Le Roi Alpha - Renee Rose - E-Book

Le Roi Alpha E-Book

Rose Renee

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Beschreibung

JE SUIS L’ALPHA DU LYCÉE DE WOLF RIDGE. ELLE EST L’HUMAINE QUI PEUT ME DÉTRUIRE.
Personne ne connaît mon secret, celui qui doit être gardé pour que je puisse m’accoupler.
J’ai caché ma condition…
Jusqu’à ce qu’elle apparaisse.
L’humaine au parfum délicieux qui affole mon loup.
Sa proximité ne fait qu’empirer mon état… mais je ne peux pas résister.
Je la traque au lycée.
À la maison.
Au lit.
Si je tarde à la maîtriser, mon contrôle va céder.
Mais si je ne la laisse pas tranquille… je perdrai tout.

Renee Rose, auteure de best-sellers au classement de USA Today, nous livre cette romance intense mêlant brute et métamorphe.

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Veröffentlichungsjahr: 2026

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LE ROI ALPHA

RENEE ROSE

Traduction parROSE VERMAUX

Traduction parVALENTIN TRANSLATION

Copyright © 2024 Alpha King et Le Roi Alpha par Renee Rose

Tous droits réservés. Cet exemplaire est destiné EXCLUSIVEMENT à l’acheteur d’origine de ce livre électronique. Aucune partie de ce livre électronique ne peut être reproduite, scannée ou distribuée sous quelque forme imprimée ou électronique que ce soit sans l’autorisation écrite préalable des auteures. Veuillez ne pas participer ni encourager le piratage de documents protégés par droits d’auteur en violation des droits des auteures. N’achetez que des éditions autorisées.

Publié aux États-Unis d’Amérique

Renee Rose Romance

Ce livre électronique est une œuvre de fiction. Bien que certaines références puissent être faites à des évènements historiques réels ou à des lieux existants, les noms, personnages, lieux et évènements sont le fruit de l’imagination des auteures ou sont utilisés de manière fictive, et toute ressemblance avec des personnes réelles, vivantes ou décédées, des établissements commerciaux, des évènements ou des lieux est purement fortuite.

Ce livre contient des descriptions de nombreuses pratiques sexuelles et BDSM, mais il s’agit d’une œuvre de fiction et elle ne devrait en aucun cas être utilisée comme un guide. Les auteures et l’éditeur ne sauraient être tenus pour responsables en cas de perte, dommage, blessure ou décès résultant de l’utilisation des informations contenues dans ce livre. En d’autres termes, ne faites pas ça chez vous, les amis !

Réalisé avec Vellum

TABLE DES MATIÈRES

Livre gratuit de Renee Rose

Chapitre Un

Chapitre Deux

Chapitre Trois

Chapitre Quatre

Chapitre Cinq

Chapitre Six

Chapitre Sept

Chapitre Huit

Chapitre Neuf

Chapitre Dix

Chapitre Onze

Chapitre Douze

Chapitre Treize

Chapitre Quatorze

Chapitre Quinze

Chapitre Seize

Chapitre Dix-Sept

Chapitre Dix-Huit

Chapitre Dix-Neuf

Chapitre Vingt

Chapitre Vingt-Et-Un

Chapitre Vingt-Deux

Les Loups-Garous de Wall Street

Chapitre Deux

Livre gratuit de Renee Rose

Ouvrages de Renee Rose parus en français

À propos de Renee Rose

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CHAPITRE UN

Lauren

Je me réveille trempée de sueur. C’est l’un des nombreux inconvénients de la vie en Arizona.

Même aujourd’hui, à la mi-septembre, les températures quotidiennes dépassent les trente-huit degrés. Je n’arrive. Pas. À dormir.

J’essaie de retirer les couvertures de mon corps, mais elles s’emmêlent autour de mes jambes, me faisant tressauter et donner des coups de pied comme une sirène prise dans un filet. Mon T-shirt me colle à la peau.

Je ne suis pas la seule dans cette maison à être encore éveillée. Dans la chambre voisine, mon jumeau Lincoln joue de la guitare électrique, sans amplification. Je l’entends improviser, essayant encore de maîtriser la chanson Layla d’Eric Clapton.

J’entends le bruit de glaçons tombant dans un verre dans la cuisine. Notre père est debout, lui aussi. Nous sommes une famille d’insomniaques.

Je doute pouvoir blâmer la chaleur. C’est une semaine difficile pour nous tous.

Les anniversaires, ça craint.

Pourtant, des températures plus fraîches sont censées permettre un meilleur sommeil, alors je passe mes jambes sur le côté du lit pour me lever. Le thermostat situé juste devant la porte de ma chambre indique vingt-deux degrés, ce qui devrait être suffisant, mais je le baisse de quelques crans supplémentaires.

De retour dans ma chambre, j’enlève mon T-shirt humide et le jette par terre. Peut-être arriverai-je à dormir si je ne porte que ma culotte.

Je me dirige vers les fenêtres qui offrent une vue sur les contreforts. La pleine lune éclaire à contre-jour les cactus saguaro, qui se dressent comme des sentinelles sur le flanc escarpé de la colline.

