La Médéanimie - Thierry Aymès - E-Book

La Médéanimie E-Book

Thierry Aymès

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Beschreibung

Ce tout petit livre doit être considéré comme le manifeste "en devenir" d'une nouvelle posture psycho-soignante multiréférentielle. La "médéanimie" est l'autre nom de la psychothérapie à ceci près qu'elle prend avant toute le parti de s'adresser à celles et ceux qui n'ont pas les moyens de s'offrir des séances à 1 euro la minute en les laissant libres de fixer un prix adapté à leurs moyens financiers (jusqu'à autoriser le troc). C'est donc dans la direction des personnes en souffrance psychique appartenant à une tranche économico-sociale défavorisée que cette déclaration écrite entend évoluer avec l'aide de celles et ceux qui y souscriront.

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Seitenzahl: 66

Veröffentlichungsjahr: 2020

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Du même auteur

Vous êtes philosophes sans le savoir, Éditions 3 fontaines, Paris 1997

La philo en 50 chansons, Éditions de l’Opportun, Paris 2013

Sous la mémoire, Éditions de l’Harmattan, 2016

Textes en graines, Éditions de l’Harmattan, 2018

L’acte de penser, Éditions de l’Harmattan, 2018

L’ombre de midi, Éditions Prem’Edit, 2020

Self-interview, Éditions BoD, 2020

Il neige sur le maquis et c'est, contre nous, chasse perpétuelle. Vous dont la maison ne pleure pas, chez qui l'avarice écrase l'amour, dans la succession des journées chaudes, Votre feu n'est qu'un garde-malade.

René Char - Feuillets d’Hypnos

Sommaire

Préambule

Non pas l’autoroute

Une nouvelle posture

Spécificité de la posture

Brève théorie générale

Le psycho-soignant avant tout

Valeur symbolique de l’argent

Désir sexuel n’est pas amour

Être humain

Trois techniques médéanimiques

Valeurs médéanimiques

Préambule

Cela faisait de nombreuses semaines qu’un désir montait en moi, inexorablement, et c’est contre l’avis de toutes les personnes auxquelles j’ai cru bon de présenter mon projet, que je me suis malgré tout résolu à le réaliser, quitte à être très vite aux prises avec la profusion d’une végétation administrative hostile et décevante que l’on n’aperçoit guère que lorsque l’on se risque à quitter toutes sortes d’autoroutes par trop consensuelles et conséquemment rassurantes.

La période de confinement que nous venons de traverser m’y aura sans doute aidé ; l’espoir qu’elle a suscité. Quoi qu’il en soit de la suite des événements, et même si, je ne crois pas exactement à la conversion instantanée de la majorité d’entre nous à plus de générosité, je sais que je ne regretterai pas ma décision. Il s’agit d’être cohérent et de joindre mes actes à une parole que j’ai souvent fait résonner en ne m’appliquant que très peu à l’incarner.

Si, selon Aristote1, l’argent (« la monnaie » diraient les économistes refusant la métonymie usuelle) est un intermédiaire des échanges, une convention collective qui nous a historiquement permis de nous affranchir des limitations du troc, de nos jours, il paraît être l’unique dieu après qui tout le monde court. Mais il n’est en réalité qu’une idole contre laquelle nous sommes mis en garde depuis bien longtemps.

Qu’est-ce qu’une idole ? Demanderez-vous. À quoi je répondrai, en m’en tenant pour l’heure au lexique philosophique, qu’elle est ce que les hommes prennent pour l’essentiel, autrement dit pour ce qui relève de notre réalité profonde ; et comme toute illusion, elle persiste quels que soient les raisonnements que l’on emploie pour la dissoudre.

Il est pourtant courant d’entendre dire çà et là qu’il ne fait pas le bonheur, mais le confort qu’il procure et l’image symbolique de soi qu’il diffuse permet à qui le possède d’avoir cet autre dieu tellement convoité qu’est le Pouvoir. Mais « le pouvoir de quoi ? » demanderez-vous encore. Bien trop souvent à mon sens, le pouvoir d’épandre son champ de représentations, de réduire celui des autres jusqu’à le remplacer par le sien, d’être au service du moins de personnes possible et d’être livré tout cru à ses caprices ; le pouvoir de ne pas avoir à les réprimer, à les réaliser tous sans les sublimer2.

Mais la sublimation, telle qu’elle fut définie par Sigmund Freud3en 19054, n’est-elle pas la condition sine qua non de notre humanisation dans ce qu’elle a de plus noble ?

