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Une pièce en 4 actes qui résonne comme une analyse critique de notre époque.
C’est une pièce en quatre actes sur les coulisses du Pouvoir. Les quatre tableaux se déroulent dans l’antichambre du Grand Chambellan où les « Les Messagers » vont se succéder pour apporter de terribles nouvelles. L’homme de pouvoir y répond à sa manière ne considérant que la fin. Le Roi dort d’un sommeil profond, invisible et pourtant omniprésent. Le Pouvoir impliquerait-il toujours une permanence de violence et de crimes ? pourquoi l’Humanité se construit-elle toujours sur l’inhumanité ? et pourquoi les victimes se font bourreaux à l’envi ?
Les Messagers illustrent la société des hommes. Bien sûr, on se sent porté à blâmer le Grand Chambellan et ses abjectes machinations, mais l’Histoire ne nous démontre-elle pas que partout et toujours c’est le glaive qui fait l’Homme et non le bouclier.
Laissez-vous emporter par cette pièce de théâtre qui dépeind la nature humaine sous toutes ses coutures. A lire, découvrir et méditer.
EXTRAIT
Hermann :
Monsieur le Grand Chambellan est servi.
Le Grand Chambellan(Il se sert et mange goulûment sans laisser un seul gâteau, il ne reste que quelques miettes, il parle la bouche pleine) :
Enfin ! Je revis. (Il va se rasseoir.) Servez-vous, Hermann, je ne suis pas ingrat, ah ! Ah ! Je ne suis pas un gras, c’est drôle, pas un gras, pas ingrat ! (Il regarde sévèrement Hermann qui ne rit pas.) Eh bien ! Hermann ! Vous ne riez donc pas ! Vous n’avez donc pas compris : « ingrat » et « un gras », ah ! Ah ! Que c’est drôle ! Si j’avais un valet aussi drôle que moi je passerais mes journées à rire !
Hermann :
Monsieur le Grand Chambellan, si vous aviez autant d’humour que de louis, vous seriez l’homme le plus riche du monde !
Le Grand Chambellan(Son visage se brise) :
Qu’est-ce à dire ?
Hermann :
Que vous avez infiniment d’humour que malheureusement ma condition ne peut toujours en comprendre les nuances et les effets.
Le Grand Chambellan(Intrigué) :
Vous voyez juste. (Il s’essuie la bouche.) Il est vain pour moi de vous parler de choses subtiles, ce serait comme lire les comptes de dépenses du Roi à une dinde, ah ! Ah !
À PROPOS DE L'AUTEUR
Frédéric Bessat, après avoir publié plusieurs ouvrages aux éditions EX AEQUO dont le roman Les mystères de Paddington street, roman sur la destinée humaine, nous livre ici une tragédie dont le triomphe final résonne comme la mise à mort de tout humanisme. L’humour noir et la sagacité des personnages mettent à nue la nature humaine, avec un cynisme terrifiant. La lutte des « avares » contre les « envieux » pour reprendre les mots de Céline serait-elle éternelle ? et ceux que l’on croyait victimes ne font-ils pas d’admirables bourreaux ? puissions-nous ne pas nous reconnaître et garder en nous un souffle d’humanité ! à moins que Les Messagers ne soit que notre miroir, froid et glaçant ? mais alors, que sommes-nous devenus ?
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Seitenzahl: 72
Veröffentlichungsjahr: 2018
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Table des matières
C’est une pièce en quatre actes sur les coulisses du Pouvoir. Les quatre tableaux se déroulent dans l’antichambre du Grand Chambellan où les « Les Messagers » vont se succéder pour apporter de terribles nouvelles. L’homme de pouvoir y répond à sa manière ne considérant que la fin. Le Roi dort d’un sommeil profond, invisible et pourtant omniprésent. Le Pouvoir impliquerait-il toujours une permanence de violence et de crimes ? pourquoi l’Humanité se construit-elle toujours sur l’inhumanité ? et pourquoi les victimes se font bourreaux à l’envi ?
« Les Messagers » illustrent la société des hommes. Bien sûr, on se sent porté à blâmer le Grand Chambellan et ses abjectes machinations, mais l’Histoire ne nous démontre-elle pas que partout et toujours c’est le glaive qui fait l’Homme et non le bouclier.
