Ma Première Fois - Emma Leroy - E-Book

Ma Première Fois E-Book

Emma Leroy

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Beschreibung

Anna interrompt un instant notre baiser, son souffle est court tandis qu’elle fait glisser ses doigts sur mon épaule nue, détaille chaque courbe de mon corps.

Je porte une robe moulante et légère. Il fait chaud, surtout avec elle prêt de moi comme cela.

En fait, je suis au bord de défaillir tant j’ai envie d’elle.

Ses mains se posent déjà doucement sur mes hanches, remontent dans mon dos, sans un bruit, avec juste la pression qu’il faut pour que je comprenne qu’elle me veut, là, maintenant.

Mais suis-je prête pour elle ?

Ce sera ma première fois avec une femme…

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Veröffentlichungsjahr: 2021

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Emma Leroy

Ma Première Fois

Anna interrompt un instant notre baiser, son souffle est court tandis qu’elle fait glisser ses doigts sur mon épaule nue, détaille chaque courbe de mon corps.Je porte une robe moulante et légère. Il fait chaud, surtout avec elle prêt de moi comme cela.En fait, je suis au bord de défaillir tant j’ai envie d’elle.Ses mains se posent déjà doucement sur mes hanches, remontent dans mon dos, sans un bruit, avec juste la pression qu’il faut pour que je comprenne qu’elle me veut, là, maintenant.Mais suis-je prête pour elle ? Ce sera ma première fois avec une femme…

 

Les enfants courent autour de la piscine ; l’agitation est à son comble, mais je n’ai d’yeux que pour la silhouette qui vient de se dessiner à la surface de l’eau claire.

Assise sur le bord du bassin, je laissais tremper dans l’eau mes jambes alourdies par la chaleur de la journée. Je venais tous les étés de Paris pour revoir mes amis d’enfance et profiter de la région, depuis dix ans que j’étais montée travailler dans le « Nord », comme ils disaient ici ; mais chaque fois que je revenais dans ma région natale, je devais bien reconnaître deux inconvénients majeurs : la canicule me mettait complètement à plat, et l’attitude des séducteurs qui traînaient autour des touristes m’insupportait.

Je résiste toujours avec obstination aux séducteurs. Dès que je les vois graviter comme des requins autour de ma petite silhouette, qu’ils appellent « menue et gracieuse », je me sens en danger et je deviens nerveuse. Qui sait ce qu’ils ont en tête, exactement ? S’ils n’ont aucun égard pour mes sentiments, qu’est-ce qui les différencie du psychopathe décidé à me couper en morceaux au coin du bois ? Je préfère être seule que mal accompagnée.

L’eau rafraîchit mes jambes, et je contemple le reflet des gens à la surface : quelqu’un se tient de l’autre côté du buisson de rose, et je ne peux pas encore l’apercevoir, mais je sais qui c’est… Je l’ai déjà vue, et j’en ai surtout beaucoup entendu parler.

Les enfants plongent. Ce ne sont pas les miens ; ce sont les enfants de l’hôtel. A 27 ans, je ne me vois toujours pas avec des enfants, et mes amies s’inquiètent que mon horloge biologique ne se déclenche jamais. Personnellement, ça ne me manque pas. Ils viennent de brouiller la surface de l’eau, et je ne distingue plus le reflet de la mystérieuse apparition qui s’isole derrière le buisson de roses.

Elle avait l’air de téléphoner ; mais d’où j’étais, je ne pouvais pas entendre sa voix. Les enfants s’éloignent pour nager, et la surface s’apaise enfin. Je garde les yeux sur le même point, attendant que le reflet réapparaisse. Soudain, elle sort de sa cachette et apparaît à mes côtés ; je relève les yeux, et le soleil éblouit mon visage.

C’est bien elle, celle sur laquelle courent les plus folles rumeurs. Une touriste étrangère au sourire envoûtant et aux yeux d’un vert indéfinissable, qui s’habille toujours dans un style sobre mais chez les plus grands couturiers au monde ; à ses dépenses et à sa suite, qu’elle occupe seule, on la devine richissime et insouciante, mais nul ne sait vraiment ce qu’elle fait dans la vie, lorsqu’elle ne vient pas prendre ses vacances sur la Riviera.

Plusieurs fois déjà, j’ai pris mon courage à deux mains pour lui adresser la parole, mais je n’ai pu lui faire qu’un sourire timide ; je ne voudrais pas la déranger, ce serait une bien mauvaise entrée en matière. Et qui sait si une femme comme elle pourrait vraiment être amie avec une fille comme moi…

A cet instant, je suis tiré de ma contemplation par une voix désagréable : quelqu’un vient de s’asseoir à mes côtés. Quelqu’un qui n’a pas compris ce que je viens de vous dire : avoir envie de parler à quelqu’un, ce n’est pas suffisant pour que tout se passe bien. Il a envie de me parler, et il croit que ça suffit… Je le hais déjà.

« Salut, ma belle ! Gabrielle, c’est ça ? Les copains au bar m’ont dit que tu étais de Paris ? Moi aussi, ça tombe bien ! Quel arrondissement ? »

Il a déjà l’oeil sur les « arrondissements » de mon corps, et je me sens touchée de trop près, presque vexée qu’il ait jeté son dévolu sur moi.