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"On partage son cul, mais aussi ses caresses, L'on peut être très cru avec délicatesse : C'est une vérité que la partouze apprend, Entre sincères et éphémères amants. L'on attend de vous de brûlantes performances, Mais aussi doux égards et surtout connivence. Goûtons encor quelques instants, ô, mes amants, La douce intimité de nos corps bouillonnants... Apaisons notre feu par des caresses tendres, Par les mots de bonté que l'on adore entendre Alors que de nos mains nous cherchons le repos, Le regard de l'autre et le toucher de sa peau..."
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Seitenzahl: 162
Veröffentlichungsjahr: 2025
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Pour Priscilla,
qui m’en a soufflé l’idée…
(entre autres choses)
À MADAME LA BARONNE DE LA GRAPPE, PROTECTRICE DES ARTS & DU THÉÂTRE
PERSONNAGES
ACTE I
Scène I
Scène II
Scène III
Scène IV
ACTE II
Scène I
Scène II
Scène III
Scène IV
ACTE III
Scène I
Scène II
Scène III
Scène IV
ACTE IV
Scène I
Scène II
Scène III
Scène IV
Scène V
Scène VI
Scène VII
Scène VIII
Scène IX
Scène X
Scène XI
Scène X
ACTE V
Scène I
Scène II
Scène III
Scène IV
Scène V
Scène VI
ACTE VI
Scène I
Scène II
ACTE VII
Scène I
Scène II
Scène III
ACTE VIII
Scène unique
MADAME La Baronne,
L’art de la poésie sait magnifier tous les autres, & en cela peut-être, il est un art à part. C’est cette propriété, à nulle autre pareille, qui m’a inspiré la création de cette pièce qui n’a, je le pense, nulle part ailleurs sa semblable, n’en déplaise aux esprits chagrins.
Ceux-ci ne manqueront pas de pointer un doigt accusateur sur la proximité de ses personnages & de ses situations licencieuses avec les écrits en prose les plus notoires de cette littérature, grandement appréciés des gens de bon goût. Je ne saurai le nier : la réjouissante lecture de ces oeuvres m’a été d’une grande motivation & a su m’inspirer les vers décrivant les plaisirs & les savoir-vivre de notre siècle.
Je ne saurai trop rendre grâce à MADAME la Baronne d’avoir pu donner vie à cette oeuvre en prenant sous sa protection, en mécène éclairée, la troupe de théâtre que j’ai l’insigne honneur de diriger & d’ainsi mettre à sa disposition. Les premières de ces représentations ont provoqué l’ire de certains ministres de la très sainte Église en les dépeignant dans des situations licencieuses mais cocasses ; mais si l'on prend la peine d'examiner de bonne foi ma comédie, on verra sans aucun doute que mes intentions y sont partout, & innocentes, & justes. C’est ainsi que les ont jugés les grands princes qui ont publiquement honoré de leurs présences la première représentation. Leur approbation & la vôtre, MADAME, ainsi que le témoignage des gens de bien qui l'on trouvée profitable, sont le seul titre de gloire qui me sied.
Les passions vives & honnêtes ainsi que pleines de délicatesse & de respect qu’illustrent les personnages ne sont en aucun cas des crimes contre la loi ou la morale. Car si la morale est de faire le bien d’autrui, mon oeuvre est la plus haute compréhension de cette vertu. L’image de celle-ci l’emporte sur toute question dont on voudra me chagriner au sujet de la correction académique et ou du lyrisme de mes vers : j’ai la faiblesse de croire que les membres de ma troupe incarnent de la façon la plus vraie & la plus chaleureuse l’ensemble des personnages qui composent cette pièce.
