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Ludovic et Séverine habitent dans une maison forestière depuis plusieurs années. Mais Séverine n’en peut plus de vivre à une demi-heure de son travail avec un joueur de poker invétéré qui se contente de gratter sa guitare et de toucher le chômage. Alors elle fait sa valise. Mais la séparation ne se passe pas bien. Il y a les cris puis les pleurs puis les pro-messes. Mais rien n’y fait, cette fois Séverine s’en va. Elle avait prévenu. Un dernier verre pour ne pas se quitter trop fâchés, la promesse de se retrouver si Ludovic fait un effort et elle s’en va au volant de sa voiture dans un état de nervosité extrême. Elle doit traverser la forêt en pleine nuit. Plus tard, elle revient, alors que Ludovic a tout saccagé dans le salon, elle craint d’avoir eu un accident.
« On est tous coupables, ne prends rien de plus que ta part de culpabilité. »
Claire de la Mirande
« La torture d‘une mauvaise conscience est l’enfer des vivants. »
John Calvin
Informations scéniques :
Comédie à suspense
2 hommes 1 femme
1 décor
Durée 1h15
À PROPOS DE L'AUTEUR
Gérard Levoyer est auteur, comédien et metteur en scène. Il a écrit à ce jour 120 dramatiques radiophoniques dont plus de quatre-vingts pour France Inter et soixante pièces de théâtre toutes jouées en France comme à l’étranger. Il a reçu le Prix SACD de la Radio en 2003 et le Prix Mounet-Sully 95 décerné par la Société des Poètes Français.
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Seitenzahl: 54
Veröffentlichungsjahr: 2025
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Gérard Levoyer
Mauvaise conscience
Théâtre
ISBN: 979-10-388-100-6
Collection: Entr’Actes
ISSN: 2109-8697
Dépôt légal : mars 2025
Illustration de couverture :Christophe Brassart
©couverture Ex Æquo
©2025 Tous droits de reproduction, d'adaptation et de traduction intégrale ou partielle réservés pour tous pays.
Toute modification interdite.
-SÉVERINE, âge moyen, femme énergique mais fragile.
-LUDOVIC, âge moyen, bohème, poète, musicien.
-CATELIN, le voisin, personnage âgé mais vaillant, sympathique.
(Séverine entasse des affaires dans un sac. Des objets dans un carton. Elle est très nerveuse. Ludovic la regarde faire, abattu.)
LUDO
Et tu vas où ?
SÉVERINE
(Agressive.)
En ville ! En ville ! Retrouver de la vie, des gens, des voitures, des klaxons ! J’en peux plus de la campagne et des meuglements de vaches.
LUDO
C’est reposant la campagne.
SÉVERINE
Trop ! J’en peux plus. J’étouffe dans ce silence.
(Ludovic la regarde s’agiter en secouant la tête d’incompréhension.)
LUDO
Comme ça, d’un coup, sans prévenir.
SÉVERINE
Tu veux rire ? Vingt fois je t’ai prévenu. Vingt fois je t’ai dit que je voulais une vraie vie. Une vie de femme. Avec des amis, des vrais amis. Pas des buveurs de bière qui fument et jouent au poker jusqu’à six heures du matin.
LUDO
Je sais, je sais.
SÉVERINE
Oui, tu sais. Mais six heures du matin, pour moi, c’est l’heure où je me lève pour aller travailler…
LUDO
Je sais, je te dis.
SÉVERINE
Alors demande pas pourquoi je m’en vais.
LUDO
Et l’amour, tu en fais quoi ?
SÉVERINE
L’amour ? Quel amour ? Tu parles du cœur ou du cul ?
LUDO
Arrête. Tu sais que je tiens à toi.
SÉVERINE
LUDO
J’ai compris. Allez, prends tes affaires et va-t’en.
SÉVERINE
Tu permets que je prenne un minimum ?
LUDO
Alors prends et tais-toi. J’ai pas envie de t’entendre.
(Séverine continue de ranger des choses. Ludovic va se servir un verre de vin. Il marche, la regarde, secoue la tête négativement, repart faire un tour. Plus ça va, plus Séverine est tendue. Des cintres s’emmêlent, des fringues tombent.)
