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La région parisienne célèbre cette année le 80e anniversaire de la Libératioin après quatre ans d'occupation nazie. C'est l'occasion de revisiter l'histoire de Massy, bourg de 5000 habitants et important noeud de communication au sud de Paris, pendant cette année qui a connu des bombardements meurtriers avant la libération par l'armée du général Leclerc. C'est aussi un moment privilégié pour rendre hommage à toutes celles et ceux qui ont été acteurs de cette libération ou victimes de cette guerre, qu'ils aient été massicois en 1944 ou le soient devenus par la suite.
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Seitenzahl: 173
Veröffentlichungsjahr: 2024
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Massy 1944…
On aurait envie de reprendre les mots du Général du Gaulle : « Massy outragée ! Massy brisée ! Massy martyrisée ! mais Massy libérée ! (…) avec le concours des armées de la France ». Et si l’emphase gaullienne parlait évidemment de Paris, la réalité vécue par les femmes et les hommes de 1944 n’est pas différente à Paris et à Massy.
C’est à ce parcours de mémoire que nous invite Massystoric, pour retrouver, pour rencontrer, celles et ceux qui ont vécu Massy, il y a maintenant 80 ans.
On y lit les heures terribles de l’occupation et l’histoire glorieuse de la Libération.
On y voit les images des destructions, le clocher de Sainte-Marie-Madeleine miraculeusement debout au milieu des ruines de l’église et de la ville détruite, condamnée pour sa proximité avec la gare de Massy-Palaiseau. Indirectement, une fois encore, l’histoire de Massy est indissociable de celle du train.
On y croise surtout, et c’est ce qui fait plus que tout l’intérêt et l’émotion de ce livre, des personnes qui ont marqué notre ville. Les anciens maires, Louis Courtois et Paul Bailliart, le fameux « Paul B. », et même Robert Vizet, qui fut maire de Palaiseau. Henri Gilbert, André Nicolas, Robert Langlois… dont les noms sont inscrits dans nos rues. Louis Moreau, dont j’avoue que j’ignorais tout, inspecteur de l’éducation, fonctionnaire zélé, d’abord pétainiste, puis résistant héroïque, mort en déportation, et dont la vie dit la complexité de l’époque. Plus récemment, des noms de femmes, qu’on avait trop longtemps oubliées, sont venus s’ajouter à cette liste, Julia Marcus et Georgette Bénard, dont nous avons appris la vie grâce au travail de Massystoric.
J’y croise, et cela me touche, des gens que je connais ou ai connus directement. Jacques Drennes, fils de Roger, gaulliste de la première heure. Les Poliakov, Léon et Germaine, figures majeures de Massy et pas seulement, et dont le parvis de l’opéra porte le nom. Je me souviens des 100 ans de Germaine ; quelle femme ! Et puis Robert Charlas, qui fut conseiller municipal, que je connaissais surtout comme médecin, ami de mes parents.
C’est un chemin de mémoire précis et profond, fondé sur des témoignages qui lui donnent son humanité ; un chemin qui nous donne à voir les horreurs de la guerre, et nous invite à ne rien oublier ; un chemin qui nous dit ce que nous devons à ces hommes et ces femmes, qui ont conquis notre liberté.
Et pour ce chemin, je veux dire un grand merci à toutes celles et ceux qui, au sein de Massystoric, l’ont tracé.
Nicolas Samsoen, maire de Massy
Cette année, la région parisienne célèbre le 80e anniversaire de la Libération après quatre ans d’occupation nazie. Pour l’association Massy Storic, c’est l’occasion de revisiter l’histoire de Massy en 1944 qui fut à la fois une année très douloureuse avec les lourdes pertes dues aux bombardements américains de juin et pleine d’espoir avec la libération de la ville par l’armée du général Leclerc le 24 août.
