LE CHEMIN DES ETOILES - Annie Berlingen - E-Book

LE CHEMIN DES ETOILES E-Book

Annie Berlingen

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Beschreibung

Novembre 2013 - Service des urgences - Hôpital de Saint Sauveur (Jura) Allongée sur son lit d'hôpital, qui est cette jeune femme, retrouvée inconsciente sur la route de la plage? D'où vient-elle? Qui fuit-elle? Quel mystère se cache derrière ses yeux clos, Le capitaine Raphaël Monnier parviendra-t-il à l'élucider,

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Seitenzahl: 118

Veröffentlichungsjahr: 2022

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Les étoiles sont au ciel comme les lettres dans un livre.

Vladimir Nabokov

* * * *

Sommaire

Avertissement

L'INCONNUE DE LA PLAGE

Chapitre 1

Chapitre 2

Chapitre 3

Chapitre 4

LUNA MARTINEZ

Chapitre 5

Chapitre 6

LE COMMANDO DES ETOILES

Chapitre 7

Chapitre 8

Chapitre 9

Chapitre 10

Chapitre 11

Chapitre 12

Chapitre 13

Chapitre 14

Chapitre 15

Avertissement

Pour toi, ami(e) lecteur, lectrice !

J'ignore ce qui m'a poussée à écrire cette histoire où se mêlent faits réels – comme l'exode des Pieds Noirs ou les règlements de comptes dans la ville de Marseille – et des faits purement imaginaires mais nés dans ma pensée de ce que je peux voir et entendre à la télévision ou ailleurs.

Peut-être aussi quelques réminiscence venues de mon passé et de mon amour pour ce pays qui m'a vue naître et, qu'en vieillissant, je regrette de plus en plus. Il m'est apparu évident que je devais rédiger tout ce que je porte en moi. J'ai écrit rapidement, sans me poser de questions. La rédaction de ce livre ne m'a pris que peu de temps tant le scénario était clairement posé dans ma tête. Bien sûr, il a évolué au fil de l'écriture.

J'espère qu'il te plaira de le lire.

L'INCONNUE DE LA PLAGE

*

1

Octobre 2015. Service des urgences – Hôpital Général de Saint Sauveur (Jura).

La porte s'ouvrit et un homme s'avança au centre de la pièce. Grand, larges épaules et hanches minces, il arborait du sel dans le poivre de la chevelure d'une quarantaine assumée. Une barbe de trois jours, savamment entretenue, soulignait le contour d'un visage halé, aux mâchoires carrées et volontaires. Des yeux sombres comme une nuit sans lune pour compléter le portrait de celui dont la présence venait d'envahir l'espace, le capitaine Raphaël Monnier, du commissariat de la ville.

– Salut Doc ! Dit-il

– Ah ! Salut Rapha ! Désolé de te déranger à cette heure matinale mais il me fallait prévenir la police le plus rapidement possible. Et comme la police, c'est toi...

– Pas de souci ! Tu sais bien que je suis un lève-tôt ! Je terminais mon jogging quand tu m'as appelé. Je suis venu directement sans me changer, lui répondit Raphaël, en lui montrant son survêtement. Qu'est-ce qu'on a ?

– Femme entre trente et trente cinq ans, type caucasien, trouvée inconsciente sur la route du lac. L'automobiliste qui l'a découverte, a appelé les pompiers qui l'ont conduite chez nous, expliqua Tittu Tomasi, médecin-chef des urgences de l'hôpital.

– Connaît-on son identité ?

– Non ! Aucun papier, rien sur elle en dehors d'une robe déchirée. Elle était pieds nus, ne portait aucun sous-vêtements, aucun bijou, sauf autour du cou, un sachet en cuir contenant une liasse de billets de cent euros.

– Des billets de cent euros? Raphaël émit un léger sifflement. Les as-tu comptés ?

– Bien sûr que non ! C'est à toi que revient ce privilège ! J'veux pas d'histoire avec la police; moi, rétorqua l'urgentiste. J'ai aussi fait mettre la robe dans un sac stérile. Qui sait, des empreintes à exploiter ? Des traces d'ADN?

