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Le destin singulier d'Emmanuel Macron mérite une présentation originale : l'auteur de ce livre a emprunté la plume de douze écrivains français pour retracer avec humour l'aventure de ce vrai personnage de roman. Dans la veine de l'Ingénu de Voltaire, il campe notre jeune président de la République à la tête de la France des énarques et des migrants. A la manière rétive de Chateaubriand, il dépeint un Bonaparte de l'Après Mai 68, autoritaire et conquérant. Avec le regard de Stendhal, un héros romantique s'évadant de la forteresse de Bercy, sous un quinquennat plombé. Avec la verve de Balzac, un Rastignac parvenu au pouvoir après l'enterrement du Parti socialiste abandonné par les siens. Avec la verdeur de Zola, un jeune surdoué de la Finance confronté à des ouvriers menacés par le chômage. Dans un style inspiré de Marcel Proust, voici le récit d'un instant de bonheur d'Emmanuel Macron à l'Elysée, puis une galerie de portraits de ses partisans. Et voilà un nouveau Petit Prince de Saint-Exupéry, Jupiter en herbe dans l'exploration du désert de l'économie sinistrée. L'auteur évoque l'irruption imprévue de Macron dans notre histoire, En Marche, à la manière alerte de Victor Hugo et de Mme de Sévigné. Il s'inspire aussi du verbe de Bernanos, du souffle de Charles de Gaulle et de la rhétorique de François Mitterrand devant les grands enjeux de l'heure. Ecrit sans flagornerie ni animosité, ce recueil de pastiches n'est ni un panégyrique, ni un pamphlet. Mais à travers sa fantaisie, il appelle à la réflexion.
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Seitenzahl: 93
Veröffentlichungsjahr: 2018
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Le Passage de la Mer rouge, les chrétiens dans la libération des peuples de l’Est, Fleurus 1991
Le levain de la liberté, Régnier 1996
Jean-Paul II vu par…, F-X de Guibert 2001
Insupportables catholiques,
F-X de Guibert 2006
« Nous lui devons la liberté », Jean-Paul II et les orthodoxes, Salvator 2008
En collaboration :
Génération JMJ, Fayard 1997
La Pensée unique, le vrai procès, Economica 1998
La Famille à venir, Economica 2000
Les autoroutes du mal, Presses de la Renaissance 2001
Atout Famille, Presses de la Renaissance 2007
A Marie-France
Avant-Propos
Mme de Sévigné :
Macron d’Amiens lieutenant général du royaume
Chateaubriand :
Le règne sans partage d’un nouveau Bonaparte
Victor Hugo :
O soldats de 17 !
Balzac :
Eugène Macron de Rastignac
Stendhal :
Comment Fabrice-Emmanuel parvint à s’évader
Emile Zola :
Un champion de la Finance au milieu des ouvriers
Marcel Proust :
Du côté de l’Elysée
Georges Bernanos :
Quelle Europe pour quelle humanité ?
Charles de Gaulle :
« La France peut encore vaincre la fatalité »
François Mitterrand :
« Le coup d’éclat récurrent »
Voltaire:
L’Ingénu chez les Enarques
Saint-Exupéry :
Un Petit Prince dans le désert de l’économie
L’arrivée surprenante du jeune Emmanuel Macron au pouvoir, à la faveur du déclin des vieux partis, a été un évènement d’une importance primordiale pour notre pays. Quels que soient ses effets à terme, le gouvernement de la France par cet homme au destin singulier fera date : voilà qui méritait d’être évoqué d’une façon particulière.
En racontant l’aventure personnelle d’Emmanuel Macron à la manière de douze écrivains du XVIIème au XXème siècle, j’ai voulu « croquer » l’itinéraire de ce jeune président avec nos références littéraires autant qu’avec nos repères historiques.
On peut parler de Macron autrement que dans une logique de l’immédiat : j’ai préféré le recul multiplié d’un temps retrouvé au fil des siècles, avec le décalage de la culture et de la fantaisie. Cet essai polyphonique évolue ainsi le long de plusieurs époques avec l’éclairage de mentalités distinctes mais complémentaires.
J’ai cherché à considérer Macron comme l’homme-événement incroyable avec la fraicheur de Mme de Sévigné ; puis, avec la hauteur récalcitrante de Chateaubriand, comme un Bonaparte de l’après Mai 68 ; ou comme un Rastignac avisé, avec l’intérêt indulgent de Balzac ; et, avec la verve romanesque de Stendhal, comme un héros romantique audacieux s’évadant de la forteresse administrative de Bercy sous un quinquennat plombé.
