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"Le nationalisme, c'est la guerre!" Vieille antienne mitterrandienne lâchée 50 ans après la fin de la Seconde Guerre Mondiale et révélatrice d'une France, d'un Monde blasés par les espérances multimillénaires des peuples cherchant, au creux de leur identité, le terreau d'une réalité qui ferait sens par-delà les varias politiques et intellectuels propres à chaque siècle. "Le nationalisme, c'est la guerre", devenu le fer de lance des européistes anti souverainistes de tous poils, en opposition à une Union européenne qui ne serait évidemment que paix. Les Serbes et les Irakiens s'en souviennent. Mais à accuser la Nation de tous les maux, on en vient à former des peuples qui finissent par se détester eux-mêmes et à des castes politiques refusant l'appellation de nationalisme, mêmes lorsqu'elles en sont, lui préférant les sobriquets de "souverainistes" ou "patriotes". Cet essai a vocation à interroger les concepts entendus: de l'essence métaphysique de la Nation son organisation constitutionnelle, il y a urgence à faire le point sur la question parce qu'à rebours de l'ancien président de France qui avait peut-être une francisque à se faire pardonner, nous avons tout lieu de penser que le nationalisme c'est sans doute, en fait, la paix...
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Seitenzahl: 189
Veröffentlichungsjahr: 2021
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Préambule
Fin de Régime
Face à cela
CHAPITRE 1 : Où l’on commence par demander aux Français qui auraient pu répondre à la question des sousmarins de lever le doigt
La « Confrérie des Imbéciles »
Prime illusion
Fluctuat sed Mergitur
Pour un Régime Nouveau
CHAPITRE 2 : où l’on propose des outils de réflexion vis-à-vis du politique, différents des « montesquieuseries » ordinairement servies aux repas de l’âme des banquets républicains
Au sujet de la Polis
Homme ou Société : qui est à l’origine de l’autre ?
Pourquoi la ville?
Génie de la Constitution Mixte
La théorie de Polybe
Mixité des régimes et optimum politique
L’Homme naît en Polis et Polis est en l’Homme
CHAPITRE 3 : où l’on redonne à la République ses lettres de noblesse
Polis et génération
Première marche : la famille (protopole)
Deuxième marche: la micropole
Racisme et société
Vous avez dit « Art » ?
Troisième marche: l’ethnos ou la macropole
Changement de perpective
CHAPITRE 4 : où l’on doit rappeler que l’idée Nation ne vaut que si l’outil existe
Cui bono?
La Nation selon Sand
La nation, bouc-émissaire des errances mondialistes
Identité
A propos du Peuple
Pas de mystique du peuple sans mystique du chef
Pas de Peuple sans Histoire
L’Histoire, c’est la définition du Peuple
Histoire de France: aux origines
Ensuite (et toujours)
Le faux nationalisme
CHAPITRE 5 : où l’on parachève notre exposé en vue d’une claire vision du politique, en exposant la réalité de l’Empire
L’Empire éternel
Objections ordinaires
Restaurer l’Université : le vrai sens de l’aristocratie
Pas de bonne constitution sans roi
La Curia Regis
Église et Université
Naissance de la Curia
Curia vs Ecclesia
Le vrai fond des « guerres de religion »
Le vrai fond de la « Révolution française »
Bilan d’une constitution sans partage
L’Université véritable
L’ordre gauche-droite
Les manques du syndicalisme
Restauration de l’Université véritable
CHAPITRE 6 : où l’on explique pourquoi le libéralisme n’est en rien une philosophie économique, mais le cœur politique réel des gouvernements occidentaux (et de ceux d’ailleurs, peut-être)
L’archiducat qui nous gouverne
L’État de Masse et l’archodynamique
A la source
Extension du domaine de la Bourse
Le vrai visage du libéralisme
CHAPITRE 7 : après le parachèvement, l’on se doit de conclure avec une once de lumière et de vérité venant conforter tout projet de révolution dans ses chances de succès, en exposant les principes naturels du paradigme et ses oppositions artificielles
Les fidèles ignorants
Retour à la notion de paradigme
Théorie du paradigme naturel
Les paradigmes artificiels
Pour une renaissance des écoles traditionnelles
Depuis quelques temps la France, qui ne faisait guère que s’ennuyer depuis cinquante ans, a atteint un seuil de déliquescence républicaine que la lucidité la plus élémentaire pouvait permettre de prévoir, mais que le cœur bon des gens qui voulaient « croire » en un progressisme permanent de l’idéal républicain – déformation évolutionniste des gentils, sans doute –, ne pouvait se résigner à admettre.
