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Qui aurait pu imaginer qu’une personne puisse s’en prendre à la petite Fanny, avec son handicap mental, dans ce village si tranquille ?
L’enquête va se montrer complexe, certaines coïncidences sont-elles vraiment le fruit du hasard ?
Le capitaine de gendarmerie Rémy Noisier devra pourtant trouver celui qui a commis ce forfait.
Pour cela il sera aidé de son adjoint Arnaud, et de Maud, dernière arrivée à la Brigade et qui a un tendre penchant pour lui. Mais il y a aussi Audrey, son premier amour qu’il va retrouver sur son chemin...
Une intrigue passionnante qui prend pour décor la presqu'île d'Arvert !
EXTRAIT
— Une jeune fille vient d’être admise à l’hôpital Malakoff, il y a une suspicion de viol.
— Une suspicion ?
— Oui, la mère est paniquée et la jeune fille…
— Oui ? La jeune fille ?
— Elle est handicapée… déficiente mentale, à ce que l’on m’a dit.
Le capitaine se lève, enfile sa veste et la boutonne calmement.
— Où cela se serait-il passé ?
— À Arvert, voici les coordonnées… mais pour l’instant elle est aux urgences.
À PROPOS DE L'AUTEUR
Alain Marty est informaticien à la retraite. Après avoir écrit de nombreuses nouvelles et ensuite un roman d’aventure exotique, il vous propose un roman policier qui se passe dans la région où il vit : la presqu’île d’Arvert.
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Seitenzahl: 121
Veröffentlichungsjahr: 2017
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Table des matières
Résumé3
Le coût de la haine4
Remerciements58
Dans la même collection59
Qui aurait pu imaginer qu’une personne puisse s’en prendre à la petite Fanny, avec son handicap mental, dans ce village si tranquille ?
L’enquête va se montrer complexe, certaines coïncidences sont-elles vraiment le fruit du hasard ?
Le capitaine de gendarmerie Rémy Noisier devra pourtant trouver celui qui a commis ce forfait.
Pour cela il sera aidé de son adjoint Arnaud, et de Maud, dernière arrivée à la Brigade et qui a un tendre penchant pour lui. Mais il y a aussi Audrey, son premier amour qu’il va retrouver sur son chemin...
Alain Marty est informaticien à la retraite, après avoir écrit de nombreuses nouvelles et ensuite un roman d’aventure exotique, il vous propose un roman policier qui se passe dans la région où il vit : la presqu’île d’Arvert.
Alain Marty
Roman policier
ISBN : 978-2-35962-971-2
Collection Rouge
ISSN : 2108-6273
Dépôt légal octobre 2017
© couverture Ex Aequo
© 2017 Tous droits de reproduction, d’adaptation et de
traduction intégrale ou partielle, réservés pour tous pays.
Toute modification interdite.
Éditions Ex Aequo
6 rue des Sybilles
88370 Plombières les bains
www.editions-exaequo.fr
1
Par la porte entrouverte, je la vois bien. Elle ne se doute de rien. De la voir dans son tablier rose d’écolière avec son petit gilet, je respire plus fort en imaginant son corps qui semble à peine sorti de l’enfance. Elle chantonne en faisant dodeliner ses nattes tout en dessinant. Je suis prêt.
Première seconde : je la prends à bras le corps de la main droite tout en envoyant sa chaise rouler sur le côté de la main gauche… elle a poussé un adorable petit cri de frayeur. Deuxième seconde : des deux mains, je relève son tablier très haut au-dessus de ses reins. Troisième seconde : je la plaque contre la table avec mon coude gauche, tandis que ma main droite descend sa petite culotte. Elle est à moi…
Elle n’a pas lâché son crayon de couleur… bercé par le rythme de ses cris plaintifs, mon cerveau est empli d’un bonheur ineffable… jusqu’à cet instant où plus rien n’existe… je suis un volcan qui crache sa lave brûlante…
Affalé contre la chaleur de sa peau, j’aimerais rester longtemps sans bouger, mais je dois me reprendre, il me faut partir. Vite !
