La poche trouée du bonheur - Candice Gautier - E-Book

La poche trouée du bonheur E-Book

Candice Gautier

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Beschreibung

Vivez à travers ce roman une histoire passionnante entre Clément un enfant orphelin atteint de la maladie d'Asperger et Mélanie une femme buraliste. Au fil des pages, un amour réciproque et éternel va naître. Vivez des moments de tendresse, d'incertitude, des émotions, un combat...

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Seitenzahl: 172

Veröffentlichungsjahr: 2016

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À Carole

Sommaire

Prologue

Chapitre I

Chapitre II

Chapitre III

Chapitre IV

Chapitre V

Chapitre VI

Chapitre VII

Chapitre VIII

Chapitre IX

Chapitre X

Chapitre XI

Chapitre XII

Chapitre XIII

Chapitre XIV

Prologue

La vie m'a beaucoup appris et m'a fait prendre conscience de beaucoup de choses notamment celle de la maladie, car Clément âgé de 8 ans seulement, orphelin et atteint d'un syndrome particulier, a croisé mon chemin. Effectivement, il était jeune, mais savait déjà tellement de choses sur la vie, mais à sa manière. Il avait, pour moi, une logique supérieure à la nôtre.Il m'a appris à ne pas être égocentrique, à regarder autour de moi, à être toujours positive comme le proverbe l'indique « même si à l’extérieur c'est la tempête, au fond de l’Océan tout est calme. »

Je me présente je m'appelle Mélanie Guérin, j'ai 36 ans, je suis célibataire et je travaille dans un bureau de tabac.

I

Tout commence en milieu de matinée, lorsqu'un petit garçon entre dans mon commerce situé dans le quartier Monplaisir à Lyon. Il se dirige vers les magazines traitant de la nature, en prend un, admire d'abord la couverture, puis le feuillette. Ayant rapidement décidé de l'acheter, il s’approche ensuite du comptoir et me tend un billet, sans mot dire. Je lui rends la monnaie en lui disant merci. En partant, il se retourne vers moi et me dit d'une voix timide :

– « je suis venu acheter mon magazine dans un bureau de tabac parce que mon éducateur me l'a demandé, mais je n’aurais pas dû accepter, car dans cet endroit, on vend des paquets de cigarettes. Cette cochonnerie tue les gens ou bien les rend malades. Je pense qu'il y a bien assez de personnes malades de naissance ».

Surpris par ses paroles, je veux lui répondre, mais il est déjà parti. C'est bien la première fois que l'on fait une telle réflexion sur mon magasin !

Je passe le reste de la journée à servir les clients en pensant à lui. C'est la première personne qui me fait prendre conscience des effets nocifs du tabac. Car je dois admettre à regret, qu'il a parfaitement raison.

Les semaines passent, sans que ce garçon si mystérieux et audacieux ne revienne dans mon petit magasin qui se trouve à côté d'une pharmacie. Le hasard a voulu que je m'occupe d’empoisonner les gens pendant qu' à côté, la vendeuse donne des médicaments pour les soigner. C'est un peu comme si nos deux activités se complétaient.

Pour moi la routine est omniprésente chaque jour, pourtant, le mardi 10 juillet est un jour vraiment différent, car vers 9 heures, je fais un malaise sur la voie publique. Rien de bien impressionnant jusque-là !

En ouvrant les yeux, je me rends compte que l'endroit m'est totalement inconnu.

Le plafond, les murs, la table, les chaises… tout est blanc. Une odeur insupportable : celle d'un hôpital, et à côté de moi un lit vide

Je suis allongée sous des draps, enfermée dans une pièce vide et étrangement calme, pourtant, je perçois une panique générale dans les couloirs, pour une raison que j'ignore totalement... peut-être est-ce pour moi ?

Quand je soulève le drap, je prends conscience que l'on m'a déshabillée à mon insu pour m'enfiler une « relique. » Un habit qui possède seulement trois boutons à l'arrière et permet, lorsque l'on est debout, de montrer son arrière-train ! Ce vêtement a d'ailleurs tellement servi et passé un nombre de fois incalculable à la machine qu'il est devenu transparent. Cette immondice me donne l'aspect d'une campagnarde à l'hôpital, non seulement je ne pensais pas me retrouver ici, mais en plus, je ressemble à choubaca.

