Les trois fondements constructeurs de l'activité - G. Samuel Yabre - E-Book

Les trois fondements constructeurs de l'activité E-Book

G. Samuel Yabre

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Beschreibung

Pour élaborer une recette de cuisine, il faut avoir connaissance des ingrédients utilisables. De la même manière, il existe des éléments génériques sur lesquels reposerait la construction de l'activité. Ces éléments constituent ce que l'auteur a appelé les fondements constructeurs. Ce sont ces éléments que ce premier Volume d'une série de cinq a eu pour objectif de discerner et décrire. Déclinés en trois catégories principales, les fondements mis en place sont applicables à la construction de toute activité, quelle que soit sa nature, son envergure, sa complexité, sa durée ou encore, quelle que soit sa vocation. Ce livre unique, restitué en appliquant toute la rigueur nécessaire d'un travail de recherche, a pour ligne directrice la clarification, l'explication, la démonstration et la critique. A la fois intellectuel et très pratique, il s'adresse aux entreprises (GEs, PMEs, PMIs, microentreprises), aux administrations publiques, aux organisations, aux associations, aux organismes de normalisation, aux universités, aux lycées (en particulier aux filières économiques, commerciales ou sociales). L'utilisateur pourra être un manager, un planificateur, un ingénieur, un professeur, un professionnel de l'accompagnement, un porteur de projet, ainsi que tout acteur ou futur acteur appelé à participer au montage ou à la gestion d'activités à enjeux.

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Seitenzahl: 311

Veröffentlichungsjahr: 2023

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Remerciements

Cet ouvrage n’aurait certainement jamais vu le jour sans les encouragements et le soutien de mes proches, de mes amis, de mes référents et de mes relations professionnelles. Je souhaite de tout mon cœur remercier tous ceux qui m’ont donné le courage de consacrer le meilleur de mon temps à ce travail et d’annoncer que je le leur dédie.

Ma pensée va ensuite à mes enfants Lauriane et Vivien. Il n’est pas facile, tous les jours, de s’assoir à table pour écrire. Sans le savoir, leurs interpellations incessantes, « papa est-ce que tu as fini d’écrire ton livre ? », « papa est-ce que je peux comprendre ce que tu as écrit ? », etc., m’ont permis de poursuivre ce travail solitaire et d’avoir l’élan nécessaire pour aller jusqu’au bout, alors que j’aurais préféré, par moment, me retrouver ailleurs plutôt que devant un laptop. Vivien a prêté un intérêt particulier à la rédaction. J’espère qu’il sera fier de trouver dans les deux premiers Volumes certains dessins pour lesquels il m’a donné, à son jeune âge, de très bonnes idées pour les parfaire. Je remercie également ma mère qui n’a jamais cessé de me porter dans ses prières, malgré son grand âge, ainsi que mes frères et sœurs proches, mes nombreux neveux et nièces, que je ne cite pas nommément mais qui m’ont toujours porté dans leur cœur. Je remercie vivement ma famille élargie pour leurs encouragements et leurs affectueuses pensées. Sans pouvoir citer tous, je remercie Dr. J. Maré, Pst M. Yabré, Pst J. Yabré, Pst D. Yabré, Pst B. Yabré, Pst S. Yara et Pst T. R. Yara.

Egalement, c’est pour moi l’occasion d’exprimer ma gratitude à mes amis, référents et à tous ceux qui ont compté dans ma vie, à un moment ou à un autre, ou qui sont toujours présents dans ma vie. Ils ont contribué, indirectement, à l’existence de cet ouvrage. Sans pouvoir tous les citer, je remercie Dr. S. Caro, Dr. D. Akwedo, Dr. JM. Goujon, Dr. C. Pellone, Dr. E. Ngameni, Dr. PN. Um, Dr. M. Ndendé, Dr. P. Rey, Dr. Y. Stricot, Mr. A. Téky, Mr. P. Koumou, Mr. N. Bognini, Mr. S. Sawadogo, Mr. Ibo, Mr. A. Ouédraogo, Mr. D. Audren, Mr. F. Schmidt, Mr. H. Piton, Mme Kaigre, Mr. D. Maré, Mr. JM. Abgral, Mr. BA. Ido, Mr. F. Rousseau, Mr. B. Le Moine, Mr D. Colin, Mr. E. Sawadogo, Mr. Z. Séyibo, Mr. T. Sendo, Pst I. Bandaogo, Pst Bagré, Pst P. Bouda, Pst A. Boulagnon, Pst. Dipama, Pst Z. Gansoré, Pst A. Gouba, Pst M. Ouédraogo, Pst M. Ouédraogo, Pst M. Pelletier, Pst P. Maurice, Pst. A. Millogo, Pst E. Sawadogo, Pst R. Sanchez, Pst G. Yaméogo, Pst R. Zinsoni.

Enfin, la conception de cet ouvrage dont le thème est particulièrement ambitieux n’aurait pu être menée jusqu’au bout sans l’atmosphère stimulante de l’environnement entrepreneurial en France. Je souhaite exprimer ma gratitude aux institutions auprès desquelles j’ai bénéficié d’un soutien ou d’un autre :

Je remercie la société GPS de la Création d’Entreprise (La Rochelle) et en particulier Mr. X. Barreau de m’avoir apporté son soutien dès les premiers moments de ma démarche entrepreneuriale et pour les aimables conseils dont j’ai bénéficié. Son soutien précieux m’a permis de construire la perspective de cet ouvrage ambitieux.

