La réforme pour la paix - Prospective et Innovation - E-Book

La réforme pour la paix E-Book

Prospective et Innovation

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Beschreibung

Cela fait plus d’un an que le monde est confronté à l’épreuve de la pandémie. Le multilatéralisme en a souffert. Loin de susciter un mouvement de solidarité, le virus en a avivé les vulnérabilités.
Pour autant, cette épidémie n’explique pas tout. Ses retombés ne sauraient dissimuler les tendances de fond qui sont à l’origine des bouleversements actuels du multilatéralisme.
Pendant cette période, Leaders pour la Paix a multiplié les initiatives au service de ses deux missions essentielles: Proposer et Agir.
Ce rapport 2021 en reprend les propositions formulées, donne à une vision d’un multilatéralisme rénové qui nous oblige à penser à ce fameux « monde d’après ».
Les lignes de fractures semblent claires. Compétition plutôt que coopération - Nouvelle guerre froide, tensions et crispations - Retour au monde d’avant ou transition écologique.
Heureusement, au milieu des multiples écueils, un espace de consensus semble émerger au cœur des relations internationales pour construire un renouveau du multilatéralisme. Et répondre aux défis d’éviter d’avantage de fragmentation et d’empêcher et que l’ordre global se résume à une simple logique de bloc.
Dans cette perspective, Leaders pour la Paix avance plusieurs propositions. Ce rapport exprime notre confiance dans un multilatéralisme porteur d’idées nouvelles en phase avec les mutations de notre siècle, et exprime notre confiance dans l’élargissement aux sociétés civiles des nécessaires innovations de la diplomatie.
Face aux effets conjugués des crises et de la montée des violences, il est de notre responsabilité collective d’armer les générations futures, à travers une pédagogie de la Paix. C’est la vocation fondatrice des Ecoles de la Paix Itinérantes: assurer la transmission des outils et des méthodes de construction de la Paix pour faire des jeunes des acteurs de Paix dans leurs propres environnements.

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Seitenzahl: 112

Veröffentlichungsjahr: 2021

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La réforme pour la Paix

Leaders pour la Paix

La réforme pour la Paix

Pierre VIMONTRapporteur Général

GINKGOéditeur

 

© Leaders pour la Paix, juin 2021

Conception et création de la couverture – Nidépices

 

© Ginkgo Éditeur pour la présente édition

ISBN : 978 2 84679 486 2

 

Ginkgo Éditeur

33, boulevard Arago

75013 Paris

www.ginkgo-editeur.fr

Table des matières
Édito du Président J.-P. RAFFARIN
Allocution du Président de la République française, M. E. MACRON
Allocution du Secrétaire d’Etat américain, M. A. BLINKEN
Rapport 2021
Executive summary
La réforme pour la Paix
L’École de la Paix Itinérante
Leaders pour la Paix. Initiatives et Projets
Annexes
Peace Lab – Environnement et paix. Réflexion stratégique
Peace Lab – Les femmes et la paix. Réflexion stratégique
Peace Lab – Investissements et paix. Réflexion stratégique

Du consensus de Washingtonau consensus de Paris :un nouveau chemin pour la Paix ?

 
 

Leaders pour la Paix a, comme tout le monde, souffert de la pandémie.

La diplomatie, la médiation, la pédagogie, la négociation, sans contact direct, sans déplacement sur le terrain ou sans communication non verbale, c’est évidemment difficile.

Néanmoins nous avons multiplié les initiatives au service de nos deux missions essentielles : Proposer et Agir.

Les propositions, nous les avons formulées dans ce rapport 2021, comme nous l’avions commencé les années précédentes.

Je remercie profondément l’Ambassadeur de France, Pierre VIMONT, d’avoir bien voulu être notre rapporteur général durant ces trois dernières années. Nous avons transmis notre vision d’un multilatéralisme rénové à de nombreux chefs d’État et chefs de gouvernement, mais aussi aux principaux leaders des organisations multilatérales.

