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Il y a toujours une once de lumière au milieu des ténèbres...
Il y a des amitiés qui vous marquent, qui vous transcendent et qui changent tout. Des liens inexplicables qui résistent malgré tout ...
Pas facile de se débattre avec les sentiments quand on devient un mage de l'ombre.
Quand les ténèbres vous envahissent, il faut savoir s'accrocher à la seule lueur d'espoir qu'il vous reste.
Mephisto, Mezak et Meldi vont bouleverser l'univers tout entier pour protéger ce qui leur est le plus cher.
Un fantasy comme on les aime, truffé de péripéties !
À PROPOS DE L'AUTEURE
A 34 ans,
Caroline Desreumaux écrit des romans depuis quelques années pour son entourage. Ces romans s'inscrivent dans le style fantasy. Elle est l'auteure entre autre d'
Infinity et
Kollection chez Pln.
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Seitenzahl: 168
Veröffentlichungsjahr: 2022
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Mephisto
Carolie Desreumaux
CHAPITRE 1
La vie est faite de choix. Nous passons notre temps à en faire. Ils nous conduisent sur le chemin de la vie … et celui-ci nous mène inéluctablement à la mort. Le but de la vie, ce n’est pas sa destination, mais bien le voyage en lui-même. Voilà pourquoi Meldi, Mezak et Mephisto avaient fait le choix de ne rien dire.
Depuis leur plus tendre enfance, ces trois-là étaient les meilleurs amis du monde. Ils s’étaient rencontrés à l’école primaire, le premier jour de la première rentrée scolaire. Le courant était immédiatement passé entre eux. Dès le premier regard qu’ils échangèrent, un lien indéfectible s’était créé et ne les avait plus jamais quittés. Ils étaient pourtant bien différents les uns des autres.
Meldi était une jeune fille fragile, à fleur de peau. Elle n’avait encore jamais été séparée de ses parents. Et l’école lui semblait être un pénitencier bien terrifiant. Et les plus téméraires, sûrement pour se donner un peu plus de courage, s’étaient empressés de lui donner raison. La faiblesse génère bien souvent des sentiments malsains chez les mammifères, où qu’ils soient dans l’univers. Meldi était terrifiée et cela pouvait se lire sur son visage. Une cible facile toute désignée. Mephisto et Mezak n’avaient pas hésité une seconde à voler au secours de ce petit être qui paraissait sans défense. Mephisto se faisait une joie de remettre les gens à leur place et Mezak aimait défendre la veuve et l’orphelin contre les périls de ce monde. Ces deux garçons ne se connaissaient pas encore, mais il apparut évident qu’ils partageaient les mêmes valeurs. Il n’y avait aucune rivalité entre eux. Ils avaient trouvé un allier de poids dans le regard de l’autre. Dès lors, les trois comparses devinrent inséparables. Même si aucun ne se ressemblait sur pratiquement aucun point, leur trio fonctionnait à merveilles et dura dans le temps contre toute attente.
Mephisto était un garçon au regard triste. Ses yeux noirs étaient tellement sombres qu’ils ne renvoyaient aucun éclat. Ses cheveux, noir de jais également, accentuaient d’autant plus la pâleur de son visage. Mephisto ne dégageait aucune chaleur. Son regard était dur et froid même lorsqu’il s’évertuait à sourire. Quand il regardait les autres, ces derniers se sentaient toujours mal à l’aise, comme s’ils se sentaient jugés et incapables de se dérober à cet œil scrutateur. Il n’y avait que Meldi et Mezak pour ne pas trouver cela dérangeant. Mephisto était toujours très calme … trop calme. Il ne lui arrivait jamais de se mettre en colère ou de réagir exagérément. Il ne paraissait jamais surpris ou mis au pied du mur. La vie semblait lui glisser dessus, sans jamais trouver quelque chose à quoi se raccrocher. Rien n’avait d’emprise sur lui. Cependant, il pouvait toutefois lui arriver de faire preuve d’une grande violence, mais sans jamais perdre son calme. Il n’était pas fréquent de croiser un être avec autant de self-control que Mephisto, mais cela lui donnait l’air éteint, déconnecté du monde dans lequel il évoluait. Rien ni personne n’avait de prise sur lui. Mephisto avançait irrévocablement dans la direction qu’il s’était fixé et rien n’aurait su le faire plier.