Mes remerciements s’adressent aussi à l’association BGE (Luisant), en particulier Mme S. Fonbaustier, pour le suivi personnalisé dont j’ai bénéficié.

Je tiens également à remercier Mr C. Kongo de Bfirme (Chartres) pour les soutiens très utiles dont j’ai bénéficié, en particulier pour trouver des solutions de réalisations graphiques.

Auteur

Table des matières

Remerciements

Préambule

Introduction générale à ce premier Volume

IG.1. Bases théoriques et définitions qualitatives de ce que nous appelons des fondements constructeurs

IG.1.1. Base théorique et définition qualitative du concept de fondement constructeur structurel

IG.1.2. Base théorique et définition qualitative du concept de fondement constructeur contextuel

IG.1.3. Base théorique et définition qualitative du concept de fondement constructeur métrologique

IG.2. Mieux percevoir les bases théoriques des connaissances à développer

IG.2.1. Lexique illustratif

IG.2.2. Mieux percevoir le caractère modulaire de l’activité

IG.2.3. Mieux percevoir ce que nous avons appelé contenu technique de l’activité

IG.3. Programme spécialisé de ce Volume 1

Chapitre I. Fondement constructeur structurel de l’activité

I.1. Introduction

I.2. Forme synthétique du fondement constructeur structurel tel que proposé

I.2.1. Importance du formalisme structurel segmentationnel tel que proposé

I.2.2. Importance du formalisme structurel paramétrique tel que proposé

I.3. Description spécifique de chacun des deux systèmes structurels tels que proposés

I.3.1. Description spécifique du système segmentationnel tel que proposé

I.3.1.1. Segmentation sectorielle

I.3.1.1.1. Missions sectorielles de production

I.3.1.1.2. Missions sectorielles de valorisation

I.3.1.1.3. Missions sectorielles administratives

I.3.1.2. Segmentation arborescente

I.3.1.2.1. Missions globales

I.3.1.2.2. Missions intermédiaires

I.3.1.2.3. Missions basiques

I.3.2. Description spécifique du système paramétrique tel que proposé

I.3.2.1. Stratégies

I.3.2.2. Dispositions d’accompagnement

I.3.2.3. Ressources humaines

I.3.2.4. Ressources utilitaires

I.3.2.5. Résultats

I.3.2.5.1. Buts

I.3.2.5.2. Finalités

I.4. Epilogue

I.4.1. Récapitulatif

I.4.2. Observations diverses

I.4.2.1. Bien faire la distinction entre buts et finalités

I.4.2.2. Bien faire la distinction entre résultats et impacts

I.4.2.3. Mieux appréhender les énoncés de mission

I.5. Conclusion

Chapitre II. Fondement constructeur contextuel de l’activité

II.1. Introduction

II.2. Forme synthétique du fondement constructeur contextuel tel que proposé

II.3.1. Importance du formalisme macroscopique tel que proposé

II.3.2. Importance du formalisme relationnel tel que proposé

II.3. Description spécifique de chacun des deux domaines environnementaux tels que proposés

II.3.1. Description spécifique du contexte macroscopique tel que proposé

II.3.1.1. Contexte macro-économique

II.3.1.2. Contexte macro-géographique

II.3.1.3. Contexte macro-concurrentiel

II.3.1.4. Contexte macro-financier

II.3.1.5. Contexte macro-technologique

II.3.1.6. Contexte macro-socioculturel

II.3.1.7. Contexte macro-juridique

II.3.1.8. Contexte macro-politique

II.3.1.9. Contexte macro-socio-organisationnel

II.3.2. Description spécifique du contexte relationnel tel que proposé

II.3.2.1. Contexte des prestataires

II.3.2.2. Contexte des fournisseurs

II.3.2.3. Contexte des financeurs

II.3.2.4. Contexte des influenceurs

II.3.2.5. Contexte des partenaires

II.3.2.6. Contexte de l’évènementiel

II.3.2.7. Contexte des concurrents

II.3.2.8. Contexte des destinataires

II.4. Epilogue

II.4.1. Récapitulatif

II.4.2. Observations diverses

II.4.2.1. Bref aperçu de l’influence de l’environnement

II.4.2.2. Bref aperçu des principaux outils d’analyse

II.5. Conclusion

Chapitre III. Fondement constructeur métrologique de l’activité

III.1. Introduction

III.2. Forme synthétique du fondement constructeur métrologique tel que proposé

III.2.1. Importance du formalisme macrométrique tel que proposé

III.2.2. Importance du formalisme micrométriqu tel que proposé

III.3. Description spécifique de chacune des deux familles d’outils tels que proposés

