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Cela va faire bientôt deux cent ans que les hiéroglyphes ont été déchiffrés et la parole perdue peu à peu retrouvée, mais l'Egypte garde néanmoins une partie de ses secrets. Pour le grand public tout d'abord, car sa voix est noyée dans des légendes, clichés et superstitions, mais aussi hélas pour une partie de la communauté égyptologique, car les traductions sont souvent prises à la lettre ou mal interprétées . Il en résulte que le Message Sacré qu'elle contient, reste paradoxalement méconnu, quand il n'est pas nié. Contribuer à faire reconnaître l'essence de la métaphysique égyptienne et ses applications pratiques pour la rendre intelligible au plus grand nombre, tel est le but de cet ouvrage. Puissent les religions du Livre, ainsi que du bouddhisme et taoïsme, et tout chercheur de Lumière Divine, saisir cette occasion de dialogue et de paix.
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Seitenzahl: 318
Veröffentlichungsjahr: 2020
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A mes parents Christian et Mireille, à mes enfants, mes ami(e)s, amour, affection et gratitude,
Pour Agnieszka Krol, Asst, Het-Her, dans cette incarnation de la Ankh et tous les khéperou, sous le rayon de la Maât, qu'Amn-Râ-Pth t'accueille et que tes Ka soient unifiés dans la Lumière de Râ, sous l'élan du grand Faucon doré : Ankh, Oudjat, Snb !
Je tiens à remercier ici chaleureusement et fraternellement toutes celles et ceux qui m'ont aidé dans la conception de cet ouvrage qui sans lesquels n'aurait pu voir le jour et particulièrement :
Aubert Jean-Claude, Avondo Madeleine, Bonnet Gilbert, Cataneo Christian, Davelana Mag (Arpaix), Krol Agnieszka, Martin Audrey (Merkabas Soyeux), ainsi que toutes celles et ceux qui souhaitent garder l'anonymat ou sont passé à leur Ka, mais dont les écrits, paroles ou actions restent vivants dans mon coeur.
AVANT-PROPOS
INTRODUCTION
PREMIERE PARTIE : LES SECRETS DE LA VIE ET DE LA MORT
CHAPITRE PREMIER : UN DIEU OU DES DIEUX ? (L'UNIQUE CACHE)
CHAPITRE SECOND : LES LOIS COSMIQUES
CHAPITRE TROIS : LE PARCOURS DE L'AME
SECONDE PARTIE : PRATIQUES MAGIQUES, DIVINATION ET INITIATION
CHAPITRE PREMIER : LES DIVERSES MAGIES EGYPTIENNES
CHAPITRE SECOND : LES ECOLES INITIATIQUES
CHAPITRE TEROISIEM : LA PLACE DE LA SAGESSE EGYPTIENNE AUJOURD'HUI
TROISIEME PARTIE : UN SYSTEME MAGIQUE EGYPTIEN
CHAPITRE PREMIER : MATERIAUX, INGREDIENTS, DECORATION, GESTUELLE
CHAPITRE SECOND : UN RITUEL CEREMONIEL GENERAL EGYPTIEN D'OUVERTURE ET DE FERMETURE
CHAPITRE TROISIEME : DES RITUELS SPECIFIQUES POUR LA VIE QUOTIDIENNE
CONCLUSION
ELEMENTS BIBLIOGRAPHIQUES
ME CONTACTER
SITES AMIS
INDEX ALPHABETIQUE DES PRINCIPAUX TERMES ET MOTS CLES
Je n'avais pas sept ans mais je m'en souviens encore, comme si cétait hier.
Dans ma chambre trônaient bien rangés dans des bibliothèques de nombreux livres en tous genres appartenant pour la plupart à mon père :
Littérature française, poésie, histoire, dictionnaires, romans, bandes dessinées.
Mais les livres que je prenais et reprenais dans mes mains le plus souvent étaient les livres d'histoire, tout spécialement les livres sur l'antiquité.
Parmi eux, des ouvrages sur Rome, la Grèce, et surtout sur l'Egypte.
Un livre Egyptien en particulier me fascinait, et cela sans même avoir besoin de l'ouvrir :
Un livre de Christiane Desroches Noblecourt intitulé : " Toutankhamon, Vie et mort d'un pharaon ".
En effet, sur sa couverture figurait un des sarcophages du Roi, couvert d'or et incrusté de lapis-lazuli.
Cette image m'a beaucoup marqué car elle évoquait chez moi un mélange de puissance et de fragilité, mais aussi le silence, la mort, le secret, le mystère...