C’est ainsi que je revendique la gloire de vous avouer, MADAME, avec toute la soumission possible, que je vous suis,
Le très humble, très obéissant
et très fidèle serviteur
Pascal Bayle
– Apparaissant au premier acte –
JOSEPH, Marquis de LONGVAL, vertueux mari d’un âge honorable
ÉLISE, Marquise de LONGVAL, sa jeune épouse en secondes noces
ANDRÉA, Marquis de SERTAIN, ami du Marquis de Longval
MANON, demoiselle de compagnie de la Marquise de Longval
– Apparaissant au deuxième acte –
SAINT-ÉLOI, Abbé confesseur de la Marquise de Longval
FULBERT, novice de Saint-Éloi, neveu du Cardinal
– Apparaissant au quatrième acte –
BÉRANGER, Duc de CHEVRIN-GAUTHIER, notable libertin
FROSINE, Marquise de BONFOY, invitée du Duc, libertine
ARMAND, Marquis de VALANDIÈRES, invité du Duc, libertin
OLGA, Comtesse d’ARCHECOURT, invitée du Duc, libertine
ANSELME, Comte de FERRAGE, invité du Duc, libertin, vieillard
ÉLIAS, Vicomte de BEAUFORT, invité du Duc, libertin
AMÉLIE, Baronne de CHAUDEVIE, invitée du Duc, libertine
PHILÉAS, Baron de GRANDFAIX, invité du Duc, libertin
HECTOR, invité du Duc, libertin
ADELINE, invitée du Duc, libertine
SUZON, domestique du Duc
Autres invités & domestiques.
– Apparaissant au cinquième acte –
CARDINAL de SAINT-LYS
PHILIPPINE, invitée du Duc, libertine
PHILÉMON, invité du Duc, libertin
FRÉDÉRIC, invité du Duc, libertin
– Apparaissant au sixième acte –
CHARLOTTE/CHARLES, invité·e du Duc, libertin·e
La scène est à Paris, en la trente-et-unième année de règne de Son Altesse Royale Louis le Bien Aimé.
Le petit salon cossu d’un château bourgeois, avec les meubles suivants :
un coffre à vêtement, un prie-Dieu, un canapé.
Par la fenêtre principale on aperçoit le parc du domaine.
Une porte est située côté cour, l’entrée d’un couloir côté jardin.
Le marquis de Longval fait les cents pas, l’air soucieux,
lorsqu’entre le Marquis de Sertain.
Joseph, Marquis de Longval
Cher Marquis de Sertain, quel plaisir de vous voir,
L’ami que j’attendais, après de trop longs soirs !
Andréa, Marquis de Sertain
Cet accueil est pour moi un réel compliment
Venant d’un ami connu depuis dix-sept ans !
Le plaisir est partagé, Marquis de Longval,
Je ne regrette pas ces journées de cheval
Pour me présenter dans votre aimable demeure.
Pourtant je vois sur votre front des plis d’humeur,
Êtes-vous en souci, en proie à l’embarras ?
Ne me celez rien, Joseph, de votre tracas…
Las ! Ne serait-ce la véritable raison,
De votre franche et pressante invitation ?
Joseph
Je vois que ces années ne sont venues à bout,
De votre bonté qui m’est plus chère que tout !
Oserais-je vous avouer, mon cher ami,
Les affres et tourments qui hantent mon esprit ?
Andréa
Vous me navriez, si de votre confiance,
Vous ne me combliez de l’entière essence…
Joseph
(À part)
Qu’il est difficile de m’en ouvrir ainsi…
Pourtant je ne méconnais le prix d’un ami…
Mais, soit ! Puisque je l’ai ce tantôt décidé…
Devant le doute je ne saurais reculer…
(À voix haute)
Vous souvenez-vous, mon cher, de cette personne,
Une jeune beauté, de naissance gasconne,
Que j’eus, voici deux ans, le bonheur d’épouser,
Alors que vous-même en Alsace guerroyiez ?
Andréa
Ah ! Comment oublier cette charmante Élise
Qui est devenue votre nouvelle Marquise !?
Cette noble union fut pour vous un honneur :
Je gage que cet hymen combla votre coeur !