III.3.1. Description spécifique des outils macrométriques tels que proposés

III.3.1.1. Outils macro-économiques

III.3.1.2. Outils macro-géographiques

III.3.1.3. Outils macro-concurrentiels

III.3.1.4. Outils macro-financiers

III.3.1.5. Outils macro-technologiques

III.3.1.6. Outils macro-socioculturels

III.3.1.7. Outils macro-juridiques

III.3.1.8. Outils macro-politiques

III.3.1.9. Outils macro-socio-organisationnels

III.3.2. Description spécifique des outils micrométriques tels que proposés

III.3.2.1. Outils micrométriques orientationnels

III.3.2.2. Outils micrométriques RH

III.3.2.3. Outils micrométriques utilitaires

III.3.2.4. Outils micrométriques résultoires

III.4. Description intrinsèque des outils métrologiques tels que proposés

III.4.1. Passage en revue des outils catégoriels

III.4.1.1. Outils qualitatifs

III.4.1.2. Outils volumiques

III.4.1.3. Outils proportionnels

III.4.1.4. Outils critiques

III.4.1.5. Outils organisationnels

III.4.1.5.1. Plans d’action, plannings et programmes

III.4.1.5.2. Organigrammes

III.4.1.5.3. Comptes d’évaluation

III.4.1.5.4. Tableaux de bord

III.4.1.5.5. Autres outils organisationnels

III.4.2. Application générale

III.4.2.1. Application à l’activité sectorielle de production

III.4.2.2. Application à l’activité sectorielle de valorisation

III.4.2.3. Application à l’activité sectorielle administrative

III.5. Epilogue

III.5.1. Récapitulatif

III.5.2. Observations diverses

III.5.2.1. Mieux appréhender ce qu’est une organisation en relation avec les outils métrologiques associés

III.5.2.2. Analogie métrologique entre sciences sociales et sciences expérimentales

III.5.2.3. Mieux appréhender la notion de prévisionnels

III.5.2.4. Mieux appréhender la classification des outils métrologiques

III.6. Conclusion

Conclusion générale

CG.1. Conclusion de ce Volume 1

CG.2. Présentation du Volume 2 suivant

CG.3. Synopsis général de l’ouvrage

CG.3.1. Rappel du programme général

CG.3.2. Finalités

CG.3.3. Destinataires

Liste des tableaux

Annexe des publications scientifiques de l’auteur

Dédicaces spéciales

Préambule

Ce livre constitue la première restitution d’un important programme de recherche qui a duré plusieurs années sous le thème commun :

« Théorie générale de l’activité ».

Cet ambitieux travail a eu pour objectif de mettre en place un modèle « scientifique » complet de l’activité, au sens générique du terme. Il est présenté dans un ouvrage en cinq Volumes dont chacun traite un aspect différent et complémentaire du thème étudié :

Volume 1 : Les trois fondements constructeurs de l’activité.

Volume 2 : Ecrire son projet d’entreprise, en toute indépendance.

Volume 3 : Préparer la construction des plans financiers, en toute indépendance.

Volume 4 : Construire les premiers plans financiers, en toute indépendance.

Volume 5 : Aller jusqu’au bout de la construction financière, en toute indépendance.

Le lecteur trouvera en début d’introduction de chaque Volume le sommaire ci-dessus présenté comme un avant-propos lui permettant de se situer dans l’ouvrage. Ci-dessous, nous proposons de présenter, brièvement, l’origine de cet important travail, suivie de la problématique générale à résoudre, puis de l’objet qualitatif de l’ouvrage et de sa distribution puis, enfin, nous ferons état des principales difficultés rencontrées.

OBJET DE L’OUVRAGE

Le lecteur qui aura parcouru ma biographie, en quatrième de couverture, s’attendrait, sans doute, à ce que ce livre présente une dissertation sur les mécanismes de propagation guidée ou encore, sur les émissions de stimulation dans des cavités Laser. Ils ne s’attendraient, certainement pas, à ce qu’un chercheur scientifique d’expérience s’intéresse au sujet de ce livre qui relèverait, plutôt, du domaine des sciences économiques ou sociales.

Qu’il me soit permis de rassurer chacun de mes lecteurs : Le besoin de construire des activités, pour en cerner les tenants et aboutissants avant de s’y engager, est un besoin universel et transversal. Ce besoin est aussi présent dans le domaine de la recherche scientifique. Autant qu’ailleurs, les scientifiques ont besoin de bien appréhender les activités de recherche, en particulier lorsqu’il s’agit de monter des activités collaboratives réunissant de nombreux partenaires, parfois venant de différents pays. On ne peut appréhender la correcte répartition des efforts entre partenaires et les coûts associés qu’à travers une formalisation, aussi précise que possible, des chaines de valeurs qui se présentent.