Je m'interrogeais dans mon lit sur ce que cela signifiait exactement et quel message ces personnes (humaines ?) avaient bien voulu faire passer, tout cela avec mes pensées d'enfant, sans bien sûr connaître les réponses.
Cette première rencontre a ouvert mon intérêt, puis ma passion pour l'Egypte antique : et Toutankhamon, à chaque fois, en a été l'élément déclancheur :
La première fois durant ma petite enfance, tel que je viens de le relater, puis en d'autres circonstances jusqu'à tout récement, le 30 mai 2019, lors de ma visite à l'exposition.
C'est en effet en pleine exposition Toutankhamon à Paris, devant les artefacts, que mon idée de faire ce livre sur l'Egypte a germée.
L'Egypte ancienne continue de faire rêver petits et grands, pour preuve en date cette exposition Thouthankamon1 2019 à Paris, qui a attiré les foules (1.500.000 visiteurs) trente trois siècles après son court règne.
Cela va faire bientôt deux cents ans que les hiéroglyphes ont été déchiffrés et la "parole perdue" peu à peu "retrouvée", mais l'Egypte garde néanmoins une partie de ses secrets.
Pour le grand public tout d'abord, car sa voix est noyée dans un conglomérat de légendes, clichés et superstitions, mais aussi pour une partie de la communauté égyptologique, car les traductions sont souvent prises à la lettre ou mal interprétées, l'objet étant imprégné par le sujet, les préjugés restent souvent tenaces.
Il en résulte que le message Sacré qu'elle contient, pourtant grandiose et Universel, reste paradoxalement méconnu, quand il n'est pas tout simplement nié.
Contribuer à faire ressortir quelque peu l'essence de la métaphysique égyptienne, ses conséquences et applications pratiques, en réunissant ce qui est épars pour la rendre intelligible au plus grand nombre, en cette nouvelle ère du Verse-Eau,2tel est donc le but de cet ouvrage.
Nous nous efforcerons tout au long de notre progression de démontrer, notamment avec de nombreux textes antiques à l'appui, mais aussi des témoignages de personnes de l'époque ou de spécialistes de l'Egypte, que :
– L'Egypte pharaonique est monothéiste, et non pas panthéiste-polythéiste, malgré les apparences ; les "divinités" n'étant "que " des fonctions révèlées de l'Unique caché, au moins pour l' "élite ".
– Les notions de "bien" et de "mal" sont liées au devenir de l'âme humaine et à des choix de vie eut égard aux Lois Cosmiques, immuablement préétablies.
– La Magie tient une place importante et s'applique à de nombreux domaines : Cérémonielle, bien sûr, mais aussi à la guérison, à la protection, la divination etc, et qu'aujourd'hui encore il est tout à fait possible de la pratiquer, dans les règles de l'art et en toute authenticité.
– La réincarnation apparait comme une évidence nécessaire dans le cycle des transformations, menant au retour (plus ou moins progressif) à l'Unité, par réintégration en pleine conscience de Soi, selon la qualité de l'appel vers le Divin et l'application des Lois cosmiques.
– Des écoles initiatiques transmettent à des sujets "choisis", et donc à un très petit nombre, l'intégralité de la Sagesse Egyptienne, dont la Kabbale, la Gnose et l'Hermétisme sont encore imprégnés aujourd' hui.
– Les hiéroglyphes3 ne sont pas de simples conventions de langage mais, par leur symbolique, racines et analogies, permettent, par le Verbe, d'appréhender la Source innefable.4
Puissent enfin les religions dites"du livre", à travers ce dépôt Sacré universel dont elles sont les filles, ainsi que plus largement les traditions Bouddhistes5, Taoistes6 et tous nos frères et soeurs, les chercheurs de Lumière sincères et ouverts de coeur, trouver l'occasion de progresser ensemble sur la Voie de la Lumière Divine, d' intensifier le dialogue Spirituel, pour une meilleure compréhension du Divin, dans la paix, la tolérance réciproque, l'amour, la compassion et la gratitude, pour le bonheur et l'épanouissement de l'humanité toute entière et de toutes les âmes, au présent et à venir ; car l'enseignement véritable de l'Egypte n'est pas un cumul de savoir, ni même une philosophie, mais un appel, une méthode d' éveil universel de la Conscience et un hymne à la Vie.