Joseph
Si fait, si fait… Je m’ouvre à vous en confidence,
Dans l’espoir d’acquérir un peu de clairvoyance…
Mon aimée me donne en tout satisfaction,
Mais depuis peu me viennent quelques questions :
Elle s’entiche fort de salons littéraires,
Où toutes ces dames se donnent de grands airs,
Goûte fort la compagnie des tables de jeux,
Qui me coûte grands frais et blanchit mes cheveux.
Enfin, elle a reçu moult invitations
Pour des soirées où je dois trouver chaperon :
Je crains que ces loisirs ne soient plus de mon âge,
Mais m’en voudrais de brider ses batifolages…
Andréa
Il faut, assurément, que jeunesse se passe,
Mais ne vois, en ces loisirs, ce qui vous tracasse…
Joseph
Voyez-vous, Andréa, depuis bientôt deux mois,
Je constate chez elle un vif regain de foi…
Andréa
Je ne vois en ceci nul motif à tourment ;
Bien au contraire je lui ferais compliment
De soigner sa vertu et son âme immortelle…
Joseph
La voici tant éprise de vie éternelle,
Qu’elle insista pour trouver un ecclésiaste
Afin de s’assurer une âme pure et chaste :
Ainsi, depuis bientôt deux mois, elle reçoit
Trois fois par semaine l’Abbé de Saint-Éloi,
Pour mander le sacrement de confession…
Andréa
Voilà une belle et âpre dévotion !
Joseph
Je l’admets : tel fut lors mon tout premier avis.
Après réflexion, un doute me saisit :
L’ampleur des péchés avoués doit être telle
Qu’ils ne pourraient seulement être véniels…
Je me sens coupable de nourrir un tel doute :
Et cette incertitude me peine et me coûte…
Andréa
Ne vous tourmentez point ainsi, mon cher Marquis :
Conservez votre confiance à votre mie.
Joseph
Mon esprit se déplaît de d’hésiter dans le noir :
Quoi qu’il m’en coûtera, Marquis, je veux savoir !
Andréa
Vous voulez mettre l’Abbé à la question,
Rompant ainsi le secret de confession ?
Joseph
J’ai depuis longtemps réfléchi à un moyen,
Sans coup férir, d’enfin parvenir à mes fins,
Et d’ainsi découvrir ses mots de repentirs.
Andréa
Et par quel moyen allez-vous les découvrir ?
Joseph
(Le marquis de Longval se détourne un instant
pour fouiller dans un coffre d’où il sort une soutane)
J’ai là tout ce qu’il faut pour jouer à l’Abbé :
Sous ce déguisement, le semblant est parfait.
Andréa
Et que comptez-vous faire avec cette soutane ?
Joseph
Muer le religieux en témoin profane !
Andréa
J’avoue ne pas être certain de vous comprendre…
Joseph
Sous ce camouflage il sera aisé d’apprendre
Tout ce que ma jeune Marquise a sur le coeur :
Je tiens pour assuré que pas une hideur
N’entache l’âme de ma très chère moitié…
Pas un écart, une faute ou impiété…
De ce fait je cherche un témoin de confiance !
Ce sera votre rôle : informer sans nuance
Des quelques peccadilles et menus émois
Avoués à celui qu’elle croit Saint-Éloi.
Andréa
Moi ?! Oser me livrer à cette mascarade ?!
Joseph
Osez, pour l’amitié de votre camarade !
Andréa
Je ne sais que penser de cette intention…
Joseph
C’est l’ami qui le demande, avec passion !
Andréa
Mais enfin ! Elle se rendra compte sur l’heure
Que je n’ai point le profil de son confesseur !
Joseph
Baissez la capuche et l’illusion est faite !
Andréa
Ma culture religieuse est imparfaite :
De fait, je ne connais rien de ce sacrement !
Joseph
Quelques mots de latin seront bien suffisants !