– Bravo, Doc ! Tu finiras médecin légiste.

– Dieu m'en garde ! s'écria ce dernier en riant. Je vois assez d'horreurs comme ça.

Le capitaine se rapprocha du lit où était allongée la jeune femme. Il l'observa attentivement. Les yeux fermés, elle semblait dormir mais il remarqua comme une crispation sur son visage.

– Depuis combien de temps est-elle inconsciente, demanda-t-il.

– Je n'en sais rien. Elle est ici depuis trois heures maintenant, répondit Tittu. Elle était en hypothermie, il a fallu la réchauffer rapidement. Combien de temps s'est écoulé avant sa découverte et son transport chez nous, je l'ignore.

– Quand va-t-elle se réveiller ?

– Cela aussi, je l'ignore. Nous avons fait tous les examens possibles. Tout est bon. La plaie à la tête est sans doute due à une chute. Le scan cérébral a révélé un léger trauma crânien qui peut expliquer son état actuel. Elle présente aussi de nombreuses contusions.

– Y a-t-il eu sévices sexuels ?

– Non, aucun. C'est déjà bien parce que toutes ses ecchymoses prouvent qu'elle a dû être maltraitée.

– Battue, tu penses ?

– Sans doute mais attachée sans aucun doute. Viens voir.

Raphaël se pencha sur le corps immobile et le médecin lui montra les traces rouges et les lacérations laissées par des liens, sur ses poignets et autour de ses chevilles.

– Visiblement elle devait être attachée.

– Elle a dû aussi marcher longtemps sur le sol gelé. Ses plantes de pieds sont comme brûlées.

– Pauvre fille, dit le capitaine en se redressant, je comprends mieux pourquoi elle conserve ce visage crispé et peut être, aussi, pourquoi elle ne se réveille pas. Des traces sur sa robe ?

– Non! Quelques tâches de sang mais c'est le sien. Quant à son coma, il est peut être dû à la plaie qu'elle a la tête, fort possible aussi que son subconscient refuse ce retour à la vie par crainte de subir encore ce qu'elle a déjà subi, confirma Tittu. Je te montre autre chose qui va sans doute t'intriguer encore plus. Regarde.

Il souleva le drap et découvrit le bras gauche de la belle endormie. Un tatouage d'une forme étrange s'offrit aux yeux éberlués de Raphaël.

– Waouh! s'exclama ce dernier. Je n'ai jamais rien vu de semblable. Ce tatouage est d'une beauté extraordinaire. Il sortit son portable et le photographia.

– Que comptes-tu en faire ? demanda Tittu.

– Mener quelques recherches. Peut-être est-il répertorié quelque part. Je verrai bien.

– Et pour elle ?

– Je vais demander qu'un agent soit placé devant sa porte. Soyons prudents. Elle s'est sans doute échappée d'un lieu quelconque et ses geôliers la traquent sûrement. Je rentre au commissariat et je lance une recherche dans le fichier des disparitions. Je verrai bien ce qu'il en ressortira. De ton côté, tu me fais signe dès qu'elle ouvre les yeux. Merci à toi, toubib. A plus.

– Promis, je te bipe dès qu'elle émerge. Bonne journée à toi et à plus. Ah ! N'oublie pas de récupérer à l'accueil, l'argent et la robe.

– Ok ! Merci.

Le capitaine quitta aussitôt la chambre, déjà électrisé par l'énigme de la jeune inconnue. L'oreille collée à son téléphone, il donna des ordres rapides et précis. Au bureau des entrées de l'hôpital, il récupéra les pochettes, l'une contenant les billets, l'autre la robe et sortit.

Tittu Tomasi, quant à lui, s'était replongé dans l'observation de sa patiente et des questions qu'elle soulevait.

* * * *

Après une douche rapide et avoir revêtu un jean, un sweat et un blouson, Raphaël Monnier cala son arme à sa ceinture, avala une tasse de café noir bien serré et se rendit à la caserne des pompiers. Au commandant du centre, il demanda des précisions sur la prise en charge de la jeune femme ainsi que l'identité de celui qui l'avait découverte. Il rejoignit ensuite le commissariat.