Je saisis les rideaux pour les fermer, puis m’immobilise.

Mon souffle reste bloqué dans ma gorge.

Le plus grand loup que j’aie jamais vu se trouve devant ma fenêtre, à à peine six mètres de moi.

Argenté avec des marques blanches, il brille à la lumière de la pleine lune. La bête est tellement éclairée que je peux voir la couleur de ses yeux : bleu glacier.

J’expire péniblement l’air de mes poumons.

Maintenant, je sais que je ne suis pas folle. Ça fait quelques semaines que je surprends des mouvements dans les broussailles lorsque je regarde par la fenêtre. De brefs éclats argentés ou le battement d’une queue.

Je suppose que je devrais être impressionnée. Mère Nature a conduit un animal en voie de disparition juste devant la fenêtre de ma chambre. Mais pour une raison ou une autre, ça ne fait que m’énerver. Tout comme la chaleur et les culs-terreux de mon lycée qui n’arrêtent pas de me brutaliser, le fait que des animaux sauvages puissent regarder par ma fenêtre m’apparaît comme une intrusion. Un autre signe que nous n’avons pas notre place ici.

Nous devrions quitter Wolf Ridge et revenir à Manhattan.

Le loup me fixe du regard. Il y a comme une lueur de défi dans ses yeux. Comme s’il était l’alpha, et que j’étais une jeune arriviste qu’il voulait remettre à sa place.

Ma mère aurait tellement aimé voir ça. Elle vouait un véritable amour pour l’Arizona. Elle adorait être entourée par la nature. Mais elle n’est plus là, ce qui veut dire que cette apparition de loup ne sert à rien.

Je déverrouille la fenêtre et l’ouvre.

— Qu’est-ce que tu regardes ? crié-je au loup.

Sa lèvre supérieure se retrousse dans un grognement.

Je devrais avoir peur. Je devrais ressentir quelque chose, n’importe quoi.

Mais ce n’est pas le cas.

Ces jours-ci, je ne ressens jamais rien.

— Zou, lui dis-je avec un geste dédaigneux de la main. Allez. Va-t’en.

Il m’offre un aperçu de ses dents blanches étincelantes.

J’entends un grognement féroce puis le claquement de mâchoires puissantes.

Je jure que j’ai à peine le temps de cligner des yeux avant que ma fenêtre ne soit oblitérée par une fourrure argentée. La moustiquaire s’incline vers l’intérieur et se déchire au milieu tandis que le grand corps du loup s’écrase contre le cadre.

Je hurle, figée sur place. Je suis incapable de bouger ou de regarder ailleurs.

Je ressens enfin quelque chose au-delà de l’indifférence. Mon corps reconnaît un vrai danger. Et j’adore ça.

Après m’être sentie morte pendant si longtemps, je savoure la terreur. La sensation de vivre. Le retour des émotions, même si elles sont primitives.

Je croise le regard du loup hargneux, le défiant presque de traverser la moustiquaire et de me dévorer toute crue.

Cependant, aussi rapidement qu’il est arrivé, le loup fait demi-tour et s’enfonce dans les bois, disparaissant de mon champ de vision.

* * *

Abe

Aucune humaine ne devrait avoir des seins aussi dingues.

Même maintenant, avec une botte appuyée sur ma gorge, je repense à l’apparence de Lauren Sterling avec la lumière pâle de la lune illuminant sa poitrine nue.

Je me souviens de l’inclinaison impudente de ses tétons vers le haut. Sa douce rondeur. Je m’imagine ce que ce serait d’en remplir mes mains en même temps que je respire son parfum de pomme d’amour.

— Tu veux bien m’expliquer pourquoi je viens de recevoir un appel des Sterling pour m’informer qu’un loup enragé a essayé d’attaquer leur fille ? grogne le shérif.

Je suis à plat dos, montrant mon ventre à l’alpha Green et au shérif Gleason.

Putain.

Je suis vraiment dans la merde.

Je reprends ma forme humaine pour parler, ce qui ne fait qu’aggraver ma position ignominieuse. Maintenant, j’ai mon sexe à l’air alors que je suis sous la botte de l’alpha.

— Je suis désolé, Alpha.

— Désolé n’est pas suffisant, fiston. Tu as enfreint le code.

Mon père apparaît à côté des deux autres hommes, et une sensation familière de nausée me prend l’estomac. Il va paniquer s’il pense que j’ai un coup de cœur pour une humaine.

Ce n’est pas le cas. Carrément pas.

Mon cerveau tourbillonne tandis que j’essaie de trouver un stratagème pour me sortir de cette situation. La vérité, c’est que je ne sais pas ce qui s’est passé. Je ne sais pas ce qui continue à m’attirer vers le manoir des Sterling, l’opulente monstruosité de la colline Moongaze qui jouxte les terres de la meute et offre une vue sur notre terrain d’errance. La demeure où Lauren et son jumeau ont emménagé pour leur dernière année.

Ce n’est pas logique que mon loup soit fasciné par une humaine.