C’est aussi un moment privilégié pour rendre hommage à toutes celles et tous ceux qui ont été acteurs ou victimes de cette guerre, qu’ils aient été massicois en 1944 ou le soient devenus par la suite. Le choix a été fait de ne pas traiter ici des personnalités nationales même si une rue ou une école leur est consacrée, mais seulement de consacrer les recherches aux acteurs locaux. Dans certains cas, le résultat des recherches est assez maigre ; dans d’autres, des évocations beaucoup plus complètes sont possibles.
Comme les ouvrages précédents de Massy Storic, ce livre est le fruit d’un travail collectif qui s’est poursuivi pendant près de deux ans : recherche de documents, collecte de témoignages, confrontation des divers éléments recueillis, rédaction et relecture.
Que tous les contributeurs soient remerciés.
Massy, le 5 avril 2024
Francine Noel, présidente de Massy Storic
Comités de rédaction et de relecture : Diva Becue, Jean-François Bladou, Geneviève Chervier, Noel Crescini, Michel Dubessy, Hervé Hamon, Catherine Le Duc, Marcelle Martin, Daniel Mélou, Francine Noel, Michel Urvoy.
Mise en page : Francine Noel.
Une de couverture : croquis de la stèle de la Libération par son créateur, Jean-Pierre Gautier (inauguration le 9 juin 1974).
4e de couverture : photographie de Jean Bocquier (24 août 1944).
Préface
Introduction
Sommaire
Massy avant l’occupation allemande
le village
le territoire communal
en résumé
le recensement de 1936
l’enquête de septembre 1940
Massy occupé
l’occupation physique
nombreux prisonniers de guerre
réquisitions
rationnement
mesures contre les juifs
défense passive
alertes
Quatre bombardements meurtriers
7 novembre 1942
2 juin 1944
4 juin 1944
8 et 12 juin 1944
le bilan
crise du logement
reconstruction
commémorations
bombes retrouvées
La bataille de Massy
le division Leclerc fonce sur Paris
Massy le 23 août 1944
la colonne Billotte
la journée du 23 août
le 24 août heure par heure
vers Paris
Les libérateurs de Massy
Michel Carage
Pierre Destray
le half-track de Pierre Destray
les autres half-tracks
André et Albert Choucroun
Marcel Lelièvre
Roger Touny
Militaires massicois « morts pour la France »
Résistants « morts pour la France »
Déportés « morts pour la France »
Prisonniers « morts pour la France »
Victimes civiles des bombardements
Victimes civiles de la Libération
Victimes et résistants d’ici et d’ailleurs
Souvenirs de Massicois
Sources
Pour faire le portrait du bourg de Massy, nous ferons appel principalement au recensement de 1936, à l’enquête ordonnée en septembre 1940 par la Feldkommandantur de Versailles et à la description de la commune par Louis Courtois, ancien maire, architecte-urbaniste de la ville, publiée dans L’Echo de Massy en septembre 1948.
Le village
En effet, entre 1936 et 1948, la configuration de la commune a peu changé. La présentation qualitative qu’en fait Louis Courtois est donc encore valide.
« Massy se trouve être un nœud ferroviaire important. Sa gare de Massy-Palaiseau est au point de jonction entre la ligne stratégique d’Orly de l’ancien réseau de grande ceinture, entre Juvisy et Versailles, du chemin de fer métropolitain et de la ligne de Palaiseau à Chartres de fonctionnement intermittent.
Dans l’angle formé par la ligne du métro et l’ancien réseau de grande ceinture s’étend l’agglomération principale de Massy comprenant l’ancien village serré des deux côtés de la route de Chartres et de quatre rues perpendiculaires. [...] Ce quartier, composé d’anciennes maisons pour beaucoup des bâtiments à usage d’exploitation agricole transformés avec plus ou moins de bonheur en locaux d’habitation présente une grande densité de construction, des cours étroites, des ruelles. C’est pourtant à cet endroit que se concentre la plus grande partie du commerce local. Là se trouvent également la Mairie, l’Eglise, les Ecoles. Une briqueterie très ancienne et fournissant une tuile réputée occupe une grande surface au sud de l’église. L’espace compris au nord de ce quartier (entre lui et la gare de Massy-Verrières) s’est [...] construit de pavillons coquets entourés de jardins, principalement en bordure de l’avenue de la Gare. Il s’est construit également en bordure de la rue André-Nicolas, de la rue Pierre-Picard ; le coteau lui-même, malgré la difficulté des accès, voit les constructions se multiplier rue Mangeon, rue de l’Egalité, rue Eugène-Cretel, etc.