– Bonjour, mon capitaine, le salua l'agent chargé de l'accueil.

– Salut, Simon.

– Maxime est parti pour l'hôpital sitôt après votre appel. Il vient de confirmer qu'il est en place devant la porte de l'inconnue.

– Parfait, répondit le capitaine. Pense à le faire relever dans deux heures. Établis une rotation. Il faut une surveillance même de nuit.

– C'est une VIP que nous surveillons ?

– Non, mais une personne dont on ne sait rien et qui semble avoir fui ses tortionnaires. Donc, prenons toutes les précautions possibles.

– Ce sera fait, répondit Simon.

– Autre chose ! Convoque Monsieur Stéphane Prieur et demande lui de passer le plus rapidement possible au commissariat. C'est urgent! Voici son numéro de portable.

– Tout de suite! Autre chose ? demanda Simon.

– Non ! Merci à toi. Je suis dans mon bureau. A plus tard.

Raphaël Monnier grimpa quatre à quatre les marches conduisant à l'étage et s'installa à sa table de travail. Il avait des fourmis au bout des doigts et une poussée d'adrénaline qui faisait battre son cœur. Enfin une enquête qui allait le sortir de son quotidien ronronnant.

* * * *

Né dans le 16 ème arrondissement de Paris, Raphaël Monnier était fils d'une mère, professeur de lettres classiques à la Sorbonne et d'un père chirurgien, spécialisé en cardiologie, à l'hôpital de La Pitié-Salpêtrière.

Il avait eu une enfance dorée dans un appartement confortable, des vacances au ski en hiver, au bord de l'océan en été, sans parler des voyages découvertes dans des pays lointains. De quoi former l'esprit d'un jeune enfant puis d'un adolescent curieux. Malgré toutes ces facilités que lui conféraient la situation familiale, il avait été élevé dans les respect des gens et de leurs métiers. Fils unique, ses parents avaient veillé à ce qu'il ne devienne pas un enfant gâté à qui tout était dû. Il avait appris au fil du temps la valeur du travail et sa considération.

Après un master en droit, brillamment obtenu, Raphaël Monnier avait hésité entre être avocat ou magistrat. Son besoin d'action l'avait finalement conduit vers une carrière dans la police. Il était sorti lieutenant de l'école et avait gravi les échelons grâce à sa faculté à résoudre des affaires délicates, compliquées et à son investissement dans chacune d'elles. Quelques mois auparavant, au cours d'une enquête difficile, il avait usé de moyens peu orthodoxes et s'était mis en danger ainsi que ses collègues . Sa hiérarchie l'avait aussitôt éloigné afin qu'il se fasse oublier. Muté dans le commissariat, de la petite ville de Saint Sauveur, il s'ennuyait à mourir. C'était un bel endroit, non loin d'un petit lac aux eaux transparentes, qui sommeillait sous le soleil Rien d'extraordinaire ne s'y passait. L'été apportait un peu plus d'animation avec les vacanciers qui venaient y passer leurs congés pour quelques jours ou quelques semaines. En juin arrivaient les retraités et les couples sans enfant, en juillet et août c'était la vague des touristes de tout bord. Saint Sauveur retrouvait sa tranquillité en septembre avec là encore, des retraités inoffensifs. Même durant ces périodes d'affluence, il ne s'y passait rien de bien intéressant en dehors de quelques pugilats entre personnes éméchées. Vraiment rien à se mettre sous la dent.

La seule chose qu'il appréciait ici, c'était d'avoir retrouvé son ami de fac, Tittu Tomasi. Un jour qu'il noyait son ennui dans un bar très fréquenté de la ville, il avait reçu une grande tape dans le dos et une voix connue lui cria dans l'oreille :

– Salut, vieux frère! Que fais-tu dans ce trou perdu?

– Si je m'attendais à ça ! dit Raphaël en se retournant et en découvrant son ami de fac. Je pourrais te poser la même question. Que fais-tu ici ? Je vais me sentir moins seul maintenant.

S'en suivit une accolade sincère et bien sûr, les questions-réponses fusèrent. Ils évoquèrent leurs années d'étude et leurs frasques d'étudiants.