SÉVERINE
Et merde !
(Séverine jette le tas de fringues au sol et se prend la tête. Donne un coup de pied dans un carton. Elle reprend ses esprits, souffle.)
LUDO
(Gentiment.)
Calme-toi. Tu veux un verre ?
SÉVERINE
Non !
LUDO
Non qui ? Non mon chien ?
SÉVERINE
LUDO
T’embête pas à prendre tout ça. Tu le feras plus tard.
SÉVERINE
Je fais ce que je veux !
LUDO
Bien sûr. Mais si tu veux revenir, je te laisse la clef.
SÉVERINE
(Ricane.)
Monsieur est généreux.
LUDO
Bon, si c’est pour te foutre de ma gueule, je me tais.
(Il va s’asseoir et sirote son verre. Séverine va dans la salle de bains. Elle tire la chasse d’eau.)
SÉVERINE
(Off.)
Quand on pisse, on tire la chasse après… et on n’en fout pas la moitié par terre.
LUDO
Je pisse où je veux, quand je veux et ça te regarde plus puisque ce n’est plus chez toi.
(Elle revient avec une trousse de toilette et des flacons sous le bras qu’elle jette en vrac dans une valise ou un sac.
SÉVERINE
(Off.)
Et quand on se rase, on enlève les poils du lavabo.
LUDO
Merde !
(Elle revient avec l’abattant des W.C qu’elle met dans un carton.)
LUDO
(Ahuri.)
Qu’est-ce que tu fais ? Tu emmènes l’abattant ?
SÉVERINE
Oui, il est à moi.
LUDO
T’as rien de plus important à emporter ?
SÉVERINE
C’est un souvenir. C’est le dernier cadeau que m’a fait ma grand-mère avant de mourir. C’est sentimental.
LUDO
Vas-y, prends, prends, je m’en fous.
SÉVERINE
De toute façon, t’en as pas besoin puisque tu pisses debout.
LUDO
Je ne fais pas que pisser.
SÉVERINE
Hé bien tu iras chier dans le jardin !
(Un temps.)
LUDO
Ça ne te va pas d’être grossière ! Tu fais vulgaire.
SÉVERINE
Tu demanderas à la prochaine son certificat de bonnes manières avant de la sauter.
(Séverine va se servir un verre de vin. Elle regarde les bouquins.)
SÉVERINE
Je ne me souviens plus de ceux qui sont à toi et ceux qui sont à moi…
LUDO
Prends tout.
SÉVERINE
Certainement pas, j’ai aucune envie de lire tes merdes.
LUDO
Alors le tri se fera vite, tu prends les chefs-d’œuvre et tu laisses les merdes.
(Elle prend un livre, l’ouvre, tourne les pages.)
SÉVERINE
LUDO
Tu laisses, je me torcherai le cul avec… dans le jardin.
(Séverine sourit.)
SÉVERINE
Tu vas te choper des hémorroïdes.
(Séverine a un coup de mou. Elle s’assoit à son tour. Ils ont fini leurs verres. Ludovic tend la main vers la bouteille mais n’arrive pas à l’atteindre. Séverine fait de même.)
LUDO
Si elle ne vient pas toute seule, va falloir se lever.
(Ils se regardent, petit sourire.)
SÉVERINE
T’es con.
(Il se lève, va à la bouteille, se sert, repose la bouteille et retourne à sa place.)
SÉVERINE
Et moi ?
LUDO
Seulement si tu restes.
(Séverine se lève et va se servir.)
SÉVERINE
(Elle retourne s’asseoir. Ils sirotent en silence.)
LUDO
Si je te promets de changer, de devenir un gentil petit toutou.
SÉVERINE
J’ai pas besoin d’un toutou, je veux un homme, c’est tout.
LUDO
Un enseignant, comme toi, qui rentre avec des copies sous le bras et la baguette de pain ?
SÉVERINE
Qu’est-ce que tu cherches ? À tout gâcher ?
LUDO
J’essaie de te retenir.
SÉVERINE
Tu t’y prends mal.
LUDO
Je te dis que je vais changer.
SÉVERINE
