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Un recueil émouvant sur la maternité, la perte et la résilience de deux femmes.
Dans ce recueil poignant, deux mères partagent leurs récits de vie bouleversés par la perte et les épreuves de la maternité. À travers des histoires intimes et autobiographiques, elles dévoilent les difficultés liées aux fausses-couches, grossesses extra-utérines (GEU) et accouchements prématurés. Chaque page témoigne de leur douleur, mais aussi de leur courage à continuer malgré les épreuves. L'une d'elles, Nelly Topscher, raconte comment, malgré trois grossesses, elle n'a pu être reconnue comme mère que pour deux de ses enfants. Ses mots touchants mettent en lumière la réalité souvent ignorée des mères en deuil, confrontées à des réflexions cruelles et incomprises de la part de leur entourage.
Laissez-vous émouvoir par ces récits profonds, où chaque instant vécu résonne avec la force d’une mère, et découvrez comment ces deux femmes ont trouvé la force de se reconstruire malgré les épreuves.
À PROPOS DES AUTEURS
Sophie Leseure, née en 1980, est une auteure passionnée de longue date. En plus de ses romances et livres pour enfants, elle se tourne désormais vers le thriller, un genre qui la fascine depuis toujours.
Nelly Topscher, née en juillet 1974 à Montpellier, a mis vingt ans avant de finaliser ses premières romances. Encouragée par un concours de nouvelles, elle n’a depuis cessé d’écrire, laissant sa plume explorer des sujets aussi variés que profonds, comme en témoigne ce recueil.
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Seitenzahl: 33
Veröffentlichungsjahr: 2019
Mères malgré tout
Nelly Topscher
&
Sophie Leseure
Biographie/Témoignage
Arts En Mots » éditionsIllustration graphique : © Val
Préface : Christian Guillerme
J’ai longuement hésité lorsqu’il s’est agi de faire la préface de ce recueil.
Tout ce que je savais de la grossesse extra-utérine (ou GEU) était que l’ovule fertilisé s’implantait à l’extérieur de l’utérus. C’était bien peu en vérité. De la même manière, les infections (toxoplasmose, listériose, streptocoque B…) qui pouvaient survenir lors de la grossesse n’étaient pour moi que des mots. J’imaginais bien que dans les deux cas, cela pouvait être grave, voire létale, pour la femme et le bébé, mais voilà, il s’agissait juste de quelques termes médicaux… une connaissance de surface comme l’on dit. Du coup, je ne voyais pas trop ce que je pourrais bien écrire sur le sujet.
Et puis j’ai lu ce petit recueil, et j’ai compris. Là, j’ai pris toute l’ampleur de la souffrance de ces femmes. Non pas tant physiquement, même si cela ne peut être nié, que moralement, psychologiquement. Il leur aura fallu un courage incroyable pour surmonter cet accident de la vie.
Chacune avec ses expressions, ses cris, ses larmes… à mots couverts, à mots crachés, toute la douleur, toute la détresse est là, palpable, à fleur de peau.
Mère malgré tout m’a donné un éclairage sur le sujet que je n’aurai jamais pu retrouver dans les livres de médecine.
La vie peut ne pas faire de cadeaux, même quand il s’agit du plus beau pour une femme… être mère !
Nelly Topscher
Être une mère
Dans ce bureau impersonnel, elle repose lentement son téléphone portable. Elle jette un œil à l’heure. Personne ne viendra plus la déranger. Elle regarde l’écran sur lequel les mots qu’elle vient de lire apparaissent. Cette nouvelle envoyée par un ami virtuel, membre d’un groupe de passionnés d’écriture comme elle. Elle ne voit plus vraiment les mots tant les larmes viennent perler à ses yeux. Ces larmes qu’elle ne peut plus contenir. Ce qu’elle vient de lire la bouscule au plus haut point. Cette histoire de représentation du futur vient de lui exploser en pleine tête. Dans une dernière once de lucidité, elle sait que ces mots ne sont pas pour elle, qu’ils n’ont rien à voir avec elle. Et, pourtant, ils font écho en elle avec une force inouïe. Les larmes coulent sur ses joues et les souvenirs reviennent. Forcément pas les bons. Non ! seuls les mauvais refont surface. Ceux auréolés de noir. Cela faisait bien longtemps qu’elle n’avait pas pleuré pour ça.
Elle se retrouve douze ans en arrière en ce jour de septembre. Cette agréable journée de fin d’été où, avec son mari, elle part vers une nouvelle rencontre avec leur futur enfant. Cette journée qui avait commencé dans la joie, mais qui s’est terminée dans l’angoisse d’une chambre d’hôpital. Puis, ce lundi où tout s’est accéléré, et où elle s’est retrouvée à accoucher beaucoup trop tôt de leur fille. Mort-née qu’ils disaient alors qu’elle savait qu’elle l’avait entendue vagir.
À partir de ce moment, elle dut se lancer dans un combat quotidien. Celui d’accepter l’inacceptable, entendre des choses invraisemblables et devoir avancer coûte que coûte.
Elle revient à la réalité de son bureau, mais aussitôt repart, happée par son passé. Les mots lus quelques minutes plus tôt ont ouvert la porte de tout ce qu’elle était arrivée à enfermer dans un tiroir de sa mémoire.
Elle se remémore le baptême de leur ange à l’hôpital. Un baptême ponctué de larmes devant une poupée endormie à jamais, qui ressemblait déjà beaucoup à son papa. Et ce retour à la maison le ventre et les bras vides.
Les jours sans fin où elle ne pouvait que pleurer cet enfant. Toutes ses larmes qui sortaient encore et encore jusqu’à l’épuiser. Son corps réagissait en mère. Son sommeil s’était fait léger alors que ses nuits n’étaient pas émaillées de pleurs d’enfant, mais uniquement de silence et de vide.