* * * *

A cette époque, Tittu Tomasi était monté à Paris, depuis sa Corse natale et étudiait la médecine. Ils s'étaient retrouvés en colocation dans un petit appartement et avaient très vite sympathisé. Ensemble, ils avaient fait des bêtises de potaches, avaient bien ri et profité de ces années de fac où se mêlaient travail sérieux et épisodes de folies estudiantines.

Tittu avait, lui aussi, brillamment passé sa thèse et s'était spécialisé dans la médecine d'urgence. Son diplôme obtenu, il avait rejoint un hôpital sur son île.

– Je te croyais en poste à Corté, dit Raphaël. Que fais-tu dans ce trou perdu?

– C'est une longue histoire, assez pénible que je te raconterai plus tard, répondit son ami. Et, toi?

– Pareil pour moi. Un mauvais choix dans une affaire sensible et mes patrons m'ont mis au vert.

– Eh, bien! Voilà reformé le duo de choc des années d'insouciance. Mais tu verras, la ville est petite mais charmante et les gens souriants et agréables.

Ils avaient terminé la soirée en évoquant leur passé et en se racontant leur évolution professionnelle.

* * * *

Malgré cette présence amicale, le capitaine Monnier rongeait son frein. Le terrain, les émotions d'une enquête à mener, les investigations, les interrogatoires, tout ce qui avait été sa vie d'avant, son moteur, tout lui manquait. Depuis quelques semaines, il envisageait de remettre sa démission et de se reconvertir en détective privé. Et voilà que cette affaire étrange arrivait comme un clin d’œil du ciel. Il s'empressa de ranger, dans un tiroir, la lettre destinée à sa hiérarchie, .

– Je verrai ça plus tard ! se dit-il avec un sourire ravi.

Il ouvrit son ordinateur et se connecta au fichier départemental des personnes disparues. Aucune d'elles ne correspondait à l'inconnue de la plage, ainsi qu'il l'avait nommée. Il fit un tour dans le registre national. Aucun profil ne matchait dans ce dernier non plus.

– Qui êtes-vous donc, belle dame? Personne n'a signalé votre disparition. Étes-vous seule au monde? Vos tortionnaires sont-ils à votre recherche pour vous empêcher de parler. Ce mystère qui entourait l'inconnue, l'excitait. Vivement que vous vous réveilliez ! Quels êtres malfaisants ont pu vous infliger de tels sévices ? Faites-vous l'objet d'une demande de rançon ? Impossible compte tenu de la somme d'argent que vous aviez sur vous. Alors...???

Toutes ces questions tournaient dans sa tête sans qu'il puisse y apporter la moindre réponse. Il flairait quelque chose de mystérieux, de différent de ses autres enquêtes.

– Il ne me reste plus qu'à attendre que la belle se réveille ! pensa-t-il en poussant un soupir de frustration.

Son téléphone sonna. C'était Simon qui l'avertissait que, contacté, Stéphane Prieur serait là dans une dizaine de minutes.

– Parfait ! Merci Simon. Tu le fais monter dès qu'il arrive.

L'homme lui expliqua qu'il avait vu sur le bas côté de la route une forme allongée sur le talus. Intrigué, il avait stoppé sa voiture et découvert cette femme inconsciente. Après l'avoir recouverte de son anorak, il avait appelé les pompiers et attendu qu'ils la prennent en charge.

– Pouvez-vous me situer exactement l 'endroit où elle était?

– Juste après le panneau annonçant la plage.

– Merci beaucoup de votre aide, dit le capitaine. Je compte sur votre discrétion. Pour l'instant rien ne doit filtrer dans les journaux. Sa vie pourrait être mise en danger.

– Je comprends. Je reste à votre disposition si vous avez encore besoin de moi. Bonne journée, Capitaine.

– Bonne journée à vous également.

Une poignée de mains et le « sauveur » s'en fut. Raphaël saisit son téléphone et demanda qu'une équipe se rende à l'endroit indiqué par son visiteur et ratisse les lieux à la recherche d'indices. Qui sait s'il ne traînait pas quelque objet appartenant à la belle endormie.

* * * *