Le swing des particules - Jacques Masurel - E-Book

Le swing des particules E-Book

Jacques Masurel

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Beschreibung

Pour lutter contre le réchauffement climatique, Léa, jeune scientifique passionnée, a choisi de faire carrière dans le secteur des SMR, les fameux petits réacteurs nucléaires.
Estimant que, face à la concurrence, son employeur ne prenait pas les bonnes décisions elle décida d'agir.
Grâce à un ami devenu un champion de golf renommé elle part « surveiller » un concurrent américain dont les compétences l’interpellent.
Débute alors une aventure pleine de rebondissements où seront abordées les questions relevant de la problématique climat-énergie, de la croissance, de l’idée de progrès, mais aussi de l’inquiétant développement de l’obscurantisme…




À PROPOS DE L'AUTEUR

Après un carrière dans l’industrie qui l’a notamment conduit à passer de nombreuses années à l’étranger, Jacques  Masurel s’est intéressé aux questions climatiques ce qui l’a rapproché d’une importante association qu’il a eu l’honneur de présider pendant plusieurs années. Il est également Vice-président fondateur d’une association qui milite activement pour la défense de l’industrie nucléaire.

En parallèle il s’est impliqué dans un groupe de réflexion centré sur les mécanismes d’évolution ce qui lui a ouvert des horizons inédits. Il est l’auteur de plusieurs romans documentaires dont "Mauvais Climat" et "Trajectoire d’une Fake News" publiés aux éditions Feuillage.

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Seitenzahl: 162

Veröffentlichungsjahr: 2024

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Jacques Masurel

Le Swing des Particules

Du même auteur

Du même auteur

La vente multi-niveau, Inter-concept 1994.

Questions pour un monde en devenir, Aubin éditeur 2002. Avec André Danzin.

Teilhard de Chardin, visionnaire d’un monde nouveau, Éditions du Rocher 2005. Avec André Danzin et Jean-Loup Feltz.

Et si on inversait les pôles, Aubin éditeur, 2006.

Une Europe nouvelle pour un monde nouveau, Édition Publibook, 2009.

L’affaire Lipowski, Aubin édition, 2006.

Mauvais climat, édition Feuillage, 2016.

Trajectoire d’une fake-news, édition Feuillage, 2022

Notre catalogue complet de livres et d’audiolivres sureditionsfeuillage.fr

Avant-Propos

Face à l’humanité se profile le défi le plus monstrueux qu’elle ait jamais eu à affronter.

Un défi qui l’oblige à abandonner les moyens qui lui avaient permis de sortir de la misère…

Un défi qui met en question la solidarité des nations, y compris celles pouvant revendiquer les mêmes valeurs…

Un défi dont les contours imprécis laissent prospérer les failles de la raison, les explications simplistes ou les homélies militantes…

Un défi qui se nomme réchauffement climatique.

Pour permettre de présenter à la fois les comportements qui s’emparent de nos contemporains et les étonnantes technologies qui vont émerger, l’auteur a retenu la forme du roman. Une forme qui lui permet, face aux questions techniques mais aussi économiques, politiques ou sociales d’aborder ce mal qui « répand la terreur mais que la ciel en sa fureur inventa pour punir les crimes de la terre »1….

Pour situer l’ampleur des bouleversements qui se préparent, il convient de constater que les questions énergétiques jouent, en parité avec les attitudes comportementales, un rôle clé.

Il apparaît en effet :

Que pendant une période s’étendant sur des dizaines de milliers d’années et se terminant autour du XVIIIe siècle l’humanité n’a utilisé que des énergies que l’on qualifierait aujourd’hui de renouvelables. Globalement les quantités d’énergie dont elle disposait furent extrêmement faibles si l’on se réfère à nos critères actuels.

Que la première révolution énergétique fut celle de la machine à vapeur et du charbon. Qu’elle permit de disposer d’une forme d’énergie très concentrée, à laquelle on doit l’émergence du monde moderne.

Que la seconde fût celle du pétrole qui, via les moteurs à combustion interne et les réacteurs permit un prodigieux développement de la mobilité et qu’il l’assure toujours à plus de 95 %.

Que la troisième fut celle de l’électricité. C’est celle qui a permis de diversifier les applications des sources d’énergies disponibles, essentiellement le charbon, le pétrole puis le gaz, et plus récemment le nucléaire.