Un docteur vient me rendre visite 1 heure après tout ce vacarme dans le couloir, j’ai donc conclu que tout ça n’était point pour moi, mais pour une autre personne.

Le médecin m’explique enfin la raison de ma présence:

– « bonjour, Mme Guérin je suis le docteur Spenger. Je suppose que vous ne vous souvenez de rien !

Vous avez fait un malaise, un jeune homme a appelé les secours et vous vous retrouvez à présent ici.

Nous attendions votre réveil pour vous examiner Je lui réponds :

– « n'était-il pas possible de me laisser dans mes habits initiaux ? »

– « non, le règlement oblige le port de vêtements aseptisés»

– « Pourtant, convenez que j'ai l'air ridicule !

– Si vous pensez vraiment cela, j'en suis navré.

Après le départ du médecin, une douleur lancinante au niveau de l'abdomen me provoque un mal-être profond.

L'heure tourne, pourtant, ce mal ne cesse de continuer. Pour éviter de penser à cette douleur persistante, je regarde les infirmières qui passent à travers le hublot de la porte de ma chambre. Toutes ces femmes ont une attitude différente les unes des autres. Certaines passent avec un sourire jusqu'aux oreilles, tandis que d'autres ont un visage pâle inexpressif.

Le médecin arrive ensuite et me demande si je me sens bien, je pense qu'il lit la souffrance sur mon visage.

Je lui réponds :

– « j'ai une grosse douleur abdominale incessante »

Il me répond alors :

– « nous sommes là pour ça, non seulement pour vous soulager, mais aussi pour vous soigner... »

– « Non vous êtes là seulement pour ridiculiser vos patients »

en plus, j'avais l'impression d'être a la SPA,ayant remarqué un bracelet avec un numéro à mon poignet gauche.

– « nous faisons seulement notre Travail »

Un brancardier s’empare alors de mon lit et m'emmène dans une autre pièce blanche, mais cette fois-ci avec des machines d'une taille assez impressionnante pour la plupart d'entre elles. J’espère seulement ne pas devoir me lever, car il y a trop de monde autour de moi pour effectuer une telle tâche sans être ridicule. Il est certain qu'avec une tenue pareille, on ne risque pas de s'échapper.

Les examens terminés, le brancardier me ramène dans ma chambre , il me reste alors plus qu'à attendre les résultats.

Je profite donc de ce temps pour me reposer un moment, je commence à fermer les yeux tout doucement et le sommeil m'emporte de plus en plus. Soudain, un bruit me réveille, j'ouvre légèrement les yeux, et reconnais avec grand étonnement, la silhouette du petit garçon qui était venu m'acheter un magazine.

Il a également dans sa main un morceau de papier qu'il dépose délicatement sur mon chevet, puis il part silencieusement. Après son départ, je m'empare de ce qu'il a laissé, l'ouvre et découvre ce qu'il a d'écrit :

– « il y a des regards que l'on n’oublie pas ». Cette phrase me bouleverse. Je songe à cet enfant au visage fin, à ses yeux bleus clair scintillants à la lumière du jour, à l'expression triste et désespérée qu'il laisse transparaître, à sa silhouette menue ainsi qu'à ses petites menottes aux veines visibles comme sur la peau des bébés. Pourtant une question me taraude : Comment a-t-il pu me retrouver en pareille circonstance ? Serait-ce un ange venu du ciel ?

Le Lendemain matin, quand une infirmière passe pour m'apporter mon plateau, je l'interpelle afin d'avoir plus de renseignements sur cet enfant si mystérieux.

– « Excusez-moi madame, j'aurais une petite question à vous poser. »

– « Bien sûr, que voulez-vous savoir ? »

– «Alors voilà ! hier j'étais en train de me reposer lorsqu'un petit garçon m'a déposé un petit mot. j'aimerais savoir qui il est ? »

Je lui tends le mot.L'infirmière le regarde avec attention et déclare :

– « En voyant cette écriture et cette manière d'écrire, il me semble que c'est un garçon de l'étage du dessus dont je me suis déjà occupé, mais n'étant pas sûre, je demanderai confirmation à un de mes collègues. Si c'est bien lui et que vous souhaitez en savoir davantage, je lui demanderai de venir vous voir. Me permettez-vous de garder le papier pour que je lui montre ? »

– « oui, merci beaucoup madame »

Si cet enfant est réellement à l'étage du dessus, je crois que le hasard a voulu que nous puissions nous revoir à nouveau.

j'ai hâte d'en savoir plus, je vais enfin savoir qui est cet enfant et surtout, pourquoi tant de mystère à mon égard. Je vais peut-être même pouvoir lui parler.