Les causes profondes et principales de cette déchéance, on les cherche dans cet ouvrage ; il conviendrait sans doute, par la suite, d’exercer une étude plus superficielle en analysant plus concrètement les influences, les canaux de diffusion de la Légion des doctrines qui ont permis d’aboutir à ce qui est en passe de constituer le terme paroxystique d’une Nation déchue. Mais ce travail peut attendre : d’autres que nous s’y attèlent ou s’y sont déjà attelées avec soin.
Pour lors, on ne saurait prophétiser quand éclatera la prochaine Révolution, mais on la sent proche ; les contradictions s’amoncèlent et les tenants du Pouvoir sont un peu plus chaque jour à suivre la double éthique qui conduit la République à sa fin dictatoriale perpétuelle, et que le commun a parfaitement identifié au travers de l’expression : « bête et méchant ».
Fin dictatoriale perpétuelle : pour sûr, les principes de la République Française ne sont pas inscrits dans la paix. En fait, on fait la guerre ou on ignore qu’on la fait, mais on y est tout le temps et jusqu’au cou. Cycliquement, la République penche vers le bas car ses fondements y trouvent leur source, et la purge continuelle évoquée dans notre premier chapitre doit inlassablement se produire pour permettre à cette boiteuse de se remettre sur pieds : tel est le sens de ses révolutions.
D’un Chirac bête et gentil, on est passé par un Sarkozy méchant mais point trop stupide ; avec Hollande a débarqué le double éthique bête et méchante. Bêtise, mêlée à la juvénilité – on dénombrait alors au moins deux petites sottes au gouvernement, l’« égalité femme-homme » progressant magistralement à compter de cette époque – et une méchanceté flagrante qu’aucun gouvernement précédent n’avait pu porter à un tel niveau de visibilité en si peu de temps. Cumul des mensonges : les pauvres dormaient dehors à cause de l’Eglise, M. le ministre du budget n’avait pas de compte à l’étranger, les révolutionnaires en Lybie devenaient des terroristes au Mali, Al Hassad faisait bouillir les petits enfants, la police perdait son niveau d’algèbre lors de manifestations et, bien sûr, l’Europe nous sauverait tous ; un sommet d’incompétence et d’autosatisfaction faisant fi à la fois des avis les plus experts et des plus majoritaires, était en train d’allumer une torche qu’une couche de lepénisme ou de mélenchonisme n’aura peut-être pas le temps d’éteindre.
Depuis, « la Marche » se poursuit, un peu plus décomplexée chaque jour. Un peu plus acculée également peut-être, ce qui expliquerait les delirium à la fois ridicules et fascinants tant dans la gestion des frondes jaunes que dans celle de la nouvelle grippe asiatique. L’infantilisation, l’intransigeance arrogantes de l’Etat à l’égard du « citoyen » a atteint des sommets vertigineux.
On ne souhaite rien, on n’espère rien, mais on sent qu’une révolution est possible : il serait dommage de ne pas en profiter pour rétablir les choses durablement. Alors en attendant, on livre au grand public quelques éléments de réflexion sur ce qu’est le politique (à ne pas confondre avec la politique, ce désastreux « théâtre des opérations ») par-delà les formules toutes faites et les concepts entendus.
Nous ne sommes ni de gauche, ni de droite, nous ne programmons aucun coup d’État ni aucune action : en bon platonicien, on pense à haute voix et on se dit qu’idéalement, on change ainsi les choses.
