Erhalten Sie Zugang zu diesem und mehr als 300000 Büchern ab EUR 5,99 monatlich.
Peut-on parler de philosophie sans être tripoteur de concepts, de Big Bang sans être astronome et distrait, de Dieu et de dieux sans être un saint ni un théologien, d'économie sans s'être encore trompé sur ses prévisions, de science sans savoir calculé la quadrature du cercle ni la vitesse de l'électron ? Peut-on juger le monde qui bruit autour de nous sans autre outil qu'un regard simple et quelques années d'expérience ? N'a-t-on pas simplement le droit à la parole en tant qu'homme ? Je ne sais pas, j'essaie en tentant ces "aphorions", aphorismes et opinions, qui cherchent à évaluer ensemble l'essentiel et le quotidien… On verra bien ! Du néant au néant, nous vivons le temps d'un flash à l'échelle de l'univers, mais de partout surgissent les illusions bruissantes, rumeurs, idées convenues et contrevérités autour desquelles dansent les peuples. Elles traversent l'espace sidéral en cohortes disparates et rutilantes, autocentrées, venues de nulle part et allant on ne sait où. Ce sont les fanfares du néant !
Sie lesen das E-Book in den Legimi-Apps auf:
Seitenzahl: 138
Veröffentlichungsjahr: 2015
Das E-Book (TTS) können Sie hören im Abo „Legimi Premium” in Legimi-Apps auf:
À mes enfants, leurs enfants et tous ceux qui souhaitent comprendre et contester le pouvoir des illusionnistes.
Merci à Marie-Christine Mérand relectrice attentive et souriante. Merci à Albert Grellier pour ses conseils et la fusion de l'image de couverture.
Peut-on parler de philosophie sans être tripoteur de concepts, de Big Bang sans être astronome et distrait, de Dieu et de dieux sans être un saint ni un théologien, d'économie sans s'être encore trompé sur ses prévisions, de science sans savoir calculer la quadrature du cercle ni la vitesse de l'électron ?
Peut-on juger le monde qui bruit autour de soi sans autre outil qu'un regard simple et quelques années d'expérience ?
N'a-t-on pas simplement le droit à la parole en tant qu'homme ?
Je ne sais pas, j'essaie en tentant ces "aphorions", aphorismes et opinions, qui cherchent à évaluer ensemble l'essentiel et le quotidien…
On verra bien !
Du néant au néant, nous vivons le temps d'un flash à l'échelle de l'univers, mais de partout surgissent les illusions bruissantes, rumeurs, idées convenues et contrevérités autour desquelles dansent les peuples.
Elles traversent l'espace sidéral en cohortes disparates et rutilantes, autocentrées, venues de nulle part et allant on ne sait où.
Ce sont les fanfares du néant !
Toni Eggero
L'émergence
Moi et mes rêves
Trouver sa place
Entreprises périlleuses
L'Europe, le rêve tourne au cauchemar
L'école, tout devient politique
La culture et le débat
Il était une foi
La discrète révolution de la transparence et ses amplificateurs
Twitter, la blogosphère et les medias
La nature, défense et polémiques
Du ringardisme
Le terrorisme
La fête, le rire et l'amitié
Les idées reçues et autres bizarreries
La difficile question de diriger les autres
Les merveilleux jouets de demain
L'argent n'est rien, tout se monnaye
Finissons-en!
Détournement littéraire
"Au commencement était le Verbe et le Verbe était en Dieu, et le Verbe était Dieu."
Début de l'évangile de St Jean.
Comment mieux dire que les mots mènent le monde ?
Une naissance imprécise
L'univers existe depuis quinze milliards d'années. Notre planète Terre a quatre virgule six milliards d'années.
L'arrivée de l'homme est assez imprécise car elle suppose de définir à partir de quand s'opère la mutation qui change homme le cousin du singe ?
Le sahélien Toumaï, avec ses sept millions d'années, semble justifier le rôle d'Adam, mais comme on ne possède de lui qu'un crâne, le débat reste ouvert. L'australopithèque est médaille d'argent avec 4,5 millions d'années. Le premier Homo, Homo Rudolfensis, en a un peu moins de trois millions et taillait des silex, l'Homo Erectus, un gamin d'un virgule sept million d'années, a maîtrisé le feu et l'Homo Sapiens, deux cent mille ans, a peint et sculpté.
À chacun de se forger une conviction.
Monsieur moi !
Nous émergeons du néant où nous retournons, pour les plus résistants d'entre nous, au bout d'une petite centaine d'années.
Mais, entre temps, quel orgueil !
À l'aune de nos mérites
"Quel artiste le monde va perdre !" déclara l'empereur romain Néron, proscrit par le Sénat, quand il demanda à un de ses affranchis de lui donner la mort.
