tourmenté, le travail est long et pénible. De temps en temps il jette un regard sur Sarah en signe d’interrogation. Mais celle-ci ne semble pas inquiète, elle en a vu d’autres ! Au bout d’un temps qui paraît interminable, Julie met au monde une petite fille de trois kilos cent. Il doit couper le cordon, c’est délicat. Il prend les ciseaux la main légèrement tremblante, se ressaisit et le fait d’un coup sec sans hésiter, mais il pâlit et se sent défaillir à la vue du sang. Sarah le fait asseoir dans un fauteuil avec sa fille dans ses bras. Il se reprend très vite au contact de ce petit corps fragile qu’il serre contre lui. Aujourd’hui c’est l’homme le plus fier de la Terre. Sarah lui reprend Lola et la pose sur le torse de sa maman qui la couve littéralement de ses grands yeux bleus. Julie ne se lasse pas de l’observer : une belle tête ronde, des cheveux blonds comme elle, la petite bouche en cœur de son papa, des doigts longs et fins. Elle la trouve parfaite. Alain la prend délicatement dans ses bras, les yeux pleins de larmes de bonheur. C’est le plus beau jour de sa vie.
Julie est heureuse mais épuisée, elle se met dans son lit chaud et douillet, la musique la berce, elle sombre dans un sommeil profond et réparateur. Deux heures plus tard les petits cris de Lola la réveillent. Elle est dans son berceau, à côté du lit. Alain lui a mis les vêtements qu’elle avait soigneusement préparés pour ce jour heureux. Elle se redresse, s’assoit et la prend dans ses bras, puis elle se recouche en la posant sur elle. La petite cherche à téter et Julie lui offre son sein. Elle a décidé de l’allaiter les premiers mois. Sa petite bouche se saisit du téton de sa maman et instinctivement elle tire dessus. Elle est goulue. Sarah arrive à ce moment et aide Julie à trouver la meilleure position pour le bébé et pour elle. Julie la remercie de sa présence discrète et professionnelle. Elle a su préserver les moments intimes de cette naissance. Après quelques recommandations, elles échangent un dernier regard et elle salue Julie et Alain.
Elle promet de repasser le lendemain pour surveiller si tout va bien. Elle doit partir, une autre mission l’attend en ville et elle a un peu de route à faire. Dehors, elle profite un instant de la douceur et de la lumière de cette journée puis elle monte dans sa voiture. Pas le temps de flâner.
Alain, rassuré, laisse Julie et la petite Lola se reposer. Il prend quelques minutes pour prévenir ses parents, son frère et les parents de Julie qui veulent tout savoir, mais Alain va à l’essentiel : le bébé va bien, c’est une petite fille qui s’appelle Lola et Julie se repose. Tout s’est très bien passé. Il les invite à venir dès qu’ils le pourront. Sa famille habite à Marseille et ceux de Julie à Lille. Ils se voient peu, mais s’appellent souvent; malgré la distance ils peuvent compter les uns sur les autres. La maman de Julie veut parler à sa fille, mais Alain, toujours aussi expéditif, répond brièvement que «non, ce n’est pas possible, désolé, elle dort». Elle est déçue et promet de passer le plus vite possible et demande à Alain d’embrasser la petite et Julie pour eux.
Puis il contacte Clara, sa secrétaire, c’est une petite femme d’une trentaine d’années à peine, très active et efficace, en qui il a toute confiance. Depuis sa mésaventure avec l’homme qu’elle croyait être son prince charmant, Clara n’était plus jamais tombée amoureuse. C’était un garçon du village voisin, elle l’avait connu très jeune et elle lui vouait un amour sans faille. Il était son premier amour, son âme sœur. Mais, un jour, elle l’avait surpris avec son amie dans les bras, et leur accolade ne laissait place à aucun doute. Pris sur le fait, il ne put nier et il eut beau la supplier de lui pardonner, elle ne le fit pas. Elle est meurtrie et son cœur blessé ne laissera plus jamais de place pour l’amour d’un homme.
Peu de temps après, Alain l’avait recrutée comme secrétaire de direction et pour oublier sa souffrance, elle se réfugia alors dans son travail. Elle est entièrement disponible pour le poste et s’y consacre totalement. Plus rien ne compte pour elle. Elle adore son travail et Alain se révèle un patron moderne et sympathique qui lui laisse beaucoup d’initiatives. Elle lui fait un compte-rendu des dossiers en cours et se propose de lui apporter des documents qu’il doit impérativement signer. Il la remercie car les émotions l’ont un peu exténué, il ne se sent pas le courage de se rendre au bureau et d’affronter les traditionnelles questions sur le bébé. Il a envie aujourd’hui de garder leur bonheur rien que pour eux.