Frédéric Bessat, après avoir publié plusieurs ouvrages aux éditions EX AEQUO dont le roman « Les mystères de Paddington street », roman sur la destinée humaine, nous livre ici une tragédie dont le triomphe final résonne comme la mise à mort de tout humanisme. L’humour noir et la sagacité des personnages mettent à nue la nature humaine, avec un cynisme terrifiant. La lutte des « avares » contre les « envieux » pour reprendre les mots de Céline serait-elle éternelle ? et ceux que l’on croyait victimes ne font-ils pas d’admirables bourreaux ? puissions-nous ne pas nous reconnaître et garder en nous un souffle d’humanité ! à moins que « Les Messagers » ne soit que notre miroir, froid et glaçant ? mais alors, que sommes-nous devenus ?
Pièce en 4 actes
Une époque indéfinie située entre François 1 er et Napoléon Bonaparte
Un seul lieu, le cabinet du Grand Chambellan richement décoré, une porte d’entrée et une porte donnant sur la chambre où le Roi dort d’un profond sommeil, un bureau
Une fin d’après-midi
Jamais plus de 3 comédiens en scène
Pour une troupe de 3 à 6 comédiens
Environ 80 minutes
Frédéric Bessat
Les Messagers
ou
de l’importance des choses
Théâtre
ISBN : 978-2-37873-457-2
Collection Entr’Actes : 2108-6273
Dépôt légal octobre 2018
© couverture Ex Aequo
© 2018 Tous droits de reproduction, d’adaptation et de
traduction intégrale ou partielle, réservés pour tous pays.
Toute modification interdite.
Éditions Ex Aequo
6 rue des Sybilles
88370 Plombières les bains
www.editions-exaequo.fr
C’est une pièce en IV actes sur le pouvoir et les hommes qui le servent. Le Grand Chambellan va échafauderdes intrigues dans le seul but de se grandir aux yeux du Roi. Les « messages » qui lui sont adressés par les Messagers n’ont de valeur que s’ils s’inscrivent dans la stratégie qu’il a mise en place. Et c’est en jouant sur la petitesse et l’ambition des hommes qu’il va construire son propre pouvoir.
Le Roi n’apparaît jamais, il est plongé dans un profond sommeil.
L’évidence peut parfois surprendre. Quel est le plus important : une guerre, un rhume royal ou la visite de la petite-fille de la baronne ? Le Grand Chambellan y répond à sa manière, car il juge toujours par la fin.
Qui doit-on blâmer ? L’architecte des méthodes abjectes ou ses complices ? Et le Roi, tout juste spectateur mais usufruitier de ce monde de mensonges et de crimes ?
Le Grand Chambellan du Roi
Le Chevalier de Rastignac
Aide de camp du général de l’armée de l’est
Le Cardinal Don Sante
Envoyé de Sa Sainteté le Pape
Le Prince Anibaldi di Suasa
La scène s’ouvre sur l’antichambre du Roi. À droite le Grand Chambellan du Roi, à l’embonpoint généreux, se tient à son bureau en grande tenue en train d’écrire une plume d’oie à la main.
Des tentures recouvrent les murs. La décoration est très soignée, dorures, tableaux, tapis…
Hermann se tient droit à côté de la grande porte d’entrée.
Le Grand Chambellan (à voix basse) :
Un, deux, je retiens quatre, plus mille deux cent vingt-quatre… trois cents, plus… ça fait exactement deux mille six cent soixante-seize louis. (À haute voix) Les temps sont durs, très durs, moins de trois mille louis pour un lundi après-midi alors qu’il fait presque nuit, c’est vraiment une peau de chagrin ! Hermann !
Hermann :
Oui, Monsieur le Grand Chambellan ?
Le Grand Chambellan :
Vous avez de la chance, Hermann. Vous n’avez jamais besoin de compter au-delà de cent, peut-être même de quatre-vingt !
Hermann :
C’est exact, Monsieur le Grand Chambellan, je ne crois jamais avoir compté au-delà de trente-sept, et ce n’était pas des louis d’or.