Justement, l’idée de cet ouvrage est née pendant les années où je travaillais dans l’industrie comme Ingénieur de Recherche. Au cours de cette période (2001-2013), j’avais été, en tant que Chef de projets R&D, confronté à une réalité : Alors que j’avais la charge de monter et gérer des projets de recherche novateurs importants, je n’ai trouvé, dans la littérature, aucun cadre standard destiné à faciliter la construction d’activités. L’état de l’art documentaire disponible, à ce sujet, était resté assez généraliste et disparate. A peu de chose près, les chercheurs devaient se débrouiller pour présenter leurs projets comme ils l’entendaient. C’est ce constat qui est véritablement à l’origine de cet ouvrage. Une autre situation a joué le rôle de catalyseur : Pendant les années où j’étais en fonction dans l’industrie, j’ai été amené, dans le cadre de l’association de parrainage scolaire que j’ai créée en 2004, à m’intéresser à un autre type d’activités, à savoir, aux activités à caractère marchand. A l’époque, je n’avais pas vraiment mesuré l'impact que cette association pouvait avoir sur mes projets professionnels. Voulant monter des projets de création dans le cadre de l’association, j’ai été confronté, là aussi, aux lacunes de la documentation de support. J’ai dû faire appel à une marmaille de matériels documentaires peu faciles à exploiter. Là, on peut dire que la documentation est plutôt abondante mais elle était, soit confuse, soit élitiste. Autant dire, quand on faisait ses premiers pas dans le monde entrepreneurial, il fallait faire un effort démesuré pour démêler les nombreuses perceptions lexicales différentes présentes dans la littérature1. Pour tout dire, à la fin d’une lecture, on ne savait toujours pas par quel bout prendre les choses. Clairement, il manquait un modèle générique complet à suivre. En cette absence, la phase de construction théorique de l’activité était restée un obstacle majeur et l’est encore aujourd’hui. Comme le montre les études récentes de l’INSEE en France, cette situation a un impact non négligeable concernant les créations de nouvelles entreprises. En effet, par peur de pouvoir trouver rapidement des solutions adéquates de formalisation, de nombreux porteurs de projets, voulant devenir des acteurs professionnels indépendants, n’osent pas se lancer. Toujours selon les statistiques de l’INSEE, parmi ceux qui se lancent, les abandons pendant le portage ne sont pas rares. Ceux qui vont jusqu’au bout se contentent de définitions globalistes ne permettant pas de percevoir l’ensemble des objectifs nécessaires à prendre en compte, ce qui les exposent à des risques séreux, souvent dès les premiers mois qui suivent le démarrage de l’activité. Bien évidemment, pour limiter ce problème, le créateur peut faire appel aux services d’un professionnel mais cela engendre des coûts et une perte de confidentialité, sans nécessairement apporter toutes les garanties de satisfaction2. En somme, la formalisation théorique qui devrait être un B.A.BA pour tout le monde est restée un fardeau, voire une barrière. C’est, en quelque sorte, le moyen qui a pris le pas sur sa finalité car le plus important c’est, tout de même, de pouvoir démarrer l’activité et la faire vivre au quotidien.

C’est cette double expérience que j’ai, personnellement, vécue sur le terrain, d’une part, en tant qu’Ingénieur de Recherche et Chef de projet dans l’industrie et, d’autre part, en tant que Président d’une association, qui a déclenché le programme de cet ouvrage. Il faut reconnaître que l’état de l’art décrit ci-dessus est étonnant car si la recherche scientifique est un domaine spécifique, l’activité à caractère marchand est présente dans la vie quotidienne de tout le monde. C’est le cœur de l’emploi dans tous les pays. Les entreprises qui ne se créent pas, ce sont des emplois qui ne se créent pas. C’est cette situation que le thème de recherche engagé a pour but de changer, en mettant en place une documentation appropriée pour la construction de l’activité, quelle que soit sa nature, son envergure, sa complexité ou encore, sa vocation.

PROBLEMATIQUE

Tout ce que l’on fait ou tout ce que l’on envisage de faire n’est autre qu’une activité. Autrement dit, le sujet qui préoccupe cet ouvrage, relatif aux fondements constructeurs de l’activité, devrait mériter l’attention de tous, car qui n’est pas concerné par l’activité ? Quel homme ou quelle femme n’est pas concerné ? Quelle entreprise n’est pas concernée ? Quel Gouvernement n’est pas concerné ? La réponse à ces questions est, bien évidemment, aucun ou aucune.

En effet, la vie humaine est rythmée par toutes sortes d’activités se succédant les unes aux autres et allant des plus simples pouvant occuper une personne pendant quelques minutes aux plus complexes pouvant mobiliser des milliers de collaborateurs pendant de nombreuses années. Pour s’en convaincre, citons, pêle-mêle, des termes exprimant des activités, par exemple : « Etudier », « cuisiner », « manger », « marcher », « danser », « conduire », « décorer », « peindre », « tresser », « coudre », « nettoyer », « jardiner », « ensemencer », « labourer », « produire », « cultiver », « récolter », « fabriquer », « vendre », « gérer », etc. Même « prendre des vacances » peut être considéré comme une activité puisqu’il faudra bien «ranger sa maison», « élaguer son jardin », « entretenir sa voiture », « rendre visite à ses amis »3. Parlant des activités à enjeux telles que celles qui accompagnent les créations d’entreprises, il faut passer par une réflexion, par une construction formelle et par une appréciation des risques avant de s’y engager. Cette préoccupation est universelle. Elle réunit, tous les jours, à travers le monde entier, une multitude d’hommes et de femmes qui y sont confrontés à titre professionnel ou privé.

Pour autant, au-delà de la connaissance de l’activité à travers la pratique quotidienne, savons-nous vraiment ce que c’est ? Savons-nous par quels mécanismes logiques on peut en construire ? Sommes-nous toujours à l’aise quand nous sommes confrontés à ce type d’exercice ? Comme expliqué ci-dessus, tout le monde ne peut pas répondre affirmativement à ces questions, à ce jour. Bien sûr, tant qu’on se limite à des activités simples demandant peu de ressources à employer, il n’est pas utile de recourir à un formalisme compliqué pour les monter, pour ne pas dire qu’on n’en a pas besoin du tout. La situation est différente quand on a à faire à des activités complexes qui demanderaient, pour leur fonctionnement, de disponibiliser des dizaines de machines automatiques et de mobiliser des milliers d’employés auxquels des fonctions différentes seraient attribuées. Or, les activités de ce genre nécessitent nécessite de passer par une définition formelle. C’est aussi le cas de nombreuses activités collaboratives pouvant demander l’articulation de plusieurs chaines de valeurs ou encore, de nombreuses activités partenariales publiques-privées. On n’a pas intérêt à monter au pif de telles activités pouvant demander des moyens importants et coûteux. Tous les porteurs de projets d’entreprises savent ce que cela veut dire, même si tous les projets de ce type n’ont pas la même envergure.

