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Les souvenirs d’une époque.
La Mission archéologique permanente de l’Indochine installée à Saigon, fondée en décembre 1898, a été rebaptisée École française d’Extrême-Orient le 20 janvier 1900. Son siège est alors transféré à Hanoi. Très rapidement, les premiers chercheurs – archéologues, architectes, épigraphistes, historiens, philologues – ont ressenti le besoin de compléter les notes et les croquis par la photographie. Dès le début du XXe siècle, ces images exceptionnelles, rassemblées aujourd’hui dans les photothèques de Paris et de Pondichéry, ont constitué d’abord un formidable outil de travail, proposé ici comme le témoignage d’une époque.
Chef-d'œuvres photographiques.
EXTRAIT
Tout était à faire, depuis le déchiffrement de la jungle jusqu'aux savantes épigraphies, depuis le travail du terrassier jusqu'aux patientes recherches de bibliothécaire. Car il fallait en ces temps désormais historiques, jouer à la fois le rôle de l’explorateur au sein d’une nature à la terrible exubérance et celui de l’archéologue, capable d’identifier les vestiges retrouvés ou de lire les inscriptions lapidaires bientôt recueillies par centaines. (René Grousset)
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Seitenzahl: 30
Veröffentlichungsjahr: 2015
Portrait collectif des ouvriers-restaurateurs du That Luang (au début des travaux), Vientiane, L. Fombertaux, 1931.
Les travaux de restauration du That Luang furent menés de 1930 à 1935 sous la direction de Louis Fombertaux. Ils permirent de découvrir sous le stûpa actuel une structure plus ancienne, qui couvre probablement elle-même d’autres types de construction.
L’École française d’Extrême-Orient au Laos
Si le Laos trouve aujourd’hui avantage à être situé au centre géographique de l’Asie du Sud-Est continentale, le territoire qu’il couvre, en raison de son enclavement et de sa configuration physique compartimentée, est cependant resté longtemps une sorte d’« espace-tampon », une surface vaste mais très inégalement peuplée que les puissants États voisins renonçaient à occuper, préférant la maintenir en marge.
En s’établissant à la fin du XIXe siècle dans les principautés laotiennes de la rive gauche du Mékong, l’autorité coloniale française perpétua en quelque sorte cette situation.
Plus peut-être que par les ressources qu’elle mettait à sa disposition, la possession du Laos se justifia finalement par le souci de préserver sur le côté occidental du domaine indochinois une zone intermédiaire, dont la maîtrise stricte n’apparaissait pas comme une nécessité.
Cette marginalité du Laos transparaît très fortement dans les récits des voyageurs européens de la première moitié du XXe siècle… et même dans les images qu’ils rapportèrent.
À défaut de pouvoir décrire des villes populeuses et industrieuses comme le sont Hanoi et Bangkok, ou de montrer de vastes étendues agricoles comme on en trouve tant au Vietnam et au Cambodge, ces témoignages évoquent avant tout les manifestations d’une nature sauvage et puissante, ainsi que la diversité et la multiplicité des cultures dont elle est le cadre.
De ce point de vue, les archives photographiques de l’École française d’Extrême-Orient sont représentatives des collections de photographies anciennes sur le Laos. Que les images soient l’œuvre de ses chercheurs ou qu’elles soient issues de fonds qui lui ont été transmis, les représentations du pays se regroupent finalement toutes autour d’un thème fondamental : celui du rapport entretenu par l’homme avec le milieu dans lequel il évolue. Le contact occidental avec le Laos est avant tout la découverte d’un ailleurs. Certains y verront même un Éden, où la nature est riche et généreuse et l’habitant simple et accueillant. La littérature coloniale fourmille d’exemples véhiculant une image sublimée des rives du Mékong ; les documents officiels de l’époque contribuèrent aussi à en donner une vision mythifiée1.
La production photographique ancienne au Laos est encore mal connue et il est difficile de la cerner précisément.
Il semble que les premiers clichés aient été l’œuvre d’Auguste Pavie et de ses collaborateurs, à partir de 1887. Avant cette date, seuls des croquis et des gravures illustrant les récits d’exploration d’Henri Mouhot (1861), de la Commission du Mékong (1866), de Jules Harmand (1877) et du Dr Neis (1883) avaient paru. Les photographies réunies par Auguste Pavie furent publiées entre 1900 et 1919 dans les sept tomes de la série Géographies et voyages2. Certaines images n’étaient alors déjà plus inédites, puisque leurs auteurs avaient pu les faire paraître plus tôt avec leur propre récit de voyage, tel celui du Dr Lefèvre dans un ouvrage daté de 18983. Dans les derniers volumes des travaux de la Mission, des emprunts seront faits à d’autres fonds, comme les photographies de Charles Batteur qui apparaissent dans le tome final (1919)4. Au tout début du XXe siècle, c’est toutefois l’ouvrage d’Alfred Raquez – Pages laotiennes – qui, avec ses quelque trois cents images réalisées en 1900 dans les régions centrales et septentrionales du Laos, est l’album le plus complet sur le pays5