Andréa
Je crains que vous ayez perdu toute raison…
Votre idée n’est que folle tribulation…
Joseph
Me décevrez-vous par un courage incertain ?
(Après avoir jeté un regard par la fenêtre)
Oh ! Je vois l’Abbé arriver par le jardin !
Revêtez, je vous prie, ce saint accoutrement !
Andréa
Soit, j’y consens par un coupable aveuglement…
Mais ce n’est que pour mieux révéler le burlesque
De ce que je conçois comme une idée grotesque.
Joseph
Je cours à la rencontre du bon Saint-Éloi,
Et trouverai une bonne idée pour, ma foi,
L'inviter à une déambulation
Vous donnant le temps d’entendre confession !
Attendez, Andréa, en ce petit boudoir,
La Marquise est sur le point de venir vous voir !
(Il quitte la pièce par le couloir)
Andréa
Eh ! Parbleu, mais dans quelle équipée excessive
Me suis-je compromis ? Je l’entends qui arrive…
Élise, Marquise de Longval
Dieu vous bénisse, Abbé, pour ce saint rendez-vous.
Andréa, Marquis de Sertain
(Tirant sur sa capuche et contrefaisant une voix enrouée)
« In nomine patri et spiritis sanctu…1 »
Élise
Seriez-vous sujet, mon Père, à quelque souffrance ?
Voulez-vous remettre à demain nos confidences ?
Andréa
(Continuant toujours à simuler)
Que nenni ! Veuillez, je vous en prie, prendre place…
« Festina lente et in vino veritas.2 »
Élise
Laissez-moi le confort de ce petit prie-Dieu…
Voilà, ainsi agenouillée, je suis bien mieux,
Pour recevoir tout juste à la bonne hauteur
Du ministre de Dieu les plaisantes faveurs…
Andréa
Je vais donc à présent vous entendre à confesse.
Élise
Beau terme que voilà ! Il porte la promesse
De réunir en un seul mot les deux royaumes
Qui de tous temps ont tourné la tête des hommes !
Eh bien, commençons, puisqu’il faut bien commencer :
Bénissez-moi, l’Abbé, parce que j’ai péché.
Andréa
Contez-moi, mon enfant, ce qui pèse en votre âme…
Élise
Oh… Rien qui ne doit être tenu pour un drame…
Hier, c’est dans un hôtel particulier
Que j’ai passé ma fort amusante soirée !
Jugez-en, l’Abbé : j’ai gagné trente louis
En simplement trois courtes partie de rami !
Mais la chance est une compagne versatile…
J’ai perdu cent louis en cinq tours de manille !
Et cinquante de plus au jeu du pharaon !
Mais j’ai pu régler mon dû en montrant téton
À ce charmant vieillard, le Comte de Ferrage :
De sa bouche édentée, il trouva bon usage,
Et le sentir téter mon auguste poitrine
Me remplit d’une humeur maternelle et coquine !
Andréa
(Toussant avec gêne)
Hum-hum ! Ai-je bien ouï ?
Élise
C’est là l’unique chose,
Qui pimente la vie de ce vieillard morose.
N’est-ce donc pas de bonne charité chrétienne
Que donner du plaisir par sa poitrine saine ?
Andréa
(De plus en plus gêné)
Hum ! De fait, le Christ lui-même a tété sa mère…
Lors, on ne saurait vous reprocher de le faire…
Élise
Sans délai, Dieu me rendit cette charité :
Je regagnais vingt-cinq louis au lansquenet !
Andréa
(Dépité)
Les volontés du Seigneur sont impénétrables…
Élise
Et sur ce coup gagnant, le perdant de la table
Se plia à l’un de mes innocents caprices :
À genoux et cul nu, il subit le supplice
De fessées que je lui donnais avec délices !
Sous les coups redoublés, il souffrit d’une trique
À faire envie à tous les ecclésiastiques !
Andréa
(S’étranglant)
Kof !Kof !