1 Comprenant 150 objets, dont 60 n'avaient jamais quitté auparavant la terre d'Egypte !
2 Commencée dans les années 2010
3Medou-Neter : signes divins, parole sacrée, caractères sacrés, (par extension verbe créateur)
4Amon (Amn) le caché, le Père, l'Un caché, le zéro métaphysique, l'être-non-être, Ein Sof Aur
5Veda, Upanishad
6 Tao Te King, Yi King
Lorsque l'on s'intéresse à l'Egypte antique, qui est une civilisation majeure et parmi les toutes premières, sinon la première dans l'histoire humaine chronologiquement7, quatre ou cinq idées-forces complémentaires émergent à l'esprit :
La Vie, la mort, la magie, le secret et l'initiation.
C'est pourquoi j'ai retenu ce questionnement naturel comme fil conducteur pour l'élaboration du plan de ce livre.
Dans la première partie de cet ouvrage, intitulée "Les secrets de la vie et de la mort", nous nous nous pencherons notamment sur ces questions fondamentales : Monothéisme/polythéisme, Lois régissant l'univers, réincarnation et parcours de l'âme humaine.
Puis, dans la seconde partie "Pratiques magiques et initiation", nous étudierons successivement les diverses formes de magie dans l'Egypte antique, les écoles initiatiques, avant de nous interroger sur la place de la Sagesse égyptienne aujoud'hui.
Ce sera alors le moment de proposer dans une troisième partie "Un système magique égyptien" pour la magie pratique céremonielle et l'évolution spirituelle de l'opérateur et de ses proches, appliquant concrètement les bases solides acquises et développées tout au long de ce livre, un système authentique, car fondé sur la pure tradition égyptienne, telle qu'exposée ici.
Mais auparavant je voudrais vous faire part de mon émerveillement lorsque je découvris la sagesse égyptienne, il y a de cela vingt huit ans, presque trente ans...c'était en 1992.
Avant cette date j'étais, je l'ai déjà mentionné, très attiré par l'Egypte, sa civilisation, son esthétique, son ancienneté et sa longévité dans le temps.
Mais je ne connaissais alors pratiquement rien à sa Sagesse, aussi lorsqu'un ami avancé en matière de Tradition primordiale me donna les références des livres "d'Her Bak", ce fut pour moi alors comme une révélation !
La raison d'être de cet attrait me sautait alors évidemment et intuitivement aux yeux, et je dévorais d'un trait les deux tomes que je m'étais empressé d'acheter en sortant chez un libraire.
Suite à cette étincelle, je me mis à chercher d'autres documents sur le sujet, d'abord juste pour vérifier l'existence et la véracité des concepts (qui auraient pu eux aussi être romancés), puis systématiquement, afin de progresser dans une voie de la Connaissance qui me collait à la peau.
Au fil des années la somme des lectures et références s'est donc considérablement étoffée.
Parallèlement je pratiquais beaucoup d'arts martiaux : L'Aïkido (ou "voie d'harmonie des énergies") de Moriheï Ueshiba Senseï m'avait appris à la fois à ne pas négliger mon corps, à l'entretenir et le fortifier, mais aussi l'importance du souffle ainsi qu'une autre approche métaphysique (Japonaise).
L'approche Chinoise, plus "souple", m'avait aussi attiré : C'est pourquoi j'ai aussi pratiqué par la suite le Wushu puis surtout le Wing Chun (lignage Ip Man Hong-Kong).
Hormis un gain de confiance en moi et en mon corps non négligeable, tous ces arts martiaux utilisaient les forces antagonistes de la nature, l'adaptation, l'intuition et la complémentarité.
Vivre dans l'instant, dans le présent, toujours être prêt mais néanmoins éviter le combat tant que le point de non retour n'est pas atteint, car le seul vrai combat à mener est contre soi-même : voilà des valeurs qui me parlent et surtout aptes à recevoir des applications concrètes !
Je portais alors tout naturellement mon intérêt à la méditation, qui permet aussi la maîtrise de soi, de faire le calme en soi et de se recentrer sur notre être intérieur et sur l'instant présent, seul moment réel de nos vies, quoique éternellement en mouvement et transformation.
Pour progresser dans cette voie, les techniques du bouddhisme enseignées par Matthieu Ricard et Eckhart Tolle m'apportaient beaucoup.
J'en viens alors à m'intéresser complémentairement à la lithothérapie, puis aux chakras et méridiens, au kundalini-yoga et au magnétisme.
C'est par cette volonté "d'auto-guérir" de corps et d'esprit et parralèlement d' acquérir la pleine capacité d'aider les autres que j'en viens alors à pratiquer la Magie blanche et tout spécialement la "haute magie" cérémonielle et théurgique.