Le lecteur avisé aura compris que la question essentielle qui se pose, c’est quelles connaissances mettre en place pour faciliter la construction de l’activité, quelle que soit sa nature, son envergure, sa complexité, sa durée ou, même, quelle que soit sa vocation ? Si cette question est assez simple à comprendre, elle l’est moins quant à sa résolution. Malgré l’intérêt majeur de ce sujet, aucune proposition satisfaisante n’est disponible, à ce jour. Même pour les activités à enjeux telles que celles qui accompagnent les créations d’entreprises, les modèles existants sont des modèles de principe, pas faciles à exploiter, surtout quand on est novice.

OBJET DE L’OUVRAGE

Pour aborder le problème posé, il faut se demander pourquoi nous avons tant de difficultés à construire des activités, pour peu que la complexité de celles-ci augmente ? Autrement dit, qu’est-ce qui manque, concrètement ? Très rapidement, il nous est apparu que le cœur du problème, c’est l’absence d’un modèle pas-à-pas générique et complet à suivre. En effet, de même qu’il serait difficile de chercher à préparer un mets sans recette, on comprend qu’il soit difficile de construire des activités sans modèle pas-à-pas à suivre. Bien qu’on arrive cahin-caha à le faire, à ce jour, il n’existe pas, en tant que tel, un modèle pas-à-pas générique et complet de l’activité. Tant que ce type de support reste absent, construire une activité à enjeux, ressemblera toujours à une entreprise alchimique, à l’apanage des seuls professionnels. Un sujet aussi important, à intérêt universel, ne devrait pas rester sans solution. Il est nécessaire de combler ce gap, afin de casser la barrière, qu’il représente, aujourd’hui, pour la création d’entreprises nouvelles. C’est précisément ce problème que nous nous sommes fixés pour ambition de résoudre, à travers le thème de recherche engagé. Le but visé, c’est, bien sûr, de mettre à la disposition du public une documentation complète qui ne se contenterait pas de compiler des cases à remplir mais qui apporterait toute la compréhension nécessaire, facilitant, ainsi, la maîtrise conceptionnelle et la gestion de l’activité après démarrage.

Cependant, si l’on a repéré où se situe le problème, on est, sans doute, entrain de vouloir « mettre la charrue avant les bœufs » ou, comme on dit en Afrique, on est entrain de vouloir « danser avant les tam-tams ». En effet, comment peut-on développer un modèle pas-à-pas en méconnaissant les éléments constructeurs ? Pour comprendre le bien-fondé de cette question, reprenons l’image de la recette de cuisine. Pour en créer, il faut avoir pleine connaissance des ingrédients utilisables. La situation est analogue dans le cas présent car le modèle pas-à-pas tel qu’annoncé ne serait autre chose que la recette de construction de l’activité. Vouloir créer un modèle pas-à-pas en méconnaissant les éléments constructeurs, c’est comme si l’on cherchait à élaborer une recette de cuisine sans en connaître les ingrédients de base. De la même manière qu’un Top-Chef a besoin, nommément, de connaître les ingrédients de sa recette pour en créer, on a besoin, d’abord, d’identifier l’ensemble des éléments constructeurs indispensables à la construction du modèle pas-à-pas recherché. A ce jour, ces éléments fondamentaux, en tant que tels, n’ont pas clairement été développés, du moins pas comme des connaissances formellement établies. On peut dire que c’est le cœur véritable du sujet. Avant le modèle pas-à-pas, la première étape à franchir, c’est donc la détermination des éléments constructeurs nécessaires. Aussi, on voit bien que si on arrivait à les déterminer, ces éléments seraient universels et permettraient, tout-à-fait, de construire un modèle pas-à-pas générique, complet et applicable à la construction de toute activité, quelle que soit sa nature, son envergure, sa complexité, sa durée ou encore, quelle que soit sa vocation. Ainsi, le pari de la recherche engagé serait gagné.

Comme le montre le mini avant-propos, la détermination des éléments constructeurs est précisément l’objet de ce présent Volume 1, entièrement dédié. Comme nous allons le voir dans l’Introduction qui suit, ces éléments fondamentaux (ou éléments de fondements) peuvent, suivant le critère construction, être classés en trois catégories complémentaires. Ce sont ces trois catégories que nous avons appelées, en intitulé du présent Volume, les trois fondements constructeurs de l’activité. Quant au modèle pas-à-pas recherché, sa mise en place fait l’objet du Volume 2 suivant, également, entièrement dédié. Comme expliqué, le Volume 2 utilise directement le Volume 1 pour élaborer la recette de construction qu’est le modèle pas-à-pas annoncé. Quant aux Volumes 3, 4 et 5 suivants, ils sont spécifiquement dédiés à la thématique financière, chacun traitant un aspect différent. Il va sans dire que ces trois Volumes financiers sont complémentaires du Volume 2. On comprend que, dans le Volume 2, les passerelles nécessaires sont posées vers les Volumes 3, 4 & 5. Pour résumer, on peut dire qu’on dispose de cinq documents thématiquement différents mais complémentaires les uns des autres ou, plus précisément, cinq documents dont les uns sont construits sur la base des précédents : Le modèle des fondements (présent Volume), le modèle pas-à-pas (Volume 2) et les modèles financiers (Volumes 3, 4 & 5). Autrement dit, bien que les cinq Volumes soient mécaniquement séparés et destinés à être publiés à des dates différentes, ils sont restitués comme un tout cohérent.