Tout ce que je sais, c’est que j’ai vu la princesse de glace de Manhattan, ma partenaire de laboratoire coincée en chimie, seins nus à sa fenêtre.

Oui, seins nus.

J’ai vu sa poitrine magnifique, et j’étais incapable de bouger ou de détourner le regard.

Puis j’ai réalisé que c’était ça, la réponse. La vérité pure et simple, sans la partie où j’ai perdu le contrôle et où mon loup s’est jeté sur elle.

— Je suis désolé, monsieur, je ne sais pas ce qui s’est passé. Je suppose que c’était les hormones. Je l’ai vue nue à la fenêtre…

— Nue ? m’interrompt mon père, incrédule.

— Oui, monsieur. Elle s’est avancée à la fenêtre, nue, et je ne sais pas ce qui s’est passé. La pleine lune a dû déclencher mon agressivité alpha. L’instant d’après, je me jetais sur la fenêtre. Mais je ne l’attaquais pas. Enfin, je n’en ai jamais eu l’intention. Je ne ferais jamais de mal à une humaine.

Il se peut que j’aie envie de l’attacher et de lui faire des trucs salaces, mais je ne compte pas le dire à mon père et aux anciens de la meute.

— Je vois.

La botte passe de ma gorge à mon torse, et je prends une grande inspiration. Une partie de la tension et de l’explosion de jugement quitte l’alpha Green.

— Les hormones peuvent faire cet effet à un alpha.

Il y a une note de fierté dans son ton. Comme si nous discutions d’un alpha à un autre.

Soudain, il est mon mentor au lieu d’être un punisseur.

— Fiston, tu dois travailler ton agressivité hormonale sur le terrain de football. Ou si tu as besoin de sortir avec quelques filles humaines, pas quand la lune est pleine, bien sûr, juste pour relâcher un peu de ta frustration refoulée, alors fais-le. En te protégeant, bien sûr. L’entraîneur Jamison ne vous parle-t-il pas de ce genre de choses ?

— Si, monsieur. Bien sûr. Mais je n’ai pas besoin de bais… d’être avec une humaine. J’ai les choses en main.

Mon père ne me pardonnerait jamais de coucher avec une humaine. Toute ma vie, il nous a répété, à mon frère Austin et à moi, que nous devions assurer et maintenir la position d’alpha de nos classes respectives, afin de pouvoir nous accoupler avec la femelle alpha. Afin de s’assurer que le défaut familial ne soit jamais transmis.

— C’est vrai, fiston ? Je n’en ai pas l’impression, de mon point de vue.

— Oui, monsieur. Je ne sais pas ce qui s’est passé ce soir, mais je jure que ça ne se reproduira plus.

— Tu as intérêt, m’ordonne l’alpha Green.

La botte relâche un peu de sa pression.

— Promis, monsieur.

L’alpha Green retire sa botte de mon torse.

— Maintenant lève-toi et habille-toi. Je vais régler ton problème avec le shérif Gleason.

— Merci, monsieur. Je suis désolé pour les ennuis que je vous ai causés, à vous et à la meute.

Je me lève et me secoue comme un chien avant de tourner les talons et de sortir du bureau de la meute.

Mes amis, Asher, J.J., Markley et Seb m’attendent dans les vestiaires. Ils sont déjà habillés et s’amusent à jouer au jeu qui consiste à lancer un ballon de football aussi fort que possible sur le visage de l’autre.

Ils me regardent tous les quatre avec impatience, mais je secoue la tête. Il est hors de question que je dise quoi que ce soit alors que je suis encore sur la propriété de la meute. Tous les métamorphes ici ont une ouïe surhumaine, et aucune conversation ne peut passer inaperçue.

Bien évidemment, ils veulent tous savoir ce qui s’est passé. J’ai disparu pendant la course de la meute, et quand ils sont revenus, j’étais dans le bureau de l’alpha.

J’enfile un short et un T-shirt, enfouis mes pieds dans une paire de tongs et me dirige vers le parking en terre battue où est garée ma Range Rover. Nous nous entassons tous les cinq et je démarre le véhicule. Une fois la dernière portière refermée, ils parlent tous en même temps.

— Quoi de neuf, Abe ? chantonne Markley depuis le siège passager avant.

— Nous avons appris que tu étais allé au manoir des Sterling, et que tu avais apparemment attaqué la princesse de glace. Qu’est-ce que tu lui as fait ? demande J.J.

C’est le mec gentil de notre bande au lycée. Délégué de la classe de terminale. Monsieur Social. Le gars que j’aimerais être. Celui que je serais si je n’avais pas à maintenir ma position d’alpha, une exigence fixée par mon père, pas par moi.

— Dis-moi qu’elle criait parce que tu as enfin choppé cette garce frigide…

Mon loup grogne. Avant de pouvoir m’arrêter, je balance mon bras sur le côté pour frapper de mon poing le centre du torse de Markley pour lui avoir manqué de respect.

Merde.

Pourquoi mon loup voudrait-il protéger cette humaine ? Elle n’a jamais été rien d’autre qu’une snob à mes yeux.

