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Le monde des combats de chiens est un terrible milieu…
Quand Tophat, un chien K9 disparu, est envoyé par erreur au Canada dans un groupe de chiens rescapés disponibles à l’adoption, Lucas sait qu’il est tout désigné pour cette mission. Sans compter qu’il a une autre raison de rentrer au pays. Sa sœur y habite, tout comme… son ex-fiancée.
Mais à son arrivée, Lucas apprend que Tophat a été remis à un dresseur qui s’occupe des chiens agressifs. C’est une mauvaise nouvelle, d’autant plus qu’en se présentant chez l’homme en question, Lucas se retrouve précipité dans le sinistre monde clandestin des combats de chiens.
Tanya partageait sa maison avec ses deux meilleurs amis jusqu’à ce que l’un d’eux soit tué dans un accident de voiture avec délit de fuite et l’autre gravement blessé. À présent seule dans un petit appartement, Tanya prend conscience de tout ce qu’elle a perdu dans sa vie – y compris Lucas. Quand elle le retrouve contre toute attente, son monde bascule à nouveau…
Alors que Lucas mène l’enquête sur la disparition de Tophat, les organisateurs de combats de chiens se dressent en travers de son chemin pour protéger leurs agissements…
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Veröffentlichungsjahr: 2022
K9 Files : chiens de guerreTome 5
Dale Mayer
Première de Couverture
Page de Titre
À propos du livre
Dédicace
Prologue
Chapitre 1
Chapitre 2
Chapitre 3
Chapitre 4
Chapitre 5
Chapitre 6
Chapitre 7
Chapitre 8
Chapitre 9
Chapitre 10
Chapitre 11
Chapitre 12
Chapitre 13
Chapitre 14
Chapitre 15
Épilogue
Parker
Note de l’auteure
À propos de l’auteure
Tous droits réservés
Le monde des combats de chiens est un terrible milieu…
Quand Tophat, un chien K9 disparu, est envoyé par erreur au Canada dans un groupe de chiens rescapés disponibles à l’adoption, Lucas sait qu’il est tout désigné pour cette mission. Sans compter qu’il a une autre raison de rentrer au pays. Sa sœur y habite, tout comme… son ex-fiancée.
Mais à son arrivée, Lucas apprend que Tophat a été remis à un dresseur qui s’occupe des chiens agressifs. C’est une mauvaise nouvelle, d’autant plus qu’en se présentant chez l’homme en question, Lucas se retrouve précipité dans le sinistre monde clandestin des combats de chiens.
Tanya partageait sa maison avec ses deux meilleurs amis jusqu’à ce que l’un d’eux soit tué dans un accident de voiture avec délit de fuite et l’autre gravement blessé. À présent seule dans un petit appartement, Tanya prend conscience de tout ce qu’elle a perdu dans sa vie – y compris Lucas. Quand elle le retrouve contre toute attente, son monde bascule à nouveau…
Alors que Lucas mène l’enquête sur la disparition de Tophat, les organisateurs de combats de chiens se dressent en travers de son chemin pour protéger leurs agissements…
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Il faut toute une armée pour écrire un livre tel que celui-ci, et cette armée a aussi besoin d’amour et d’attention. Souvent, cela arrive sous la forme d’un ami à fourrure. Je dédie ce livre à Lionel, l’animal bien-aimé de l’une de mes bêta-lectrices qui travaille avec moi depuis des années. Lionel a rejoint la merveilleuse maison des chats dans le ciel la semaine dernière.
Merci d’avoir été un ami si dévoué pendant ton séjour sur Terre ! Tu vas beaucoup nous manquer.
Geir s’assit dans la salle de réunion à côté de Jager et Badger.
— Eh bien, on dirait que ç’a été un succès, lança-t-il.
— Je viens d’apprendre par la rumeur que Blaze a retrouvé Solo.
— Non seulement il a retrouvé Solo, dit Jager avec un petit rire, mais il a aussi trouvé une femme nommée Camilla, et visiblement, nous avons presque autant de chance avec les relations de notre équipe que Levi et Mason avec les leurs.
— Je ne m’attendais pas à devenir un entremetteur, répliqua Badger, mais avec Kat dans les parages, c’est compliqué de faire autrement.
— Elle veut que tout le monde soit aussi heureux qu’elle, expliqua Geir. Et le mérite vous revient.