Avec amusement, je constate qu’elle a écrit sur son cahier, mais rien de compromettant, si personne ne me voit partir, nul ne saura jamais…
Il est lourd
Il me fait mal
Maman
2
C’est un lundi comme il les aime; par la grande fenêtre ouverte au premier étage de la gendarmerie, le capitaine Rémy Noisier regarde la cime des pins se balancer doucement. Cette magnifique journée de printemps s’achève et il se demande s’il va rester au bureau pour terminer son rapport sur la dernière patrouille où il ne s’est rien passé à part un stop grillé — il faut bien s’occuper — ou bien s’il va voir le long du chenal si tout va bien. Et il sait très bien que tout va bien, c’est juste pour le plaisir de bavarder avec quelques ostréiculteurs.
Installé à La Tremblade depuis plusieurs années, peu à peu il s’est mis à aimer le village et ses habitants. Quelle différence avec une grande ville comme Orléans où il avait effectué ses premières armes. Proche de la quarantaine, grand et sportif, les cheveux coupés à la Bob Morane, il était bien accepté par ses collègues, qui pouvaient, tout au plus, lui reprocher de ne pas être bien causant, à la différence de son adjoint Arnaud qui plaisantait facilement, plus petit que lui, mais à l’œil vif.
Il regarde son sous-lieutenant Maud décrocher le combiné du téléphone, il n’avait pas entendu la sonnerie. Un chien errant ? Un chat perdu ?
Maud est partout où l’on a besoin d’elle, en ce moment elle remplace la standardiste partie en congés, «ce n’est pas la peine d’engager une intérimaire, a-t-elle dit, tout est calme avant la saison touristique».
De voir la jeune femme se redresser et saisir son cahier d’appels d’un geste brusque, Rémy fronce les sourcils, ce doit être plus important qu’il ne le pensait. Elle griffonne rapidement quelques mots sur le papier; il ne la quitte pas des yeux jusqu’à ce qu’elle repose le téléphone et le stylo avant de se relever et de se diriger vers lui.
— Capitaine… ?
— Je t’écoute, Maud.
— Une jeune fille vient d’être admise à l’hôpital Malakoff, il y a une suspicion de viol.
— Une suspicion ?
— Oui, la mère est paniquée et la jeune fille…
— Oui ? La jeune fille ?
— Elle est handicapée… déficiente mentale, à ce que l’on m’a dit.
Le capitaine se lève, enfile sa veste et la boutonne calmement.
— Où cela se serait-il passé ?
— À Arvert, voici les coordonnées… mais pour l’instant elle est aux urgences.
— Blessée ?
— En dehors de… il semble que non… désorientée, si j’ai bien compris.
Le capitaine saisit la feuille que Maud lui tend, il lit les notes écrites rapidement, mais qui sont suffisamment lisibles.
— Arnaud ? Peux-tu m’accompagner ? demande-t-il en s’adressant à son lieutenant.
— À vos ordres, Capitaine; c’était trop calme en ce moment.
— Eh bien, je crois que la tranquillité est terminée !
Ils sortent de la gendarmerie et se dirigent vers le véhicule de fonction qui est garé à l’ombre.
Arnaud prend le volant et lance le gyrophare, plus par habitude que par nécessité. Ils traversent vivement La Tremblade pour atteindre la voie rapide et prennent la direction de Royan.
Depuis l’arrivée du capitaine, du même âge, les deux hommes s’entendent très bien. Très vite, ils se sont tutoyés et appelés par leur prénom, mais Arnaud évite cette familiarité devant les autres collègues : respect du grade oblige. Avec Maud, qui était la dernière arrivée, ils forment un trio d’amis. Elle était de Grenoble et elle avait demandé sa mutation au bout de quelques années, son rêve étant de voir la mer. Elle a trouvé une location au second étage d’un immeuble ancien près du port de La Tremblade. La propriétaire est une vieille femme, très heureuse d’avoir de la compagnie et assurée d’avoir un loyer qui sera toujours honoré par une fonctionnaire.