Je le pense en effet, et ce, bien qu’en elle-même, elle ne paraisse intéresser que très peu de monde…

En un sens, l’argent serait un dieu qui nous autoriserait à épouser une religion très particulière, celle de la « sauvagerie acquise ».

À cette sauvagerie, appartiennent celles et ceux qui n’ont pas accepté d’être apprivoisé(e)s par la présence de leur prochain ; entendez par là, par la conscience morale que cette présence impliquait, par la limitation de leur liberté qu’elle semblait induire, alors qu’en réalité, elle ne faisait qu’être la porte entrebâillée vers une liberté,« surnaturelle » d’être passée au filtre de tout autre, au « bon philtre d’amour ».

Les nouveaux minimalistes ne s’y trompent pas qui s’en tiennent à la définition que Fumio Sasaki5 nous donne du mouvement auquel ils ont décidé de se vouer : « Le minimalisme est un style de vie dans lequel vous limitez ce que vous possédez à l’absolu minimum dont vous avez besoin pour vivre ». Dans une interview qu’il accorda au journal Libération le 5 mai 2017, il ajoute ceci : « Un minimaliste est une personne qui sait ce dont elle a besoin et ne se laisse pas influencer par les médias et la publicité massive qui poussent à la consommation. Les gens pensent qu’en achetant et en ayant de l’argent, ils seront heureux. Le minimalisme est une réflexion sur le bonheur aussi ».

À rebours de ce à quoi la société actuelle s’évertue à nous faire adhérer à grand renfort d’images et de raisonnements spécieux jusque dans les cercles psychothérapeutiques les plus suspects, il est en outre temps de se rappeler que tout est grâce, l’intelligence comme la beauté, la volonté comme la force et qu’il paraît obscène d’élaborer une « hiérarchie du mérite » sur la base d’une autre conviction.

Qu’avons-nous en effet que nous n’ayons reçu ? Devons-nous à ce point tirer un grand profit de ce dont la nature nous a gratifiés en le refusant à d’autres ?

Être humain, n’est-ce pas avant tout avoir le « bon pouvoir » de mettre à disposition de ceux qui ont moins les avantages dont nous avons hérité ? Une communauté ne se crée-t-elle pas du fait même de cette solidarité ?

Par ailleurs, les séances et les formations devraient-elles être accessibles à tout le monde et n’exclure personne en se proposant à des tarifs bien moins élevés.

Combien de personnes ai-je accueillies dans mon cabinet, ici ou ailleurs, et chez qui je percevais presque immédiatement une vocation dans le domaine qui est le mien, mais qui ne pouvaient s’offrir le savoir qui les aurait adoubées. Savaient-elles qu’il est bien moins fondamental que la disposition de cœur qui était la leur, de même que l’intelligence qui en découlait ?

Nous sommes le 26 avril 2020 à 10 heures. Alea jacta est !

1 Philosophe grec né en 384 av. J.-C. et mort en 322 av. J.-C.

2 Fait de transformer une pulsion sexuelle (au sens freudien) et/ou agressive en œuvre artistique (par exemple).

3 Neurologue autrichien, père de la psychanalyse, né en 1856 et mort en 1939.

4 Trois essais sur la théorie sexuelle

5 Fer de lance du mouvement minimaliste au Japon.

Non pas l’autoroute

Il est vrai que le maquis m’attire depuis toujours. Non pas que je me prenne pour celui que je ne suis pas, à savoir un résistant de la trempe des Jean Moulin6, des Aubrac7 ou autres René Char8, tant s’en faut, mais le détour par un chemin qui reste à faire, c’est-à-dire à créer, m’a toujours paru plus enivrant et ce, quitte à ce que je sois pour toujours le seul à l’emprunter.

Le titre de psychothérapeute ayant été réglementé le 20 mai 2010, les « psychopraticiens » apparurent aussitôt qui se prémunirent contre d’éventuelles récriminations en ayant recours au très fameux GLPR9 dont la fonction, depuis février 2010, assure une communication et une réflexion entre les deux syndicats historiques, Psy’G10 et SNPPsy11 et les deux fédérations nationales, FF2P12 et AFFOP13.

Les 3 nouveaux titres suivants furent donc très vite couverts par la garantie professionnelle GLPR.

1/ Psychopraticien certifié (FF2P)

2/ Psychopraticien PSY’G (PSY’G)

3/ Psychopraticien relationnel® titre homologué auprès de l’INPI14, encadré par le SNPPsy et l’AFFOP. Pour obtenir ce titre Il faut donc être certifié par les écoles agréées SNPPsy ou AFFOP.

Très modestement, 10 années après que cette pseudo-nouvelle profession eut spontanément fleuri, je choisis à mon tour d’en proposer une autre, celle