Il avait fait assassiner sa mère, répudié son épouse, tué sa maîtresse Poppée et mis le feu à Rome pendant neuf jours avant d'en accuser les chrétiens.
Évaluer ses propres mérites est toujours une grande difficulté.
Nions le néant
L'aller-retour du néant au néant n'est pas agréable à imaginer, il est même glaçant. L'esprit se révolte naturellement contre l'idée même d'anéantissement de notre être.
D'où la pulsion naturelle de se rechercher une continuité au-delà de la mort.
L'âme est l'expression ambivalente de notre orgueil et de notre angoisse.
Schizophrénie
L'homme adore parler de la liberté et de son libre arbitre.
Mais il se soumet avec jubilation aux règles des religions.
Tant qu'à vivre, autant limiter l'angoisse de la mort.
Les Dieux sont partout
L'homme a d'abord divinisé toutes les forces de la nature, le tonnerre, l'éclair, les fauves… puis il a établi des synthèses conceptuelles, le dieu de la guerre, celui des mers, de l'amour et du vent ; chaque force était divinisée et chaque divinité pouvait influer sur la vie des humains.
L'homme devait donc se tenir à carreau pour éviter la colère des dieux.
Déjà !
Petite généalogie
La civilisation égyptienne, qui a débuté trois mille ans avant notre ère, s'est éteinte en -30 quand l'empereur Auguste a fait disparaître Ptolémée XV Césarion, fils de Cléopâtre, dernier héritier légitime du trône d'Égypte.
Elle a largement influencé la civilisation grécoromaine qui a été notre modèle culturel. Aujourd'hui, notre modèle est plutôt américain.
À tout prendre…
Merveilleux imaginaire
Les Égyptiens honoraient Râ à tête de bélier, dieu créateur de l'univers, dieu de la justice, Horus à tête de faucon, dieu de l'azur capable de voir à travers le soleil et la lune, Isis, déesse du bien-être, des naissances, des navigateurs et de l'État, Osiris, dieu de la végétation et de l'agriculture, puis dieu des morts, Thot, dieu lunaire de la parole et des mathématiques, Anubis à tête de chacal qui accompagnait les morts vers le royaume éternel…, mais il y avait aussi des dieux plus modestes comme Andj, un des dieux de l'assemblée divine du 21ème porche, Ha-Hotep, dieu de la 8ème flotte ou Ir-Renef-Djesef, dieu du 10ème jour du mois. Au total, plus de mille divinités accompagnées d'autres puissances célestes.
"Dieu de l'assemblée divine du 2lème porche", voilà un titre qui donne envie d'aller assister aux funèbres pompes.
Qui maîtrise le rêve, maîtrise l'homme !
S'il n'en reste qu'un
Toutankhamon, le premier, a remis en cause le polythéisme, jusqu'à arriver à un Dieu unique.
Moïse a chaussé les pantoufles de Toutankhamon.
Dur de devoir reconnaître que grand-père était un plagiat.
L'âme qui vive
Pour parer un corps dont on ne peut nier qu'il meurt, se décompose et se composte, funeste destin s'il en fut, de nombreuses religions ont inventé l'âme.
L'âme serait l'essence de notre être, spécifique et immortelle. Une sorte de substrat idéal qui résiste à la mort.
Malgré les avancées de la science, son existence n'a jamais été démontrée…
Mystère
Le fait que de nombreuses religions aient inventé le concept d'âme signifie-t-il que ce concept est juste ou simplement que la peur qui l'initie est universelle ?
Le nombre n'emporte pas raison.
L'âme vagabonde
L'âme quitte le corps à la mort du sujet et vit des destins différents ; elle rôde autour des vivants et les inspire dans la culture indienne d'Amérique, elle rejoint le Paradis, l'Enfer ou le Purgatoire chez les chrétiens.
Chez les égyptiens, l'âme doit rejoindre la force vitale pour devenir "un mort bienheureux" qui, s'il en est jugé digne par un tribunal divin, poursuivra sur terre une vie spirituelle.
Pour les étrusques, au terme de sacrifices spécifiques à certaines divinités, l'âme devient divine et échappe à la mort.
Le problème d'une âme immortelle est de savoir comment l'occuper… dans notre vision humaine !
Découverte tardive
L'évangile chrétien n'évoque pas l'âme qui n'a été reconnue qu'au Concile de Carthage par le pape Zosime, en 418 après Jésus Christ. Elle est définie comme un principe de vie, distinct du corps.
Comme la Psyché grecque qui, elle, s'appliquait également aux humains, animaux, végétaux et toutes les forces naturelles…
L'âme tombe bien
L'âme reste un acte de foi, opportun pour nous délivrer de l'angoisse du néant.
Une façon de se survivre à soi-même, sans les douleurs, laideurs et les mille petites disgrâces qui accompagnent la maturité et le déclin.