— Non. Je pense qu’il nous revient à tous, répondit Badger. Donc, nous avons retrouvé quatre chiens de guerre, il nous en reste huit. Quelqu’un a une suggestion sur qui, ou sur le prochain endroit ?
— J’étais en train de feuilleter ces dossiers, commença Geir. Les chiens sont partout.
— Ça va nous rendre les choses plus difficiles, répondit Jager. Jusqu’à présent, nous avons choisi des chiens qui correspondaient aux hommes et à l’endroit où ils avaient besoin d’être. Je n’ai pas dit à Blaze que j’étais au courant qu’il devait retourner dans le Kentucky, mais quand j’ai vu que le chien était dans le même coin, je me suis dit que c’était l’accord parfait. Cependant, je ne vois pas d’autres correspondances.
Geir fouilla dans les dossiers, en choisit un et annonça :
— Top Hat. J’adore ce nom.
La photo contenue dans le dossier montrait un berger de couleur claire, avec le cou foncé, comme s’il portait une lavallière. Bien que de taille impressionnante, il avait des yeux expressifs et pleins de vie. Il sourit en le regardant, et tapota la photo.
— Chaque fois que je regarde cette image, je me dis que ce petit gars doit faire partie d’un cirque ou autre.
— Ça m’étonnerait. D’après ce que j’ai entendu, Top Hat avait des tendances agressives difficiles à contrôler, déclara Badger. C’est celui qui m’inquiète, parce qu’il y a des chances qu’on l’ait déjà piqué.
— Je ne sais pas, dit Geir. Pour moi, ces chiens sont des survivants. Ils ont vécu beaucoup de choses. Je n’arrive pas à les imaginer abandonner maintenant.
— Sans même parler d’abandonner, fit remarquer Jager, ça ne veut pas dire que l’adaptation à la vie civile sera facile pour eux. Il nous faut la bonne personne pour lui.
— Top Hat est au Canada. Sans qu’on sache comment, il s’est retrouvé mêlé à un grand groupe de chiens trouvés expédiés en Alberta, expliqua Badger en secouant la tête.
— C’est-à-dire des kilomètres et des kilomètres de rien. Quelques grandes villes et beaucoup de petits villages. Et des fermiers entre les deux. Ou est-ce que c’est plutôt dans le Saskatchewan ? Peu importe ! dit Geir.
— De plus, ce n’est pas parce que Top Hat s’est retrouvé en Alberta qu’il y est toujours.
— C’est assez vrai, dit Badger. On peut essayer de trouver plus d’infos, mais est-ce qu’on connaît quelqu’un qui a des relations là-bas, et qui pourrait nous épargner ces recherches aléatoires et ces déplacements ?
— On a Lucas, répondit Geir. Sa sœur a épousé un Canadien.
— Il est peut-être temps pour lui d’aller rendre visite à sa famille.
— Soyons réalistes, plaisanta Jager, le Canada est immense, et ce n’est pas parce que la sœur d’un type a épousé un Canadien que ça signifie que le chien est dans les parages.
— Non. Absolument pas, convint Badger. Mais ça ne veut pas dire non plus qu’il n’est pas temps pour Lucas de rendre visite à sa sœur, et nous, pendant ce temps, on essaie d’obtenir des infos et de découvrir où a fini le chien.
Badger regarda Geir qui afficha un large sourire.
— D’accord, Geir. Qu’est-ce que tu sais qu’on ignore ?
— La sœur de Lucas vit à Medicine Hat en Alberta. Elle a épousé le fils d’un fermier.
— Vous voyez ? Qu’est-ce que je vous disais ? lança Jager en levant les yeux au ciel. Ça ne veut pas dire que Lucas a envie de rentrer chez lui, ni même qu’il en a quelque chose à faire des chiens !
— Non, peut-être pas, mais il a fait de la recherche et du sauvetage pendant des années. Toute la famille est fortement impliquée. Je crois que son père entraînait des chiens de recherche et de sauvetage.
— Waouh, répondit Badger en se frottant les mains. On dirait qu’on tient notre prochaine histoire à succès !
— Il est marié ? demanda Jager. Parce que ça, ça va changer les choses.
— Il était fiancé, précisa Geir. Il s’est passé quelque chose entre eux deux, et ils se sont séparés. Je sais que ça fait des mois que ça le ronge. Elle vit près de chez sa sœur. Elles sont amies.