Mezak était quant à lui bien différent. C’était quelqu’un qui attirait l’œil et qui aimait briller. Être au centre de l’attention ne le dérangeait absolument pas. Dès qu’il voyait un problème, il n’hésitait pas à s’emmêler pour tenter de le faire disparaitre. Mezak accordait son attention à tous ceux qui en avait besoin. Personne ne lui était indifférent. Il décelait toujours les failles et il s’arrangeait pour les combler. Il était le sauveur des demoiselles en détresse, et il avait vu en Meldi la pauvre petite créature faible et sans défense qu’elle était. Il était de son devoir de se porter à son secours. Mezak était fait pour ce rôle. Et lorsqu’il rencontra Mephisto, il avait senti qu’il pouvait l’aider à le tirer vers le haut lui aussi. Un être aussi sombre et dénué de chaleur avait besoin de soutien pour parvenir à s’épanouir, et Mezak était tout à fait disposé à lui servir de guide. Il avait l’habitude de lire l’admiration que les autres avaient pour lui, mais le regard de Mephisto était si métallique, qu’il ne lui renvoyait aucune émotion. Mezak comptait bien y remédier.
Meldi était tellement frêle et timide, qu’elle semblait sur le point de se briser à tout moment. Tout chez elle n’était que faiblesse. Elle était toute petite et se cachait derrière sa masse importante de cheveux. Elle cherchait constamment à se faire la plus discrète possible, à fuir les regards qui se posaient sur elle. Depuis toujours, elle tâchait de se fondre dans le paysage afin qu’on ne la remarque pas. Meldi n’avait pas une once de méchanceté. Elle essayait constamment de contenter tout le monde. Dire non ne lui serait jamais venu à l’esprit. Elle était profondément gentille et elle pensait naïvement, qu’au fond, les autres l’étaient aussi. Dès que quelqu’un la regardait, Meldi ne pouvait pas s’empêcher de lui faire un grand sourire, c’était plus fort qu’elle. C’était un mécanisme réflexe, sûrement pour apaiser celui qui la regardait. En restant aux côtés de Mezak, elle avait trouvé une place de rêve. Il attirait tous les regards sur lui et elle, elle pouvait tranquillement rester dans son ombre et suivre son chemin. Entourée de Mezak et de Mephisto, Meldi se sentait suffisamment forte pour affronter la vie avec sérénité. Elle ne se sentait plus jamais seule ou abandonnée. Ils étaient toujours là pour elle.
Mezak était le meneur du groupe, Mephisto sa force de dissuasion et Meldi son cœur. Leur association leur permit de trouver un équilibre dans la vie. Et jusqu’à leurs quatorze ans, le trio avait bénéficié d’une vie douce et agréable. Ensuite, le destin décida de les bousculer un peu.
C’est à cet âge-là qu’avait lieu la sélection. Ce monde voyait naitre trois différents types de personnes. Des mages de l’ombre, des mages de lumière et des humains sans potentiel magique. Les caractéristiques des mages n’apparaissaient qu’à l’adolescence, et c’est pour cela qu’un tri était fait à ce moment-là. Et comme les contraires avaient la fâcheuse tendance à s’attirer, Meldi, Mephisto et Mezak représentaient chacun l’une de ces trois catégories. Malheureusement pour eux, ils étaient donc destinés à être séparés.
Depuis le début de l’année, Mephisto et Mezak avaient commencé à montrer des signes typiques de mage. Mais au lieu de le crier haut et fort sur tous les toits comme le faisaient tous les autres, ils n’osèrent même pas évoquer le sujet entre eux au départ. Ils étaient mortifiés à l’idée que quelqu’un l’apprenne. Chacun gardait son secret, pensant bêtement que si personne ne le savait, cela en serait moins réel. Mephisto et Mezak décidèrent d’ignorer le problème qui se profiler à l’horizon et de continuer comme si de rien n’était. Mais l’année avançait et l’échéance du tri se rapprochait. Mephisto fut le premier à se risquer à en parler à ses amis. Faire l’autruche n’avait pas fait disparaitre le problème, il l’avait seulement retardé. Il avait dû se rendre à l’évidence, aucun doute n’était possible, il était bel et bien un mage. Il fallait qu’il prenne le taureau par les cornes.
Mephisto : Il faut que je vous dise un truc important.
Mezak : Tu affiches toujours une mine grave. Mais avec toi, on peut s’attendre à tout et n’importe quoi !
Meldi : Comme la fois où il voulait nous inviter à son anniversaire … je croyais qu’il allait nous annoncer le décès de quelqu’un !