J’ai voulu aussi dépeindre la fondation d’En Marche, instrument de renouveau de la classe politique, avec le lyrisme de Victor Hugo, revécu ici d’une façon burlesque. Puis, avec l’âpreté d’Emile Zola, j’ai décrit ses rencontres avec des ouvriers menacés de perdre leur emploi.
Pour esquisser son portrait et celui de ses électeurs, j’ai choisi le style délicat de Marcel Proust…
Face aux défis éthiques de l’Europe, l’approche spiritualiste de Bernanos m’a semblé précieuse.
Devant les grands enjeux du projet politique d’Emmanuel Macron, je me suis inspiré de l’éloquence de Charles de Gaulle.
Quant au style d’action trépidant du jeune chef d’Etat, j’ai emprunté à la rhétorique de François Mitterrand.
Pour évoquer la France effervescente des migrants et des énarques, le recul ironique du Voltaire de l’Ingénu m’a paru adéquat…
Enfin, pour aborder la délicate entreprise de Macron au milieu d’une économie désertifiée, j’ai suivi l’aventure de Saint-Exupéry, père d’un « petit prince » venu d’une autre planète…
Ni pamphlet stérile, ni panégyrique superflu, ce recueil de pastiches a été écrit dans une volonté de fidélité à l’indépendance d’esprit dont ces écrivains nous ont donné l’exemple. Ainsi, dans sa fantaisie, il appelle à la réflexion.
Denis LENSEL
A Paris, lundi 15 janvier 2017
Je m’en vais vous mander la chose la plus étonnante, la plus surprenante, la plus inattendue, la plus étourdissante, la plus ébouriffante, la plus époustouflante, la plus inouïe, la plus singulière, la plus extraordinaire, la plus miraculeuse, la plus incroyable, la plus imprévue, la plus rare, la plus logique, la plus difficile, la plus simple, la plus éclatante, la plus secrète jusqu’à ces prochains jours, la plus brillante, la plus triomphante, la plus digne d’envie ; enfin une chose dont on ne trouve guère d’exemples dans les temps passés, une chose que nous avons du mal à croire à Paris, mais que certains ont pu espérer dans leur fief de Picardie ou bien à Lyon..., une chose qui fera frémir tout le monde ; une chose qui en comblera certains parmi les gens de lettres ; une chose qui remplira de consternation les amis de Monsieur de Sablé et les gens de quelques salons de la Rive Gauche, mais qui soulèvera d’espoir le cœur de bien d’autres personnes ; une chose enfin qui se fera le dimanche 7 mai, où ceux qui la verront croiront pour beaucoup d’entre eux avoir la berlue ; une chose qui se fera ce dimanche-là, et qui ne pourra peut-être pas être faite à la saison suivante. Je ne puis me résoudre à vous en donner la primeur, j’aimerais vous la laisser deviner, mais c’est là une entreprise impossible.
Eh bien ! puisqu’il faut la dire, cette chose incroyable, Emmanuel Macron d’Amiens, le jeune contrôleur des Finances qui vient de quitter sa charge, va cependant être nommé… à quelle fonction ? Je vous le donne en quatre, je vous le donne en dix, je vous le donne en une douzaine. Madame votre épouse dira : Voilà qui est bien difficile à deviner ! Surintendant des Finances ? Point du tout, madame. Secrétaire d’Etat de la Maison du Roi ? Vous n’y êtes pas. Il faut donc vous le dire : Monsieur Macron va être nommé lieutenant général du Royaume, avec le consentement du peuple rassemblé dans ses Etats Généraux, par ma foi ! par ma foi jurée… !
Une cérémonie d’intronisation du nouveau souverain doit avoir lieu dans la cour du Louvre devant les représentants du Tiers-Etat. Voilà un beau sujet de discourir. Si vous vous récriez, si vous soutenez que cela est faux, si vous nous taxez de mensonge ou de fabulation, si vous dites qu’on se moque de vous, que voilà une vaine mystification ; si enfin vous nous accablez d’invectives, nous conviendrons que vous avez raison ; nous en aurons fait autant que vous… Adieu ; les nouvelles qui vous seront transmises par des voies ultérieures vous feront voir si nous disons vrai ou non.
J’espère que j’aurai l’honneur de vous revoir ce printemps, et qu’étant quant à moi tout à fait certaine de mon fait, et quant à vous mieux instruit, je serai plus en état de vous persuader tout ce que vous pensiez que je ne pouvais point vous persuader, tant c’était chose hors du commun.