Que la quatrième, probablement la plus difficile, sera celle que nous tentons aujourd’hui. Son enjeu sera, en moins de 30 ans, de parvenir à substituer aux énergies fossiles, qui représentent quelque 80 % des énergies utilisées dans la monde, des énergies ne contribuant pas à augmenter le périlleux effet de serre.

Un défi qui risque fort d’être aggravé par la vertigineuse montée de complexité qu’engendre la conjugaison d’un développement exponentiel des connaissances avec des capacités de communication mal maîtrisées. Une situation qui provoque un sentiment général d’incertitude propice à tous les errements.

C’est ce que Léa, l’héroïne de notre histoire a parfaitement perçu.

Comme le faisait remarquer le philosophe Hans Jonas 2 elle constate que : « Nous savons beaucoup plus tôt ce dont nous ne voulons pas que ce que nous voulons ».

Une réflexion qui contribue à comprendre pourquoi l’humanité a tant de mal à se trouver une nouvelle façon de penser la réalité… bien que le réel ne soit supportable que doublé d’imaginaire !

1 Jean de La Fontaine : « Les animaux malades de la peste ».

2 Hans Jonas : « Le principe de responsabilité ».

I - RENCONTRE

1. Julien

N’ayant pu trouver place, Julien gara sa voiture dans le petit bois qui longeait le club de golf.

Le ton utilisé par son amie pour refuser de l’accompagner avait laissé une obscure déprime le gagner.

En ce début du mois de mai, alors que la nature commençait à reprendre vie, il éprouvait un impérieux besoin de renouveau. La trajectoire d’un cumulus ayant laissé percer un dernier rayon de soleil, il sentit que ses yeux se mettaient à sourire. Défilèrent devant eux l’incroyable succession de chances qui l’avait sorti des pièges dans lesquels il s’était enfermé pour transformer une vie sans intérêt en un parcours extravagant.

Le hasard a dû m’être trop favorable, se dit-il. Je crains que les dieux ne reviennent sur leurs libéralités.

Son père étant prématurément décédé il fut laissé aux soins d’une mère affectueuse, mais totalement dépassée par un gamin indocile au tempérament imprévisible. Incapable de résister aux attraits que représentait le plaisir de se lancer dans de nouvelles aventures, « de nouvelles sottises » comme les qualifiait sa mère, Julien dériva. Il descendit d’autant plus que, surchargée par son travail et quelques préoccupations plus personnelles, la dame avait renoncé à réagir.

Avec la jolie bande de voyous qu’il parvenait à dominer, au grand étonnement de ses professeurs, il multipliait les coups en tous genres. Souvent au seuil de la délinquance il ne fut que rarement appréhendé par une justice d’autant plus clémente, qu’elle était débordée. Il s’agissait tout à fois de règlements de compte entre bandes rivales, de petits larcins, de harcèlements, visant le corps professoral, des magistrats ou des hommes politiques. L’humour qu’ils déployaient dans leurs attaques leur attirait cependant la sympathie des populations, voire des médias locaux.

Au plan scolaire, Julien et ses copains alignaient les absences et se faisaient un devoir d’être toujours les derniers de leurs classes. À cet effet, ils avaient convenu de faire payer une amende à celui d’entre eux qui aurait la moins mauvaise note. Une sanction qui avait été découverte par un corps professoral dépassé qui prit le parti de s’en amuser.

Ce qui devait arriver arriva : Julien n’obtint pas le baccalauréat bien qu’il fut cette année-là accordé à près de 98 % des candidats. Forcé de s’assurer des revenus, sa mère étant dans l’incapacité de l’aider, le jeune homme allait de désillusions en désillusions. Il finit par opter pour un job dans une brasserie. Ce poste, comme ceux qui le suivirent, ne lui apportèrent que des déconvenues renforcées par le fait que sa brillante équipe de copains s’était peu à peu désagrégée face aux réalités qu’impose le monde du travail.

Après plusieurs mois de galères, une place de serveur dans le restaurant d’un club de golf se présentat à lui. En dépit du temps de trajet – pas moins d’une bonne heure à bicyclette les transports en commun ne desservant pas l’endroit – il accepta la place en jugeant qu’il étouffait en ville, qu’un peu de sport ne lui ferait pas de mal et, réaliste, qu’il n’avait plus rien à perdre.