Plus j'attends, et plus le temps me paraît long. Cette matinée passe tellement lentement que je n'en vois pas le bout. Je m’ennuie tellement que je contemple le mur blanc de la chambre et finis par y trouver un réel intérêt. En le fixant sans relâche, je m'imagine une autre vie, m'évade un moment, je me plonge dans un rêve tellement passionnant que rien ne peut m'en faire sortir. La seule chose qui pourtant va réussir à me faire revenir vers la réalité est mon mal grandissant de minute en minute.

Je descends de mon lit pour voir ce qui se passe dehors, regarder s'il fait beau. Certains oiseaux sont visibles, perchés en haut des arbres. En bas, quelques enfants s'amusent. Quel plaisir de voir leurs visages souriants... certains même rient aux éclats.

Soudain on frappe à la porte, un infirmier entre et me dit :

– « bonjour, on m'a dit que vous aimeriez avoir des renseignements à propos d'un enfant qui vous a laissé un mot ? »

– « Effectivement savez-vous qui 'est cet enfant? »

– « Oui je travaille dans le service où il est , et il s'agit de Clément, un garçon adorable, mais atteint de la maladie d'Asperger. Il est à l’hôpital, car il a subi récemment une greffe du foie. Il se trouve à l’étage des orphelins. »

– « Excusez-moi, mais je ne connais pas cette maladie, pouvez-vous m’expliquer ? »

– « Oui, c'est une maladie qui ressemble beaucoup à l'autisme, les cinq sens de la personne Asperger reçoivent des informations, mais il y a un problème de transmission entre la réception et le traitement de toutes les informations. C'est une maladie qui est complexe. Chaque enfant souffrant de cette maladie est différent. Les personnes atteintes de cela ont des qualités souvent insoupçonnées, ils sont notamment perfectionnistes

– ils ont une grande sensibilité, une forme d'intelligence souvent supérieure à la nôtre, beaucoup plus logique et contrairement à nous, leur mémoire ne leur joue que rarement des tours. Enfin, ce sont des personnes très honnêtes.

Leur plus gros problème est qu'ils n'arrivent pas s’intégrer dans la société, car ils agissent à contresens, ils ont des attitudes bizarres, parfois des obsessions, parfois sont égocentriques, mais ce n'est pas le cas de Clément. Le message qu'il veut clairement vous faire passer à travers le mot qu'il vous a laissé est qu'il vous a choisi, vous !... Nous il ne nous parle pas... »

– « En effet c'est très complexe. Cela me touche qu'il m'ait choisie, mais je ne sais pas comment faire avec un enfant atteint de cette maladie ! Quand vous dites qu'il ma choisie, c'est pour partager quoi ? »

– « Ce qu'il veut partager avec vous. Il vous le dira lui même, le moment venu. Sachez seulement que si vous décidez de le connaître, il faudra que vous soyez sûre de votre décision, car il se donnera alors entièrement à vous ».

– « Où puis-je le voir ? »

– « Réfléchissez d'abord, ce n'est pas une décision à prendre à la légère, si celle-ci est positive je reviendrai et vous amènerai à lui. »

– « Je vais réfléchir, merci en tout cas. »

Cette discussion me remplit de sentiments nouveaux, car moi qui suis plutôt du genre égocentrique je me retrouve face à un enfant que je connais à peine et qui est malade. Au fond de moi, j'ai envie de l'aider, car il me touche beaucoup avec ses phrases… mais je ne sais pas comment secourir un enfant correctement. Je décide de réfléchir jusqu'à ma sortie de l’hôpital

II

Il est 5 heures, ayant eu la veille l'autorisation de partir, je commence à préparer mes affaires. Tout se bouscule dans ma tête, ainsi, ce matin, je ne me sens pas capable d'assumer une telle responsabilité. Mes mains tremblent sans arrêt, je sais que je vais sûrement le blesser si je pars sans le voir, mais on ne se connaît pas vraiment après tout... je dirais même pas du tout. Je pense ne pas être quelqu'un de bien, en tout cas pas suffisamment bien pour lui apporter quelque chose de positif ou de bénéfique. Je suis forcement impuissante face à une maladie ayant déjà une telle ampleur .Et, je dois avouer de surcroît que, celle-ci, particulièrement, me donne la chair de poule, j'essaye donc, dans la mesure du possible, d'éviter de la côtoyer. En plus, à cause de sa greffe, il doit avoir une balafre gigantesque sur le ventre. Quelle horreur ! J'aime bien la science ainsi que le domaine médical, mais uniquement pour s'en servir à bon escient !