La raillerie du dirigeant est un vieil habitus républicain ; de fait, il apparaît que la chose s’est de tout temps développée dans les sociétés déchirées. Le bon temps, pour un peuple, n’est pas celui où il ne peut rien dire sur son chef, mais certainement celui où il ne se pose même pas la question de ce pouvoir ; cela a eu cours.
Voltaire, Rousseau, Diderot et tous les illuminés de la déchéance philosophique dans les salons bourgeois[1], ont été tentés de croire que ce « bon temps » était en fait celui des larges ignorances que l’autorité en place, couronnée et calottée, entretenait afin d’asseoir son hégémonie. Et pourtant, trois siècles d’autorité fondée sur leurs délires ont presque achevé de venir à bout des dernières forces d’érudition et de connaissance de notre civilisation. À défaut d’une condamnation, c’est au moins un signe.
On ne sait plus rien, mais on a jamais autant cru savoir. La puissante Confrérie des Imbéciles, à la source de toutes les influences et de tous les complots possibles et inimaginables, au point que nous ne parvenons pas à comprendre comment celle-ci effraie moins tant de gens que les Mahométans, les Juifs, les Francs-Maçons, les instigateurs du grand Remplacement ou n’importe quelle « société secrète » ou d’influence, cette puissante confrérie, disions-nous, se répand un peu plus chaque jour.
On reconnaît souvent ses membres à ce qu’ils ADORENT la moquerie.
On a beau jeu de fustiger la plèbe antique qui, à Rome, se délectait de la souffrance des martyrs jetés aux lions ; on peut bien s’indigner de cette populace qui, dans les royaumes de Chrétienté, venait jeter une pomme sur un brigand coincé au pilori. Railler l’autre qui ne sait pas, pour que les rires s’éloignent de soi jusqu’à la mort ; quand bien même « l’autre » est fantasmé ou loin dans le temps, c’est égal et mieux encore : on est assuré qu’il n’ouvrira jamais sa gueule pour se défendre. Mais alors qu’on a perdu aujourd’hui le goût du sang – c’est ce que l’on dit –, force est de remarquer que l’élan qui naguère a pu porter le plébéien au cirque, ou le gueux et sa pomme sur la place du village, est toujours aussi vivace chez le plus grand nombre et qu’à cet élan, cette jouissance de mort, s’est instillée une grande dose de lâcheté et de médiocrité, en face desquelles on se prend d’une humaine sympathie pour Caligula.
La Confrérie des Imbéciles, revenons-y, démontre l’échec de l’idéal national-démocratique. Le citoyen ne s’éduque pas. Que l’on nous permette d’insister sur ce que nous écrivons : l’homme s’éduque, c’est même là le comble de l’évidence. Et dans son accomplissement, son éducation doit lui permettre de croître dans son domaine, dans son champ… Mais le citoyen ne s’éduque pas. C’est gênant de le dire, on ne doute pas que ce doit l’être plus encore de le lire quand on ne veut pas y croire.
Alors, pour bien commencer, on demande à ceux qui auraient pu répondre à la question des sous-marins de lever le doigt. Pour rappel (ou pour information), il s’agissait de la question posée par un journaliste en 2007 aux deux présidentiables, Royal et Sarkozy : combien de sous-marins nucléaires la France possède-t-elle ? Des Hauts-de-Seine au Poitou, il s’avérait qu’on l’ignorât[2]. Cascade de moqueries en commentaires de vidéos. Qu’un présidentiable l’ignore, cela peut paraître amusant mais enfin, tout le monde n’a pas la chance de sortir vainqueur et en képi au moment de se proposer à la tête du pays.
Ce que toute personne, hors de la Confrérie des Imbécile, est en mesure de se dire en pareil cas, tient sur trois doigts : en un, je l’ignorais moi-même (que les trois du fond qui connaissaient la réponse restent encore un peu, la suite peut aussi les intéresser).