Une franche camaraderie ne tarda pas à le lier à ses collègues tandis que la sportivité de la clientèle contribuait à faire régner une ambiance détendue. Par beau temps, l’ouverture des larges baies coulissantes qui séparaient le restaurant des terrasses extérieures donnait un air de vacances à un ensemble insolite où se mêlaient des sportifs décontractés et des tables occupées par des citadins empêtrés dans leurs tenues de ville.

Sans négliger ses collègues serveurs, Julien parvint à se faire des amis parmi les professeurs de golf qui disposaient d’une table ouverte non loin du bar. Très habilement, après avoir étudié les manuels théoriques qui abondaient dans le salon du club, il tenta par petites touches de montrer l’intérêt qu’il portait au jeu : « Je ne parviens pas à comprendre pourquoi une balle peut slicer ? Pourquoi est-il si difficile de la sortir d’un bunker ? Pourquoi tel ou tel règlement ? », questionnait-il.

C’était cependant en se tenant au courant des compétitions en cours et des scores des champions qu’il parvenait le mieux à intéresser, voire impressionner, les professionnels du club.

Pris à son propre jeu, il n’hésita pas, avant les heures d’ouverture, à se rendre seul sur le terrain de practice pour s’y essayer en s’armant de vieux clubs qui trainaient, on ne sait pourquoi, dans le garage où étaient rangées les machines agricoles. Il s’enhardit peu à peu et finit par demander à l’un des professeurs s’il accepterait de lui donner une leçon.

Surpris ce professeur accepta et rendit un verdict qui allait changer la vie de Julien :

– Mon cher Julien, tu possèdes toutes les caractéristiques, et elles sont rares, qui devraient te permettre de devenir un champion. Nous allons nous occuper de toi.

Effectivement, il ne tarda pas à être convoqué par le directeur du club qui lui proposa, « à la condition qu’il s’engage sur l’honneur à travailler au club pendant au moins trois ans », de lui assurer une formation lui permettant éventuellement de défendre les couleurs du club dans des compétitions reconnues.

Dix-huit mois plus tard, l’ancien voyou, diplôme de moniteur en poche, s’était métamorphosé en un professeur de golf derrière lequel pointait un champion en puissance. Une situation financière améliorée lui permit de trouver un logement à proximité du club et commencer à rembourser les dettes qu’il avait contractées auprès de son employeur.

2. Conférence

Depuis le chemin bordé de fleurs montant en pente douce vers l’élégant bâtiment du club-house, on pouvait apercevoir, illuminé par des projecteurs, le dernier trou du parcours de golf.

Ce soir-là, les larges bannes colorées dont était pourvue la terrasse étaient avantageusement éclairées par des lampions qui donnaient à l’ensemble une ambiance festive.

En s’approchant, le bourdonnement indicible des voix s’amplifia. Il était de temps à autre ponctué par des exclamations émanant des petits groupes qui s’étaient formés. Les invités qui venaient d’arriver cherchaient à se donner une contenance alors qu’ils tentaient de se trouver un point de fixation. L’heure annoncée pour l’événement qui devait marquer la soirée approchait.

Chaque année avec le printemps, cette réception était l’occasion pour les femmes de ressortir leurs couleurs. Les plus sportives semblaient heureuses de pouvoir afficher leur dynamisme en arborant des tenues dont le manque de raffinement était censé mettre leur sportivité en valeur. Comme pour rivaliser avec cette décontraction, d’élégants décolletés désignaient ostensiblement celles qui n’avaient pas l’intention de jeter l’ancre…

Ayant rejoint la terrasse, Julienconstata que la petite troupe d’admiratrices qui le rejoignait se densifiait plus rapidement que ce à quoi il s’attendait. Il y retrouva certaines de ses élèves mais aussi, après ses premiers succès en compétition, des admirateurs et admiratrices attirés par sa réputation naissante.

Quelqu’un vint soudain tapoter le micro installé à l’extrémité de la terrasse, ce qui fut interprété comme l’annonce du début des festivités. Le brouhaha ambiant tomba instantanément. Ayant constaté le bon fonctionnement de l’installation, le technicien auteur de cette manœuvre tendit le micro à une femme qui s’avéra être la présidente du club.