Âgée de 27 ans, brune et petite, sa fragilité apparente est trompeuse, elle est en réalité une montagnarde robuste. En effet, elle avait su le prouver lors d’une battue pour retrouver un enfant qui s’était perdu; elle avait participé aux recherches pendant trente-six heures d’affilée sans montrer la moindre fatigue. Maud fut également très appréciée des ostréiculteurs lorsqu’elle avait pris leurs dépositions avec patience et compréhension lors de la recrudescence de vol d’huîtres l’année précédente. Depuis, il lui arrivait souvent qu’elle se fasse inviter dans un chaland et qu’elle les accompagne sur les parcs où elle aidait, juste pour le plaisir. D’autres fois, elle était invitée par un pêcheur et à sa plus grande joie elle passait le pertuis de Maumusson, un passage redouté par les marins. Il arrivait même qu’on lui confiât la barre, pour constater la robustesse de ses muscles. «Petite, mais costaude» disaient-ils en plaisantant.
À la brigade, tout le monde l’appelle simplement «Maud» et plus personne ne se souvient de son nom de famille. Elle a une prédilection pour les deux hommes qu’elle côtoie, et ce n’est un secret pour personne qu’elle en pince pour Rémy, son Capitaine. Pour sceller leur entente, Rémy et Arnaud avaient proposé des moments de détente au Gambetta, le café central de La Tremblade, ou dans un autre café à la Grève le long du chenal et même à Ronce-les-Bains aux beaux jours, mais cela ne fonctionnait pas comme ils l’auraient espéré. Maud restait sur sa réserve, elle était mal à l’aise dans un café avec ces deux hommes, et eux-mêmes ne trouvaient pas de sujets de conversation en dehors de leur travail à la gendarmerie; ils avaient cessé. Une autre tentative de rapprochement avait été organisée par Monique, la femme d’Arnaud. Cette dernière les avait invités à un repas, mais à nouveau Maud s’était sentie mal à l’aise, elle faisait trop «couple» avec Rémy. D’un certain côté, ce n’était pas pour lui déplaire, mais comme ils n’étaient pas liés, cette situation l’avait gênée; ses deux collègues l’avaient compris et ils n’avaient pas renouvelé l’expérience. En fait, le trio ne fonctionnait bien que dans le cadre de leurs activités à la gendarmerie et ils s’en contentaient.
L’hôpital Malakoff est le Centre Hospitalier de Royan, mais il se trouve sur la commune de Vaux-sur-Mer, non loin de Pontaillac. Arnaud gare leur véhicule au parking des urgences. La secrétaire, qui enregistre un dossier, les aperçoit, leur fait signe de la main de passer et appuie sur le bouton qui déverrouille la porte d’accès aux salles d’urgence.
À leur arrivée dans la grande pièce où se trouvent les box, dont la plupart sont fermés par un rideau, un infirmier s’avance vers eux.
— Vous venez pour Fanny, je suppose ?
Le capitaine vérifie sur sa fiche, effectivement, la jeune fille se prénomme bien ainsi. Il hoche la tête.
— Suivez-moi, dit-il, en désignant une cellule du doigt.
Rémy le retient en le saisissant par le bras.
— Attendez ! Avant, expliquez-moi.
L’infirmier acquiesce, il les entraîne à quelques pas pour ne pas être entendu par les patients et il les informe.
— On vous donnera un compte-rendu technique, mais ce que je peux vous dire, c’est que le viol est constaté, mais l’agresseur avait pris des précautions, peu de chances de trouver des traces d’ADN. La jeune fille est calme, elle ne semble pas capable de mémoriser les événements récents, vous allez vous en rendre compte rapidement, par contre, nous avons dû donner un sédatif à la mère qui est sous le choc; vous pouvez lui parler, mais ce ne sera pas facile.
— Merci, vous mettrez de côté ses vêtements pour la Scientifique qui va venir.
— C’est déjà prêt, nous connaissons la procédure.
— Parfait, je vous remercie.
L’infirmier les accompagne jusqu’au rideau et les fait entrer. Une jeune fille est allongée sur le lit médicalisé et semble dormir; à côté d’elle, assise sur une chaise, une femme, qui doit être la mère, le visage défait, regarde le sol sans ciller. À la voir ainsi, ses cheveux bruns épars sur ses épaules, elle semble fragile, mais ses mains abandonnées sur ses genoux sont puissantes et ses mollets ramenés sous la chaise sont musclés et nerveux. À l’entrée des deux gendarmes, elle redresse légèrement la tête et essaie de se lever.
— Ne bougez pas, madame, ne bougez pas ! dit Rémy.