A l’est de la route de Chartres (rue GabrielPéri, rue de Paris), le long de la rue Suzanne, rue Jean-Mermoz, rue Pasteur, de nombreuses constructions se sont érigées.
Le village à la veille de la guerrephotographié par Jean Bocquier : au premier plan, la vallée du ru des Gains et ses jardins ; au second plan, le versant ouest de la vallée avec, de droite à gauche, l’église et le cimetière, les écoles du centre, la villa Bonnefille et son parc, l’école Gambetta qui vient d’ouvrir et des maisons du village.
Dans toute cette région, les terrains cultivés se font de plus en plus rares. Pourtant quelques grandes propriétés boisées ont échappé jusqu’à présent aux lotissements. Ce sont les propriété de Vilmorin et Guyot. »
Le territoire communal
« A l’est de l’agglomération, les cultures occupent encore tout le vallon du ruisseau du Grand Etang et les versants jusqu’à la route d’Orléans. Toutefois, au Petit-Massy, à la corne nord-est du territoire qui s’enfonce comme un coin dans la commune d’Antony, les lotissements qui ont fait le plein dans tout ce secteur d’Antony ont essaimé sur Massy.
Au nord de la ligne du métro, entre celle-ci et la Bièvre, de nombreuses constructions s’étaient édifiées au voisinage de la gare, tant dans le lotissement du Prolétariat que dans les terrains de la Coudraye ; ce petit coin de territoire enserré maintenant entre la ligne stratégique, le métro et la ligne de Chartres est à présent bâti dans sa presque totalité.
Au nord de la ligne stratégique et métro versant incliné vers la vallée de la Bièvre, on trouve l’ancienne agglomération de Villaine qui s’allonge en bordure de la rue de Versailles et des rues et ruelles adjacentes avec un petit centre place Lucien-Sergent. Ce village presque exclusivement de maisons de culture groupées par endroit autour de cours oblongues parallèles à la rue de Versailles s’est rapidement modifié du fait que les locaux agricoles se sont transformés en locaux d’habitation et que de nombreux pavillons se sont érigés tant rue de Versailles que dans les lotissements de la rue Hortense-Mangeon et de la rue Jeanne-d’Arc. Des constructions nouvelles ont également été édifiées le long de la rue Lucien-Sergent qui conduit à la gare de Massy-Palaiseau. A l’extrémité occidentale du village s’ouvre l’entrée du parc de Vilgénis [...]. Ce parc s’étend jusqu’à la limite du territoire vers Igny, occupant presque tout l’espace entre la rue de Vilgénis et la Bièvre. A l’extrémité du parc vers le pont de chemin de fer s’élèvent plusieurs constructions.
Entre ce parc et la voie ferrée (anciennement grande ceinture) plusieurs lotissements se sont installés aux Vergers formant un quartier résidentiel important. Immédiatement aux abords de Massy-Palaiseau existe un autre lotissement allant de la gare aux Vergers par l’avenue Georges-Clemenceau. Dans ce secteur, les espaces non bâtis sont pour la plupart occupés par les cultures des établissements Vilmorin.
Au nord-est de Villaine, tout à fait à proximité de la Bièvre, se trouve le lotissement du Cormier.