Pour l’action, nous avons concentré nos efforts sur la création de « l’École de la Paix », dont la mission est de promouvoir une pédagogie de la paix dans une quinzaine de pays. Une action pilote est menée en Côte d’Ivoire. Le projet est maintenant finalisé sous l’impulsion active de notre Directrice générale, Donia Kaouach.

Par ailleurs, nous poursuivons nos actions telles que le « Smart Peace Prize », pour mettre en avant les initiatives de valorisation de la culture de la Paix dans les structures de la petite enfance.

Nous formulons ici, quelques-unes des conclusions que nous retirons de nos multiples discussions et de nos travaux au cours de l’année écoulée.

 

Une épidémie mondiale, peu multilatérale

Le coronavirus a fait reculer le multilatéralisme. Il a choisi son camp, plutôt la compétition que la coopération.

Au départ, en franchissant une à une les frontières, le virus était plutôt un agent de la globalisation. Mais au fur et à mesure que les ripostes se sont organisées, il est devenu l’interlocuteur des nations.

Alors que, dans la crise précédente en 2008-2010, le multilatéralisme s’était renforcé par la mobilisation du G20 au niveau des chefs d’État, dans cette pandémie, les tensions entre les nations sont apparues plus nombreuses et plus agressives. Les masques, les tests, les vaccins… ont fait l’objet de multiples guérillas.

Il faut reconnaître que le Président Trump a mis du sien pour crisper la situation. Son successeur Joe Biden et son secrétaire d’État, notre ami Antony Blinken, déploient beaucoup d’énergie pour reconquérir le terrain perdu.

 

La nouvelle guerre froide

En effet, la pandémie a explosé au moment où la rivalité sino-américaine commençait à prendre les allures d’une nouvelle guerre froide.

Les tensions se sont ajoutées aux crispations. « Le piège de Thucydide » s’est refermé et la rivalité entre le numéro un mondial et son second s’est installée de manière durable, parce que systémique.

La puissance de cette rivalité, avec son lot de propagande, génère plusieurs effets négatifs tels que l’affaiblissement de la croissance mondiale, les pressions exercées sur ceux qui sont attachés à leur indépendance comme l’Europe ou l’Afrique, et aussi les blocages du système multilatéral.

La radicalisation de cette tension serait dangereuse pour la Paix du monde.

Pour faire face à cette nouvelle donne mondiale, nous comptons notamment sur l’exceptionnelle énergie de la nouvelle directrice générale de l’Organisation Mondiale du Commerce, notre amie Ngozi Okonjo-Iweala, elle aussi fondatrice de Leaders pour la Paix.

 

La planétisation, nouvel ordre mondial

Heureusement, au milieu des multiples crispations, un espace de consensus est en train d’émerger au cœur des relations internationales. L’espace est encore étroit, mais, pour construire un renouveau du multilatéralisme, il est nécessaire de s’appuyer sur des consensus partiels, que l’on espère pouvoir progressivement élargir.

Ce consensus pour l’avenir de la Planète s’appuie sur une condition largement partagée: la protection de la planète est une urgence pour la protection de l’humanité. Les mots de Joe Biden, quand il rejoint l’Accord de Paris, ne sont pas très éloignés de ceux de XI Jinping, quand il a signé cet accord.

L’initiative américaine des 22 et 23 avril 2021 permettant à quarante chefs d’État de s’exprimer sur le sujet, dans cette période difficile, est cependant de bon augure.

Certes, on sent que la compétition pour le leadership de la démarche est lancée, l’Europe et beaucoup d’autres ne souhaitent pas abandonner les premiers rangs, mais ce jeu des coudes ne fait que renforcer la crédibilité du projet.

Il est rare que l’on se batte pour une cause sans avenir!

 

Ouverture de la diplomatie aux sociétés civiles

L’Accord de Paris peut-il prendre le relais du Consensus de Washington? On peut en formuler l’espoir, pour des avancées multilatérales.

La perspective de Paix ne peut exister que quand les nations acceptent des objectifs qui dépassent leur égoïsme. Ces objectifs supérieurs doivent concerner tous les Pays.

