La tête dans les étoiles - Camille Isouard - E-Book

La tête dans les étoiles E-Book

Camille Isouard

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Beschreibung

— Ta maman est partie rejoindre les étoiles…
— Alors, je deviendrai astronaute pour la rejoindre…
Inaya a perdu sa mère à l’âge de douze ans. Elle se retrouve complètement seule, ses amis lui tournent le dos tout autant que son père. Ses notes sont en chute libre et elle souffre de dépression jusqu’à ce qu’elle rencontre Noam. Ayant également vécu des moments difficiles, ce garçon se lance dans une mission : aider Inaya. Réussira-t-il à lui redonner goût à la vie et au bonheur ?


À PROPOS DE L'AUTEURE


Pour Camille Isouard, lire et écrire font partie de son quotidien. L’amour de faire vivre de nombreux personnages et de raconter des histoires qui délivrent des messages sont des raisons qui la pousseront à rédiger la Tête dans les étoiles.

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Seitenzahl: 94

Veröffentlichungsjahr: 2022

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Camille Isouard

La tête dans les étoiles

Roman

© Lys Bleu Éditions – Camille Isouard

ISBN : 979-10-377-5229-1

Le code de la propriété intellectuelle n’autorisant aux termes des paragraphes 2 et 3 de l’article L.122-5, d’une part, que les copies ou reproductions strictement réservées à l’usage privé du copiste et non destinées à une utilisation collective et, d’autre part, sous réserve du nom de l’auteur et de la source, que les analyses et les courtes citations justifiées par le caractère critique, polémique, pédagogique, scientifique ou d’information, toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle, faite sans le consentement de l’auteur ou de ses ayants droit ou ayants cause, est illicite (article L.122-4). Cette représentation ou reproduction, par quelque procédé que ce soit, constituerait donc une contrefaçon sanctionnée par les articles L.335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle.

Chapitre 1

Cher journal,

Je ne sais pas quelle idée je viens d’avoir de commencer à écrire dans un cahier que j’ai trouvé au fond de mon armoire, mais je suis complètement seule alors disons que ce sera un moyen de me libérer de mes tourments sans que quelqu’un sache ce que je ressens au fond de moi. Depuis le décès de ma mère, mon père s’est renfermé sur lui-même. Il ne me parle plus, et il passe tout son temps à son travail. Comme si c’était ma faute si elle était morte. Elle s’est suicidée car son mariage avec mon père était un désastre, et parce qu’elle se sentait seule. Tout comme je le suis aujourd’hui, pour les quatre ans de sa mort. Je sais qu’elle ne m’a pas laissée comme ça, seule sans me laisser au moins une lettre. Mais où pourrait-elle bien être, Bon Dieu ? Pendant la première année après sa mort, j’ai tout fait pour trouver un indice, une lettre ou du moins quelque chose qui me montre qu’elle ne m’a pas abandonnée sans se retourner. Mais je n’ai rien trouvé, alors j’ai laissé tomber. Me retrouver complètement seule face au monde a été le plus difficile. Tous mes soi-disant amis m’ont tourné le dos quand j’ai fait ma dépression, mes notes qui étaient merveilleuses sont devenues affreuses, je ne mange que très peu et je pleure tous les soirs. Cependant, ma mamie est là pour moi, c’est elle qui s’occupe de moi depuis la mort de maman. Elle vient me voir tous les mercredis midi, elle mange avec moi et elle me force à finir mes assiettes, puis passe tout son après-midi avec moi, nous discutons, nous cuisinons (depuis toute petite, elle adore m’apprendre des recettes, surtout de la pâtisserie). Nous dessinons et peignons. Tous les vendredis soir, je vais chez elle, nous passons la soirée ensemble, je dors chez elle, le samedi elle m’aide pendant environ 2 à 3 h sur mes cours et mes devoirs (c’est grâce à elle que mes notes sont remontées) puis nous passons notre après-midi à faire des activités. Enfin, nous allons devant la tombe de maman et regardons le soleil se coucher en silence, en repensant à nos bons moments passés avec cette femme qui était ma mère, et qui était sa fille.