— Oh, intéressant, commenta Badger. Raison de plus pour qu’il rentre et règle ça, soit pour s’en libérer, soit pour se remettre avec elle.
— Je ne crois pas que se remettre ensemble soit à l’ordre du jour, mais on ne sait jamais.
— Qu’est-ce que vous en dites, les gars ? On tente le coup ?
— Pourquoi pas ? Faisons-le venir, et voyons ce qu’il en pense.
Lucas Scott avait déjà utilisé divers prétextes pour rendre visite à sa sœur et son beau-frère, mais celui-ci était le plus étrange. Cette fois, il était à la recherche d’un chien militaire K9, ancien chien de guerre, qui avait été embarqué avec un groupe de chiens trouvés, et ensuite expédié au Canada.
Il n’avait jamais vraiment compris ce système : d’après ses recherches, des centaines de chiens trouvés étaient envoyés au Canada pour être adoptés, parce qu’ils y étaient mieux accueillis que plus au sud. Cela le chagrinait dans une certaine mesure, parce qu’il aimait à penser que son peuple prenait soin de ses animaux. Néanmoins, dans le cas d’un chien de guerre rescapé, peu susceptible d’être adopté dans son propre pays, en dépit de tout ce qu’il avait fait pour assurer la sécurité de celui-ci, cette situation n’était pas acceptable. À en croire ce que Lucas avait entendu, le chien était instable et potentiellement dangereux.
Il se concentra sur la photo dans le dossier. Ce chien n’était pas instable et dangereux. Lucas le voyait dans ses yeux. Même sur une photo. Alors comment quelqu’un pouvait-il voir ce chien dans la vraie vie et le juger comme tel ? Lucas secoua la tête.
Cela pouvait aussi être un problème avec le maître-chien. Ces chiens de guerre étaient parfaitement entraînés, mais tout le monde ne savait pas comment les gérer.
Top Hat avait été un chien de guerre puissant qui avait mal tourné après une mission où il s’était fait attaquer, et gravement blesser. Rien que pour cette raison, Lucas se sentit immédiatement lié à ce chien. Les blessures physiques de Top Hat avaient guéri, mais son tempérament, même s’il s’était amélioré, n’était plus le même. Son âme aimable avait changé.
Et c’était mauvais pour tout le monde.
Lucas sut que ce chien de guerre avait été un sacré soldat. Derrière ces yeux couleur chocolat noir se cachait un chiot.
Personne ne semblait avoir de nouvelles de Top Hat. Lucas contacta le refuge « Fourrure et Plume », qui avait confirmé que le chien était bien chez eux. Ils n’avaient pas dit grand-chose d’autre. Lucas mena une bataille perdue d’avance en essayant d’obtenir les bonnes réponses. Bon sang, n’importe quelle réponse aurait fait l’affaire ! Quand il essaya d’expliquer l’histoire du chien, la personne au bout du fil rit et répondit qu’à son avis, c’était impossible. Sinon, pourquoi le chien aurait-il échoué dans leur cour ?
Il lui avait demandé de vérifier les tatouages : on lui signifia qu’il était très difficile de s’approcher de Top Hat. Il était sur une liste de signalement, et ils espéraient trouver quelqu’un ayant les compétences nécessaires pour s’occuper de ce chien difficile. Cette personne pourrait le recueillir et le calmer, l’objectif final étant qu’il puisse être adopté.
Lucas leur annonça qu’il serait là d’ici quatre jours, parce qu’il prenait un vol pour voir un ami du côté américain de la frontière, et qu’il ferait le reste du trajet dans son camion. Ils le notèrent, et cela s’arrêta là. Lucas n’appréciait pas leur réponse apathique, ni envers lui ni envers Top Hat. Si les gens n’aimaient et ne respectaient pas les animaux, pourquoi travailler dans un refuge ? Lucas tenta de calmer la colère qu’il sentait monter en lui.
Depuis qu’il avait pris la route, il avait de nouveau contacté « Fourrure et Plume », pour confirmer qu’il arrivait. Ils avaient confié le chien à un autre refuge situé à Red Deer. Quand Lucas entendit ça, il raccrocha. Il n’avait pas le temps de s’occuper d’eux, mais il aurait bien aimé étrangler la personne responsable. Néanmoins, Lucas n’avait pas d’énergie à gaspiller avec eux. Il devait se concentrer sur Top Hat. Et sur lui aussi, d’ailleurs.