DIFFICULTES

Pour mener à bien le travail annoncé, on peut dire que la tâche n’a pas été facile sur, au moins, quatre points :

Premièrement, parce que ce travail a entièrement été mené en solo : Les discussions et critiques qui auraient pu avoir lieu au sein d’un groupe ont certainement manqué. De plus, le sujet traité relève clairement des sciences économiques et sociales, à mille lieues de ma sensibilité initiale. Un laps de temps a été nécessaire pour y prendre goût et troquer mes vêtements de Physicien contre des vêtements d’économiste, de financier et d’Expert-comptable.

Deuxièmement, parce qu’en l’absence d’un modèle « scientifique » universel de l’activité, différentes perceptions se sont répandues dans la littérature. Certains d’entre eux sont diffusés de façon décousue, sans montrer le lien pratique avec l’activité. D’autres sont inconcis ou inconsistants, pour ne pas dire erronés. Autant dire que l’état de l’art porte une grosse part de confusion, surtout dans le domaine financier. Il a fallu transcender cet état de l’art lacunaire, y compris les aspects entrés dans les usages. Pour tout dire, il a fallu surmonter les concepts erronés, harmoniser les définitions, combler les gaps, trouver des méthodologies et des organisations, afin de construire des modèles explicites, pratiques et sémantiquement cohérents.

Troisièmement, parce qu’étant donné l’intérêt universel du sujet traité, il était nécessaire de rechercher un compromis entre brièveté et accessibilité à tout utilisateur. C’est, d’ailleurs, une des raisons qui ont motivé le choix de restituer l’étude en plusieurs Volumes thématiques et pleinement documentés.

Et quatrièmement, parce que ce travail de recherche a eu lieu, pour l’essentiel, pendant la période de la pandémie de Covid. Cette concomitance n’a pas favorisé la possibilité de demander des soutiens, en particulier des soutiens financiers. Il a fallu, patiemment, surmonter cette absence de sponsoring couplée avec l’incertitude du résultat.

Fort heureusement, ce travail ambitieux est allé jusqu’au bout. Les difficultés évoquées ci-dessus ont aussi présenté des avantages. La nouveauté du domaine m’a permis de me poser des questions que les spécialistes ne se poseraient pas, l’état de l’art lacunaire a justifié l’intérêt du sujet et, certainement, stimulé le travail accompli. Egalement, l’absence de partenariats a, sans doute, été synonyme d’un travail mené dans la liberté, aussi bien sur le plan organisationnel que sur le plan restitutionnel. Bien que ne pouvant prétendre à la perfection, cet ouvrage est restitué avec toute la rigueur nécessaire digne d’un travail de recherche. Comme le lecteur se rendra lui-même compte, il est restitué, de bout en bout, en gardant à l’esprit un double objectif, intellectuel et pratique. Toutefois, pour des raisons et d’autres, il ne m’a pas semblé indispensable de citer une bibliographie trop nombreuse. L’ouvrage tel que restitué contient peu de références bibliographiques. J’ai choisi d’étayer chaque Volume par des définitions, des explications et par des exemples illustratifs nombreux, afin d’autonomiser, autant que possible, les utilisateurs potentiels. Mon souhait est que cet ouvrage, grâce à un langage compris de tous, réponde aux attentes de tous les acteurs, professionnels, privés ou en devenir.

1 Pour prendre une image, c’est comme si, à peu de chose près, chaque physicien avait sa propre compréhension de ce qu’est un atome.

2 Les professionnels s’intéressent, généralement, soit à l’élaboration des comptes prévisionnels, soit à la réalisation de l’étude dite de faisabilité. L’élaboration des comptes est une étape essentielle et incontournable. Cependant, de très nombreuses composantes de l’activité ne sont pas des résultats financiers. Ces composantes ne devraient pas restées masquées, si l’on veut, après démarrage, pouvoir piloter correctement l’activité. Quant à l’étude de faisabilité, elle est souvent indispensable mais, elle est généraliste et ne défit pas vraiment des objectifs.

3 Tous les nombreux verbes d’action n’expriment autres choses que des activités. On peut tout-à-fait dire que la vie humaine n’est faite que d’activités.

Introduction générale à ce premier Volume

La présentation du préambule nous a permis, sous la forme d’un éclaircissement préliminaire, de bien situer l’ouvrage complet, de poser la problématique générale à résoudre et de préciser l’objet qualitatif de ce premier Volume. Pour faciliter l’abordage des pages spécialisées, nous proposons ici de compléter le préambule par une introduction générale posant les bases générales de la compréhension du sujet traité. Rappelons-nous que, dans le préambule, nous avons comparé les éléments de fondements à des ingrédients culinaires. Autrement dit, si on arrivait à les créer, ils représenteraient pour l’activité ce que représenteraient les ingrédients pour la cuisine. Ici, nous voulons y apporter des précisions qualitatives importantes permettant au lecteur de mieux percevoir les bases théoriques des connaissances à développer, en particulier, les premières définitions lexicales sont présentées. A la suite de cette dissertation introductive en deux paragraphes, nous rappellerons, brièvement, le programme de la partie spécialisée.