Sa seule existence nous rassure, sans qu'on n'en sache rien.
Cache-cache…
L'astronome Urbain Le Verrier (1811-1877), a découvert la planète Neptune sans la voir, grâce au calcul mathématique.
Les chercheurs de l'observatoire Kepler de la NASA ont découvert deux planètes extrasolaires à mille années-lumière de distance.
La lumière avance à 300.000 kilomètres par seconde… C'est dire si la NASA voit loin !
Mais l'âme reste introuvable.
Plus c'est simple, plus ça se complique
Les dieux multiples pouvaient se surajouter les uns aux autres ; ils exprimaient des visions ouvertes du monde et une réceptivité à la différence. Le Dieu unique est exclusif, il sélectionne les élus et condamne ceux qui sont dans l'erreur.
Le Dieu unique s'appuie sur la vérité, le dogme et renvoie à un monde dichotomique ; les bons qui le reconnaissent et les mauvais qui l'ignorent ou le combattent.
Mais les religions s'opposent, parfois violemment, sur la séparation du bien et du mal, du vrai et du faux.
Éloge de la simplicité
L'idée d'un monde dichotomique divisé entre bons et méchants, paraît simpliste et anachronique, mais elle a été encore employée par George Bush après le 11 septembre 2001, évoquant la lutte contre les forces du mal.
Les forces du mal sont toujours les autres, évidemment.
Ce serait pourtant si simple de reconnaître le mal peut aussi être en soi !
Tout le monde il est beau
Que serait un monde sans l'opposition du Bien et du Mal ? Sans la méchanceté, la jalousie, l'ambition, l'avidité, le goût du pouvoir, les pulsions…
Un ensemble mou et consensuel.
Revenons sur terre, le mal maintient la tension vitale, il est un élément de progrès.
Frontières ténues
La différence entre le Bien et le Mal est parfois très subtile.
Le bien de l'un est le mal de l'autre.
Les guerres permanentes en témoignent.
Toute vérité est relative, liée à un contexte.
Bien absolu, utopie absolue
Imaginer un bien absolu reviendrait à supprimer la nuit pour ne garder que le soleil.
On y parviendra quand les savants et les industriels unis sauront changer la vitesse de rotation de la terre pour garder la même face exposée au soleil en permanence.
D'ici là…
Cela augure de beaux conflits avec ceux qui seront maintenus dans l'ombre.
Les petites différences
Les scientifiques travaillent sur les paramètres qui ont permis à l'homme de dominer les autres espèces animales ; la station debout, la main avec le pouce opposé aux autres doigts, les cordes vocales permettant d'articuler les sons, le cerveau plus développé…
Notre différence vient de bien peu de choses, cumulées.
Cela devrait nous rendre moins prétentieux.
On dit Merci à Charles
Les petits écarts qui nous ont différenciés des autres espèces animales il y a cinq cent mille ans, se sont amplifiées sous l'effet de la loi universelle d'évolution si bien décrite par Charles Darwin.
Toute vie est un combat.
Au regard de l'histoire de l'espèce, le plus faible d'entre nous reste un vainqueur glorieux !
La taille du cerveau de l'homme diminue !
Pas d'affolement, cette diminution, bien que sensible – le volume d'une balle de tennis – correspond selon les scientifiques à l'organisation sociale qui permet l'entraide et sollicite moins de capacités qu'il n'en fallait à nos ancêtres pour survivre dans un monde hostile.
Aux grosses têtes d'hier succèderont les petites têtes de demain.
Une fois encore, la taille n'est pas proportionnelle au talent.
Le chef n'a pas le plus gros
La taille du cerveau n'est pas l'élément distinctif unique, marque de la supériorité car plusieurs mammifères, comme le dauphin, ont de gros cerveaux.
L'homme doit se contenter d'une bonne place, sans être le meilleur.
Plus petit, mais mieux doté
Les primates dont nous sommes issus, se distinguent par une forte expansion du cortex dans les zones concernant la vision et la prévoyance ainsi que du néocortex qui structure la planification, la mémoire, le travail, la motivation, l'attention et les fonctions exécutives…
Certains parents face à leurs adolescents, ont parfois le sentiment de tenter d'éduquer un subprimate ; heureusement, tout n'est pas figé, il existe des cas d'évolutions…
Tardives.
Tireurs d'élite
Un scientifique américain compare les chimpanzés agressifs et dominateurs, dotés de gros cerveaux, aux singes bonobos qu'il juge plus civilisés malgré leur plus petit cerveau car "ils utilisent ou simulent l'acte sexuel pour résoudre les conflits"…
C'est ce qui s'appelle se faire baiser pour la bonne cause !
Rex est le plus malin
Les cerveaux des chiens loups sont plus petits que ceux des loups, mais ces animaux sont pourtant plus intelligents car ils ont assimilé les gestes des hommes.