Élise
Je vois, l’Abbé, que ces juteux récits
Commencent à bien vous aiguiser l’appétit !
Mais je ne vous ai pas encor tout raconté :
Pour payer un dû de vingt louis à la bassette,
J’ai dû administrer une longue branlette
À un comte anglais doté d’un si vif engin
Qu’il déchargea à flots abondants sur mes seins !
Entre deux distrayantes parties de piquet,
Pendant que je buvais du Champagne au buffet,
Je surpris tantôt le Marquis de Valandières
Sauvagement baiser la jeune chambrière…
Fâcheux manque de savoir-vivre, en vérité !
Nous, aristocrates, forniquer nos valets ?
Soyez bien assuré que c’est un autre comte
Qui régla le soir même, à mon blanc cul, son compte !
Rien ne vaut une partouze entre vrai sang bleu…
D’ailleurs, à ce sujet, amusons-nous un peu…
Auparavant, sonnons une personne aimée,
Qui a le surnom de Manon-la-délurée,
Ma nouvelle demoiselle de compagnie :
Avec cette rouée, tout ennui est banni !
(Elle tend la main et tire le cordon de service)
Il n’est que temps de vous libérer, Saint-Éloi,
De cette soutane où vous êtes à l’étroit.
(Elle tire à elle le Marquis par la ceinture de son vêtement)
Approchez, gent Abbé, que j’ai à mon service
Ce bel engin digne des plus sacrés sévices !
Andréa
(Cherchant à se dégager)
Mais non ! Je… Ah !
Élise
Je vous connus plus volontaire !
Morbleu ! Allez-vous sans détour vous laisser faire ?
Mais ? Vous portez culotte en soie sous la soutane ?!
Serait-ce donc pour dorloter votre queue d’âne ?
Andréa
(Reprenant son contrôle)
Marquise, enfin ! Sont-ce là les bonnes manières ?
Élise
(Stupéfaite)
Cette voix !? Ce refus ? Vous n’êtes pas le père
Saint-Éloi, celui qui me fait la catéchèse,
M’enfile et me ramone, et me tringle et me baise !
Andréa
(Rabattant sa capuche)
Que nenni ! Marquis de Sertain, pour vous servir.
Votre mari me mandata pour découvrir
Quels péchés nécessitaient d’ainsi fréquenter
Un homme qu’il croit tout pétri de probité.
Hélas ! Ce tantôt je vais devoir lui apprendre
De quelle infâmie il ne pourra se déprendre…!
Élise
(Après quelques secondes de réflexion)
Las, Marquis : vous en répondrez sur votre vie !
Andréa
Mais comment osez-vous… ?
Élise
Sachez que mon mari,
Simple nigaud qu’il soit, n’a de maître en escrime
Et qu’il ne reculera devant aucun crime
Pour laver mon honneur, tout autant que le sien !
Andréa
Votre honneur ?! Il parait en état incertain…
Élise
J’irai lui avouer, pleurant de tout mon corps,
Comment vous m’imposâtes la loi du plus fort,
Profitâtes du fait qu’il vous faisait confiance
Pour abuser de moi avec concupiscence.
C’est un mari aimant, qui pour venger mes larmes,
N’hésitera pas à vous passer par les armes !
Andréa
Quelle infamie ! Je lui dessillerai les yeux !
Élise
Vous ne pourrez : il m’aime comme il aime Dieu !
Son aveuglement est une des qualités
Compensant l’ennui de cette union forcée :
Il est vrai, ce mari prude et bigot m’emmerde,
Mais je ne voudrais que ma jeunesse se perde !
Andréa
Cette demeure est une vraie maison de fous !
Vraiment, cette histoire met ma patience à bout…
Puisqu’il en est ainsi, je quitte ce manoir :
Ne pensez plus m’y rencontrer, matin ou soir !
Élise
Je crois tout autrement, que vous allez rester !