Après un court trajet en voiture, Lucas comprit que Top Hat avait des ennuis. Il ne savait pas de quoi il s’agissait, mais son intuition lui disait que quelque chose n’allait pas. Vraiment pas. Il eut le ventre noué durant tout le voyage. Est-ce que c’était à cause de toutes les frustrations accumulées par Lucas depuis le tout début de ses recherches pour retrouver Top Hat ? Ou était-ce parce qu’il s’agissait de son premier long voyage en voiture depuis sa blessure ? Ou est-ce que c’était à cause de Tanya, son ex-fiancée et la seule femme qu’il avait aimée au point de lui demander de l’épouser ? C’était toujours la seule femme qu’il ait jamais aimée.
Ou était-ce tout cela à la fois ? Probablement.
En temps normal, il n’aurait pas conduit non plus, du moins pas depuis son accident, mais pour une raison qu’il ne s’expliquait pas, il avait besoin de son propre véhicule. C’était peut-être pour lui l’opportunité de s’assurer qu’il pouvait de nouveau gérer la conduite. Il avait laissé le camion à un pote qui avait prévu de le lui racheter, mais ensuite le type avait changé d’avis. Le pote et le camion de Lucas se trouvaient tous les deux dans le parc National de Glacier, dans les Rocky Mountains du Montana, alors il avait pris un vol pour voir son ami et récupérer le camion. Ensuite, il avait traversé la frontière avec la région de l’Alberta, au Canada, pour voir sa sœur.
Ce qui était idiot. Cela lui aurait sûrement coûté moins cher de prendre un vol direct. S’il ramenait Top Hat aux États-Unis, il devait avoir un moyen de le transporter jusqu’à chez lui. Ils auraient pu prendre l’avion, mais sur le moment, cela ne lui avait pas paru être la bonne solution. Lucas s’inquiétait d’une possible période de quarantaine lors du retour aux États-Unis, et du stress que pourrait engendrer un trajet en avion pour le chien. À présent qu’il était véhiculé, Lucas n’avait pas pris le temps de vérifier. D’ailleurs, il fallait encore qu’il se renseigne sur ce qu’impliquait le fait de ramener un chien du Canada et lui faire franchir la frontière. Il espérait qu’un certificat d’un vétérinaire attestant de sa bonne santé suffirait. Il en saurait plus à ce sujet plus tard.
Le voyage en lui-même se passait bien. Il en était agréablement surpris. Il se sentait même un peu fier. Il venait de traverser la frontière à Sweet Grass dans le Montana, pour entrer en Alberta, région du Canada, et il ne lui restait pas plus de deux heures de route jusqu’à chez sa sœur à Medicine Hat. Le dernier refuge où l’on avait transporté Top Hat se situait à quatre heures de chez elle.
Alors qu’il arrivait devant la maison de sa frangine, soulager que sa première épreuve physique de ce genre prenne fin, Meg franchit la porte d’entrée avec un immense sourire.
Il lui sourit à son tour en garant son camion et en descendit lentement.
— C’est bon de te voir, sœurette.
Elle ne dit pas un mot, mais l’entoura de ses bras pour lui faire un gros câlin.
Il mesurait 1m93, elle 1m67, et la différence était encore plus évidente à cet instant. Elle avait eu deux enfants, et au lieu de grandir, elle avait rapetissé. Il aurait pu jurer qu’elle ne faisait plus qu’1m62.
— Que s’est-il passé ? Tu as rapetissé avec le petit dernier ?
— Ou c’est le stress qui accompagne l’arrivée d’un bébé, surtout que c’était le deuxième, avoua-t-elle. Toi, on dirait que tu as grandi.
— C’est le cas, répondit-il. J’espère que c’est dans le bon sens.
Elle s’écarta, observa les muscles sur son torse et ses épaules, sourit, et lui lança :
— En tout cas, tu n’as pas perdu de muscles !
— Si, répondit-il. Surtout dans le dos. J’ai travaillé très dur pour retrouver ce que j’avais perdu.
Le sourire de Meg faiblit.
— C’est vrai, jamais on ne pourra oublier que tu t’es brisé le dos, que tu as perdu deux côtes, un rein et… plus.
— Peut-être, répondit-il d’un ton tranquille, mais nous n’avons pas besoin de nous attarder là-dessus non plus.
Elle sourit de nouveau, et ce fut comme un rayon de soleil projeté partout.
Il secoua la tête.