La copie de l'intelligence est déjà une forme d'intelligence.
Je fais du bateau, Einstein aussi, en son temps, c'est un signe !
Vraiment ?
Horizon raccourci
La force de l'être humain est de ne voir que le proche avenir.
L'enfant veut devenir un ado, l'étudiant veut gagner sa vie, le quadra veut la réussir, le quinqua revendique un sommet, le sexa jouit de sa retraite et seul le septua commence à s'inquiéter de son bilan de vie… et de sa fin.
Autrefois, la question était unique : survivre un jour de plus.
En cinq cents mille ans, nous n'avons augmenté la perspective que de quelques années…
"J'ai vingt-six ans, mon vieux Corneille et je t'emmerde en attendant !", chantait Brassens.
La courbure de l'esprit humain raccourcit l'horizon.
Survivre par le nom
Une façon de ne pas mourir est de se prolonger à travers ses descendants.
Ce qui ouvre joliment la boîte de Pandore des noms patronymiques.
De mâle en mâle
Par conventions héritées de notre histoire, nous suivons les familles par la voie des mâles ; l'enfant prend à la naissance le nom de son père.
En quoi cette convention aurait-elle plus de sens que l'inverse ?
Justice
Dans son désir d'égalitarisme et devant la poussée des femmes, la loi permet désormais à l'enfant de porter :
- Le nom de son père,
- Le nom de sa mère,
- Les deux noms accolés, dans la limite d'un par géniteur.
Le nombre de familles recomposées, chacune arrivant avec ses patronymes différents, fait la joie des gestionnaires de fichiers, cabinets médicaux en tête.
- Bonjour, je suis Madame Dupont, la maman de Darwin…
- Je n'ai pas de rendez-vous au nom de Darwin…
- Darwin, c'est le prénom…
- Pardon, mais pas plus de Dupont…
- Évidemment, il s'appelle Morin, comme son père !
- Son père ?
- Voyons faites un effort, Alain Morin, mon premier mari !
- Bien sûr, excusez moi Madame Darwin…
Voilà l'évolution !
La richesse de l'exemple
On peut désormais cumuler les noms patronymiques du père et de la mère, dans la limite d'un par géniteur.
Mais comment choisir quand chaque géniteur a déjà un nom composé ?
Les généalogistes voient leur ciel s'assombrir.
L'avenir s'éclaire
L'énumération des prénoms donnés aux enfants et enregistrés en mairie, montre que les parents n'hésitent jamais devant les solutions les plus bizarres, on peut donc raisonnablement (?) penser qu'il en sera de même pour les noms patronymiques et que les formules les plus compliquées seront préférées aux plus simples !
Bon courage quand, à vingt ans, Lilou Dupont-Durand choisira d'épouser Kevin Petit-Barbu !
Si j'étais l'enfant qui naîtra de cette union, je demanderais à revenir à l'origine et à m'appeler Dupont.
Et je choisirais comme parrain Terence Hill, l'inoubliable interprète de : "Mon nom est personne"
La courte vue de la mémoire
De combien d'aïeux nous souvenons-nous ? Assez peu. Nous allons peu au-delà des grands-parents, grands oncles et tantes (Pour autant que le masculin l'emporte toujours sur le féminin).
Dès lors, la seule mémoire par le nom deviendra vite désuète, exception faite des Bayard, d'Orléans ou Zidane.
Et encore… Zizou c'est les deux buts de la finale victorieuse ou le coup de boule italien ?
Le rêve d'éternité
L'éternité, du moins la mémoire de ce que nous avons été, ne nous viendra pas individuellement, mais collectivement.
Nous sommes d'abord membres de la race humaine, enfants de l'humanité.
C'est là notre racine et notre âme… s'il en faut une.
Moi-même au-delà de moi
Il est de peu d'importance que mon souvenir perdure au-delà de mon existence sur terre.
Je suis fils d'homme, j'ai apporté ma pierre à l'édifice, si modeste soit-elle, ne serait-ce que par ma présence sur cette terre.
Le bilan n'est pas individuel, il est collectif.
Je survis à travers tous les enfants d'aujourd'hui qui créeront le monde de demain, je suis une part minuscule de cet ensemble.
Mais je me poursuis à travers lui.
La fin est un commencement
En disparaissant, je perdrai conscience de moi-même et de ceux qui m'entourent.
Mais la force vitale de l'humanité se poursuivra à travers mes enfants, mes petits enfants, leurs enfants et tous les enfants du monde.
Je n'en demande pas plus.
Graine d'humanité, aujourd'hui et demain.
La cause est belle.
Je ne me sens pas éternel
À aucun titre ; pourquoi devrais-je me survivre plus que la fourmi, l'oiseau ou l'arbre ?
Quelles sont les qualités qui me permettraient d'exciper de l'éternité ?