Ça y est, je pars ! Peut-être guette-t-il mon départ? ...

Les cinq jours suivants, je passe mon temps à penser à lui, à revenir sans cesse sur ma décision peut-être trop hâtive, d'autant que le médecin m'appelle tous les jours, des coups de téléphone incessants où il m'explique que depuis mon départ, l'enfant ne veut plus manger et reste tout seul pendant de longues heures dans son coin.... ! Quel coup du sort ! Je suis arrivée par hasard dans cet hôpital pour un simple malaise, et au final, on me demande de m'engager toute ma vie pour aider un enfant malade!....

Je n'arrive pas à prendre de décision, mais plus les jours passent, et plus les remords me rongent, me meurtrissent le cœur.. Ai-je le droit de laisser tomber un enfant qui a peut-être l'ultime chance de recevoir de l'amour, du bonheur, de redevenir quelqu'un à qui on a donné confiance en lui même. C'en est trop ! Les larmes coulent le long de mes joues, je viens de comprendre que je suis incapable de l'oublier. C'est décidé ! Je cours jusqu'à l'hôpital. Les yeux encore rougis, je me précipite vers le médecin, et lui hurle les bras au ciel : Oui !!!!

Il pousse un soupir de soulagement , esquisse un sourire et me dit simplement :

- « merci »

Il m' amène devant la porte 123, et me dit d'une voix grave :

- « il n'attend que vous depuis 5 jours, je ne suis donc pas le seul à être content. Je pense qu'il vous a adoptée, j'espère seulement pour lui que votre décision tiendra longtemps. »

Il m'a toujours été difficile de rendre service, jusqu'à aujourd'hui, il a fallu que je rencontre Clément pour en avoir envie. Cela m'a pris malgré tout du temps, mais je pense qu'il est bien que je puisse le faire maintenant. Le médecin est maintenant parti, je suis seule devant cette porte, face à mes interrogations.

Que va-t-il se passer quand Clément va me voir ?

Que va-t-on pouvoir se dire ?

Je transpire, et c'est d'une main moite et tremblante que je finis par ouvrir cette porte. Je découvre l'enfant face à la fenêtre, qui, au bruit produit par l'ouverture de la porte se retourne instantanément vers moi et me dit :

- « c'est en regardant le ciel que j'ai compris que je n'étais rien, c'est en te regardant que j'ai compris que tu étais tout ».

Cet instant est magique, mes yeux se sont tournés vers lui, je le regarde avec insistance dans l'espoir d'entendre quelques mots de plus, mais un long silence a fait place. Son mutisme me rend très mal à l'aise au point de ne pas savoir quoi lui répondre.

Mes craintes étaient bien fondées. Ne pouvant supporter plus longtemps cette situation, je me retourne brusquement et m'enfuis. J'erre dans les couloirs de cet hôpital. Je sais qu'il me faut y retourner, je dois affronter ce qui me fait peur, aller vers ce que je n'ai jamais reçu de la part d'un enfant :son amour. Pour la première fois, je ressens en moi comme l'impression d'être aimée, sans être redevable pour autant. J'ai soudain une nouvelle force en moi, et d'un pas résolument décidé, je retourne dans sa chambre, je m'avance vers lui et le prends simplement dans mes bras. Aucun mot n'est utile, je pleure de joie. Je souhaite, à travers ma réaction spontanée, lui montrer d'une façon naturelle que je perçois ses émotions, qu'elles sont bien arrivées jusqu'à moi.

Après de longues minutes d'étreinte, Clément lève ses yeux vers moi, et se met à pleurer. Je devine à travers son regard humide un besoin d'exprimer quelque chose, mais il n'y arrive pas, je lui dis :

– « tu as besoin d'extérioriser ce qui est au plus profond de toi, pour cela je te propose de m'écrire chaque jour une lettre. »

Il me regarde alors d'un air reconnaissant, il a compris ce que je lui ai dit, mais n'arrive pas à émettre un son, un mot... c'est sûrement la première fois qu'une personne lui propose de faire cela. Nous nous asseyons ensuite sur son lit, et nous restons longtemps, ma main dans la sienne sans mot dire. En partant, j'ai pu voir qu'il s'est muni d'une feuille ainsi que d'un stylo-plume avec au bout la tête de Tarzan.