En l’attendant il retourne près de ses deux femmes, il les observe, et aujourd’hui il sent grandir en lui un besoin de protection de son bien le plus précieux : sa famille. Machinalement il ouvre son dressing et enfile son jogging et ses baskets. Il a besoin d’évacuer tout le stress dû à l’accouchement de sa femme; il part courir. Dans un rythme au début effréné il relâche toutes les tensions, puis plus lentement Il descend jusqu’à la forêt et emprunte des petits sentiers. Il s’aperçoit que les arbres ont besoin d’être taillés, les branches ont envahi l’espace. Il doit parfois se frayer un passage avec ses mains pour passer.
Cette course lui a fait du bien, il est plus calme et revient à pas rapides vers le parking. Tout en marchant il réfléchit. Il sait qu’il n’aura ni le temps ni l’envie d’entretenir le parc. Ce n’est pas un manuel. Il ne met pas longtemps pour trouver une solution.
À la fin de cette course improvisée, il sait qu’il lui faudra recruter un gardien. La propriété possède une maison à l’écart où il pourra le loger. Elle est suffisamment grande pour accueillir une famille. Il y aura une personne qui pourra entretenir le parc et une présence masculine quand il ne sera pas là. Reste à choisir le candidat idéal et pour cela, il compte sur Clara. Après avoir lu et acté les dossiers en cours il décide de parler à Clara de sa réflexion au sujet du gardien.
«Effectivement, en effet, je comprends vos inquiétudes, je peux passer une annonce en arrivant au bureau si vous le souhaitez», lui dit-elle.
C’est ce qu’Alain aime chez Clara, inutile de lui expliquer les choses pendant des heures, elle comprend vite et surtout elle est très réactive. Il acquiesce et après avoir discuté avec lui des conditions d’embauche et du travail attendu en retour, elle visite le logement, prend quelques photos pour agrémenter son texte qu’elle rédige en un tour de main. Elle diffuse l’annonce sur les journaux nationaux pour toucher un maximum de personnes. Nous sommes en 1991 et plusieurs ouvriers se sont retrouvés au chômage suite à d’importantes restructurations dans le secteur de l’industrie de l’électronique. Clara reçoit un grand nombre de candidatures pour le poste. Très professionnelle, elle sélectionne celles qui sont le plus en accord avec les attentes de son patron. Elle en garde une dizaine : trois hommes sont retraités, quatre de jeunes célibataires et les trois autres mariés avec enfants. Elle les dépose sur le bureau d’Alain, il les trouvera demain matin. Il arrive le lendemain heureux et détendu et commence la lecture des lettres de motivations. Après quelques hésitations, Il retient deux personnes et demande à Clara de les contacter.
Le lundi suivant les deux hommes se présentent dans le bureau de Clara. Elle les a convoqués à une heure d’intervalle. Alain fait entrer le premier, ils discutent longuement puis le deuxième arrive et Clara l’accompagne jusqu’au bureau d’Alain. C’est un homme marié de trente ans. Il est cordial et le feeling passe bien entre Alain et lui. André arrive de Bretagne. Son entreprise a fermé au mois de mars, et il n’a pas retrouvé d’emploi. Sa femme, âgée de vingt-neuf ans, a accouché d’une petite fille au printemps. Ce travail serait le bienvenu pour eux. Il est bricoleur et aime jardiner. Il propose également à Alain les services de sa femme pour s’occuper de Lola et soulager Julie. Alain est convaincu, il retient André comme gardien. Celui-ci est heureux d’avoir trouvé un nouveau poste et Alain est ravi.
Clara, comme à son habitude, a fait un excellent travail. Sa sélection lui a évité une tâche bien fastidieuse.
Plus rien ne retient André et Annie là-bas, à part la famille et les amis qu’ils pourront voir de temps en temps pour les congés. De toute façon ils ne se fréquentent pas très souvent, à part Solange, la sœur d’André, qui a toujours su lui laisser du lest pour ne pas l’étouffer. Depuis son plus jeune âge, c’est un solitaire, Il se plaît dans la nature avec son chien.
Annie, son épouse, avait su le conquérir par sa discrétion et sa beauté naturelle. Elle n’a pas connu ses parents. Son couffin avait été déposé à l’église et le prtre, très surpris, avait appelé les services sociaux. Elle était enveloppée dans un drap avec une initiale «M» brodée et un petit mot : « Elle s’appelle Annie, prenez soin d’elle, sa Maman est morte peu de temps après son accouchement, elle l’a aimée de tout son cœur. Merci.»
Elle a grandi au sein d’une petite institution dans le même village qu’André, ils se connaissent depuis la maternelle. Elle travaille chez elle. Entre sa fille et sa petite entreprise de couture, elle n’a guère le temps de sortir. Elle confectionne des vêtements pour enfants, c’est une passion. Elle en vend peu mais cela suffit pour satisfaire ses besoins.