Voilà que par votre fait je me vois privée
De l’opportunité de me faire fourbir
Cet étroit canal ne demandant qu’à jouir.
(Avant que le marquis ait pu esquisser un geste,
la Marquise le débraille et se saisit de sa verge)
Voici lors l’instrument qui va vous racheter :
Foutez-moi comme devait le faire l’Abbé !
Pas de protestation : tout juste en mes mains,
Après quelques douceurs, je sens durcir l’engin…
Andréa
Vous avez dans le poignet l’aisance du geste :
Il est aussi adroit que vos propos sont lestes…
Élise
Ce n’est que l’avant-goût de mes lascifs talents :
Péché de chair est mon plus ardent passe-temps !
Andréa
Jamais je n’eus affaire à telle gourgandine !
Il serait vain de se montrer d’humeur mesquine…
Élise
Il est évident que votre vie est en jeu…
Veuillez la racheter par de bons coups de queue !
Andréa
Puisqu’il en est ainsi, bien peu farouche Élise,
Je vais sacrifier à la tâche requise…
(Manon entre à cet instant)
1 « Au nom du père et du saint esprit. » (Approximativement !)
2 « Hâte-toi lentement et la vérité est dans le vin (!) » Nous ne saurions reprocher au Marquis l’usage d’un certain latin de cuisine…
Manon
Me voici, mon amie, offerte à honorer
Ce rendez-vous libertin que vous promettiez !
Sacrebleu ! Mais quel est donc cet hurluberlu ?
Où est passé l’Abbé qui fout si bien au cul ?
Faut-il me résigner au voeu de chasteté ?
Andréa, Marquis de Sertain
C’est une longue histoire…
Élise, Marquise de Longval
Assez, Marquis, assez !
Vous n’êtes point ici pour tenir bavardage,
Mais pour, de votre pieu, fourrer mon coquillage !
(À Manon, tout en s’agenouillant devant le Marquis)
Pour ce tantôt, ce bon Marquis fera l’affaire :
Regardez-voir son boutejoie qui fait le fier !
Je sens l’humidité inonder tout mon con :
Venez tout près de moi, innocente Manon,
De la bouche et des mains branler ce militaire !
(Manon rejoint la Marquise à genoux et toutes deux se mettent à discuter
tout en branlant et suçant tour à tour le Marquis)
Manon
Et dans quel régiment poursuit-il sa carrière ?
Élise
Le Marquis serait-il dans la cavalerie ?
Manon
Son braquemart a, de fait, senteur d’écurie…
Élise
Mais n’a pas la largeur de celle d’un cheval…
Cela me change de la verge abbatiale !
Manon
Peut-être fait-il ses armes comme artilleur ?
Élise
D’un modeste canon il n’a pas la longueur…
Manon
Ni faut-il l’avouer, un imposant calibre !
Élise
J’aimerais trouver des qualités à ce chibre…
Peut-être ce grand colonel d’infanterie
Nous réservera-t-il quelques galanteries ?
Manon
Ô ! Être commandante et passer en revue
Tout un régiment de bandeurs aux sexes drus !
Élise
Enfin… Profitons donc d’une modeste bite
Qui n’a pas la saveur d’un litron d’eau bénite !
Andréa
Marquise de Longval, si je puis me permettre…
Élise
Taisez-vous Marquis ! vous n’êtes là que pour mettre
Votre pine endurcie et fin prête à fourrer !
Monsieur, vous allez me foutre, et non à moitié !
Daignez, douce Manon, procéder à l’office
En humectant de la langue mon orifice…
Vous êtes si bellement douée, ma chérie,
Que ce touchant plaisir a goût de paradis…
Hum… Ainsi… Quel bonheur de branler une pine
Pendant que votre langue agile me butine !
(Elle va se coucher sur le canapé et relève ses jupons)
Voyons à présent ce que vaut la chevauchée
De notre cavalier fouteur improvisé…