A l’extrémité occidentale du territoire, au-delà de l’ancien réseau de ceinture et en direction de Versailles, s’est formé, le long de la rue de l’Effort-Mutuel et de l’avenue des Tilleuls, le lotissement des Coteaux ou du Pileu, très isolé de Massy centre.
De part et d’autre de la route de Chartres, au sud de la ligne de ceinture, le territoire est resté à peu près inhabité. Une usine de produits pharmaceutiques y est édifiée. »
En résumé
« La commune de Massy se compose de deux agglomérations rurales anciennes, Massy et Villaine, auxquelles se sont adjoints des quartiers résidentiels aux environs des gares et d’autres sporadiquement accolés aux anciennes agglomérations, particulièrement au sud et à l’est de Massy-Village ainsi que dans la vallée de la Bièvre.
Aux deux extrémités de la commune des lotissements se sont peuplés : Coteau-le-Pileu par extension de Palaiseau, Petit-Massy par extension d’Antony, les Champarts et la Paix sans raison apparente.
Le commerce, peu développé, se concentre dans le groupe des deux agglomérations : Massy-Village et Villaine-les-Vergers.
La tuilerie, située près de l’Eglise, exploite les marnes et glaises vertes d’une carrière située au sud de la rue de Longjumeau. Les laboratoires Comar, importante industrie de produits pharmaceutiques, se trouvent route de Chartres près du ruisseau du Grand Etang. Avec les établissements Vilmorin dont les champs de fleurs bordent la gare de Massy-Palaiseau [...] ils forment les principales industries de Massy. »
Le recensement de 1936
Le recensement de 1936 permet de quantifier la répartition de la population. Sur un total de 4 480 habitants, la moitié est concentrée au centre (2 266). Un tiers se trouve à l’ouest de la ligne Paris-Orsay : lotissement des Vergers (757), vieux hameau de Villaine (594) et Cormier (154). Puis viennent trois écarts : le Petit Massy (336), le Pileu (288) et enfin les Champarts (85).
La population active ne représente que 42% du total, dont 170 chômeurs (9% des actifs) car la France est en pleine crise économique. Les femmes, même si elles participent largement aux travaux dans les fermes, les ateliers ou les boutiques aux côtés de leur époux, ne sont pas répertoriées comme actives, d’où le fait qu’elles forment la plus grande part des inactifs avec un quart de la population totale. Quant aux enfants, ils forment près de 30 % des effectifs.
Le bourg est encore en partie agricole. Mais il n’y a plus que 53 cultivateurs répertoriés. En ajoutant jardiniers, ouvriers agricoles, journaliers et quelques spécialistes, on atteint seulement de 6 à 7% des actifs. L’entreprise grainière Vilmorin emploie 49 Massicois.
Les activités principales sont désormais le commerce, l’artisanat, l’administration (20 employés des PTT) et l’industrie. Les principaux employeurs sont des entreprises locales : Comar (77), les chemins de fer de la Cie Paris-Orléans et de l’Etat (60), la briqueterie (19) et Loyer (7). Il faut y ajouter la Compagnie des Compteurs et les deux métallurgistes Gnôme & Rhone et Cocard qui emploient quelques salariés locaux. Les déplacements de travail sont déjà fréquents puisque des ouvriers se rendent aux usines Renault (17) ou Citroën (14) ou bien rejoignent les chantiers de plusieurs entreprises de BTP (34) et principalement de Deschiron ou Allary, lesquelles ont participé à la construction de la ligne Maginot.
L’enquête de septembre 1940
Au début de l’occupation, le 6 septembre 1940, les autorités allemandes ordonnent une enquête comportant 908 questions auxquelles le maire doit répondre dans la semaine.
Les Massicois ont participé à "l’exode" en fuyant devant l’invasion allemande ; d’autres sont prisonniers de guerre. Seuls 2 960 habitants étaient présents au 1er août 1940 ; 894 n’étaient pas encore de retour au 1er septembre. En revanche, 7 prisonniers de guerre (chemin de fer et PTT) ont été libérés ; on compte 31 personnes réfugiées du Nord.