Markley siffle en réaction à l’impact.

— Désolé, mec.

Dans le rétroviseur, je vois J.J. et Seb échanger un regard qui me donne envie de les égorger tous les deux. J’en ai trop montré.

Ils pensent que cette humaine représente quelque chose pour moi.

Ce n’est pas le cas. Pas du tout.

Je ne batifolerais jamais avec une humaine. Et encore moins Lauren. La princesse de glace est peut-être sexy, son parfum me fait peut-être de l’effet, mais il n’y a absolument rien sous cette apparence de fille riche et manucurée.

C’est un soir d’école et il est tard, alors je ne retourne pas à la mesa pour allumer un feu et tirer sur des trucs avec les gars. C’est la première fois que je n’ai pas envie de traîner avec mes meilleurs amis parce que je sais qu’ils vont continuer à me harceler pour savoir ce qui s’est passé ce soir et pourquoi.

Mais je dois leur raconter l’histoire maintenant parce que tous les jeunes métamorphes qui iront à l’école demain voudront savoir ce qui s’est passé, et il faut que ce soit mes amis qui répandent la nouvelle.

Il faut que ce soit une histoire qui me mette au sommet. Je suis l’alpha de l’école. Je ne peux pas me permettre de donner l’impression d’être faible. Surtout pas avec mon secret.

Je m’arrête devant la maison de Markley et coupe le moteur, puis je me retourne sur mon siège pour regarder les autres.

— Elle était nue. Debout devant la fenêtre de sa chambre.

Ça me donne la nausée de parler de Lauren de cette façon. Ce qui n’a pas de sens. On se déteste.

— Quoiiii ? Oh, waouh ! s’exclame Asher en secouant la main.

— Je sais, continué-je, comme je le fais toujours.

Je suis leur alpha, la super star agressive du lycée. Le type qui écrase tous ceux qui ne lui témoignent pas un respect total.

— Des seins parfaits, putain. Mais elle m’a vu. Et vous savez ce que la reine de glace a eu l’audace de faire ?

— Quoi ?

La lèvre supérieure d’Asher se retrousse. C’est le sauvage de la meute de notre école. Celui qui a tendance à enfreindre le code de la meute seulement pour se faire prendre par l'alpha. Tel père, tel fils, je suppose.

— Elle m’a dit zou.

Je ne précise pas que ses seins ont rebondi quand elle a fait le mouvement. Ni l’effet que ça m’a provoqué.

— Oh, merde, jure J.J. en grimaçant devant l’audace de l’humaine à insulter un loup alpha. Qu’est-ce que tu as fait ?

J’affiche un sourire diabolique.

— Je lui ai foutu les jetons.

Mon loup n’aime cependant pas ça. Je sens une désapprobation tourmentée se manifester sous ma peau. Mais je ne sais pas quel est son problème. Mon loup ne peut pas vouloir s’accoupler avec une humaine.

Et même s’il le voulait, ça n’arriverait pas. C’est tout bonnement impossible.

Dans l’état actuel des choses, il y a une chance sur deux que je transmette ma déficience à mes petits. Si je m’accouple avec une humaine, ils seront encore pires, s’ils deviennent des métamorphes. C’est pour ça que je dois m’accoupler avec une femelle alpha.

Mon père m’a inculqué ce fait depuis les premiers mois de ma transition, à la puberté, lorsque nous avons découvert le défaut familial dont je souffrais.

Il veut que je piège une femelle alpha pour qu’elle s'accouple avec moi. Je pourrais ne pas m’accoupler du tout. Et ainsi éviter de transmettre cette merde à des petits.

Je me souviens qu’il s’est assis à côté de moi sur le lit après que je me suis assoupi, la seule fois où quelqu’un dans notre famille a eu besoin de ses compétences de médecin. C’est une anomalie génétique. L’interprétation des données oculaires par le cerveau est confuse. Pour résumer, ton cerveau essaie de voir avec tes yeux de loup pendant que tu es sous forme humaine. C’est vivable, mais tu dois le cacher. Éloigne-toi des lumières fluorescentes, qui peuvent déclencher les crises. Quand elles se produisent, cache-les. Tu dois apprendre à faire semblant. N’en parle à personne. Personne ne doit savoir que tu n’es pas parfait, Abe. Tu devras travailler pour devenir l’alpha de ta classe et maintenir ta position, afin de t’assurer la meilleure partenaire possible avant que la situation n’empire ou que quelqu’un ne l’apprenne.

Ce qui veut dire, pour moi, qu’il n’y a aucune chance que je trouve ma partenaire idéale.

Asher grogne son approbation en entendant que j’ai fait peur à Lauren.

J.J. lève les yeux au ciel.

— Tu as de la chance que l’alpha Green ne t’ait pas déchiqueté en morceaux.

Il le dit au sens littéral. Avec ses dents. La discipline de la meute est presque toujours physique puisque nous guérissons instantanément. C’est une démonstration de domination et une demande de respect.

— Il était déjà habillé, expliqué-je.

— Tu as de la chance, putain, dit Markley. Tu n’auras pas de conséquences du tout ?