Leur installation se fera le week-end prochain. Ils ont hâte de découvrir la maison car pour le moment, depuis qu’André a perdu son travail, ils sont dans un trois pièces en appartement. Annie ne se plaint pas, mais l’espace lui manque cruellement depuis la naissance de Louise. Son atelier lui prend de la place et les meubles pour le bébé ont réduit son espace, il lui faut beaucoup de rangements ingénieux pour s’en sortir. Ils arrivent à neuf heures du matin devant le logement. Annie descend et en contemple un instant la façade. Les murs en pierres blanches sont recouverts d’une vigne vierge toute rouge à cette époque. Elle aime immédiatement cette maison sans même en avoir franchi le seuil. André ouvre la porte et Annie n’est pas déçue. Elle est coquette, fonctionnelle, et il y a même une pièce supplémentaire où elle pourra faire son atelier. Leur petite fille, Louise, ouvre de grands yeux. Elle ne reconnaît rien mais le bonheur de ses parents est communicatif, elle rit aux éclats car à chaque nouvelle découverte Annie la fait tournoyer dans ses bras. Ils déchargent le camion de leurs quelques meubles qu’ils ont rapportés et André va voir Alain.
Ils doivent faire le tour de la propriété – le parc est immense, treize hectares dont cinq de bois. André pourra chauffer sa maison car elle possède une cheminée. L’entente entre les deux hommes se confirme, ils passent une heure ensemble à discuter du futur travail d’André. Il a hâte de commencer, il y a beaucoup à faire. Une rivière longe un bois et André aperçoit des truites qui frétillent.
«Vous pourrez pêcher si cela vous tente, moi j’aime bien mais, depuis que j’ai mon entreprise, je n’ai guère le temps, lui dit Alain.
— J’ai apporté mes cannes à pêche, si j’ai de la chance je vous amènerai quelques truites», rétorque-t-il.
Ils se séparent et Alain lui demande de passer dans l’aprèsmidi pour faire la connaissance d’Annie. Chacun retourne à ses occupations. Ils sont pareils, pas besoin d’aller dans le détail, ils ont l’œil et ils aiment être maîtres dans leur secteur d’activité.
Annie a déjà bien avancé le rangement de la maison. Elle a réchauffé un reste de ragoût et avec André ils reprennent des forces en mangeant, tout en discutant de leur nouvelle vie qui commence. Elle appréhende sa rencontre avec Julie. Si les deux hommes se sont bien entendus, cela ne veut pas dire qu’elles s’apprécieront. Mais Annie sait qu’un peu d’argent supplémentaire ne sera pas un luxe, alors elle a accepté l’idée de rendre des services à Julie. Elle couche Louise pour la sieste et commence à installer son futur atelier. Les idées fusionnent dans sa tête, elle a déjà une idée du manteau qu’elle va faire à Louise pour cet hiver. Des tas de patrons sont en attente de réalisation. Ici elle va devoir se refaire une clientèle. La semaine prochaine elle ira prospecter les magasins de vêtements aux alentours.
À 16 heures, il est l’heure d’aller se présenter auprès de toute la famille. Ils montent jusqu’à la propriété. Au détour d’une allée Annie découvre une ravissante maison de maître. Ils sonnent et Julie en personne vient leur ouvrir. Elle est souriante et bienveillante. Elle les fait entrer en toute simplicité, Annie se sent à l’aise tout de suite. Elle est soulagée de ne pas se trouver en face d’une femme prétentieuse et arrogante, ce qu’elle avait imaginé toute la matinée. Ensemble ils parcourent le salon, puis la salle à manger et se retrouvent dans le jardin d’hiver. Julie y a fait installer une table et des fauteuils de jardin en rotin très confortables. Annie est subjuguée par la beauté des pièces qu’elle vient de traverser.Mais l’apothéose, c’est cet endroit magique avec une vue imprenable sur le parc. Les arbres majestueux ont revêtu leurs belles couleurs d’automne. La pièce est habillée de magnifiques plantes d’intérieur et des arbres nains en fleurs diffusent un parfum exotique, frais et subtil. Sur la droite de Julie un citronnier est couvert de gros fruits jaunes. Lola est dans son berceau, elle dort paisiblement. Annie s’en approche doucement, elle la trouve ravissante. Elle sourit dans son sommeil. Julie la prend dans ses bras. Elles parlent toutes les deux de leur fille, intarissables l’une comme l’autre sur le sujet. Louise, qui est bien réveillée, se fait entendre. Julie propose à Annie de la mettre dans un parc où des jouets n’attendent que les mains d’enfants pour s’animer.
Pendant que les hommes discutent, Julie l’amène dans son atelier et lui fait découvrir son univers et ses peintures. Annie ne connaît rien à cet art mais elle trouve ses toiles jolies. Elles lui ressemblent. Puis Julie aborde avec elle le sujet du service attendu, elle propose à Annie de garder Lola deux heures par jour pour qu’elle puisse se remettre à peindre. Elle est consciente de la charge nouvelle qui va lui incomber, mais elle lui serait très reconnaissante si elle accepte. Annie est d’accord car elle pourra garder Louise avec elle, elle commencera dès lundi en même temps qu’André.