Après quelques mots de bienvenue parfaitement convenus, la présidente entreprit de présenter le conférencier :

– Didier est membre de notre club depuis près de dix ans. Comme ont pu le constater ceux d’entre vous qui ont eu l’occasion de le rencontrer, c’est un homme particulièrement chaleureux. Les privilégiés l’ayant affronté sur le parcours ne seront cependant pas tout à fait du même avis tant le jeu de notre ami est redoutable…

Signes de protestations de l’impétrant.

– Laissez-moi poursuivre, reprit la présidente. Outre sa capacité à déstabiliser ses adversaires, notre ami dispose par sa plume du pouvoir de bousculer des convictions pourtant bien établies. Il vient de consigner certains de ses arguments dans un petit livre dont il va nous parler. Avec mes confrères administrateurs, j’ai considéré que c’était pour notre club un grand honneur de compter un membre aussi érudit et qu’il fallait en profiter. Nous l’avons donc invité à intervenir lors de notre traditionnelle soirée de rentrée. Il ne sera pas question de golf mais de sujets qui sont au centre de nos préoccupations.

– Cher ami, vous avez la parole.

– Chère présidente, chers amis. Merci pour ces compliments et plus particulièrement pour ceux qui concernent mes capacités golfiques… Pour ne pas abuser de votre patience, je vais simplement brosser un résumé des arguments développés dans mon dernier livre « Une réalité masquée » en évitant de vous asséner une cascade de chiffres.

L’orateur commença par expliquer qu’entre énergie et développement s’étaient établis au fil des temps les liens qui avaient permis d’apporter la prospérité à une large fraction de l’humanité. Il montra ensuite que l’exploitation intensive de ressources énergétiques d’origine fossile avait atteint un niveau tel que l’équilibre climatique qui avait valu à notre planète d’être ce qu’elle est, s’en trouvait remis en question.

– Le drame, insista l’orateur, est que la lutte contre le réchauffement climatique concerne un nombre considérable de disciplines mettant en question des intérêts multiples. On n’a jamais tant échangé à son propos et il me semble que les tuyaux de communication s’en trouvent engorgés ! Le tournis nous gagne et, faute de comprendre, nous avons tendance à ne regarder que ce qui nous donne raison. C’est en particulier le cas des responsables politiques pour qui la démagogie tient lieu de stratégie… et, du coup, faute de vision, une angoisse diffuse commence à saisir le monde.

Sur un ton grave, le conférencier précisa alors que, selon lui, le fait de voir s’éloigner un monde de paix et de prospérité – pourtant un instant entrevu à l’aube du siècle – , s’expliquait d’abord par l’absence de projet mobilisateur qui laissait s’établir la sensation d’avancer dans la brume.

– Nous devons nous méfier, dit-il, des amalgames sommaires et tenter de percevoir ce qui germe au sein de ce qui disparaît. Il est temps de montrer qu’il est possible d’infléchir les sombres perspectives qui se dessinent et de dire que le futur peut être enthousiasmant. C’est l’invention de l’avenir et non la conformité au passé qui doit nous guider. Il faut en finir avec l’héritage du Club de Rome, du rapport Meadows ou des nouveaux disciples de Malthus, ne serait-ce que parce que l’on sait désormais comment découpler les liens unissant production d’énergie et émissions de gaz à effet de serre.

L’orateur marqua alors une pause et poursuivit avec véhémence :

– Si l’on sait que dans presque tous les domaines les causes initiales de la pollution atmosphérique proviennent, directement ou indirectement, de la production d’énergie alors que l’on peut la produire sans polluer, on est en droit de considérer que la décroissance n’est pas, et de très loin, le moyen le plus efficace pour sauver la planète. Tout porte à croire que les tenants de cette démarche poursuivent des buts idéologiques revenant à admettre que le progrès est une impasse, qu’il faut revenir aux siècles où dominait l’obscurantisme, où l’on vivait essentiellement sous la férule de la nature. Devant la possible résurgence d’un malthusianisme éculé, voire d’un rousseauisme de pacotille, le risque est grand de voir naître des pénuries et, avec elles, la barbarie s’imposer.

Des murmures se firent entendre. L’orateur réagit en posant la question du rôle joué par les responsables politiques. Des personnages dont la parole prolifère mais qui excellent dans l’art d’éviter de répondre aux vraies questions tant leur horizon se trouve limité par le souci de ne pas déplaire à leur électorat…

– On ne se pose plus la question de savoir si une proposition est vraie ou fausse mais simplement celle de savoir si, en fonction de l’instant ou de l’audience, il convient de l’affirmer ou de la nier. Tout débat sérieux étant écarté, on organise des « conventions citoyennes » où les non-dits sont massifs.