Je perds espoir, je suis en première, et malgré le fait que mes notes soient remontées, personne ne croit en moi ni en mes projets. J’aimerais devenir astronaute. Quand j’ai retrouvé ma mère morte dans la salle de bain, je n’ai pas tout de suite compris. J’étais jeune, je n’avais que 12 ans. J’ai appelé mon père qui a aussi appelé plein de gens. Il refusait de m’expliquer ce qui était en train de se passer, il hurlait sur ma mère des choses incompréhensibles en pleurant, et moi je m’étais aussi mise à pleurer parce qu’au fond de moi, la seule chose que j’avais comprise c’est qu’elle était morte. Quelques minutes après (minutes qui m’ont paru des heures), pleins de gens ont débarqué chez moi : des pompiers, policiers, mes grands-parents, la meilleure amie à ma mère… Aucun ne remarquait ma présence. J’étais comme invisible. Puis un jeune pompier m’a amenée loin de cette maison infestée d’inconnus, et il m’a dit « ta maman est partie rejoindre les étoiles. Elle ne reviendra plus sur Terre, car c’est un voyage à aller unique. Mais ne t’inquiète pas, elle est très heureuse. » Et ç’a été comme une évidence pour moi, je lui ai dit « Je la rejoindrai alors. Quand je serai grande, moi aussi j’irai dans les étoiles, comme les hommes qui arrivent à marcher sur la Lune. Je deviendrai astronaute pour la rejoindre. » Il m’a souri tristement et m’a dit « Je suis sûre que tu y arriveras. Astronaute est un des plus beaux métiers qui puisse exister. » Je ne me souviens plus de ce qui s’est passé les jours suivants, tout est assez flou. Tout ce dont je me souviens, c’est que j’étais très mal car ma mère ne revenait pas et mon père ne passait pas une seule minute à la maison avec moi. C’est là qu’a commencé le calvaire qu’est devenue ma vie. Le pire dans tout ça, c’est que dans cette histoire j’ai perdu ma mère, mais aussi mon père et tous mes amis. Comment ai-je pu en arriver jusque-là ? C’est une bonne question, mais je ne trouve aucune réponse à ça. J’ai beau retourner la chose dans tous les sens, aucune explication ne vient à moi. De toute manière, je ferai tout pour réussir à être astronaute, et je prouverai autant à mes anciens amis, à mes profs qu’à mon père que je suis capable de réussir.

Chapitre 2

— Bonjour Inaya, monsieur Grans.

Madame Humo serra la main du père de la jeune fille et les invita à s’asseoir.

— Si je vous ai appelé aujourd’hui c’est parce que l’équipe enseignante et moi-même nous inquiétons pour votre fille. Ses projets sont irréalisables, avec les notes qu’elle a, elle ne pourra jamais devenir astronaute. Les écoles sont prestigieuses et il faut avoir un dossier en béton pour être pris. Et encore, même des élèves extrêmement talentueux peuvent être refusés. Admettons que votre fille arrive à entrer dans cette école d’astronaute : des qualités sont requises pour le devenir. Une taille précise, ne pas être malade en transport, savoir parler parfaitement l’anglais, avoir de très bonnes conditions physiques, ne pas être maladroit… Et j’en passe. Votre fille n’a pas la moitié des compétences requises. Rien que les conditions physiques ne sont pas bonnes. Elle est maigre comme tout, ne fait pas beaucoup de sport et dès qu’elle monte quelques marches ou cours quelques mètres elle est essoufflée. De plus, elle est en dépression. Je sais bien que ce n’est pas sa faute et que la mort de votre femme l’a énormément affectée ; ce qui est normal cela dit en passant ; mais sa santé mentale est loin d’être bonne. Je vous ai donc convoqué aujourd’hui pour que nous voyions ensemble un projet plus… réalisable.

— Je suis totalement d’accord avec vous, madame Humo. Puis, vous êtes la conseillère d’orientation de ma fille depuis 2 ans maintenant, vous la voyez régulièrement et soutenez beaucoup ; je vous en remercie au passage ; vous êtes totalement qualifiée pour savoir de quoi elle est capable ou non, et je lui ai toujours dit que son projet d’astronaute était impossible. Qu’est-ce que vous lui proposez ?