Préparée par la corruption de nos mœurs et par les égarements de notre esprit, la révolution de 1968 avait éclaté parmi nous. Et, dans les années qui avaient suivi ce séisme, on avait renversé l’autorité, la religion et la morale au nom des lois ; on avait renoncé à l’expérience et aux coutumes de nos pères ; on avait renié le testament du tombeau de nos aïeux, seule base solide de tout gouvernement, pour fonder une société sans passé et sans avenir sur les bases mouvantes d’une logique incertaine.
Nous avions laissé une jeunesse estudiantine désoeuvrée et les pires éléments de la populace se répandre au milieu des rues de Paris, dans une atmosphère irresponsable de Saturnales éphémères. Ayant alors perdu toute idée claire du juste et de l’injuste, nous avions confié les clés de notre destinée collective à un lamentable cortège de chefs démagogues. La patrie tombée en de pareilles mains fut bientôt vilipendée, déchirée et couverte de plaies.
Cependant le mot liberté qui semblait alors nous conduire était noble : on ne saurait accuser la liberté des forfaits que l’on commit en son nom. Eclairés par l’expérience, les hommes de bonne volonté, dont l’esprit n’avait point été faussé par des théories empoisonnées, sentirent enfin que le gouvernement monarchique était le seul qui pût convenir à notre pays.
Il eût été naturel de faire appel à un héritier de nos chefs légitimes… Mais les uns craignaient pour leur carrière, les autres pour leurs richesses. Le bien public fut sacrifié à l’intérêt personnel, et la justice à la vanité. Et on préféra l’Europe des banquiers et des fonctionnaires à la France des patriotes et des croyants.
Il fallut donc songer à choisir et à établir un chef suprême qui fût un enfant de la révolution, un chef en qui l’esprit nouveau pactisât avec l’esprit des lois démagogiques, celles de la société libérale licencieuse issue de 1968 et celles des lampions roses de la Convention montagnarde sectaire de 1981.
Emmanuel Macron, ce nouveau Bonaparte, se concilia beaucoup de Français sincèrement attachés à l’intérêt de leur pays, en se déclarant le restaurateur de la prospérité, de l’efficacité et de l’ardeur au travail. Beaucoup parmi les plus sages et les plus clairvoyants y furent trompés. De nombreux Jacobins, Montagnards et socialistes, considéraient Macron comme leur créature, leur continuateur et le chef populaire d’une nouvelle administration moderne et émancipatrice. Et une quantité non négligeable de Girondins, républicains et libéraux, voyaient en ce même Macron leur homme, capable de retrouver les voies de la grandeur de la France, et de libérer l’Etat et l’économie des contraintes bureaucratiques et des pesanteurs sociales qui les avaient entravés jusqu’alors à l’excès… Tout le monde, ou presque tout le monde, espérait en lui.
Après avoir séduit et attiré peu à peu un nombre suffisant de députés dans ces deux camps du Parlement, Emmanuel Ier a presque réduit à néant leurs partis, au profit de sa propre formation politique, « En Marche », au service de son pouvoir personnel d’homme d’Etat ambitieux, autoritaire et intransigeant.
La France entière avait été soumise à l’empire de la propagande : journaux, brochures, discours officiels, tout a déguisé ou masqué la vérité.
L’ambiguïté régnait en maîtresse dans les discours publics : le nouveau Bonaparte prétendait y promouvoir les valeurs de tous les systèmes de philosophie politique en cours à notre époque, et il préconisait « en même temps » divers remèdes et leurs antidotes à tous les maux de notre malheureux pays. Il souhaitait satisfaire de la sorte tous ses compatriotes, dans l’espoir de n’en décevoir aucun et de tous les séduire par son verbe enjôleur.
Héritage funeste de longues années de gabegie bureaucratique, l’administration la plus dispendieuse d’Europe avait englouti une partie considérable des revenus de l’Etat. Des armées de fonctionnaires du fisc et de douaniers dévoraient le produit des impôts qu’ils étaient chargés de lever. Le moindre secteur de l’administration avait sécrété des protubérances inutiles et coûteuses : on ne comptait plus le nombre des commis attachés à vie à l’Etat.
Si stérile en matière de stimulation de l’économie, l’imagination du régime des Jacobins socialistes avait été débordante en matière de fiscalité. Sans cesse on avait créé de nouveaux impôts. Malgré de fallacieuses promesses, la situation ne s’améliora guère.
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