— Bon sang, ce sourire m’a manqué. Tes lèvres pourraient transformer le jour le plus sombre en l’un des meilleurs.
— Ah ! dit-elle en secouant la tête, envoyant valser des mèches folles. J’en doute. Entre. Le reste de la famille est occupé ailleurs.
Il lui jeta un regard en biais et haussa un sourcil. Elle rit :
— Tu verras bien.
Il récupéra son sac dans la benne du camion, fit rouler ses épaules pour soulager un peu de la tension dans son cou, et la suivit à l’intérieur. Il avait un coussin dorsal pour les longs trajets, qui lui offrait un soutien supplémentaire. Au cours de son temps chez les Marines, il avait fait plusieurs fois cette route, mais pas depuis son accident. Il savait déjà qu’il aurait des contractures dans le dos le lendemain matin. Il jura tout bas lorsqu’il sentit un choc soudain dans sa colonne vertébrale. Il allait devoir faire attention à ne rien soulever au cours des prochains jours. Et se rappeler de s’étirer avant d’aller au lit. D’un autre côté, il avait déjà zappé cette routine.
Meg lui jeta un regard interrogateur, et son visage afficha bientôt un air inquiet plus que curieux.
— Tu vas bien ?
Il hocha la tête.
— J’ai juste quelques élancements à cause du long trajet.
— Tu aurais pu prendre l’avion.
— J’aurais pu, mais je n’en avais pas envie.
— Tu n’as quand même pas fait tout le trajet par la route depuis le Nouveau-Mexique, j’espère ?
Il secoua la tête.
— Bronson s’est accroché à mon camion dans le Montana ces derniers mois.
— Je suis surprise que tu l’aies laissé faire.
— Il avait l’intention de me le racheter, mais sa mère lui en a offert un. Depuis ce temps-là, mon camion est à l’arrêt, répondit-il en jetant un coup d’œil à son camion à double cabine de sept cent cinquante kilos, vraiment ravi de l’avoir récupéré. Je n’aurais pas cru possible de le faire après mes opérations. Je suis heureux de dire que le voyage se soit bien passé.
— Le fait qu’il soit chez Bronson t’a aidé pour cette fois, répondit Meg. Au moins, tu as pu couper la poire en deux : faire une partie du trajet en avion, et les quelques heures restantes par la route.
— Si je n’avais pas eu cet étrange sentiment d’avoir besoin de mon camion ici, j’aurais sûrement fait tout le trajet en avion.
— Je pense que c’est mieux que tu aies ton indépendance. En plus, maintenant, tu as récupéré ton camion, et je sais que tu aimes cet engin.
— Bien d’accord. Je suis ravi d’avoir mes roues, et tu as raison. Je l’aime vraiment.
— Ce qu’on veut, c’est ce qu’il y a de mieux pour ton dos.
Une fois à l’intérieur, Lucas retira ses bottes, laissa tomber son sac et ôta sa veste.
Un doigt sur les lèvres, elle le précéda jusqu’au salon au bout du couloir. Il y vit ses deux neveux, Yegg, trois ans, et Jonah, cinq ans, et leur père, Nathan, en train de jouer à Mario Kart sur la télévision. Des éclats de rire résonnaient tandis qu’ils se poursuivaient sur l’écran. Jonah était en train de mettre une bonne raclée à leur père. Quand il gagna, il se leva et se jeta sur son père en criant :
— J’ai gagné ! J’ai gagné ! J’ai gagné !
Nathan roula au sol, laissant Yegg les rejoindre et se jeter sur lui à son tour.
Lucas apprécia cet aperçu, et tous ceux qu’il avait déjà eus de leur vie de famille. Une relation saine et pleine d’amour pour tout le monde. Certes, ils avaient aussi leurs disputes. Mais il n’y avait aucun cri ici. D’accord, peut-être pour fêter une victoire à Mario Kart, mais personne n’élevait la voix pour empêcher une vraie discussion à propos d’un sujet important. Il était tellement fier de sa sœur, de ce qu’elle et Nathan avaient construit.
C’était ça qu’il voulait pour lui. Son plus grand désir. Cela avait toujours été. Et cela le serait toujours. Entre avoir Tanya ou une famille, Lucas avait su ce qu’il devait faire : la laisser partir. Il devait trouver quelqu’un qui voulait une famille autant que lui. Il aurait voulu que cette personne soit Tanya.