En deux, fondé sur les lois de la Constitution, je devrais être en mesure de connaître tout ce qui doit me permettre de collaborer efficacement à la souveraineté populaire qui m’incombe en charge ; le nombre de sous-marins nucléaires ; les actions de chaque ministère, de chaque administration, les ressources énergétiques de mon pays et leur mode d’approvisionnement et de production ; le peuple auquel on dit que j’appartiens (selon toutes les catégories qu’il me siérait de connaître afin de juger de la politique intérieure en matière de paix civile) ; l’identité et l’action de TOUS mes représentants, à l’Assemblée, au Gouvernement et au Sénat, au sein des trois grandes Administrations publiques, à la mairie, aux conseils généraux et nationaux, au Conseil d’État, dans chaque EPIC et chaque EPA, à la Cour de Cassation, au Parlement Européen, à l’étranger : tout connaître de l’outil afin de pouvoir le juger.
En trois, fondé sur cette connaissance, avoir le souci quotidien de faire la synthèse des moyens de la Nation, accordés à ses fins et, hors des jours de suffrage, oublier constamment mon métier, ma famille et tout le reste que l’on nomme communément le temps libre afin d’avoir une claire vision me permettant un jugement réellement citoyen des actions de l’Etat et de l’Administration Publique français.
Admettant l’impossibilité généralisée d’une telle situation, il convient de s’interroger sur la notion de République démocratique, car si l’électeur est dans sa majorité ignorant de la conduite du pays, il est évident que la conduite de ce dernier se fonde sur l’ignorance générale. Pire encore, les acteurs du pouvoir sont, dans leur exercice collectif, coupables d’alimenter cette ignorance en vue de perpétrer leur hégémonie. La « République », telle qu’exercée aujourd’hui, est un piège à mouches dans lequel la France s’apprête à crever la gueule ouverte. Loin de nous en tenir à une critique de la Cinquième, on peut mettre à part – sans toutefois l’encenser – son prototype « pré-thermidorien » ou robespierriste, et jeter un discrédit ne varietur sur tout ce qui s’est fait politiquement par le nom de République de 1794 à nos jours : il apparaît comme certain et incontestable, que l’impossibilité absolue de l’activité citoyenne permanente du peuple scelle l’erreur considérable et multiséculaire qui justifie le pouvoir en place depuis ce temps.
Le citoyen ne saurait être éduqué, dans la mesure où politiquement et par définition, il n’existe que corrélativement à la Cité : or, on n’éduque pas une corrélation. Une grande taille, une couleur de peau, un asthme ou une citoyenneté, rien de tout ceci ne procède de l’éducation.
Fondés sur une illusion aux apparences de la Rome Antique, les régicides de 1792 ont voulu justifier leur autorité en comparant la politique d’une nation à celle d’une bourgade. Pour les plus sincères qui crurent jusqu’à leur décapitation à cette chimère[3], cela consistait plus certainement en une aristocratie émanée du peuple, une sorte de SPQR français. Saint-Just et son frère de Chambre, le « bouc-émissaire de la Révolution » selon les mots de leur idéal incarné, se voulaient les éphores d’un système où le pouvoir était dans les mains du Nombre ; le Nombre n’étant pas le peuple dans ce cas-là, mais l’Assemblée Nationale, envisagée par ses membres de l’époque comme l’émanation directe et légitime de la volonté populaire, soit l’ensemble des français ; son incarnation véritable, Numera fille de Numerus, l’Hydre bienfaisant, la Bête protectrice qui garantissait au Peuple l’exercice polyphonique du pouvoir censé abroger au plus profond du système la tyrannie, l’égoïsme et le risque que le Nombre courait à se soumettre au pouvoir d’un homme seul. La Bête perdure depuis.
Et la mégalomanie est telle à Numera que douter de sa légitimité, c’est douter de la France. Il a fallu trancher bien des têtes et des jeunesses pour faire admettre la banalité d’une telle névrose ; et parallèlement, délester l’Hydre de quelques- unes de ses innombrables têtes, choisies en responsable des massacres perpétrés, pour que l’on pût dire : ce n’est pas la République, la fautive ! La Vendée ? Ces fous de Montagnards ! Les Communards ? Ces enflés de Versaillais ! Verdun ? La folie des patriotes ! Vichy ? Le venin nationaliste ! La Bête fait, mais jamais n’est coupable… Magie de la mitose.
