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Activité ou valeur incontournable de nos sociétés, le travail est, pour les uns, un accomplissement exaltant, pour les autres, une douleur, voire un supplice. Quant à ceux qui n'en n'ont pas, ou qui en ont moins, tout leur rappelle qu'ils sont hors-jeu... Par la fiction, ce recueil de textes courts offre la possibilité d'aborder certains mécanismes humains et institutionnels, permettant à chacun de se forger une opinion, et, pourquoi pas, de contrer les mécanismes délétères pour instaurer des conditions de travail plus respectueuses de l'être humain ? Ces pièces pourront avec bonheur être utilisées lors de formations en management, ou représentées sur une scène de théâtre.
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Seitenzahl: 52
Veröffentlichungsjahr: 2019
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Derrière les discours sur le travail (ou sur la guerre, l'économie, le chômage, etc...), il y a toujours des hommes et des femmes réels qui vivent, parfois bien, souvent mal, des hommes et des femmes qui se battent ou qui souffrent, mais aussi d'autres qui profitent largement, loin des contingences.
Écrire, jouer ou mettre en scène les situations qui posent problème peut être salutaire, au même titre qu’une rigoureuse étude sociologique sur les conditions de travail, par exemple. Ce recueil se propose, modestement, de représenter certains mécanismes et comportements, et parfois de les dénoncer – quitte à forcer le trait, à présenter telle situation de manière très crue ou à employer le second degré. Il offrira peut-être un peu de recul pour mieux comprendre ce qui est acceptable ou non : que peut-on faire subir, que peut-on laisser subir à un être humain sans glisser tant soit peu de la catégorie des « dirigeants investis qui agissent pour la bonne cause » à celle des « écraseurs sans scrupules » ?
Le débat peut s’ouvrir, à chacun de se faire son idée : un écrivain ne dit pas forcément ce qui est, il dit ce qu'il voit, ce qu'il sent, ce qui sera, ce qui était, ce qui ne sera peut-être jamais, ou ce qui ne devrait pas être.
Bonne route à toutes et à tous !
Nestor Klaxon
Nota Bene
Les textes de ce recueil sont tous absolument fictifs. Toute ressemblance avec des personnages ou des situations existantes serait purement fortuite et due aux constantes de la nature humaine.
Échauffement
Le pourquoi des choses
Oui, on peut être chef ET incompétent
Où se pose le regard
Écrasement progressif de la force de travail
Ailleurs peut-être
elles et Lui
Théorie générale du management
No like, no job
Trilogie
Chronique inaudible
Feuille de route
La valeur « travail » et la vie d'Andrei
Servir ou se servir
Mal-être
Le cas Rocky
Dix bonnes raisons pour ne pas travailler 24 heures sur 24
Controverse sur l'opportunité de délocaliser à l'autre bout du monde
La destruction du sens – une journée en campagne
La béquille ou le pilotis
Ce qui n'existe pas
Manuel de manipulation managériale
, document interne à la formation de Master « M3D » /
Institut de Management par l'Exemple,
Untersohnenblumen-am-Main
Bulles
Épitaphe
Le jeu, c'est bon pour la santé. (J'entends par-là le jeu « ludique », et non pas les paris hippiques ou sportifs, dont le bénéfice pour les joueurs est plus que discutable.)
Pour entrer en douceur mais de plein pied dans le sujet qui nous préoccupe, à savoir le monde du travail, prenons justement le temps d'un petit jeu. A vous de trouver parmi les phrases des deux pages suivantes, si elles ont pu être prononcées par :
A / un actionnaire
C / un collègue
I / un intérimaire
D / un dirigeant
E / un employé subalterne
(NB : Les réponses ne se trouvent pas à la fin de cet opuscule).
A
C
I
D
E
Vu le nombre de réunions, on se demande parfois quand est-ce qu'on peut bosser.
Sans vouloir être désagréable, avec le salaire que vous touchez, vous pourriez être plus poli.
Désolé, mais sur ce type de poste, on ne compte pas ses heures.
Je suis nâââvré de vous annoncer que nous allons devoir nous sépââârer de quelques collaborateurs.
Il faut absolument rationaliser les emplois du temps.
Non mais vous comprenez, avec ce que je gagne, je ne vais tout de même pas me préparer des sandwichs !
Vite, fermez les portes, sinon ils vont rentrer !
J'en ai une bonne : tu connais la différence entre un patron et un employé ?
Un mois seulement ? Bah, j'en ai connu souvent des plus courts.
J'imagine que vous ne fournissez ni le vélo ni le sac isotherme pour les livraisons ?
Alors le travail collaboratif, ce n'est pas difficile : tu dis à tes gars ce qu'ils doivent faire, et ensuite, ils se démerdent pour savoir comment ils y arriveront.
De réunions en réunions, on se demande parfois quand est-ce qu'ils bossent.
Le numérique et internet, c'est vraiment un outil formidable pour nous.
Et le hangar, tu crois qu'il va se nettoyer tout seul, espèce d'enflure ?
Dix pourcents de hausse ? Mais c'est formidable !
Bah, tu t'y feras, moi, ça fait 15 ans que je le supporte.
Oh ben, tu sais, si on se mettait la rate au court-bouillon pour changer nos procédures à chaque fois que la loi change, on serait pas beaux à voir.
0,1 % de hausse, mais c'est formidable !
C'est bien simple, si vous ne progressez pas de 10%, je revends dans les 6 mois, après avoir dégraissé moi-même les effectifs. Mais vous ferez ça mieux que moi.
Je travaille, je classe, je trie, j'expédie, je traite...
Je travaille, je classe, je trie, j'expédie, je traite...
Je travaille, je classe, je trie, j'expédie, je traite...
Et je ne sais plus POURQUOI.
Je travaille, je classe, je trie, j'expédie, je traite...
Je sais très bien COMMENT le faire, je suis un PROFESSIONNEL, moi môssieur !
Par contre, je ne sais pas pourquoi je fais tout ça à longueur de journée.
Dans le temps, il y a longtemps, il me semble que j'étais motivé par quelque chose, un but, des valeurs, un projet, une ambition individuelle ou collective... j'me rappelle pas...
Là, simplement, sans me poser de questions,
Je travaille, je classe, je trie, j'expédie, je traite...
Je travaille car il le faut bien – et quoi faire d'autre ?
Je classe des dossiers...
Je trie des cas ou des papiers...
J'expédie des réponses ou des denrées....
Je traite des demandes administratives ou des problèmes
humains pour qu'ils n'en soient plus...
Et le fait de ne plus savoir pourquoi ne m'empêche absolument pas de bien faire ce qu'on me demande. C'est même devenu tout à fait normal d'agir SANS Y VOIR DE SENS.
Hier, je rédigeais des contrats.
Aujourd'hui, je remplis des bons de commande...
Et si demain on me demande d'éditer des factures, de serrer des boulons,