C’était toujours le cas.
La volonté de fonder une famille avait été l’unique raison de sa rupture avec elle. Il détestait se l’avouer, mais il avait l’impression d’être toujours en train d’attendre qu’elle revienne à la raison, le rappelle, et lui dise que désormais elle désirait une famille autant qu’elle le désirait lui. Pendant ses moments d’émotion, il se demandait si ce serait une bonne ou une mauvaise chose.
Sa sœur cria :
— Hé ! Vous voulez dire bonjour à votre oncle ?
Les deux garçons levèrent les yeux, et Jonah poussa un cri avant de se précipiter vers Lucas.
Celui-ci s’accroupit, faisant attention au poids qui arrivait droit sur lui.
— Attends, Jonah ! Attends.
Lucas l’attrapa sans effort, se servant de ses jambes pour se redresser comme il l’avait appris, et fit tournoyer le petit garçon. Jonah serra fort ses bras autour du cou de Lucas, et s’y accrocha.
Celui-ci enfouit son visage dans les cheveux de l’enfant innocent. Longtemps, il avait cru ne jamais revoir ce petit gars. C’était un tel soulagement de savoir qu’il était vraiment entier, et de retour dans sa famille. Au cours de sa convalescence, ils s’étaient souvent parlé via FaceTime, mais ce n’était pas la même chose que de serrer ce petit corps dans ses bras.
Meg tendit la main, lui attrapa le poignet, et lui dit :
— C’est bon de t’avoir à la maison.
Il lui sourit par-dessus la tête de Jonah et murmura :
— Merci.
Nathan tendit la main et lui donna une légère tape sur l’épaule.
— C’est bon de te revoir, Lucas.
— C’est bon d’être de retour, avoua-t-il. Je n’étais pas sûr que ça arriverait de nouveau.
— Nous non plus, dit Meg avec douceur. Jonah, laisse oncle Lucas venir dans la cuisine avec Maman.
Le petit garçon secoua la tête, refusant de lâcher Lucas.
Avec un rire, celui-ci s’avança et alla s’asseoir à la table de la cuisine, prenant soin de ménager son dos après son long voyage. Ces derniers temps, il ne lui fallait pas grand-chose pour que cela redevienne un problème à part entière. Il avait travaillé avec acharnement à sa rééducation, et repris autant de muscle que possible dans le dos. Il savait qu’il devrait toujours être prudent à l’avenir.
Jonah leva la tête et lui adressa le plus doux des sourires :
— Je suis content que tu sois vivant.
Lucas sentit son cœur fondre.
Il toucha doucement le petit garçon sous le menton, et lui répondit :
— Moi aussi, petit homme. Moi aussi.
Un autre petit s’appuya sur son genou. Lucas tendit la main vers le bas, tapota le visage de l’enfant, et le salua :
— Hé, P’tit œuf ! Comment ça va ?
Le petit garçon lui adressa un sourire rayonnant, qui dévoilait toutes ses dents minuscules de bébé, dont il était très fier ; et avec ses cheveux tout fins, il était adorable. Jonah descendit des genoux de Lucas pour courir vers sa mère et son père pendant que son oncle disait bonjour à P’tit œuf. Il avait hérité de ce surnom parce qu’il ne courait jamais droit, toujours en cercles plus ou moins ronds, comme des œufs. Son vrai nom était Yegg, ce qui était assez étrange, mais il l’avait hérité du grand-père de Nathan, alors tout le monde semblait s’y habituer.
Il serra P’tit œuf dans ses bras et de son autre main, caressa sa joue rebondie. Il y avait quelque chose de spécial dans un retour aux sources comme celui-ci. Sa sœur croisa son regard.
— Tu pourrais vivre ici ? Je sais que pour toi, ce n’est pas encore la maison, mais ça pourrait.
Il serra son neveu un peu plus fort dans ses bras, puis étreignit sa sœur.
— Je suis là maintenant, murmura-t-il.
Sa sœur avait aussi mal vécu la rupture de ses fiançailles. Elle avait été plus que ravie à l’idée qu’il vienne enfin habiter près de chez elle. Son accident, ses blessures, sa guérison… Souvent il oubliait qu’il n’était pas le seul à avoir traversé beaucoup d’épreuves.
— C’est ça qui compte.