Et de nouvelle tête en nouvelle tête, de responsable en responsable, le billot de l’Histoire républicaine réajuste en conséquence, discrédite les effets pour préserver les causes et quand, ineffablement, les causes mauvaises engendrent à nouveau de mauvais effets, on se raccroche à la tabula rasa révolutionnaire afin de relancer le « tourbillon de la vie ». Trois siècles que l’on nie la cause des maux français et parallèlement, se répand une détestation croissante du passé et des gens qui l’habitèrent : ce n’est pas un hasard.
Simultanément, lourdeur, affadissement, vulgarisation de l’affirmation républicaine. Quand Maximilien en parlait à l’Assemblée, il y avait de la finesse rhétorique et parfois même, poétique. Aujourd’hui on est à l’ère qui précède l’onomatopée et le borborygme : psittacistes cacophones dont le champ d’expression varie sur un spectre qualitatif allant, au mieux, de la locution pavlovienne, au pire, à l’agression ad personam propre à faire rougir le dernier des gueux, parsemé d’effets ponctuels de « bravitude », comme pour rappeler que l’absurde n’est pas l’apanage des hommes de goût. Du « gaucho » au « facho », on annonce la décadence de l’idéologie et, comme prévu depuis des millénaires, le navire démocratique s’enfonce peu à peu dans les eaux troubles de l’ochlocratie [4].
Non content de railler ses dirigeants, le Peuple souverain en vient à se railler lui-même, selon la logique qu’on impute à Lapalisse. Et sombre la Nation, à mesure que l’on réalise en quelle gigantesque et tragique farce consiste une souveraineté nationale « par le peuple » … Mais la Nation n’est pas et ne sera jamais une bourgade, pas même aux temps où l’homme se perd dans des fantasmes babéliens de « village planétaire ». Et si l’on convient qu’un citoyen ne peut s’investir à plein temps dans les affaires du pays, on reconnaît au moins que la politique, plus qu’une érudition, est un métier.
Ceci étant établi, on connaît des petits malins qui ne manqueront pas de prétendre que la République n’ignore pas cet état de fait, et que le système électoral fonde un rapport de représentativité, intégrant la notion de spécialité sans infirmer la réalité citoyenne au cœur de l’absolu démocratique[5]. Mais qu’un électeur sache élire celui qui semble servir ses intérêts, on n’en doute pas un seul instant ; il nous apparaît en revanche beaucoup plus douteux que nombreux soient les électeurs en mesure d’élire le politique le plus à même de servir les intérêts de la Nation.
Allez, gorets, exclamez-vous : il nous emmerde avec sa Nation ! À ceux qui rallieront cette vilénie, on reconnaîtra le camp des ochlocrates, la Basse Chambre de la Confrérie des Imbéciles. Il n’est point de société hors de la Nation, et qui ne frémit pas à l’énonciation de la sentence de Simon Bolivar, « nada preferio mas que la libertad de su Patria », est une âme mal fondée, un cœur embourbé dans ses passions. Il est inutile à celui-là de vouloir comprendre que la liberté qu’il prétend chérir lui est interdite de facto et par lui-même.
Mais même parmi les gens raisonnables, le mot Nation fait peur dorénavant, parce qu’on a trop dit qu’il était la source de tous les maux et de l’absurdité des guerres cataclysmiques du siècle dernier[6].
Outre l’absurdité notable que représente la mentalité antinationale – et que nous nous efforcerons de démontrer–, on reconnaît cependant que quelque chose qui s’est donné le nom de nationalisme et dont le fondement est indissociable de l’idéal républicain, a généré des craintes qui nous font comprendre celles des gens qui, quoique pourvus d’aptitudes intellectuelles non négligeables, fuient souvent la perspective nationale comme la peste. Et pourtant, en l’état, cette perspective dépasse véritablement le mode de pensée, l’« idéologie », et réfère en fait à la plus généreuse sagacité politique.