Mezak : L’avantage c’est qu’au moins, peu importe ce qu’il nous sort, on est toujours soulagé !
Meldi : C’est une bonne technique ! On s’attend toujours au pire, alors on relativise toujours !
Mephisto : Non mais cette fois-ci, par contre, ma tête est adaptée à la situation.
Meldi : Tu me fais peur Mest … qu’est-ce qu’il y a ?
Mephisto : Il faut me promettre de ne pas en parler à qui que ce soit.
Meldi : Bien sûr !
Mezak : Crache le morceau …
Mephisto : Il semblerait que j’ai des prédispositions pour être un mage de l’ombre …
Meldi le regardait fixement. Elle essayait de déceler s’il n’était pas en train de leur faire une mauvaise blague. Mezak, lui, avait la bouche sèche. Que ce soit vrai ou non pour Mephisto, maintenant il n’avait plus le choix. Il allait de voir avouer qu’il était certainement un mage de lumière. Le souffle lui manquait.
Meldi : C’est une blague, hein ?
Mephisto : J’ai bien peur que non …
Meldi : Comment tu t’en es rendu compte ?
Mephisto : Depuis quelques temps, j’ai remarqué que mon ombre m’observait et qu’elle ne suivait pas toujours le mouvement. Je ne voulais pas y prêter attention. Je refusais d’y croire. Et puis, hier soir, j’ai bien été obligé de l’admettre.
Meldi : Qu’est-ce qu’il s’est passé ?
Mephisto : Je faisais mes devoirs dans mon lit, j’étais super fatigué. Je n’avais aucune envie de me relever pour aller éteindre. Je voulais dormir, la lumière me faisait mal aux yeux. Et c’est alors que les ténèbres sont sorties de sous mon lit. Elles se sont répandues dans toute la chambre, jusqu’à engloutir l’ampoule au plafond.
Meldi : Mest … tu es sûr que tu n’as pas rêvé ?
Mephisto : Je me suis retrouvé dans le noir le plus total. J’ai paniqué et c’est là que je l’ai entendu … la voix de mon ombre. Elle me disait que tout allait bien, qu’il n’y avait pas de danger, que désormais, je n’étais plus seul.
Meldi : Crise cardiaque !
Mephisto : Je ne sais pas ce qui est le plus effrayant : se retrouver tout seul dans le noir le plus complet, ou bien qu’il y ait une entité avec moi !
Meldi : Pourquoi tu ne nous en as pas parlé dès le début, dès les premiers signes ?!
Mezak : Parce qu’il avait peur … parce qu’il ne voulait pas que tout ceci soit vrai. En gardant le silence, il restait une chance que cela disparaisse. Alors qu’en l’avouant à haute voix, cela serait devenu réel …
Meldi : Mezak ?
Mezak : Moi aussi j’ai quelque chose à vous avouer.
Le monde s’écroulait. Mephisto et Mezak avait lâché une bombe et ceci allait tout changer. Bien sûr, ils n’y étaient pour rien, mais le résultat était le même. C’en était trop pour Meldi. Elle prit conscience qu’elle allait se retrouver toute seule dans ce monde de brutes, et que ses deux meilleurs amis, en qui elle avait une confiance absolue, allaient l’abandonner pour toujours. Meldi s’effondra, elle se mit à pleurer et rien ni personne n’aurait pu alors la consoler. Mephisto et Mezak se regardèrent, impuissants. Meldi partit en courant pour rentrer chez elle, finir de vider toutes les larmes de son corps. Mephisto voulut partir à sa poursuite, mais Mezak le rattrapa par le bras.
- Laisse-la partir.
- Mais elle a besoin de nous.
- Elle a surtout besoin de prendre le temps d’encaisser le choc. Laissons-lui le temps. Il va bien falloir qu’elle apprenne à faire face toute seule. Ce n’est plus une petite fille.
- Je ne l’ai jamais vu aussi mal … ça me tue de la voir comme ça.
- Raison de plus pour rester ici. Je n’aurais peut-être pas dû attendre aussi longtemps avant de le lui dire …
- Tu le savais depuis longtemps, toi ?
- Comme toi, j’ai d’abord voulu ignorer les signes. Je me mentais à moi-même, je ne voulais pas que ce soit vrai dans un sens. Mais il faut bien que je me rende à l’évidence moi aussi … je peux contrôler l’énergie lumineuse, je peux produire de la chaleur et de l’électricité. J’arrive même à enflammer des trucs …
- Tu t’es entrainé …
- Je devais savoir de quoi j’étais capable. Tu devrais en faire autant.