Parmi les habitants, pas de sujet allemand. Mais un anglais, A. Fleming, qui a été arrêté le 21 août 1940 et interné à l’infirmerie de Fresnes. Son épouse, J. Vanhoey, a aussi été arrêtée ; libérée le jour même, elle doit se présenter régulièrement à la mairie. L’enquête signale aussi un américain (plutôt une américaine, Mrs Corey), 4 arméniens, 24 belges, 35 espagnols, 74 italiens, 1 marocain, 1 polonais, 2 portugais, 3 suisses, 6 tchèques et 7 russes dont 3 juifs : Jules Scher et M. & Mme Soudoplatow. Au total, 159 étrangers, soit 4,5% de la population présente.
L’enquête fournit des renseignements précis sur l’agriculture. Les labours (céréales, fourrages, pommes de terre, betteraves fourragères) occupent les trois-quarts des surfaces cultivées tandis que la vigne a quasiment disparu. Trois cultures particulières sont à noter : les semences liées à l’entreprise grainière Vilmorin, les cultures maraîchères et des vergers d’arbres fruitiers qui n’apparaissent pas dans le tableau d’occupation des sols mais dans celui des entreprises. Deux producteurs possèdent 100 pommiers et 230 poiriers ; les fruits, comme les légumes des maraîchers sont vendus surtout à Paris. La société Vilmorin emploie en permanence 72 hommes et 24 femmes, soit près de la moitié des 172 travailleurs permanents de l’agriculture. Elle cultive 39 ha qu’elle possède et 5 ha en location.
L’enquête signale aussi la présence de trois parcs : celui de la maison Guyot, de moins de 5 ha, et deux plus grands, Vilmorin et Vilgénis. Dernière remarque : le gibier n’a pas été chassé depuis 1938 ; on estime qu’il y a 250 lièvres et 80 perdreaux.
Sont signalés comme artisans 4 menuisiers, 2 cordonniers, 1 maréchal-ferrant, 1 entreprise d’emballage et 1 horloger. Le maire indique qu’ils n’ont pas de travail suffisant par manque de matières premières.
Les effectifs employés dans l’industrie ont notablement diminué entre le 1er août 1939 et le 9 août 1940 passant de 247 à 139, soit une baisse de 44%. Trois usines sont citées : Comar, Loyer et la tuilerie.
La fabrique de produits pharmaceutiques Comar et Cie a son usine située au 94 rue de Paris. Son siège est à Paris. Elle exporte des produits pharmaceutiques vers l’Afrique, l’Orient et l’Amérique. Elle importe de l’opium et de l’ipéca, mais vit sur ses stocks. En septembre 1940, elle emploie 35 ouvriers, 188 manœuvres et 6 apprentis.
La fabrique de produits chimiques Loyer se situe près de la gare du métro de Massy-Palaiseau. Son siège social est aussi à Paris. Elle produit des spécialités agricoles pour la destruction des plantes parasitaires dans les céréales et pour la protection des semailles. Ces produits nécessitent ces ingrédients : chlorure de zinc, sulfate de zinc, stéréate de zinc, sel double pour la galvanisation. Elle manque d’acide chlorhydrique (Kuhlmann) et de chlorhydrate d’ammoniaque (St Gobain). Début septembre 1940, elle n’emploie que 18 personnes ; mais, en« période pleine », l’effectif atteint une cinquantaine de salariés.
Quant à la fabrique de tuiles et briques, elle est fermée : l’activité, saisonnière, n’a pas repris depuis le début la guerre. Elle était d’ailleurs en décroissance constante. Dans tous les secteurs, le maire note l’insuffisance de l’énergie disponible.
L’enquête fournit divers éléments concernant les équipements de la commune, et d’abord les écoles. Sont indiqués deux groupes scolaires publics comportant chacun une école de filles et une école de garçons au niveau élémentaire : celui du centre (7 enseignant.e.s) et celui de Villaine (8 enseignant.e.s). Il existe aussi une école libre (3 enseignant.e.s) qui assure aussi des cours de sténo.