Ma base chrétienne de naissance (baptisé catholique puis initié à la G.L.N.F. au rite chrétien et chevaleresque du R.E.R. à l'âge de 26 ans) et ma connaissance de la Kabbale me poussent alors à approfondir et pratiquer ce que j'appelle par simplification "la magie blanche judéo-chrétienne", magie à partir de laquelle j'opère toujours.
Cette vision théorique et pratique transversale de la Tradition primordiale m'incite alors à élargir ma pratique magique cérémonielle aux rituels égyptiens de la Heka et à axer mes recherches en ce sens.
Vous connaissez la suite et les circonstances dans lesquelle je décide de me lancer dans la rédaction de cet ouvrage.8
Je m'excuse de vous avoir parlé de ma vie, mais cela s'avèrait doublement nécessaire car, s'agissant de mon premier ouvrage en matière de Spiritualité, le lecteur est en droit d'en savoir un peu plus sur l'auteur.
Car je suis surtout connu jusqu'à présent du grand public pour d'autres activités "officielles" passées (mon engagement Gaulliste9 en politique, mes anciennes activités de production en matière de phonogrammes et vidéogrammes, d'organisateur de spectacle vivant, ou encore ma période de formateur pour des grandes écoles en finance de marchés10, ce que j'appelle ma période matérialiste) il était donc particulièrement important pour moi de vous présenter cet aspect de ma vie, dont les activités magiques, de périphériques et occultes, sont progressivement devenues mon centre.
Ceci étant dit, je vous propose à présent de découvrir la première partie de l'ouvrage, qui est consacrée aux secrets de la vie et de la mort.
7 Sortie vraisemblablement de la préhistoire il y a plus de 5000 ans (selon les découvertes et datations archéologiques actuelles).
8 Cf la bibliographie en fin d'ouvrage, pour celles et ceux qui souhaiteraient aller plus loin et en consulter les sources.
9 Je rêvais d'une France de nouveau libre et indépendante, non tutélisée et infantilisée, permettant ainsi de la remettre au service de l'intérêt général, du peuple, et donc finalement de tous (la Maât...?)
10 Dont plusieurs ouvrages édités aux éditions Gualino ( aujourd'ui L'extenso).
Avant d'aborder successivement les trois chapitres de cette première partie, je voudrais m'adresser à chacun d'entre vous, ô toi lecteur, mon frère, ma soeur, chercheur de Lumière, qui feuillette ce livre et lis ces quelques lignes.
Si tu fais cette démarche c'est que tu as, tout comme moi, la passion de l'Egypte et une soif de Connaissance, et peut être en plus ce que l'on appelle "une poussée qualitative du Neter".
Toutefois nous ne nous connaissons pas pour la plupart personnellement, ou pas encore, et chacun a son propre parcours intérieur, son histoire, sa perception, ses interrogations, sa culture sociale voire magique, ses propres bases, sa propre culture locale initiale.
C'est pourquoi, chère soeur, cher frère, avant d'aborder ces trois chapitres, j'ai cru bon de te faire part de quelques concepts fondamentaux auxquels je crois11 fermement et qui seront expliqués en détails tout au long de cet ouvrage, ainsi que de quelques définitions comme les hiéroglyphes, la symbolique, les Neterou, la métaphysique, afin que nous puissions nous assurer de tous parler le même langage et donc se comprendre clairement tout au long de cette lecture, que je te souhaite agréable.
Mais si tu penses déjà maîtriser suffisament tout ceci, tu peux te rendre directement au Chapitre premier ; si tu es gagné par la curiosité ou ressens le besoin d' une révision rafraichissante, suis-moi dès à présent dans ces premiers développements.
Lorsque l'on souhaite connaître les "arcanes" de la Sagesse égyptienne antique, il convient tout d'abord de se nourrir de son symbolisme pour pouvoir pénétrer au coeur de sa métaphysique et l'assimiler progressivement, comme un enfant son alphabet, afin de parvenir ensuite à lire "le livre de Thot" (qui créa le monde par le Verbe) et espérer à terme se confondre avec la "Maât" (Justice et Vérité) dans la Lumière d'Amon-Râ.
En effet, appréhender Dieu, la Source, le Divin, le Créateur, le Père, le Grand Architecte, la Puissance ultime,..., quel que soit le nom12 que vous lui donnez, n'est pas apriori une mince affaire.
Chercher à le nommer par nous même est un vain dessein orgueilleux et voué à l'échec.
Dès lors son "Nom" ne peut être qu'une convention humaine, plus ou moins explicite et approximative, à moins qu'il n'émane de Lui, c'est à dire qu'Il le révèle Lui-même à qui Lui plaît.
Par ailleurs, il est très difficile, voire impossible, pour une créature "née d'un ventre" de connaître directement la Cause.
