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Je m'en voudrais d'apprendre un jour que tu t'es écorché les genoux en trébuchant sur mes regards. D'abord ce ne sont que des fragments d'un là-bas qui glissent sous mes doigts comme pour une mosaïque . Plus tard contente-toi de croire que ce sont des tableaux dont le clair-obscur est rendu grâce à l'ancienneté des mots.
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Seitenzahl: 31
Veröffentlichungsjahr: 2025
Du même auteur
Récits, nouvelles, biographie
Les mains vides et les pieds-noirs, C. Corlet, 1999
Mon plus beau cadeau, C. Corlet, 2001
Un de là-bas, Le manuscrit, 2005
Jour de chkoumoune ?, Le manuscrit, 2013
L’homme qui recyclait des bouteilles, Edilivre, 2016
Des nouvelles de l’homme qui recyclait des bouteilles, Edilivre, 2023
Villebois-Mareuil, Via Romana, 2025
Poésie
Les sentiers battus, PJ. Oswald, 1975
Les parterres de vers, Edilivre, 2019
Les visitations poétiques, Books on Demand, 2023
Les quatrains, Books on Demand, 2023
A Eléonore
L’enfance, comme un trou d’infini, quand le mystère s’endort à l’ombre de la simplicité. A pas de loup, une majesté s’avance. On a le droit de s’en retourner rire, une part de soi baignée par le silence.
Gabrielle Althan
dans La Fête invisible.
L’attente
L’entente
La montagne a trébuché sur le bonheur au moment où le passant a fait le tour de sa main pour compter ses grains de beauté qu’elle croyait être des cratères. Maintenant sa source est l’instrument qui accompagne le chant de ses prétendants. Elle qui pensait que le vent la giflait comprend qu’il veut embrasser ses joues avec passion.
Sa vie désormais ressemble à un de ces contes que ruminent les troupeaux durant les mois d’estive.
Mes mots, comme les yeux fatigués du guetteur, se refermeront. Ils auront été les lanternes de mes nuits, mes chiens courants, mes rangées de vigne, mes grands feux d’hiver. Au moindre cri, ils accourent sans prendre le temps d’enfiler leur tenue de service. Ils se bousculent pour être au plus près de moi. Je me dois de mettre tout ce petit monde en bon ordre. Leur spontanéité souvent me déconcerte. Ils n’ont pas leur pareil pour me redonner le goût d’aimer.
Ils auront été aussi les larrons de ma foire.
Sa manière de faire rappelle ces terres complices qui jouent aux dames, comme ces agneaux qui récitent des vers ciselés à la dérobée entre les arbres et l’âme.
C’était un jour de sommeil. La lumière, bousculée par la fleur brune, se plaignait d’un mal de dos.
Par un beau matin de fil de soie, les incompréhensions sont plus faciles à mâchonner parce qu’elles jalousent le goût insouciant des figues. Autrement dit, la délivrance, nichée au coin de la rue, ne montrera ses dents qu’aux voleurs de rêves.
L’étoffe de bure de la terre, qui sèche au soleil des prières après les pluies diluviennes des justes, s’est déchirée. Seuls les oiseaux les plus pauvres qu’on oublie tous les jours s’en sont rendu compte. Les voilà mobilisés sans tambour ni trilles, forts de leur innocence.
La porte aux rides profondes n’a pas bougé depuis le dernier combat entre l’inimitié et le jardinier de l’unique secret, celui qui permet aux songes de reverdir à l’heure de la récréation des grillons.
Qui sait ? La curiosité la poussera à se pencher pour découvrir la météo de notre existence.
Lisse est la tristesse qui s’en retourne à sa tanière. Elle est semblable à la pierre jadis jetée dans le précipice voisin. On voulait connaître la profondeur de son avenir. Quoi de plus légitime quand l’adolescence est une marche d’escalier sur laquelle s’étire l’ardeur des sentiments en bâillant. Aujourd’hui on ne retrouve plus le palimpseste de la vie. On en a pourtant besoin pour poudrer la face du monde.