— Je lui ai dit qu’elle était nue, et il a mis ça sur le compte des hormones de l’adolescence.

— Tu es un génie, mec, dit Seb.

Il me tend ses phalanges, puis je lui fais un check.

— Attends, attends, attends. Reviens à la partie où elle est nue, dit Markley. Genre, complètement nue ? Ou nue avec sa culotte et son soutien-gorge ?

Les autres ricanent et penchent la tête vers moi, attendant chacun une réponse.

C'est drôle, mais j’aurais préféré me taire. J’ai avoué la situation à l’alpha Green pour qu’il me lâche les baskets, mais maintenant je n’aime pas que tout le monde parle de ses seins.

Lauren est peut-être une fille riche et coincée qui n’a rien à faire à Wolf Ridge, mais elle ne mérite pas qu’on lui manque de respect. Pas même pour préserver ma réputation d’alpha.

— Lâche l’affaire, Markley, grogné-je.

— Alors elle n’était pas vraiment nue ? demande-t-il.

— Qu’est-ce que tu faisais chez elle, d’ailleurs ? m’interroge Seb. Je croyais que tu draguais Casey et River.

Casey est l’alpha femelle de la classe de terminale. La femme que je devrais poursuivre.

Celle qui ne m’intéresse absolument pas. Un sentiment réciproque, je suppose.

— Oui, mais j’ai vu des lumières allumées au manoir des Sterling, alors je suis allé voir.

Je ne leur dis pas que je cours malgré moi jusqu’à la colline Moongaze tous les soirs. Je renifle la maison, mon loup étant inexplicablement attiré par cette demeure immense.

J.J. et Seb échangent un autre regard.

— Quoi ?

Mon agacement monte en flèche.

Seb hausse les épaules.

— Rien. Elle est canon. J’irais la voir, moi aussi.

Mon loup grogne tandis que je me retourne vers lui.

— Tu ne t’approches pas d'elle.

Il hausse les sourcils.

Markley nous interrompt.

— Je dois y aller ou ma mère va piquer une crise.

Il me fait un check et ouvre la portière pour sortir.

— À plus.

C’est un soir d’école et Seb est sans doute le seul à n’avoir ne serait-ce que regardé ses devoirs. C’est le genre de mec qui a toujours l’air d’avoir déjà tout fait avant même que j’aie ouvert un livre. Non pas qu’on ouvre encore des livres. Cette année, le lycée Wolf Ridge a enfin rattrapé son retard par rapport au vingt-et-unième siècle et nous a fourni des copies électroniques des manuels scolaires.

Ce qui ne me rend la tâche que plus difficile encore. La lumière des appareils électroniques, quels qu’ils soient, perturbe ma vision. J’apprends à lire en utilisant ma vision périphérique, mais cela me demande tellement de concentration que je ne peux pas vraiment absorber ce que je lis.

Je dépose les autres et m’engage dans mon allée. Ma nuque me démange en signe d’avertissement alors que je sors de la Land Rover.

Oui. Comme je le craignais.

Mon père m’a attendu pour me passer un savon.

Sa plus grande crainte à mon égard est que je m’accouple avec une humaine.

CHAPITRE DEUX

Lauren

 

Chaque fois que je mets les pieds sur le campus du lycée Wolf Ridge, je suis persuadée de me trouver sur le plateau de tournage d’un film d’apocalypse zombie.

Cependant, il s’agit peut-être d’une projection de ma part.

Cela fait maintenant cinquante-et-une semaines et demie que je fais du surplace.

Je ne me suis pas fait un seul ami depuis mon arrivée il y a un mois. Je n’ai pas essayé. À quoi bon quand il n’y a personne qui vaille la peine qu’on lui parle ?

Je déjeune avec Lincoln à la cafétéria, mais aujourd’hui il est avec Rayne, la seule fille du lycée qui soit un tant soit peu agréable. Lincoln l’aide en maths parce qu’il a presque le niveau d’un génie avec les chiffres. Il ressemble à notre père dans ce domaine.

Je les rejoins, consciente que nous attirons encore plus de regards que d’habitude. Comme si le fait que Rayne mange avec nous méritait encore plus d’observation que les jumeaux de New York. Je ne comprends vraiment pas ce lycée.

C’est vraiment bizarre.

Rayne a confirmé mes soupçons que la popularité est entièrement basée sur les capacités athlétiques, ce qui explique pourquoi Abe Oakley, mon connard de partenaire en chimie, est capable de régner sur l’école. Il n’a pas la taille fine qu’ont Lincoln et Luke à dix-huit ans, cette silhouette qui ne s’étoffera pas avant la fac.

Ses copains footballeurs et lui ont déjà la dégaine d’athlètes de la NFL. Ils sont énormes et musclés.

Même les filles sont musclées ici. Pas Rayne, mais elle n’est pas une athlète ou une pom-pom girl comme les autres. Je pense qu’elle est une marginale, comme Lincoln et moi.

D’où son physique.

Mon regard s’arrête involontairement sur Abe et ses copains à la table derrière Lincoln. Il rit et dit quelque chose à ses amis. Ses mouvements font sauter et gonfler ses biceps.