C’est aujourd’hui le cas de la Planétisation de nos consciences. Bien sûr, ce nouveau champ de préoccupations communes peut aussi devenir le nouveau champ de bataille des grandes puissances. Les sommets se multiplient sur tous les continents.

Face à ce risque de dispersion, nous pouvons compter sur les sociétés civiles, et notamment les jeunes du monde entier, qui ont compris que leur avenir et celui de la planète étaient directement solidaires.

Ce rapport exprime notre confiance dans l’élargissement aux sociétés civiles des nécessaires innovations de la diplomatie.

 

Jean-Pierre RAFFARIN

Président des Leaders pour La Paix

Ancien Premier ministre de la France

Allocution du Président de la République française,Monsieur Emmanuel MACRON,à l’occasion de la conférence annuelledes Leaders pour la Paix, 2021

 
 

Monsieur le Président, cher Jean-Pierre RAFFARIN,

Madame la Directrice générale,

Mesdames et messieurs,

Je suis très heureux d’intervenir à la conférence annuelle des Leaders pour la Paix. Je me souviens de nos échanges, il y a maintenant quelques années. Vous m’aviez invité à partager, en guise d’ouverture, mes réflexions sur le multilatéralisme et la paix en cette année 2021. Ce sujet, particulièrement prégnant en cette année précisément, car elle est marquée à la fois par la perspective de sortie de la pandémie – qui nous oblige à penser ce fameux « monde d’après » – et le retour en force des États-Unis dans les enceintes multilatérales, qui nous encourage à retrouver le chemin d’un multilatéralisme efficace, compatible avec les rapports de force du XXIe siècle.

Votre rapport de 2019 sur le sujet dressait bien le constat d’un ordre multilatéral fragilisé, contesté, affaibli. Au fond, trois questions se posent à nous face à ce constat:

La première, devons-nous chercher à revenir au « monde d’avant », en actionnant en quelque sorte la marche arrière ? Ou assumer d’engager la transition, qui par nature est incertaine, peut-être plus périlleuse, vers un nouveau multilatéralisme, repensé dans ce nouveau rapport de force, et les apprentissages de la crise ?

Certains font mine de penser que la crise que nous traversons n’est qu’une parenthèse. Comme si le vaccin permettait de retrouver le statu quo ante. Ce serait à mes yeux une erreur historique. Je crois profondément que nous arrivons à la fin d’un cycle. Nous savons maintenant à quel point nos trajectoires de croissance du tournant du millénaire nous menaient dans une impasse: elles étaient génératrices d’inégalités pleinement explosives au sein même de nos sociétés; elles consommaient le capital naturel de la planète ; et elles, en quelque sorte exaltaient les tensions géopolitiques déjà existantes. De la Californie au Sahel en passant par les îles du Pacifique, nous en subissons absolument tous les conséquences aujourd’hui, et ces conséquences sont encore plus dommageables pour les États les plus vulnérables, pour les sociétés les plus fragiles, pour les pays d’ores et déjà les plus pauvres.

Il nous revient donc de définir, façonner, le cycle suivant. Notre réponse en France, notre réponse collective en Europe, consiste à mettre à profit cet ultime coup de semonce pour réorienter résolument notre trajectoire de développement. J’en suis convaincu, ce qu’on a longtemps appelé le « consensus de Washington » est mort et enterré. Le 11 novembre dernier nous avons tenté de faire émerger ce « consensus de Paris », au fond ce nouveau consensus universel, à l’occasion du Forum de Paris pour la Paix, porteur d’une transition vers de nouveaux modèles économiques, sociaux, démocratiques. Nous devons continuer à le façonner, à le consolider ; et vos réflexions à cet égard nous permettront d’avancer.

La seconde grande question est à mes yeux : que voulons-nous faire des « communs » tels que le climat, la santé, la biodiversité, l’internet? La fin du siècle précédent nous avait permis de définir un agenda commun, de penser ces biens communs de l’humanité, avec il faut bien le dire des réalisations qui demeuraient tâtonnantes, bien souvent incertaines, des prises de conscience qui ne datent que de quelques années. Je pense en particulier à la lutte contre le terrorisme, contre les contenus haineux en ligne et sur les réseaux sociaux. Mais ces biens communs sont en effet une composante aujourd’hui essentielle de ce nouveau multilatéralisme. Les préserver ensemble au bénéfice de tous, ou se résigner à les voir s’éroder sous l’effet de la captation, de la surconsommation ou de la prédation ?