S’en suivirent alors quelques applaudissements que la présidente fit cesser en reprenant le micro.

Après avoir remercié l’orateur pour son brillant exposé, elle émit l’idée que pour progresser dans le monde difficile dans lequel nous entrons nous avons besoin d’être habités par l’espoir de pouvoir gagner, de prendre des revanches.

– Je me demande donc si la cause profonde des difficultés que vous avez si bien décrites ne provient pas du fait qu’à la différence de ce qui se passe dans le sport, on raisonne sans avoir un mental de gagnant. Désormais toute forme d’optimisme est systématiquement neutralisée par des idéologues aux petits pieds. Puis-je donc, au risque de choquer, estimer qu’en ce qui concerne le climat nous avons, comme dans le sport, une revanche à prendre contre une nature qui ne nous veut pas que du bien 3?

Cette réflexion, parfaitement à contre-courant de la doxa en vogue, entraîna à nouveau de vives réactions qui justifièrent une nouvelle intervention du conférencier.

– Voilà, Madame la Présidente, une image bien pertinente ! Je n’y avais pas songé. Effectivement au manque de compréhension ou de connaissances de nos dirigeants vient se greffer une mentalité de perdant. Il est urgent de montrer que rien n’est jamais perdu et que, comme dans notre sport, un joli pitch peut nous sortir d’une mauvaise position !

Après avoir « sportivement » remercié le conférencier pour sa contribution la Présidente jugea sage de ne pas insister et passa la parole à la salle :

– Voilà qui est fort bien vu ! Y a-t-il des questions ? Aucune ?

– Une question de notre ami Julien, auquel tant d’entre nous doivent de jouer à peu près correctement !

– Il s’agit d’une question écologique. Ayant constaté que de nombreux joueurs manquaient leurs coups, je me pose souvent la question de savoir si l’énergie qu’ils cherchent à transmettre à la balle peut être considérée comme renouvelable  ?

L’éclat de rire de la salle s’étant atténué, c’est l’orateur qui répondit :

– Nous sommes ici face à une question aussi technique qu’écologique. Pour comprendre son versant technique, c’est-à-dire la qualité du mouvement qui permet de propulser la balle, je serai, cher Julien, présent au cours collectif que tu donnes demain matin à 10 heures. Pour ce qui est de l’écologie, je dirai qu’il ne suffit pas qu’une source d’énergie soit renouvelable pour être écologique. Il faut analyser comment elle est obtenue, comment elle est utilisée, quelle est l’origine des matériaux qu’elle met en œuvre et finalement quel est son coût. Je crains que pour bien des joueurs elle soit mal utilisée…

Après avoir répondu à quelques autres questions, cette fois très concrètes, la présidente remercia l’orateur et clôtura la réunion en précisant que Pierre Badinet se tiendrait à la disposition de celles et ceux qui souhaiteraient obtenir un exemplaire dédicacé de son ouvrage.

3 Vaste sujet qu’est celui de la place qu’occupe l’homme dans la nature...

3. Rapprochements

Parmi les élèves de Julien figuraient des femmes bien installées dans la vie. Elles semblaient heureuses d’avoir pu confier le sort de leur sport favori à un jeune professeur face auquel elles ne se sentaient pas assujetties par des liens d’autorité. Une erreur cependant, car l’ancien voyou savait se faire respecter.

Ce jour-là, sept élèves l’attendaient sur le practice. Un homme seul, un couple relativement jeune et quatre femmes dont l’une, qu’il ne reconnaissait pas, était occupée à lacer ses chaussures. Face à elle, afin de procéder aux présentations d’usage, Julien, d’un air amusé, patientait ostensiblement. Lorsqu’elle se releva, il découvrit une jolie femme, apparemment sûre d’elle-même, qui lui lança un regard intense. Au premier abord, il ne put chasser l’idée qu’il était face à une possible aventure.

Avec une fermeté de nature à neutraliser les illusions que son regard aurait pu laisser insinuer, la nouvelle élève se releva :

– Je m’appelle Léa, souffla la jeune femme sans attendre que Julien lance les présentations, ce qui suscita des sourires amusés.