On va parler de nombreuses choses dans notre étude ; revenir sur un ensemble de mythes fondateurs et propagateurs de la Confrérie des Imbéciles, et l’on tentera de laisser entrevoir ce qui pourrait sauver la Nation, sans doute. On va tenter de faire voir ce que pourrait être le Régime Nouveau ; « on » qui, contrairement à ce que d’aucuns ont pu enseigner, n’est pas un con, mais « hom », qui signifie Homme. Nous n’avons pas la prétention d’écrire un essai mais, pour le moins, une prophétie.
Car qu’on le veuille ou non, ce régime viendra.
Notes chapitre 1 :
[1] La « philosophie » des Lumières est né de cela ; on allait s’astiquer le mental dans le salon avant d’aller se finir dans le boudoir.
[2]http://www.dailymotion.com/video/x12am8_segolene-royal-sous-marins-rmc_news.
https://www.dailymotion.com/video/x37s85c
[3] Ironie du sort, celui-là même qu’ils avaient commandité pour prendre la tête de Capet, le bourreau Sanson, fut aussi celui qui se chargea de la leur. Le roi partit sans souffrance, on ne saurait en dire autant de Robespierre.
[4] « Gouvernement de la populace » d’après le Littré. Dans la référence moderne du sens des mots, Wikipédia, on part loin en indiquant que « le terme foule, non le terme peuple, est employé : il suggère dans un sens péjoratif la foule en tant que masse manipulable ou passionnelle. On parle alors de phénomènes de foule, souvent provoqués par la démagogie ou le populisme. Ceci en l'opposant à des formes de gouvernement politique supposées plus rationnelles ou du moins raisonnables, qu'elles soient démocratiques ou non, et pour cela considérées plus souhaitables par principe. » Nous verrons dans le chapitre suivant que cette ochlocratie ne saurait être réduite à une vision de la foule manipulable mais bel et bien à une foule qui exerce par elle-même et en son nom le pouvoir, et donc à une déclinaison de la démocratie. Ce que rappelle Rousseau dans son Contrat Social (Chapitre 3,10 : « Quand l'État se dissout, l'abus du gouvernement, quel qu'il soit, prend le nom commun d'anarchie. En distinguant, la démocratie dégénère en ochlocratie, l'aristocratie en oligarchie. ») et qui sert sans doute de base, bien grégaire, à l’établissement d’une définition du terme, n’est en fait qu’une resucée synthétique de Polybe que nous citerons intégralement dans son exposé sur les gouvernements et leur succession.
[5] D’ailleurs, la « bonne » République est toujours démocratique ; même au Congo.
[6] Au point d’y voir une fiction intellectuelle ; cf. Shlomo Sand, rapportant les propos de Gellner : « C’est le nationalisme qui crée les nations, et non le contraire ». Sand de conclure, fondé sur l’Histoire du XXe siècle : « La disposition des citoyens des nouveaux Etats-Nations à s’engager dans l’armée et à se combattre dans des conflits qui deviennent des guerres totales, l’enthousiasme enivrant des foules dans les compétitions sportives internationales, leur comportement passionné lors des cérémonies et des fêtes officielles, ou encore leurs préférences politiques telles qu’elles se sont exprimées à travers les votes électoraux les plus décisifs tout au long du XXe siècle, constituèrent dans une large mesure la preuve de la réussite de l’idée de nation comme phénomène populaire captivant. » (Shlomo Sand, Comment le Peuple Juif Fut Inventé, Ed. Champs Essais, P.90)
« Adam vero cognovit uxorem suam Hevam, quae concepit et peperit Cain, dicens : Possedi hominem per Deum. Rursumque peperit fratrem ejus Abel. Fuit autem Abel pastor ovium, et Cain agricola. » (Gn, IV, 1-2)