Mais que le lecteur se rassure, car on peut cependant l'approcher indirectement, grâce aux "empreintes" ou "signatures" qu'il a laissé dans sa propre création, c'est à dire par les symboles, les analogies, les lois cosmiques, la géométrie les nombres, l'astrologie, l'arbre de vie, ses manifestations, fonctions, attributs, émanations, interventions etc... (c'est ce qui nous étudierons ensemble).
Dès lors les mots étant pratiquement impuissants pour accomplir cette mission, il est donc nécessaire de recourir à autre chose : C'est là que les symboles entrent en action.
Il est à cet égard plus que probable que le symbolisme soit apparu avant les langues13 comme premier moyen de communication (ce qui explique notamment son universalité et ses correspondances spatio-temporelles) quand l'homme n'était pas encore dit "moderne" (?) et donc baignait dans la Nature, avec cependant des sens intuitifs généralement mieux aiguisés et exprimés.
Les hiéroglyphes, caractères ou écriture sacrés, sont "des imitations plus ou moins exactes d'objets existant dans la nature".14
Selon J.F. Champollion lui-même, seuls doivent recevoir cette appelation les caractères sculptés ou peints pour décorer les monuments publics ou privés (les méthodes linéaire, hiératique et démotique n'en étant que des abréviations et donc déjà des dérivées).
Plus précisemment la méthode abrégée linéaire servait généralement d'écriture sur papyrus, sarcophages, objets précieux, bijoux.
Mais cette méthode nécessitant néanmoins un bon niveau de dessin (et donc beaucoup de temps et un talent certain), d'autres niveaux d'abréviation furent aussi employés (d'où les formes hiératique et démotique qui suivirent, surtout concernant la vie profane au quotidien et l'administration) ; cette dernière expression était la forme écrite employée par le peuple, d'où sortira plus tard le Copte hélènisé.
Les égyptiens avaient donc deux moyens d'expression écrite distincts, l'une Sacrée, l'autre profane ou populaire.15
C'est n'est donc qu'auprès des seuls supports sacrés (sculptés ou peints sur les bâtiments publics et privés) que le vrai sens symbolique des hiéroglyphes se manifestera à nous.
Par ailleurs, le chemin initiatique16 étant progressif, les adeptes apprenaient d'abord le hiératique et le démotique avant d'aborder, pour les meilleurs, les hiéroglyphes sacrés (medou neter) et leur symbolique, en même temps que d'autres arts (géométrie, astrologie...), dans un circuit adapté aux capacités du sujet, depuis l'expression écrite la plus profane à la plus Sacrée, de la périphérie, du péristyle au naos, au coeur pour ceux qui avaient "ressenti l'appel" et en avaient été jugés dignes.
Ce dernier niveau était donc réservé à une élite de scribes autorisée, capable de pénétrer au coeur des Medou-Neter, le véritable langage sacré des égyptiens.
C'est à ce propos qu'il faut mentionner des faits pour le moins extraordinaires, mais basés sur des éléments néanmoins vérifiables, et qui sonnent un peu comme un corrolaire à ce qui a été dit précèdemment.
Il existe en effet une thèse prétendant que les égyptologues ne savent toujours pas vraiment traduire les hiéroglyphes sacrés, ces fameux Medou Neter sur les temples et monuments...
Oui, vous avez bien lu et la piste semble assez sérieuse, du moins assez pour être mentionnée ici, je vous laisse bien entendu à vos propres conclusions et à votre libre jugement :
Tout d'abord nous venons de voir que, même chez les égyptiens antiques, l'accès, la compréhension, la traduction et la maîtrise des hiéroglyphes sacrés de Thot était réservée à une élite, un petit nombre choisi.
Imaginons donc à présent par contraste, malgré des qualités indéniable, l'égyptologue moderne lambda face à un mur17 de Medou-Neter qui doit retrousser ses manches afin de proposer la plus juste des traductions...qui par définition doit revêtir un haut degré de symbolisme dévoilé à des initiés : On voit donc le coeur du problème.
Mais alors, direz-vous aussitôt : Et Champollion ? Et sa grammaire, son système, son alphabet ? Les cartouches royaux ? La pierre de Rosette etc ?