Le Grand Chambellan (très affairé à compter) :
Vous voyez, j’avais raison… Vous vous évitez beaucoup de tracas… deux mille quatre cent vingt-six plus six cent trente-cinq… ça fait…
Hermann :
… mais je crois bien que si je comptais mes tracas il me faudrait savoir compter peut-être au-delà de cinquante mille !
Le Grand Chambellan :
Plaignez-vous ! Cinq cent trois plus sept cent quarante et un… ça fait… Vous êtes l’homme le plus heureux du monde… Regardez-vous !
Hermann (il se regarde) :
Oui, Monsieur le Grand Chambellan.
Le Grand Chambellan :
Je crains que la fin de journée ne soit pénible, pas une visite de prévue et le Roi dort encore. Je mangerais bien quelques gâteaux au beurre et à la cannelle. Ce n’est pas une bonne idée, Hermann ?
Hermann :
Une très bonne idée, Monsieur le Grand Chambellan !
Le Grand Chambellan :
Eh bien ! Ne restez pas là planté comme un héron efflanqué, allez me chercher des gâteaux, allez ! Dépêchez-vous !
Hermann :
Bien, Monsieur le Grand Chambellan, de ce pas. Ah ! Dois-je rappeler au Grand Chambellan que le Prince Anibaldi di Suasa attend depuis ce matin…
Le Grand Chambellan (Sur un ton de reproche) :
Vous m’agacez. Qu’il attende… Ces Italiens prennent nos plus belles femmes… Le Roi n’attend pas un Italien ! Ni même deux ! Ni mille ! (avec solennité) Le Roi attend de la tranquillité. De la tranquillité, voilà ce que le Roi attend.
Hermann s’incline et sort.
Le Grand Chambellan (Il est seul, il se lève) :
Si le peuple savait ce que nous devons endurer, je ne suis pas sûr qu’il nous envierait autant, tous ces tracas et ces intrigues, et le Roi qui ne se réveille toujours pas !
Entre Hermann, un plateau à la main garni de gâteaux.
Hermann :
Monsieur le Grand Chambellan est servi.
Le Grand Chambellan (Il se sert et mange goulûment sans laisser un seul gâteau, il ne reste que quelques miettes, il parle la bouche pleine) :
Enfin ! Je revis. (Il va se rasseoir.) Servez-vous, Hermann, je ne suis pas ingrat, ah ! Ah ! Je ne suis pas un gras, c’est drôle, pas un gras, pas ingrat ! (Il regarde sévèrement Hermann qui ne rit pas.) Eh bien ! Hermann ! Vous ne riez donc pas ! Vous n’avez donc pas compris : « ingrat » et « un gras », ah ! Ah ! Que c’est drôle ! Si j’avais un valet aussi drôle que moi je passerais mes journées à rire !
Hermann :
Monsieur le Grand Chambellan, si vous aviez autant d’humour que de louis, vous seriez l’homme le plus riche du monde !
Le Grand Chambellan (Son visage se brise) :
Qu’est-ce à dire ?
Hermann :
Que vous avez infiniment d’humour que malheureusement ma condition ne peut toujours en comprendre les nuances et les effets.
Le Grand Chambellan (Intrigué) :
Vous voyez juste. (Il s’essuie la bouche.) Il est vain pour moi de vous parler de choses subtiles, ce serait comme lire les comptes de dépenses du Roi à une dinde, ah ! Ah !
Hermann (en s’inclinant) :
Vous avez encore raison, Monsieur le Grand Chambellan.
Le Grand Chambellan (froid) :
J’ai toujours raison. C’est pour cela que le Roi me fait confiance, le Roi ne se trompe jamais puisqu’il a toujours raison… deux mille sept cent cinquante-trois plus mille cent quarante-huit, ça fait… Et là ! Que vois-je ? (Il scrute ses feuillets avec colère.)
Hermann :
Qu’y a-t-il pour votre service, Monsieur le Grand Chambellan ?
Le Grand Chambellan :
Vous m’agacez, Hermann ! Moins deux louis, ce n’est pas possible, j’ai enlevé deux louis et je ne me souviens plus pour quelle raison. (Il réfléchit, puis suspicieux.) Vous aurais-je donné deux louis la semaine dernière ? Enfin, quand je dis, donné, je veux dire prêté ?
Hermann :