IG.1. BASES THEORIQUES ET DEFINITIONS QUALITATIVES DE CE QUE NOUS APPELONS DES FONDEMENTS CONSTRUCTEURS

Sans entrer dans les détails pour le moment, on peut dire que la conception d’un objet, quel qu’il soit, comprend trois étapes fondamentales que sont : La structuration4, la contextualisation et le dimensionnement. Ce découpage ternaire doit, bien sûr, être pris dans un sens conceptuel et non hiérarchique (ou séquentiel). En vérité, les trois étapes indiquées sont concomitantes, on pourrait plutôt parler de pratiques et non d’étapes, au sens étymologique du terme. Même si ce découpage n’est pas conventionnel, tous les concepteurs ou designers industriels savent ce que cela veut dire.

A y voir de près, les trois pratiques conceptionnelles annoncées expriment trois réalités générales naturelles : En effet, toute chose incarnée possède une structure « matérielle » déterminée, un environnement extérieur déterminé ainsi que des dimensions intrinsèques déterminées lui conférant, au sens propre ou au sens figuré, une morphologie finie5. L’activité ne fait pas l’exception. Elle devrait aussi avoir une forme de structure, une forme d’environnement et une forme de morphologie. Autrement dit, elle doit pouvoir être structurée, contextualisée et dimensionnée. C’est cette compréhension, manu militari, mettant en relation l’ingénierie et la nature qui constitue la pierre angulaire de notre proposition du concept de fondements constructeurs de l’activité, en trois aspects, sous-tendant l’intitulé de ce premier Volume. Ce sont :

Le concept de fondement constructeur structurel basé sur la réalité structurelle.

Le concept de fondement constructeur contextuel basé sur la réalité environnementale.

Et le concept de fondement constructeur métrologique basé sur la réalité dimensionnelle (ou morphologique).

Pour mieux discerner ces fondamentaux, nous allons, brièvement, décrire ce que signifie chacune des trois pratiques conceptionnelles annoncées et en dériver, qualitativement, la définition du fondement correspondant. Pour plus de clarté, nous allons traiter séparément les trois aspects du sujet, à savoir l’aspect structurel suivi de l’aspect contextuel, puis de l’aspect métrologique.

IG.1.1. Base théorique et définition qualitative du concept de fondement constructeur structurel

Le point de départ de la conception concerne ce que nous avons appelé la structuration. Pour aller à l’essentiel, on peut dire que la structuration consisterait à déterminer la structure de l’objet imaginé ainsi que l’ensemble des éléments discrets devant être assemblés pour le former6. En autres mots, il s’agirait de créer virtuellement l’objet concerné, afin de pouvoir apprécier sa pertinence (ou son utilité)7. Si l’objet concerné doit passer par la CAO (conception assistée par ordinateur), le travail de structuration devrait engendrer des maquettes démonstratives. Il ne viendrait pas, par exemple, à l’idée d’un architecte de se lancer dans une construction quelconque sans passer par la conception de maquettes structurelles de l’édifice à bâtir.

A y regarder de près, le besoin de structurer l’objet de conception exprime une réalité générale naturelle : En effet, toute chose incarnée possède une structure qui matérialise son existence. Par exemple, le corps humain comprend la tête porté par le cou, un tronc appuyé sur le bassin, deux membres supérieurs et deux membres inférieurs, un arbre comprend des racines, un tronc et des branches portant les feuilles, une cellule comprend un noyau, un cytoplasme, des mitochondries et une membrane cytoplasmique, etc. Cette réalité vaut pour tout objet à concevoir, en particulier, et pour toute activité à construire, en générale. L’activité, au sens générique du terme, devrait pouvoir être matérialisée par une forme de structure créative permettant d’apprécier sa pertinence. Bien évidemment, le terme « structure de l’activité » fait allusion à l’ensemble des éléments pouvant être identifiés comme formant un squelette autonome8.

Il faut reconnaître que malgré l’intérêt du sujet structurel, il n’existe pas aujourd’hui un modèle générique formel établi sur lequel on pourrait se baser pour structurer la construction de l’activité. En l’absence de ce type de support, la construction structurelle, en situation réelle, est menée au pif, ce qui ne permet pas de percevoir tous les objectifs structurels pouvant être nécessaires à prendre en compte. A l’évidence, si on arrivait à créer un support, il faciliterait grandement le travail de construction structurelle et, sans doute, le rendrait plus rapide et plus professionnel. Dès lors, il est facile de percevoir la définition lexicale pouvant être attribuée au premier fondement : Nous appelons «fondement constructeur structurel» le support ou modèle structurel sur lequel la construction structurelle nécessaire de l’activité pourrait se fonder. C’est l’un des trois objets de ce livre.