C'est justement et précisément à ce propos que des évènements très troublants reviennent à la surface et rajoutent à la confusion lorsque l'on se penche dans les détails sur les circonstances des découvertes de Jean-françois Champollion et que l'on examine les enchainements des faits chronologiquement :
Tout d'abord il faut rappeler qu' avant Champollion on ne partait pas de zéro ; quelques auteurs majeurs avaient même donné la voie, les clés, du décriptage des Medou-Neter.18
Chaeremon (Chérémon d'Alexandrie), vivait au premier siècle de notre ère mais était un prètre égyptien et surtout le chef des grammairiens à la bibliothèque d'Alexandrie du Sérapéum (celle qui n'a pas été brulée par Jules César), donc un scribe sacré gardien de la Tradition, ce qui lui donne une autorité officielle, authentique et irréfutable.
Il a écrit un livre du nom de "Hieroglyphica" dont nous possédons quelques fragments (mais qui est cité à plusieurs reprises plus tard par de nombreux auteurs, notamment par Porphyre, Clément d'Alexandrie, puis par Jean Tzétzés dans son "Aegyptiaca").
Clément d'Alexandrie (dans son Livre V des "Stromates") synthétise parfaitement toutes ces informations éparses sur le décryptage des Medou-Neter :
"Ceux qui, parmi les égyptiens, recevaient de l'instruction, apprenaient avant tout un genre de lettres égyptiennes appelé épistolographique ; en second lieu l'hiératique dont se servaient les hiérogrammates et enfin la hiéroglyphique.
La hiéroglyphique était de deux genres : l'une cyriologique, au moyen des lettres primaires, l'autre symbolique.
La méthode symbolique se subdivise en plusieurs espèces : L'une représente tous les objets en propre par imitation, l'autre les exprime d'une façon tropique, la troisième entièrement par allégories par certaines énigmes et anaglyphes".19
Cyriologique signifie à la fois que l'on utilise la première image des mots hiéroglyphisés pour leur utilisation phonétique, mais aussi afin de visualiser un texte dont elle constitue la clé.
Tropique désigne ici un détournement de sens et une transposition de signes, par analogie.
Anaglyphe signifie que l'on exprime un double sens.
Notons au passage que Platon, qui était allé en Egypte, employait parfois cette tournure utilisant la première lettre.
Nous voyons donc que l'écriture égyptienne en "medou neter' ne se résume pas à un alphabet phonétique et que surtout l'aspect idéogramme a un poids très important en pratique, et enfin que les sons phonétiques, lorsqu'ils sont utilisés, le sont aussi selon une autre approche, offrand une clé cyriologique.
L'écriture hiéroglyphique (Medou-Neter) peut donc être "une scène" (cf. Jamblique VII,2-3) ou "une iconophrase" (cf. A. Kircher "Oedipus Aegyptiacus" et Clément d'Alexandrie "Stromates").
"Les sages d'Egypte, pour désigner les choses avec sagesse, dessinent des images dont chacune est celle d'une chose distincte ; chaque signe gravé est une science, une sagesse, une chose réelle saisie d'un seul coup et non une suite de pensée commune, un raisonnement ou une délibération" (Plotin Ennéades V, 8, (31)).
"Ce n'est pas un agencement de syllabes qui, dans leur écriture, rend l'idée à exprimer mais une signification symbolique attachée aux objets qui sont copiés" (Diodore de Sicile III,4,1)
Ces explications divergent donc du concept d'alphabet phonétique égyptien tout puissant, fondé sur la simple transcription phonétique de cartouches royaux, formulés d'ailleurs phonétiquement dans des langues étrangères.
Dès lors les tenants de cette thèse pensent légitimement douter de la précision du "système Champollion" de 1822, car un tel alphabet ne peut faire, en somme et dans ces conditions, un langage universel cohérent et compte tenu en sus que les hiéroglyphes, les vrais, les Medou Neter, sont avant tout une écriture symbolique et non une écriture phonétique.
Ceci pourrait en dire long sur les traductions divergentes et querelles de traducteurs, traductions souvent vides se sens ou trop litérales, voire romancées alors qu'une autre clé de lecture peut être utilisée.
Par ailleurs Aristote, précepteur d'Alexandre le Grand, a notamment écrit un livre intitulé "Traité de la philosophie selon les égyptiens".
Outre qu'il qualifiait les égyptiens comme "les plus anciens des hommes" et l'Egypte comme "le berceau des arts mathématiques" (comprise à cette époque comme la science des nombres, la géométrie, l'harmonique et l'astronomie), il écrit :
"La pensée de l'homme est variable ; mais ce sont les vraies formes invariables que l'homme doit s'efforcer d'atteindre, l'élevant par ce seul moyen vers son origine". Il ajoute :
Les égyptiens, ayant connu les formes spirituelles, gravaient ces conceptions par des figuresornant les pierres des murs des temples ; ils en usaient de même pour tous les arts afin d'indiquer que l'esprit immatériel avait tout créé."
