La présence de l’absence - Sophie Dys - E-Book

La présence de l’absence E-Book

Sophie Dys

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Beschreibung

Aurore, jeune femme pleine de vie, croise la route d’un homme hors du commun, qu’elle baptise Indigo en raison de ses yeux d’un bleu fascinant. Malgré la différence d’âge de quarante ans, une relation profonde et envoûtante naît entre eux, les emmenant jusqu’à des instants magiques à Saint-Tropez. Mais la mort d’Indigo laisse Aurore désemparée, jusqu’à ce qu’un test de grossesse vienne bouleverser son monde et son avenir, ravivant un amour perdu à travers un lien inattendu.

À PROPOS DE L'AUTRICE 

Artiste pluridisciplinaire, Sophie Dys commence sa carrière après des études aux États-Unis et une première exposition à Paris. Elle crée notamment une fresque pour le métro Pont-Neuf à Paris et des décors et costumes pour des ballets modernes. L’écriture, toujours liée à son art, l’amène à faire vivre des personnages profonds, tout en poursuivant des projets d’illustration et en composant des chansons.

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Seitenzahl: 43

Veröffentlichungsjahr: 2026

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Sophie Dys

La présence de l’absence

Roman

© Le Lys Bleu Éditions, Paris, 2025

www.lysbleueditions.com

[email protected]

ISBN : 979-10-422-9471-7

En hommage à Jean Carteret

Dans la première partie de sa vie, l’homme rêve, dans la seconde, il les réalise.

Goethe

Note de l’auteure

Ce roman écrit sans trame, dans un lit d’hôpital, est comme une mélopée de l’esprit.

Un esprit qui aurait enfourché un cheval sans selle et galopé droit devant lui vers le présent du passé jamais perdu et plus que jamais lumineux, vivant et à vivre.

Chapitre I

Premier rendez-vous aurore et indigo

C’est une toute jeune fille qui se faufile à travers les ruelles contre le froid d’un hiver rigoureux.

Elle a mis sa capuche et personne ne pouvait l’identifier lorsqu’elle monte doucement les marches qui mènent à la thébaïde de l’homme qui lui a donné rendez-vous ce matin. Hier soir, elle l’a rencontré chez des amis, et fascinée par sa présence aussi bien physique que spirituelle, elle lui a demandé son nom. Son nom… La seule clé qu’elle a de lui. Elle a aussitôt cherché ce nom, et Google, sur les pages jaunes, lui a fourni plusieurs numéros de téléphone.

Le premier, une femme l’a rabroué la voix ensommeillée. Le second n’avait pas le même prénom ni la même voix. Les doigts tremblants, elle tenta le troisième : il était occupé et sur répondeur. Sans plus aucun espoir, elle tenta le quatrième… et la voix chaude, celle-là même qu’elle avait tant aimée la veille, lui répondit aussitôt.

— Bonjour, je suis Aurore, hier soir chez Angéla, vous m’avez donné votre nom… fit-elle timidement.

Marcher, marcher, voir défiler des noms de rues, seule, cheminer à travers la solitude des autres, les ombres chinoises de ces humains orientés vers des routes invisibles, sur des sols de bitume où la pluie reflète leurs hologrammes, et par-delà le temps qui s’écoule, chercher dans son esprit le faible faisceau de lumière qui nous guide ou apaise enfin notre esprit. Chercher en soi, cet amalgame de souvenirs. Ces mains, ces millions de mains qu’on a serrés ou qui vous ont accueillie, ces regards enregistrés, parfois comme des faisceaux lumineux, mais qui vous appellent éveillant en vous des sentiments changeants, fragiles ou indélébiles.

Dans ce Paris d’hiver, de bruit de fureur et d’ennui, perdue dans une rue comme tant d’autres, puis au sommet d’un escalier plutôt vétuste, voici qu’une porte s’ouvre !

Tant de regards inutiles et la lourdeur de la nuit ont fait de vous une sorte de zombie cherchant à tâtons une réponse à votre vie.

Pourquoi là ? Justement, derrière cette porte… ce regard bleu indigo qui vous sourit, telle une mer profonde, les rides si bien campées sur un visage trop assuré pour n’être pas ému de vous découvrir, n’imaginant pas que vous traverseriez Paris pour venir, que vous traverseriez vos soucis, vos amis, votre passé.

Et voilà que les maillons de cette chaîne invisible se brisent. L’homme qui vous accueille comme il le dit lui-même : « un perchoir à oiseaux où tous les oiseaux du monde viennent se poser »… une sorte de centre de gravité où chacun est reçu, où chacun peut puiser à la richesse du monde et s’enivrer jusqu’à plus soif.

Alors d’un seul coup, monte en vous la sève. Vous sentez en vous une irrigation, une chaleur. Les veines de la terre répandent leur fleuve en vous, leur sève monte dans vos vignes et se transforme en élixir. Les plantes poussent en vous comme dans un film au ralenti. Tout éclate, tout vous paraît grandiose.

Mais d’où vient cette alchimie ? Est-ce ce regard pénétrant ? De la chaleur sensuelle de ses lèvres qui vous sourient ? De cette main large qui guide vos épaules vers un antre minuscule et surpeuplé ?

Alors, muette, vous êtes submergée, et déjà vous savez que cette aventure va changer votre vie. Où ce mage va-t-il vous entraîner ? Comme si la vie était bien plus importante que votre propre ego !

Est-ce l’exiguïté de la pièce en rapport avec le nombre incalculable des objets qui donne cette impression de multiplicité ? Ici, tout vous parle : au mur, une belle image de visage de femme, un vêtement de satin rouge sang qui pend à côté et qui a conservé sa forme humaine, des personnages méticuleusement composés de coquillages, des photos agrandies de toutes sortes de matières, telles des tableaux abstraits, des pierres sculptées, des bois flottés dessinant l’espace tendant leurs tiges vers la clarté comme des bras qui cherchent le ciel.

Et ce fruit, cet étrange et merveilleux fruit noir tel un corps de femme qui attend son symbolique fiancé… sensuellement vôtre !

L’homme revient de la cuisine avec une assiette de petits cakes au chocolat et verse le thé vert dans deux belles tasses blanches sur la petite table basse. Pour s’asseoir, c’est le lit où s’installe la jeune fille.

— Vous m’avez dit votre prénom tout à l’heure ? fit l’homme indigo.

— « Aurore », ma mère m’a mise au monde à l’aurore.

— C’est un prénom symbolique, mais très poétique aussi. Vous avez un visage très doux. Il vous va bien.

— Oui, je l’aime beaucoup, mais parfois les gens se moquent !