- Je ne suis pas prêt à accepter cette part de moi. Pourquoi fallait-il que ça tombe sur moi ?!
- A bien y réfléchir, ce n’est pas si étonnant que ça. Tu as toujours été quelqu’un de plutôt sombre. Si tu m’avais sorti que tu étais un mage de lumière, là, j’aurais complètement halluciné !
- C’est ça, moque-toi de moi. Profites-en tant que je ne t’ai pas fait disparaitre dans le néant !
- Dit le mec qui ne sait même pas encore s’il peut faire plus que de simplement boucher une ampoule électrique !
Les deux garçons se mirent à rire. C’était là le seul moyen qu’ils avaient trouvé pour évacuer leur stress et tenter de dédramatiser la situation. Ils auraient dû être fous de joie. Être un mage était un immense honneur, une chance incroyable. Chaque année, une poignée de personnes montraient des signes magiques. Ils partaient alors rejoindre un autre monde, Arkane pour les mages de l’ombre et Isolis pour les mages de lumières. Là-bas, on leur enseignait comment accroitre leur potentiel et maitriser leur don avant de les envoyer à travers l’univers pour l’aider à se développer. Être un mage était le statut le plus glorieux auquel un humain pouvait prétendre, mais aucun d’eux n’avaient vu d’un bon œil cette révélation. Ils n’avaient aucune envie que leur vie soit bouleversée, transformée. Être mage allait non seulement briser leur amitié profonde, mais aussi révolutionner entièrement leur existence. Mephisto et Mezak allait être arrachés à leur terre natale pour être disséminés à travers le cosmos. Aucun d’eux n’étaient prêts à endosser le rôle qui était prévu pour eux.
CHAPITRE 2
Mezak était tiraillé entre deux sentiments contradictoires. Depuis qu’il s’était libéré de son lourd secret, il ressentait la fierté d’appartenir aux mages de lumière, mais en même temps, ce statut l’éloignait de tout ce qu’il avait toujours connu et aimé. Il fallait qu’il prenne le temps de réfléchir à tout ça et qu’il se pose les bonnes questions.
Mephisto ne voyait que le mauvais côté de la chose. Il ne voyait que ce qu’il allait perdre, et non ce qu’il allait y gagner. Il n’avait aucune envie de changer de vie. Il avait besoin de parler à Meldi, et tant pis si elle avait besoin de solitude. Elle en aurait tant qu’elle veut, une fois qu’il serait parti ! Il était en chemin pour se rendre chez Meldi lorsqu’une pensée le titilla. Meldi ne s’était pas effondrée lorsqu’il avait avoué la triste vérité. Elle avait compris la gravité de la situation, mais elle y avait fait face. Ce n’est que lorsque Mezak avoua que lui aussi était un mage, que Meldi avait perdu toute contenance. L’idée de perdre Mezak l’avait terrassée … mais pas de le perdre lui. Mephisto avait été légèrement blessé dans son amour propre, il aurait aimé que son aveu ait le même impact que celui de Mezak. Cependant, il la comprenait. Mezak avait toujours été le maillon fort du groupe. Le meneur, le guide. Il était normal que Meldi soit anéantie par la perspective de son départ. Elle allait perdre sa boussole.
Mephisto arriva devant chez Meldi. Il sonna mais personne ne vint lui ouvrir la porte. Ses parents étaient au travail et Meldi était trop chamboulée pour se décider à lui faire face. Mephisto allait renoncer lorsque son ombre lui murmura à l’oreille que Meldi se trouvait juste derrière la porte. Elle n’avait pas eu le courage de monter jusque dans sa chambre, elle s’était écroulée sur le sol dès qu’elle avait passé la porte. Ses forces l’avaient abandonnée.
- Meldi ? C’est Mest … ouvre-moi s’il te plait. Je sais que tu m’entends.
- …
- J’ai besoin de te parler. Tu n’es pas la seule à être triste et bouleversée. Laisse-moi entrer. S’il te plait. Je sais que tu es là, juste derrière la porte.
- Comment tu sais ?
- Je te connais par cœur … ouvre.
- Je ne veux pas que tu me voies comme ça !
- Comme quoi ? en larmes ? désolé mais ce ne sera pas la première, ni la dernière fois que cela arrivera … on se connait suffisamment, tu ne crois pas ?