Des muscles aussi gros ne peuvent pas être naturels pour un garçon de notre âge.

Je me demande s’ils ont un problème de stéroïde ici. Certains lycées ont des trafics d’ecstasy. D’autres de cannabis. Peut-être que celui-ci subit une véritable crise de stéroïdes. Ça expliquerait le niveau d’agressivité et de méchanceté entre ces murs. Peut-être que tout le monde a la rage, à force de se shooter aux stéroïdes.

Oh, merde.

Abe lève les yeux, croisant alors mon regard. Il plisse les yeux. Son dédain à mon égard est une évidence. Je ne sais pas si c’est parce que je ne me suis pas jetée à ses pieds comme toutes les autres filles du lycée ou parce que je viens d’une famille riche, tout le reste de la ville étant de classe ouvrière.

Pour être honnête, je n’ai pas l’habitude d’être traitée comme une moins que rien, ce que me fait subir Abe, mais je m’en fiche.

Ça n’a jamais été ma priorité de me faire des amis ici.

Maintenant que nos regards se sont croisés, je refuse de détourner les yeux. Je me fiche peut-être qu’il ne m’apprécie pas, mais ça ne veut pas dire que je vais accepter toutes les horreurs qu’il me lance.

Je me pince les lèvres et regarde en arrière, comme si je venais de manger quelque chose d’acide.

Abe se lève, et c’est comme s’il était le roi sur un trône à la réponse de ses amis de se dresser instantanément à ses côtés. Il s’élance dans ma direction.

— Oh, super, marmonne Rayne.

Elle baisse la tête comme si elle s’apprêtait à recevoir une raclée.

Lincoln et moi ne sommes pas perturbés. Peut-être qu’ils nous détestent tous parce que nous pensons être meilleurs qu’eux, mais à vrai dire, nous le sommes.

Aucun de nous ne sera jamais intimidé par les brutes du lycée. Nous étions populaires à Landhower Prep. Nous n’allons pas nous mettre à genoux pour vénérer ces losers.

Abe et deux de ses amis s’assoient à notre table. Il fait semblant de s’intéresser à Rayne, mais je sais qu’il est là pour m’énerver.

— Vous avez vu ? L’avorton s’est enfin fait un autre pote.

C’est dommage qu’il soit si beau. Ça en est difficile de détourner le regard.

— Deux, le corrige son ami J.J., en alternant son regard entre Lincoln et moi. Ou est-ce que deux ratés ne font qu’un ?

Abe se glisse tout contre moi, envahissant mon espace. Je lui adresse mon meilleur regard assassin pour le faire reculer, mais il se contente de sourire. Ses dents sont blanches et parfaites, et ses lèvres bien trop sensuelles pour appartenir à un homme aussi viril.

— Je ne pensais pas que Perle s’abaisserait à se faire des amis à Wolf Ridge.

Perle. C’est comme ça qu’il m’appelle, parce que nous sommes riches. Il passe son temps à faire des remarques sur notre manoir et notre voiture.

— Je parie qu’ils viendront au bal en trio. Ce serait mignon, non ? lance l’autre garçon, Markley.

Le sourire d’Abe disparaît de son visage. En fait, il a soudain l’air carrément dangereux. Des frissons d’avertissement se dressent sur mes bras, mais je n’arrive pas à savoir de quoi je devrais avoir peur.

— Du moment qu’on est tous là pour te voir te faire couronner roi, non ? réplique Rayne.

Son sourire réapparaît.

C’est vrai. Abe sera le roi du bal. Je me demande qui sera sa reine. Je m’en fiche. Je n’ai pas l’intention d’y aller.

— Je passe, dis-je.

Passer plus de temps avec les ados de cette école ne serait qu’une corvée.

Un éclair d’irritation traverse à nouveau le visage d’Abe, mais il se ressaisit rapidement et retrouve son sourire carnassier.

— Vous savez ce qui serait drôle ?

— Quoi ? demande J.J.

— Mettre ces trois ratés sur le bulletin de vote.

— Pourquoi ? demande Markley.

Je ne comprends pas. À moins que… il veuille vraiment que je sois là pour voir son couronnement.

Peut-être que cette grosse brute s’intéresse vraiment à moi.

Ha.

C’est hilarant.

— Organisez-moi ça, dit-il comme s’il était une star de cinéma et qu’ils étaient tous ses assistants personnels.

— Tu sais ce qui serait encore plus drôle ? rétorque Rayne avec un sourire doucereux. Te voir perdre contre un outsider.

Ce serait marrant. Mon frère a vraiment l’étoffe d’un roi du bal. Ce n’est pas un sportif, contrairement aux connards de ce lycée, mais il a son côté rocker. Il est grand, décontracté et très beau. À Landhower, les filles se pâmaient devant son sourire.

— Dans tes rêves, demi-portion.

L’arrogance d’Abe est intacte. Il se lève et s’en va, son escorte lui emboîtant le pas.