La seule association de jeunesse existante est liée à la paroisse. C’est une « Troupe Scout » dépendant des Scouts de France avec trois dirigeants locaux ; elle utilise un bâtiment sommaire et un lieu de récréation.
Elle encadre 41 jeunes.
L’enquête mentionne aussi les bainsdouches, une salle de gymnastique municipale, une église et une chapelle catholiques. Il n’y a ni cinéma, ni théâtre, ni émetteur TSF, ni journal.
La brigade de sapeurs-pompiers comprend 15 personnes dont un sous-lieutenant (M. David) et un sergent (Jean Urvoy).
En ce qui concerne les communications, Massy dispose de trois gares : Massy-Palaiseau (métro), Massy-Palaiseau (SNCF) et Massy-Verrières. Près de cette dernière, le pont métallique endommagé le 3 juin 1940 a été immédiatement réparé.
Le parc automobile a beaucoup diminué : 93 véhicules de tourisme (105 avant guerre), 26 camionnettes et camions (contre 32) et toujours pas d’autocar. Pour le ravitaillement en essence, la commune dispose de six stations (21 pompes). Il existe deux ateliers de réparation ayant un stock de 200 bandages et 10 chambres à air.
L’objectif n’est pas ici de retracer l’histoire de Massy pendant l’occupation mais seulement de restituer l’atmosphère étouffante de l’époque.
L’occupation physique
L’occupation se manifeste dès le 19 juin 1940 : les rues, chaussées et trottoirs ont dû être libérés pour l’arrivée des troupes allemandes. Le même jour, un couvre-feu est instauré de 22h à 5h. Le capitaine allemand de la Kommandantur rencontre le maire au château Vilmorin puis s’installe chez le Dr Paul Bailliart. Quelques jours plus tard, l’ordre est donné de « faire lacérer ou recouvrir immédiatement toutes les affiches apposées par les autorités françaises antérieures au 25 juin 1940 ». Dès l’été, la commune doit héberger des troupes allemandes. Les principaux lieux de cantonnement sont le château et le parc de Vilgénis (40 soldats, 40 chevaux), 3 fermes de la rue de Versailles (4 sous-officiers, 4 soldats, 52 chevaux), la Cie des Eaux (140 soldats, 130 chevaux), la maison Vilmorin (20 sous-officiers, 60 hommes et 5 chevaux), la tuilerie (43 chevaux) et l’école de Villaine (8 sous-officiers et 80 soldats). Le 24 septembre, 5 officiers, 300 hommes et 26 chevaux se présentent : ils s’installent entre autres à l’école de Villaine (160 soldats) et chez des habitants au Pileu. L’occupation sera allégée dans les années qui suivent, les troupes allemandes étantmobilisées sur de nouveaux fronts. En mars 1942, on signale que des immeubles sont évacués mais toujours réquisitionnés. Le château Vilmorin n’héberge plus que 2 officiers et 50 soldats. Au total, les possibilités de cantonnement sont estimées à 6 officiers, 450 soldats, 240 chevaux et 14 automobiles.
Soldats allemands dans les écuries et le parc de la maison Vilmorin
Nombreux prisonniers de guerre
L’état des lieux du 29 janvier 1941 indique 171 prisonniers de guerre ce qui veut dire l’angoisse pour de nombreuses familles dont le fils ou le mari est en captivité en Allemagne. Cela signifie une forte ponction sur la population active (l’équivalent de 10 % de la population active de 1936) et 225 personnes à charge de la collectivité. Le 25 juillet 1941, on compte 156 fiches de prisonniers. La liste comprend encore 143 noms en mars 1942.
Réquisitions
A leur arrivée, les forces d’occupation réquisitionnent localement des « auxiliaires »