Le lendemain matin, je retourne en grande hâte voir Clément. A mon arrivée, le garçon me donne une lettre, et me fait comprendre qu'il souhaite que j'aille ailleurs pour la lire. J'obtempère. Je décide d'aller m'asseoir sur un banc, dans le jardin de l'hôpital.

J'ouvre fébrilement la lettre, et commence à la lire : Mme étoile tu m'as demandé de t'écrire pour te faire partager mes sentiments journaliers. C'est la première fois que l'on me demande ça, aujourd'hui les médecins sont désemparés par mon comportement, ils n'ont jamais cherché à me comprendre, m'aider à guérir... je voudrais partager mon secret avec toi !

Je n’ai jamais parlé de mes sentiments, parce que je n’en ai jamais eu l'occasion, mais maintenant que je peux je n'y arrive pas. Les mots ne sortent pas.

J’espère que tu ne m'en voudras pas.

Clément chambre 123

Pour le moment, la maladie de Clément ne lui permet pas de se vider émotionnellement, mais je pense que cela viendra avec du temps et de la patience.

Je replie la lettre et je l'introduis dans mon carnet favori, pour que chaque message soit entre lui et moi (c'est notre petit secret à tous les deux). Le cœur heureux, je pars le rejoindre dans son univers chambre 123. il m'attend avec impatience. Je ne sais toujours pas quoi lui dire... je ne suis, hélas qu'une pauvre fille sans relation amoureuse. J'ai, pour unique compagnie, un chat qui ronronne pour me consoler et me faire admettre que je ne suis finalement pas si seule. J'ai aussi un boulot, avec une clientèle tellement désagréable que je déteste ce métier .J'ai aussi une mère qui est bien loin... et des amis imaginaires...

Sortant de mes rêveries, je me rends compte qu'il veut en savoir plus sur moi, il rompt le silence :

– « Est-ce que tu as des enfants ? »

– « non »

– « Tu as des animaux ? »

– « Oui un chat, Athos »

je le coupe dans son élan et je lui demande :

– « Qu'est ce que tu aimerais partager avec moi ? Dans ta lettre tu dis que tu as un secret et que tu aimerais m'en faire part. »

– J’aimerais te faire partager (...) et mon secret je te l'écrirai dans la lettre de demain »

à chaque fois un blocage, quelque chose le perturbe. J’aimerais lui dire ce que je pense... Après cette première vraie discussion et le sentant très fatigué, je prends congé de lui pour le laisser se reposer et prendre du recul sur lui même.

Ce matin j’entends le chant des oiseaux, le ruissellement de l'eau, le clapotis d'une pluie légère, le vent soufflant sur les vitres fraîches embuées, je devine à l'horizon un brouillard épais qui recouvre toutes ces montagnes.

Toute la nuit, j'ai réfléchi longuement. Je crois qu'il faut que je fasse découvrir plusieurs jeux à cet enfant, que j'occupe utilement son esprit. Il est 9 heures, je prends mon stylo entre le pouce et l'index et je me mets à lui écrire une lettre à mon tour:

Petit ange

nous sommes maintenant deux à écrire des lettres, parce qu'on a plein de choses à se dire, à se confier. Je pense que chacune de ces choses viendra en temps voulu, mais il faut malgré tout montrer une certaine volonté pour y arriver. Alors aujourd'hui je te propose un jeu.

Tout d'abord, tu te positionnes de manière à être le plus droit possible dans ton lit. En face de celui-ci se dresse un grand mur blanc (ce mur qui paraît si vide), il suffit simplement de le fixer sans tourner les yeux jusqu'à y voir des images. Ces images sont celles de ton cœur et de ton esprit.

Bisous !

Ton étoile

Je retourne ensuite le voir pour lui remettre ce message, en échange, il me donne le sien. Je remarque, en pénétrant dans sa chambre, qu'il fait sombre, un seul rayon de lumière traverse la pièce. Peu de meubles garnissent l'endroit, son lit et à droite de celui-ci, une commode ancienne ornée de quelques objets.