— C’était littéralement l’interaction la plus ridicule à laquelle j’ai eu le malheur d’assister. Comment ces idiots peuvent-ils être populaires ? demandé-je, tout en essayant de ne pas fixer du regard les épaules musclées d’Abe pendant qu’il s’éloigne.

— Je n’en sais rien, marmonne Rayne.

* * *

Abe

Je déteste la chimie.

Les lumières fluorescentes du laboratoire déclenchent ma déficience, si bien que je ne peux jamais lire ce qu’elle écrit au tableau.

Et le pire ?

La reine de glace est ma partenaire de laboratoire, et elle me distrait en permanence avec son parfum de pomme d’amour.

J’ose un regard dans sa direction. Rien chez elle ne semble indiquer que l’intermède de la nuit dernière l’a affectée. Elle a l’air bien reposée. Terriblement sexy. Pleine d’assurance.

Mon idée de la mettre sur le bulletin de vote pour le bal de fin d’année n’était pas top. Ai-je vraiment envie qu’elle soit ma reine ? C’est ridicule.

Je sais que je devrais arrêter de m’en prendre à Rayne l’avorton, une autre louve défectueuse. La métamorphe qui ne peut pas se transformer. Si quelqu’un devait comprendre que les déficiences ne sont pas un choix, ce serait bien moi. On pourrait croire que j’ai grandi et cessé de me comporter comme une petite brute, mais chaque fois que je la vois, c’est comme si je n’arrivais pas à me contrôler. Elle représente tout ce que je déteste chez moi. La petite pique de culpabilité que j’ai toujours ressentie en martyrisant Rayne se transforme en raz-de-marée quand je vois le dégoût sur le visage de Lauren. Je la repousse.

Je refuse de laisser cette faible humaine snob me faire sentir coupable. C’est moi l’alpha ici. Elle ne comprend peut-être pas ce que ça signifie, mais elle le fera. Même si je dois la remettre à sa place moi-même.

Elle ne sera pas élue reine. Casey Muchmore gagnera le titre de reine. C’est la femelle alpha du lycée. Mon père m’a déjà demandé quatre fois si je l’avais invitée au bal.

Bien évidemment, je devrais le faire.

Est-ce bizarre qu’elle ne m’ait jamais intéressé ?

Lorsque j’ai effectué ma première transition et découvert que j’avais un défaut, mon père a commencé à insister pour que je m’accouple avec une femelle alpha. Je suis donc sortie avec des pom-pom girls et des stars du volley-ball. J’ai batifolé avec les louves les plus audacieuses lors des courses à la pleine lune. Puis Lauren Sterling est arrivée, et mon stupide loup a commencé à bander pour elle.

Une belle humaine snob.

Elle jette ses longues mèches auburn par-dessus son épaule et me jette un regard froid et désabusé devant notre paillasse.

N’importe qui d’autre, n’importe quel ado métamorphe de cette classe, aurait fait le travail à ma place. Ils auraient rampé et minaudé et m’auraient donné toutes les informations dont j’avais besoin pour obtenir un C dans cette classe, afin que je puisse rester sur le terrain de football.

Je suis l’alpha au lycée Wolf Ridge, après tout.

Je peux tous les manipuler d’un seul regard. D’un haussement de sourcil. D’un geste de ma main.

Personne n’aurait l’idée de se demander pourquoi j’ai besoin d’aide. Ils supposeraient que j’exige simplement leur loyauté et leur service.

Mais pas Lauren.

Et cette princesse pourrie gâtée n’est absolument pas affectée par mon pouvoir et mon statut dans ce bahut.

Madame Miller distribue les instructions d’utilisation du laboratoire. Lauren m’ignore et enfile sur sa tête une paire de lunettes qui agrandissent ses yeux bleu sarcelle. Normalement, de grands yeux donnent à une femme un air innocent. Fragile. Doux.

Pas cette princesse.

L’arrogance qu’elle dégage annule tout ce qui pourrait y avoir de mignon dans son apparence. Pourtant, elle réussit à être aussi belle qu’un mannequin de défilé de mode avec des lunettes en plastique.

Je mets mes lunettes sur le dessus de la tête, comme si j’étais trop cool pour les porter. Ce qui est vrai.

Miller ne me le reprochera pas non plus. Ça ne sert à rien que je les porte. Les métamorphes ne peuvent pas être blessés par des brûlures chimiques. Enfin, temporairement, si. Mais rien qui ne puisse guérir du jour au lendemain.

J’appuie une hanche contre la paillasse et croise les bras sur mon torse pour regarder Lauren travailler.

Elle me fusille du regard.

— Tu ne vas même pas faire semblant d’aider ?

Mon loup est satisfait qu’elle m’adresse enfin la parole. Qu’elle me regarde enfin.

— Non.

Les étudiants de l’autre côté de notre paillasse, tous deux métamorphes, m’adressent un petit rire de rigueur.

Je suis leur roi, je les amuse.

Lauren les ignore.

— Tu ne penses pas que madame Miller va s’en apercevoir ? demande-t-elle froidement.

Elle est toujours indifférente à mes tentatives d’engagement. Ça rend mon loup complètement fou.