— Peut-être. C’est l’un des prétextes les plus étranges que tu m’aies jamais donnés pour rentrer à la maison. Un chien ? Tu sais que tu n’as pas besoin de trouver des excuses, n’est-ce pas ?
Il ricana.
— Hé, je suis venu des tas de fois en permission au fil des ans, sans aucune autre raison que celle de te voir. Ce n’étaient pas les voyages les plus évidents, mais je venais.
— Oui, admit-elle. Et cette fois, tu recherches un chien ?
Son beau-frère se retourna et le dévisagea.
— Oui. Je ne comprends pas. Pourquoi ce chien ?
Lucas tenta de le leur expliquer du mieux qu’il put.
— Tout ce que je sais, c’est qu’apparemment Top Hat a eu quelques problèmes de comportement après avoir été attaqué par plusieurs autres chiens, et l’Armée s’inquiète pour lui.
— Ce n’étaient pas d’autres chiens de guerre, pas vrai ? s’enquit Nathan.
Lucas secoua la tête.
— Je n’ai pas encore tous les détails. Selon ce que j’ai appris jusqu’à maintenant, au départ, Top Hat a été blessé en mission. D’après les témoignages, il a pris une balle. Son sang a attiré une meute de chiens sauvages des environs, il y en a partout en Irak. Évidemment, son équipe est venue à son secours, mais il était déjà faible avant l’attaque, et il n’a pas fait la différence entre ces chiens sauvages et les chiens de guerre avec qui il travaillait.
— Le pauvre, souffla Meg.
— Alors, est-ce que l’Armée s’inquiète pour lui, ou pour les humains qui pourraient entrer en contact avec lui ? l’interrogea Nathan, perspicace. Si Top Hat a simplement besoin d’un peu d’entraînement, c’est une autre histoire, mais, s’il est agressif et dangereux pour les familles, nous ne voulons pas qu’il soit dans un centre de sauvetage pour être adopté par une maman et un papa sans méfiance et avec de jeunes enfants.
— J’ai déjà contacté le centre. Le deuxième. Ils l’ont encore, et je vais aller le chercher demain, l’informa Lucas. Bien sûr, nous devons effectuer des démarches pour lui faire repasser la frontière.
— D’accord, dit Nathan. C’est ton problème. Je suis surpris que tu t’occupes de ça. N’est-ce pas le problème du département des chiens de guerre ?
— Eh bien, en temps normal, oui, mais il a été complètement dissous. On a demandé à Titanium Corp de se pencher sur ces derniers cas de chiens de guerre perdus, en espérant qu’ils aient trouvé de bons foyers. Et mes amis de Titanium m’ont demandé de m’occuper du cas de ce chien.
— Bien. En revanche, s’il est super-agressif, poursuivit Nathan, cela posera des problèmes, quel que soit le côté de la frontière où il se trouve.
Lucas acquiesça.
— C’est un problème que je gérerai demain. Je dois voir dans quel état il est et faire un premier rapport.
Sa sœur tapa dans ses mains :
— Bon. Dînons !
Tanya Nolan répondit à son téléphone, surprise de voir le nom de Meg apparaître sur son écran. Elles avaient déjà parlé ensemble ce matin.
— Hé, Meg ! Qu’est-ce qu’il y a ?
— Lucas est là, répondit brusquement Meg. Je ne sais pas si c’est une bonne ou une mauvaise chose pour toi, mais je ne voulais pas que tu arrives à l’improviste et que vous vous disputiez tous les deux.
Tanya en eut le souffle coupé.
— Pourquoi est-il ici ? demanda-t-elle de but en blanc.
Elle détestait cet éternel espoir qu’elle gardait à l’esprit que peut-être, juste peut-être, il était revenu pour la voir.
— Il s’occupe d’un genre de mission avec un chien, répondit Meg. Ça peut paraître étrange, mais c’est un vrai boulot. On lui a posé des questions à ce sujet. Apparemment, un chien de guerre a été envoyé ici par erreur, alors Lucas va se rendre au refuge demain pour vérifier.
— Vraiment ?
Tanya eut du mal à gober cette excuse. Il n’avait pas montré la moindre envie de revenir la voir. Elle non plus ne l’avait pas appelé. Pas récemment, en tout cas. Leur rupture s’était mal passée. Elle avait été douloureuse. Affreuse. Ensuite, elle avait entendu parler de son accident et de ses blessures. Elle avait voulu prendre contact avec lui à ce moment, mais il ne répondait pas à ses appels.