Elle se laisse aller sur sa chaise, mais elle fait visiblement un effort pour parler.
— Retrouvez-le… je vous en supplie, retrouvez-le…
— Retrouver qui, Madame ?
— Celui qui a fait «ça» à ma fille.
— Avez-vous un nom ?
Elle secoue la tête et laisse couler ses larmes.
— Prenez votre temps, Madame, mais vous comprendrez que j’aie un besoin urgent d’avoir quelques renseignements.
Elle fait signe qu’elle comprend, cherche un mouchoir dans sa poche et l’utilise bruyamment.
— Pouvez-vous, en quelques mots, me dire comment cela s’est passé ?
Elle prend une grande inspiration avant de répondre.
— Je m’étais absentée, Fanny peut rester toute seule un moment, vous savez que… ?
— Oui, je suis au courant… elle a quelques difficultés mentales ?
— À la naissance, son cerveau a manqué d’oxygène trop longtemps. Elle est intelligente, elle arrive à apprendre à force de répétitions, elle sait lire et écrire et même faire des additions, mais elle oublie rapidement tous les événements de la vie courante… pour une fois, son handicap va lui servir la pauvre chérie, elle ne devrait pas se souvenir de cette horreur.
— Je comprends, Madame, mais pour nous cela ne nous aidera pas. Pouvez-vous continuer ?
Elle fait un signe d’assentiment et poursuit.
— Lorsque je suis revenue, un peu après quinze heures, je l’ai trouvée recroquevillée sous la table de la cuisine…
Elle s’interrompt, le temps d’un sanglot vite réprimé…
— Sa culotte était à côté d’elle… sa blouse était relevée et elle avait du sang sur sa cuisse… j’ai tout de suite compris…
— Vous n’avez pas appelé la gendarmerie ?
— J’ai paniqué, je n’ai pensé qu’à elle et j’ai appelé tout de suite l’hôpital. Ensuite, je suis allé chercher ma voisine, j’avais besoin d’aide. Elle m’a dit que je ne devais rien toucher et appeler la police, mais j’étais folle d’angoisse, j’ai pris ma fille dans mes bras, elle ne me répondait pas, j’avais tellement peur… et puis elle s’est tournée vers moi et m’a dit «maman». Je l’ai bercée contre moi jusqu’à l’arrivée de l’ambulance.
— Avez-vous remarqué un homme qui aurait rôdé près de votre maison ces jours derniers ?
— Non, personne…
— Son père est-il au courant ?
— Non. Il nous a quittées pour faire sa vie ailleurs quand elle avait deux ans, il ne supportait pas de la voir ainsi.
— Ah ! Désolé. Bon, nous allons ouvrir une enquête. Je repasserai vous voir; s’il vous revenait une information, aussi faible serait-elle, n’hésitez pas à nous en faire part. Vous restez avec elle, n’est-ce pas ?
— Oui, bien sûr, je ne la quitte pas…
— Bien, pourriez-vous me donner la clef de votre maison, nous allons chercher des traces éventuelles.
Elle fouille dans son sac un moment avant de trouver son trousseau de clefs et en extrait une qu’elle lui tend.
— Vous trouverez un double sur le buffet, vous verrez.
Dès qu’ils sont revenus à l’extérieur, le capitaine appelle la criminelle de Saintes pour obtenir une équipe scientifique pour la recherche d’empreintes. Il doit se battre un moment pour obtenir une intervention dès la première heure le lendemain matin, en arguant de la jeunesse de la jeune fille et en insistant sur son handicap, ce qui rend l’agression plus odieuse… mais quel degré peut-on donner à ce type d’agression ? Il pousse un grand soupir après avoir obtenu satisfaction, il sait bien que ce service est très demandé et il avait eu peur d’avoir une attente plus longue.
Dans la voiture qui les ramène à la brigade, ils restent silencieux un moment.
— C’est moche, soupire Arnaud.
— Oui… cette fille n’a vraiment pas de chance; le salopard qui a fait cela savait qu’il avait à sa portée une proie facile.
— Certes… et prémédité ; tout le monde ne se balade pas avec des préservatifs dans la poche.
— Il devait savoir que la mère s’absentait régulièrement, on demandera plus de précisions demain sur ses habitudes, je n’ai pas voulu la questionner trop longtemps.