Tout ceci tend à confirmer que la compréhension et la traduction des hiéroglyphes Medou Neter ne peut partir que d'une base spirituelle, donc symbolique et idéographique, ce qui est logique car ils sont sacrés (comme leur nom l'indique).
C'est d'ailleurs pourquoi peu d'égyptiens de l'époque y avaient accès et expliquerait pourquoi aujourd'hui encore les traductions modernes peuvent poser des problèmes de sens.
Mais l'histoire ne s'arrète pas là, et cela a pour effet de faire monter la polémique à son paroxysme :
Jean-François Champollion lui-même, avant d'écrire en 1822 sa célèbre"Lettre à Monsieur Dacier" puis son "Précis du système hiéroglyphique" en 1824, avait cependant déclaré dès 1810 (soit douze ans avant) à l'Académie Delphinale (de Grenoble) :
"La véritable écriture sacerdotale, qui n'était comprise que par les prêtres, était la symbolique, dont ils ne communiquaient qu'aux initiés et aux premières classes de l'Etat. "
Il récidive en ce sens deux ans plus tard, en 1812, dans son livre"De l'écriture des anciens égyptiens" (qu'il est très difficile à consulter aujourd'hui car il en a fait retirer la plupart des exemplaires en circulation...quelques mois à peine après leur publication...pour les brûler!)20 :
"Une longue étude et une comparaison attentive des textes hiéroglyphiques nous ont conduit vers la conclusion que LE SYSTEME N EST PAS ALPHABETIQUE".
Voilà qui ne peut être dit plus clairement ; cependant nous savons qu'il déclarera exactement le contraire en 1824 dans son "Précis du système hiéroglyphique des anciens égyptiens" (Paris Treuttel & Würtz p 50) :
"Les signes reconnus pour phonétiques dans les noms propres conservent cette valeur phonétique dans tous les textes hiéroglyphiques où ils se rencontrent".
Ce qui est, il est vrai, un revirement total et inattendu et contraire à l'esprit authentique des Medou Neter tel qu'il le concevait lui-même avant cette date, alors à l'unisson avec les commentateurs de l'antiquité ayant autorité...
Pour Champollion, finalement, l'alphabet a donc une portée universelle puisqu'il s'applique, selon lui en 1824, même donc en dehors des noms propres et cartouches royaux.
Pour en finir avec cette polémique, je dois citer deux autres auteurs, tout d'abord Albert Slosman, qui a, entre autres, le mérite d'avoir traduit le Chapitre XVII du livre au sortir du jour selon le Papyrus d'Ani en suivant la méthode antique ( Albert Slosman in 'Le livre de l'au delà de la vie" Ed. BAUDOUIN 1979 p 67) , et on peut dire qu' il n'y va pas avec le dos de la cuiller, jugez-en plutôt :
"La démonstration de l'inutilité de l'alphabet dû à Champollion est facile à faire lorsqu'il s'agit de lire un texte hiéroglyphique. Prenons par exemple le Nouveau Testament lorsqu'il s'agit de traduire MARIA (en Japonais) : MA-LI-YA est le plus approchant phonétiquement mais ces trois hiéroglyphes ne veulent en aucun cas signifier MARIA en Japonais : MA=JASPE, LI=BENEFICE, YA=DEUXIEME".
Et Albert Slosman n'était pas un homme dénué d'intelligence et de rigueur, passionné par l'Egypte antique, il était non seulement Professeur de mathématiques mais aussi un expert en analyse informatique et a participé notamment à ce titre aux programmes de la NASA pour le lancement de Pioneer sur Jupiter et Saturne.
Et pour finir sur ce sujet je citerai Enel21 (qui est le pseudonyme de Michel Vladimirovich Skariatine), égyptologue russe (1893-1963) :
"La langue hiéroglyphiquepossède des facultés merveilleuses dont sont privées les langues purement phonétiques.
Outre la possibilité d'exprimer la langue parlée par la phonétique des mots, elle représente au moyen de son idéographie la composition de l'objet dont il est question et, par le symbole attaché au signe, révèle l'essence constructive des êtres et des choses qu'elle nomme."
" Le coté ésotérique de la langue égyptienne reste inconnu, ou plus exactement, méconnu.
Les savants s'efforcent de reconstituer ses règles compliquées d'éthymologie et de syntaxe, et s'obstinent à ne pas voir que les hiéroglyphes, outre leur signification énoncée, d'ailleurs essentielle, possèdent un pouvoir de révélation et d'enseignement plus important encore.
