La Nationalité de Nice - Pierre Devoluy - E-Book

La Nationalité de Nice E-Book

Pierre Devoluy

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Beschreibung

RÉSUMÉ : "La Nationalité de Nice" de Pierre Devoluy est une exploration historique et culturelle de la région niçoise, centrée sur les complexités de son identité nationale. Le livre plonge dans les racines historiques de Nice, une ville au carrefour de plusieurs influences culturelles, politiques et linguistiques. Devoluy examine les dynamiques qui ont façonné la nationalité niçoise, depuis son appartenance au comté de Savoie jusqu'à son annexion à la France en 1860. Il s'intéresse également aux répercussions de ces transformations sur l'identité locale, en abordant des aspects tels que la langue, les traditions et l'évolution politique. L'auteur met en lumière les tensions entre l'aspiration à une identité distincte et l'intégration dans le cadre national français. À travers une analyse rigoureuse de documents historiques, Devoluy offre une perspective unique sur la manière dont Nice a navigué entre ses diverses appartenances, tout en préservant une identité propre. Ce livre est une ressource précieuse pour quiconque s'intéresse à l'histoire régionale, aux questions d'identité culturelle et aux processus d'intégration nationale. __________________________________________ BIOGRAPHIE DE L'AUTEUR : Pierre Devoluy est un historien et écrivain français, spécialisé dans l'étude des identités régionales et des dynamiques culturelles en France. Bien que peu d'informations soient disponibles sur sa carrière personnelle, Devoluy est reconnu pour ses recherches approfondies sur la région niçoise. Il a consacré une grande partie de ses travaux à explorer les interactions complexes entre les cultures locales et les structures politiques nationales. Ses écrits sont souvent caractérisés par une approche méthodique et une attention particulière aux détails historiques, ce qui lui a permis de devenir une figure respectée dans le domaine des études régionales. En plus de "La Nationalité de Nice", il a contribué à plusieurs publications académiques et conférences sur l'histoire de la Provence et des Alpes-Maritimes. Sa capacité à rendre accessibles des sujets complexes à un public plus large témoigne de son engagement à promouvoir une meilleure compréhension des enjeux identitaires et culturels en France.

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Seitenzahl: 37

Veröffentlichungsjahr: 2022

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AVANT-PROPOS

à l’édition de 1939

L’étude qu’on va lire, et dont on appréciera, avec la parfaite tenue littéraire, la forte documentation, met au point de façon définitive la question de la nationalité de Nice.

Elle a été publiée par la « Revue Universelle », dans son numéro du 15 Février 1927.

Avec l’autorisation des héritiers de l’auteur, le regretté Colonel Gros Long (Pierre Devoluy), la Ville de Nice en a assuré cette réédition.

Mars 1939.

LA NATIONALITÉ DE NICE

Lanationalité de Nice a bien des fois été mise en question ; trop souvent nous viennent d’outre-monts je ne sais quelles rumeurs « irrédentistes », visant des parcelles de notre héritage, entre autres une terre authentiquement provençale, c’est-à-dire française, le Comté de Nice.

Ces rumeurs ont toujours profondément ému ceux qui, comme nous, voient dans les Italiens des frères ; aussi, en tout esprit de concorde latine, nous interrogerons le dossier de Nice, et demanderons franchement aux Italiens de bonne foi sur quoi ils pourraient se fonder pour revendiquer les pays niçards.

À cette question, le grand patriote italien Cavour répondra d’abord. On sait que, le 26 mai 1860, quand il s’agit, au parlement de Turin, de ratifier le retour de Nice à la patrie gauloise, quelques députés s’y opposèrent. Cavour alors prit la parole :

J’arrive, dit-il, à la question de Nice. M. Ratazzi a dit que Nice était incontestablement italienne, et, pour le démontrer, laissant de côté les arguments ethnographiques et géographiques, il n’a donné qu’une raison, celle-ci : Nice est italienne parce qu’autrefois libre d’elle-même, elle s’est donnée à l’Italie.

Je regrette que l’honorable député Ratazzi ait usé, qu’il me permette de le lui dire, d’un aussi pauvre argument. Je ne veux pas examiner le vote donné par Nice en 1388 en faveur de la maison de Savoie... Mais en admettant que les Niçois aient donné, en 1388, un vote libre, dégagé de toute pression, que firent-ils alors ?

Manifestèrent-ils l’intention d’être Italiens ou tout au moins d’être réunis sous le sceptre d’un roi italien ?

Non, il faut bien le dire, la maison de Savoie n'était pas encore devenue italienne ; sa puissance et sa capitale étaient en Savoie : la donation fut faite à Amédée VII, dit le Comte Rouge, qui tenait sa cour à Chambéry, et il est évident que l’intention des Niçois fut alors de se réunir à un prince savoyard, à un prince de langue française, à un prince qui habitait du même côté des Alpes qu’eux-mêmes.

L’argument mis en avant par M. Ratazzi se tourne donc justement contre lui-même. Examinons maintenant, non pas la situation de Nice en 1388, mais sa situation actuelle. Cette province est naturellement française. Une locution populaire vous le démontre ; ce pays s’appelle la France rustique.

Une province italienne aurait-elle jamais supporté d’être ainsi appelée pendant des siècles ? Il faudrait pour cela que le sentiment italien n’y eût pas de bien grandes racines.

D’autre part, les intérêts matériels du Comté poussent nécessairement ses habitants vers la France. Pour constater la nationalité d’un peuple, je ne pense pas qu’il faille recourir à des arguments philosophiques ou à des recherches scientifiques ; ce sont des faits qui tombent sous le sens, et appartiennent à l’appréciation de tous les individus.

Or, nous avons deux Nice : l’une en Piémont que l’on désigne sous le nom de Nice de Montferrat ; une autre sur le littoral que nous tous, dans notre jeunesse, nous avions l’habitude d’appeler Nice de Provence. J’ai habité Nice, et je puis vous avouer que j’y ai reçu une infinité de lettres portant l’adresse : Nizza di Provenza. Croyez-vous que si Nice était réellement italienne, cette locution aurait été employée et serait devenue populaire ? Non, assurément.

Mais quelle est la preuve la plus forte de la nationalité d’un peuple ? C’est le langage. Or l’idiome parlé à Nice n’a qu’une analogie très éloignée avec l’italien ; c’est le même qu’on emploie à Marseille, à Toulon, à Crasse. Celui qui a voyagé en Ligurie trouve que la langue italienne se conserve dans ses modifications et ses dialectes jusqu’à Vintimille. Au-delà, c’est comme un changement de scène, c’est un tout autre langage.

Je ne conteste pas qu’à Nice, les personnes aisées n’aient l’habitude d’apprendre l’italien et ne puissent faire usage de cette langue ; mais, dans les conversations familières, les Niçois ne se servent pas de l’italien ;

ils parlent le provençal ou le français.

Non, Nice n’est pas italienne ; je le dis avec une entière conviction.