Meldi hésita un instant avant de se résoudre à se relever et à lui ouvrir. Elle entrebâilla la porte, gardant les yeux rivés sur le sol. Mephisto poussa la porte et la prit dans ses bras pour la réconforter.
- Je suis désolé. Tellement désolé, si tu savais.
- Pourquoi est-ce qu’il a fallu que ça vous arrive à tous les deux … le destin m’en veut ou quoi.
- C’est certain que ça aurait été mieux si Mezak n’avait pas été concerné lui aussi. Mais, à bien y penser, il avait l’étoffe pour devenir un mage de lumière. On aurait dû s’en douter avant même que tout cela n’arrive. C’est quelqu’un de tellement lumineux et exceptionnel … ça ne pouvait être que lui.
- J’aurais tellement voulu être comme vous moi aussi … je ne me sens pas le courage de rester seule ici … ce n’est pas juste.
- Je ne compte pas te laisser toute seule ici. Je reste avec toi.
- Tu n’auras pas le choix, tu es un mage.
- Si personne ne dit rien, personne ne saura que j’en suis un.
- Tu ne peux pas déserter ton poste !
- Et pourquoi pas ? Le nombre de mages diffère d’une année sur l’autre. Ils ne sauront pas qu’il en manque un à l’appel !
- Les mages marchent par paire. L’ombre et la lumière s’équilibre. Ils sauront forcément qu’il en manque un !
- Pas si Mezak reste avec nous.
- Tu plaisantes ?! Il a le privilège suprême d’être un mage de lumière. Ce n’est pas rien. Il est fait pour être mage. Il ne renoncera pas à un tel honneur. C’est un devoir qu’il doit assumer …
- Qu’importe. Même s’il manque un mage noir, ils pourront toujours le chercher, ils n’auront aucun moyen de savoir que c’est moi qu’ils cherchent !
- Mest … j’ai vu ton ombre m’observer sous le pas de la porte tout à l’heure. C’est elle qui t’a dit que j’étais là. Je suis persuadée que les recruteurs sauront se servir des ombres pour te localiser. Leur pouvoir est grand.
- Alors il faut convaincre Mezak de rester avec nous, comme ça, personne ne nous cherchera.
- On ne peut pas lui demander de se sacrifier pour mener une vie banale avec nous, ici.
- Peut-être que moi je ne peux pas le lui demander, mais toi, si.
- Moi ?
- Tu sais aussi bien que moi qu’il t’aime depuis toujours. Il serait prêt à tout pour toi, si tu lui donnes l’excuse pour le faire, je suis certain qu’il le fera.
- Qu’est-ce que je suis censée comprendre ?
- Donne-lui une raison de rester. Une raison de te choisir toi plutôt que la lumière …
- Mais je ne peux pas lui faire ça ! Ni pour lui, ni pour le reste de l’univers … et puis franchement, personne ne me choisirait moi plutôt qu’un destin aussi grand.
- Moi je te choisis toi ...
Mephisto avait rempli sa mission, il avait séché les larmes de Meldi. Il lui avait redonné un peu d’espoir et il avait empli sa tête de questions. Sa satisfaction avait un goût amer mais il s’en contenta. Il lui avait dit qu’il était prêt à se sacrifier pour elle, elle n’avait pas cillé. Mais lorsqu’il avait évoqué le fait que Mezak aussi pouvait le faire, elle s’était révoltée contre cette idée … on ne pouvait pas lui demander ça à lui ! Apparemment, Mephisto pouvait gâcher sa vie de mage pour elle, mais pas Mezak ! Mephisto s’assombrit un peu plus. Son ombre lui sourit.
- Tu le vois bien, ta place n’est pas ici. Elle est dans le néant. L’obscurité saura prendre soin de toi.
- Je n’ai besoin de rien ni de personne pour prendre soin de moi.
- J’ai toujours veillé sur toi.
- Ce n’était pas utile.
- Savais-tu que sans nous, les mages de lumières ne pourraient rien faire ?
- Tout comme nous ne pourrions rien faire sans eux. Les mages sont complémentaires, question d’équilibre. Les extrêmes maintiennent la balance. Une force crée systématiquement une résistance. Le monde est ainsi fait.
- Bien, je vois que tu es conscient des enjeux. Ton existence n’est pas dû au hasard, tu as un rôle à jouer. Il ne t’appartient pas de changer les règles du jeu.
- C’est là que tu te trompes. On m’a donné un libre arbitre, et je compte bien m’en servir.
- Tu verras que j’ai raison.
- C’est une menace ?