Pour percevoir, par anticipation, ce que peut être la composition du fondement constructeur structurel, remarquons, d’abord, que toute maison à usage d’habitation est divisée en pièces plus petites, chaque pièce étant constituée d’un plancher, de murs, d’un plafond, de portes et de fenêtres. De même, l’océan est divisé en océans plus petits (océan pacifique, océan atlantique, océan indien, océan glacial arctique, océan austral), chaque océan étant constitué d’eau, d’animaux marins et de végétaux marins. Egalement, on peut dire que tout pays est divisé en régions plus petites, chaque région étant constituée d’habitants, d’habitats et de natures environnantes. Dans les trois cas, on peut dire que la structure comprend deux systèmes : Dans le cas de la maison à usage d’habitation, on aurait celui que formeraient les pièces et celui que formeraient les éléments composant chaque pièce. Dans le cas de l’océan, on aurait celui que formeraient les océans plus petits et celui que formeraient les éléments composant chaque océan. Et dans le cas du pays, on aurait celui que formeraient les régions et celui que formeraient les éléments composant chaque région. On peut faire une analogie entre ces trois exemples structurels et la structure de l’activité. En effet, une activité, selon sa taille, peut nécessiter de faire appel à une déconcentration (ou segmentation) en unités plus petites, afin de faciliter sa gestion. En situation réelle, chaque déconcentration (ou segment ou unité segmentaire) doit être pourvue en ressources productives nécessaires pour être menée à bien mais aussi doit générer ses propres résultats. On voit bien que les segments constitués s’apparenteraient aux pièces constitutives d’une maison, aux océans plus petits ou aux régions d’un pays. Tandis que les ressources productives mobilisées et les résultats produits s’apparenteraient aux éléments constitutifs d’une pièce, d’un océan ou d’une région. Cette compréhension générale est importante car c’est ce qui nous a inspiré le formalisme du fondement constructeur structurel de l’activité. Autrement dit, nous proposons de modéliser le fondement constructeur structurel de l’activité à l’aide deux systèmes constructeurs que sont le système segmentationnel et le système paramétrique : Le système segmentationnel modéliserait la structure segmentationnelle de l’activité considérée, c’est-à-dire son contenu technique segmentationnel, tandis que le système paramétrique modéliserait la structure paramétrique de chaque segment constitutif pouvant être identifié, c’est-à-dire son contenu technique paramétrique.

Ces descriptions permettent, d’ores et déjà, de discerner quatre fonctions majeures nécessaires que devrait intégrer le formalisme structurel recherché, à savoir :

Faciliter la définition du contenu technique segmentationnel nécessaire de l’activité : Cette fonction fait naturellement allusion à l’ensemble missions segmentaires pouvant être nécessaires à mettre en place.

Faciliter la définition du contenu technique paramétrique nécessaire de chaque mission segmentaire retenue, incluant :

- La définition du périmètre de chaque mission : Cette fonction fait naturellement allusion à l’ensemble des orientations pouvant être nécessaires à mettre en place, afin d’encadrer les choix opérationnels.

- La définition de l’ensemble des ressources productives pouvant être nécessaires à mobiliser : Cette fonction fait naturellement allusion à l’ensemble des ressources humaines ou utilitaires pouvant être nécessaires à mobiliser pour opérer chaque mission.

- Et la définition de l’ensemble des résultats pouvant être nécessaires à produire : Cette fonction fait naturellement allusion, entre autres, à l’ensemble des réalisations ou productions pouvant être nécessaires à générer et valoriser9.

La traduction compositionnelle du fondement constructeur structurel et dont la description ci-dessus nous donne déjà un aperçu sera précisée et développée au Chapitre I.

IG.1.2. Base théorique et définition qualitative du concept de fondement constructeur contextuel

La connaissance de la structure, même réunissant toutes les conditions de pertinence, serait insuffisante si le concepteur souhaite construire son objet. Pour ce faire, il doit franchir une deuxième étape importante, à savoir, contextualiser l’objet virtuellement créé. Là aussi, pour aller à l’essentiel, on peut dire la contextualisation consisterait à déterminer l’ensemble des faits, naturels ou entropiques, pouvant, d’une manière ou d’une autre, affecter l’exploitation de l’objet, l’ensemble des filières pouvant être nécessaires à la mobilisation des ressources productives identifiées ainsi que l’ensemble des filières pouvant être nécessaires à la valorisation de l’objet, une fois réalisé10. C’est ce qu’il conviendrait de qualifier, sous le vocable commun, de dépendances. Dès lors, on comprend les objectifs principaux de la contextualisation, à savoir s’assurer de pouvoir réunir les biens nécessaires à la production et s’assurer de pouvoir valoriser l’objet. En termes techniques, on peut dire qu’il s’agirait de s’assurer de la faisabilité de la conception. Pour reprendre l’exemple architectural, il est clair qu’aucun architecte ne validerait son modèle réduit sans s’assurer que les matériaux préconisés pour la construction sont disponibles et accessibles.

Là aussi, à regarder les choses de près, le besoin de contextualiser l’objet de conception exprime une réalité générale naturelle : De la même manière que toute chose incarnée possède une structure, toute chose incarnée possède un environnement qui détermine les conditions extérieures, plus ou moins favorables, de son existence. En effet, tout être vivant est dépendant de la terre, de l’air, de l’eau et de la nourriture, le poisson ne peut vivre que dans l’eau, tout arbre a besoin d’un sol et du milieu ambiant pour vivre, même l’acier le plus dur ne peut résister à une température de 10 000 degrés. On voit l’impact que peut avoir l’environnement sur l’existence. Cette réalité vaut pour tout objet à concevoir, en particulier, et pour toute activité à construire, en générale. Chaque mission segmentaire identifiée et définie en termes paramétriques devrait pouvoir être adossée à des dépendances environnementales permettant d’apprécier sa faisabilité11. Bien évidemment, en situation réelle, l’ensemble des dépendances identifiées, informes et disparates, formeraient le contexte environnemental de chaque mission ou son contenu technique contextuel (ou environnemental).