— Je pense la diriger vers des études littéraires car c’est là qu’elle se débrouille le mieux, pour devenir plutôt secrétaire ou quelque chose dans ce genre.

— Je trouve que c’est plutôt une bonne idée, je pourrais même l’engager en tant que secrétaire dans mon entreprise. De toute manière, elle ne fera jamais mieux.

Inaya, restée silencieuse pendant tout ce temps de discussion, réagit au moment où elle entendit « de toute manière, elle ne fera jamais mieux ».

— Je te déteste. Tout ça est ta faute.

Le père d’Inaya fut d’abord surpris de la réaction de sa fille : comment osait-elle lui manquer de respect ? Lorsqu’elle se leva, il lui lança un regard noir, et celle-ci sortit en pleurs de la salle de classe avec une seule envie : aller s’enfermer dans sa chambre et aller voir sa grand-mère le lendemain.

Chapitre 3

Inaya sortit rapidement, puis commença à courir dans les couloirs de son lycée pour rentrer chez elle et dormir. Les larmes qui coulaient, elle voyait trouble et ne faisait pas attention à ce qu’elle faisait quand elle bouscula quelqu’un. Elle s’arrêta net, et se retourna.

— Oh, attention ! cria l’inconnu.

— Oh mon dieu, je suis désolée je ne voulais pas vous bousculer je ne faisais pas attention…

Un beau jeune homme mat de peau se releva, et croisa le regard de la jeune fille.

— Ce n’est rien, aucun souci. Tu vas bien ?

Inaya sécha d’un revers de la main les larmes sur son visage et répondit au jeune homme

— Heu… oui… et toi ? Je ne t’ai pas fait mal ?

— Moi je vais parfaitement bien je n’ai pas fait une grande chute en réalité. Puis le sol est quand même super confortable, je demanderais plus tard de quoi il est fait. En revanche toi, es-tu sûre que ça va ? Ça n’a pas l’air…

— Oui, oui, c’est… compliqué. Excuse-moi de t’avoir bousculé.

— Dangereux de courir les larmes aux yeux n’est-ce pas ?

— Comment tu as deviné ?

Le jeune homme montra le nez et les yeux d’Inaya et dit alors :

— Il y a des signaux qui ne trompent pas.

Les deux s’échangèrent un sourire sincère. Inaya sentit les larmes revenir, et dit alors :

— Je ferai mieux d’y aller…

— Où que tu ailles, je viens avec toi, parce que tu pleures, et comme tu le sais, c’est dangereux de courir les larmes aux yeux. Et puis, il ne faudrait pas que tu bouscules une femme âgée, parce que là, c’est la crise cardiaque assurée pour elle !

Inaya eut un petit rire, et accepta la proposition de l’inconnu. Si sa mère apprenait ça, elle se retournerait dans sa tombe. « Ne parle pas aux inconnus, et n’accepte jamais rien de leur part. » Elle venait d’enfreindre les deux règles les plus importantes.

Ils sortirent du lycée en silence, commencèrent à marcher dans les rues de la petite ville dans laquelle Inaya vivait, puis le garçon prit la parole.

— Je m’appelle Noam au fait. Maintenant que tu connais mon prénom, je ne suis plus un inconnu.

Lisait-il dans les pensées ? Inaya était troublée, mais se présenta quand même.

— Inaya.

— Très joli prénom, j’adore.

— C’est ma mère qui a décidé de m’appeler comme ça. Elle aimait beaucoup ce prénom mais mon père lui le détestait. Cependant, ma mère avait un pouvoir de conviction incroyable. Elle a réussi à faire céder mon père par je ne sais quel chantage, et me voilà, aujourd’hui avec ce prénom. J’aurais beaucoup aimé récupérer son don de convaincre tout le monde…

Inaya se sentit tout à coup coupable d’en avoir tant dis à une personne qu’elle ne connaissait pas. D’habitude, elle était réservée, silencieuse. Pourquoi aujourd’hui c’était différent ?

— Elle pourrait convaincre les gens ? Fais équipe avec elle. Tu montes les plans et elle, elle convint les gens. Crois-moi, c’est la meilleure technique.

Inaya baissa les yeux et laissa le silence s’installer. Noam parut mal à l’aise, alors elle lui expliqua :