J’ai porté, depuis le début de la pandémie, la vision de la lutte contre la Covid-19 comme « bien public mondial ». Cette vision, qui n’allait pas de soi, s’est matérialisée par la création de l’accélérateur ACT-A, qui permet de mettre à disposition des pays les plus pauvres des diagnostics, des traitements, des vaccins, de renforcer les capacités de leurs systèmes de santé à lutter contre la pandémie. Nous pouvons être fiers de ce qui a été accompli, mais nous devons aller beaucoup plus loin et nous le savons : en partageant le mois dernier des premières doses de vaccins avec l’Afrique pour la vaccination du personnel soignant, la France a initié ce qui sera, j’en suis absolument convaincu, un vaste mouvement de solidarité contre la Covid-19. J’ai appelé mes partenaires du G7 à le rejoindre sans plus tarder. Et nous savons ce qui nous attend, en G7 comme en G20: une réponse profonde en matière sanitaire pour tirer toutes les leçons de cette crise et réussir à vaincre cette pandémie qui ne sera gagnée que si nous livrons ce combat de manière coopérative et universelle.

Au-delà de cette réponse de court terme, où se joue la confiance dans le système multilatéral, nous devons réformer l’architecture internationale de la santé pour renforcer notre outil de sécurité collective contre les pandémies. La réussite dépendra de notre capacité d’assurer en quelque sorte la « paix sanitaire » – c’est-à-dire à préserver la coopération internationale en santé de la montée des rivalités géopolitiques. Et c’est possible: il y a 40 ans, en pleine guerre froide, l’humanité triomphait de la variole, grâce à une collaboration entre chercheurs et médecins du monde entier, y compris russes, chinois et américains. C’est cet agenda sanitaire qui est devant nous aujourd’hui.

Il en va de même pour l’environnement : si la lutte contre le changement climatique ou contre l’effondrement de la biodiversité devenait otage de la montée des rivalités entre grandes puissances, nous serions alors certains, là aussi, de construire nos propres impasses, nos propres échecs d’aujourd’hui et de demain. Nous sommes sur ce chemin de crête, faute d’avoir agi plus tôt, il faut bien le dire. Mais il y a des raisons d’être raisonnablement optimistes : nous avons su, avec nos partenaires européens, africains, chinois aussi, préserver le multilatéralisme climatique et les Accords de Paris durant quatre ans, malgré la sortie des États-Unis qui portaient le risque alors, de leur délitement. Les coalitions d’acteurs des sommets « one planet », qui rassemblaient États, entreprises, collectivités, fondations, organisations de la société civile… nous ont permis d’avancer dans la transformation en profondeur de nos économies avec des résultats concrets.

Le sommet pour le climat accueilli par Joe Biden le mois dernier, pour lequel l’ensemble des leaders du G20 ont répondu présent, a montré que la préservation de l’environnement peut constituer un combat partagé, et a marqué surtout le retour des États-Unis d’Amérique, qui marquent leur rattrapage. Il est maintenant urgent d’accélérer la transition, et d’accroître l’ambition : Glasgow en novembre prochain doit en quelque sorte être le Bretton Woods du XXIe siècle, la COP26 doit nous permettre de dessiner l’organisation des systèmes productifs du « monde d’après », avec le nouvel étalon-or – celui de la neutralité climatique.

L’Union européenne est en pointe sur ce sujet. Nous avons pris les engagements les plus forts, les plus radicaux, nous aurons apporté des innovations profondes, et la présidence française s’y engagera pleinement, comme le mécanisme d’inclusion carbone. Nous n’avons pas à rougir, au contraire, nous devons continuer de tirer la géopolitique internationale climatique et de biodiversité, en continuant à nos côtés d’engager la Chine et les États-Unis d’Amérique.