Ou peut-être est-ce mon ego.

— Miller ne va rien faire, affirmé-je avec une confiance totale.

Je n’en suis pas aussi certain que j’en ai l’air, mais mon père est un membre royal de la meute, et Miller n’est rien de plus qu’une enseignante. Personne de spécial. Elle devrait savoir que si j’échouais à cet exercice, ma moyenne passerait au-dessous de C, et je ne serais pas capable de jouer ce week-end. Cela lui imposerait une tonne de pression de la part de presque tous les habitants de la ville, de l’entraîneur Jamison et du principal à tous les citoyens ordinaires qui dépendent du lycée Wolf Ridge pour leur divertissement hebdomadaire.

Les narines de Lauren se dilatent et ses lèvres se pincent dans une expression de dégoût alors qu’elle se déplace avec assurance, mesurant des pois secs et du sable dans deux éprouvettes distinctes. Je connais bien ce regard particulier, c’est le seul qu’elle accepte de m’accorder.

Elle secoue la tête en travaillant.

— J’ai entendu dire que tu avais la possibilité d’obtenir une bourse de football. Comment ça va se passer à la fac lorsque tu ne sauras pas suivre un cours sans intimider quelqu’un d’autre pour faire ton travail à ta place ?

Je suis satisfait qu’elle en sache autant sur moi, puisqu’elle a tendance à faire semblant que je n’existe pas, mais la mention de la fac me retourne l’estomac. Surtout parce que ses paroles sont bien trop proches de la vérité. Il n’y a aucune chance que je survive aux études supérieures sans payer ou menacer quelqu’un de travailler à ma place.

Je lui adresse mon meilleur sourire narquois.

— Qu’est-ce qui te fait croire que je ne pourrai pas intimider quelqu’un à la fac ?

Elle lève les yeux au ciel.

— Un de ces jours, quelqu’un va te mettre une raclée, Oakley. Et je vais me tordre de rire.

Putain, j’adore entendre le son de mon nom sur ses lèvres. Même si ce n’est que mon nom de famille.

— Tu devrais peut-être essayer.

J’ignore ce qui me prend de lui dire ça. Peut-être que je souhaite désespérément une autre réaction de sa part. Plus que les mouvements indifférents de cette crinière épaisse et brillante. Celui que je veux utiliser pour lui tirer la tête en arrière. Pour qu’elle me découvre sa gorge, même si elle ignore ce que signifie la soumission.

Je veux que ses mains soient sur moi, qu’elles me repoussent. Qu’elle me le donne comme j’ai envie de le lui donner.

Elle me lance un regard en coin.

— Peut-être que je le ferais.

Je doute qu’elle soit en train de flirter. Considérant son mépris total à mon égard, ce serait une hypothèse stupide.

Mais mon entrejambe considère qu’elle le fait. Il grandit contre ma fermeture éclair et soudain, je meurs d’envie de savoir ce que ça ferait d’avoir ces lèvres boudeuses enroulées autour de sa circonférence.

Je m’approche, me pressant contre elle.

— Ah ouais ?

Ma voix n’est pas menaçante. C’est un grondement profond et suggestif. Presque un ronronnement. Je la baisse encore plus.

— Qu’est-ce que tu ferais ?

Les ados en face de notre paillasse ont la tête baissée. Ce sont des métamorphes, ce qui signifie qu’ils peuvent entendre chaque mot, mais ils nous accordent un peu d’intimité. Ils laissent Lauren croire qu’ils n’entendent pas mes murmures.

Maintenant que je suis près d’elle, son parfum de pomme remonte dans mes narines, ne me faisant bander que davantage. J’ai envie de mordiller ce cou et de découvrir quel goût elle a.

Non, je veux la soulever, la poser sur la table de laboratoire, écarter ses genoux et la goûter là où ça compte le plus.

Elle incline son visage vers le haut et ne fait qu’un léger sursaut en me voyant si près. Ses pupilles se dilatent, le tout premier signe que je vois chez elle qu’elle est attirée par moi. Qu’elle ressent une émotion quelconque. Mon loup grogne presque de victoire.

Si elle avait peur en cet instant, ses pupilles se plisseraient et je sentirais sa crainte sur elle. Nos visages sont à quelques centimètres l’un de l’autre, mais elle ne recule pas. Je détecte de la cannelle dans son haleine, provenant du chewing-gum qu’elle a jeté quand elle est entrée dans la pièce.

À ma grande joie, elle relève le menton et se penche encore plus près, presque comme si elle allait m’embrasser. Ou plus probablement, me mordre. Elle en a sûrement envie, compte tenu que je me suis comporté comme un vrai connard.

— Si je te le disais, murmure-t-elle avec le même ton suggestif, tu serais prêt.

Elle s’éloigne suffisamment pour voir tout mon visage.

— Et je veux que ça fasse mal, ajoute-t-elle.

Ses yeux brillent comme si l’idée de me faire souffrir l’excitait.

Avant de pouvoir réfléchir, je passe un bras autour de son dos et plaque son corps délicat contre le mien.