C'est pour cette raison que la philosophie, l'essence de la religion des hiérophantes, nous échappe.
Nous basant sur des textes religieux, dont nous ne connaissons que les traductions littérales, nous croyons que cette religion était enfantine, composée de superstitions, dénuée de philosophie."
Ceci étant dit, au regard de tous ces éléments chacun se fera sa propre conviction, ou du moins sera beaucoup plus rigoureux avec les diverses traductions proposées, prendra quelque recul lorsque les traductions sembleront floues, invraisemblables ou lorsque le traducteur mentionnera une probable "erreur de scribe" (?) et recherchera alors s'il existe un sens caché derrière des apparences littérales.22
Je vous propose à présent de nous pencher sur les trois définitions suivantes :
1.Qu' est ce qu' un symbole ?
Un symbole donne une signification par évocation (d'une image, d'une lettre, d'un mot, d'un geste, d'un son,...) , il est une synthèse ; un symbole révèle l'invisible par le visible.
La racine du mot sumbolon est grecque et les sumbola représentaient les deux moitiés séparées d'un objet que l'on avait brisé en diverses occasions.
Le verbe sumballein signifie réunir, rassembler (ce qui est épars) ; le symbole est donc synthétique (non analytique), analogique et intuitif.
Le symbole est un signe qu’il faut apprendre à lire, à déchiffrer, et pour déchiffrer la symbolique d'une écriture il faut en connaître les codes.
Or, les lois d'une écriture symbolique n’ont rien de commun avec la construction grammaticale de nos langues dites "modernes".
C’est donc une grave erreur de s’imaginer qu’on puisse rejeter la symbolique du seul fait que l’on croit avoir connaissance d’une écriture exprimant toute la "pensée", comme nos langues alphabétiques "modernes" qui, elles, ignorent la transcription ésotérique du symbolisme imagé, ou du moins en ont perdu le vrai sens originel (sans revenir toutefois sur la "polémique" largement exposée ci-dessus).
Il est vrai que la plupart des traducteurs, dont il convient de ne rien enlever au professionnalisme et à l'enthousiasme, n'ont pas été préalablement formés à relever celui-ci.
Ce biais est hélas accru car les traductions des Medou Neter et du hiératique, voire du démotique, sont toutes mises sur un pied d'égalité de sens (or nous savons qu'il y avait une hiérarchie du sacré).
Le processus de numérisation enfonce le clou, dans la mesure où les Medou-Neter ne sont pas la priorité, jusqu'à présent, dans le processus de codification informatique des hiéroglyphes.23
Il existe en effet des problèmes pour le codage des hiéroglyphes, et notamment les sacrés (sur les monuments), il semble que la priorité, à partir de la liste Gardiner révisée, ait été donnée à l'écriture hiératique.24
Pourtant, sous des images concrètes sont enseignés des principes abstraits, révélateurs de Lois fondamentales ; bien plus, un symbole est la forme vivante d'une Loi.
Ils révèlent l'invisible par le visible car la langue égyptienne est construite selon une Connaissance profonde de la manifestation.
Les symboles sont donc des clés servant à ouvrir les porte de la dimension Spirituelle.
Ainsi, l'enseignement véritable de l'Egypte n'est pas un savoir, ni même une philosophie, mais un appel, une méthode d' éveil de la Conscience, permettant de vaincre définitivement la mort.
Les hiéroglyphes ou Medou Neter, sont Sacrés car ses symboles proviennent d'une science Divine, c'est à dire d'une compréhension des lois de la vie, qui de ce fait sont immuables.
Cette science Sacrée n'a pas été produite par un "prophète" unique identifié (comme c'est le cas la plupart du temps pour des religions), mais a été peu à peu révélée, codifiée, de Sage en Sage, selon un ordre progressif et planifié, permettant d'objectiver la pensée , de créer un pont entre le microcosme et le macrocosme.
Pour ma part j'ai donc la conviction que la langue Egyptienne (Medou Neter) est, avant tout, une langue à idéogrammes, c'est à dire construite non pas avec les signes abstraits d'un alphabet conventionnel, mais avec des dessins, des images25 afin d'éviter le cloisonnement, la limitation26 et permettre la richesse du message par une action de décodage et des lectures à plusieurs niveaux.
Prenons quelques exemples plein d'enseignements :
pth
Pth représente l'énergie créatrice, cause de vie dans la manifestation, mais "ligotée" dans la matière, annonçant Ouser ou Ousir (Osiris). Le Ciel est ligoté dans la terre.
htp
Notons que Htp (offrande) est l'inverse, le miroir de Pth, cela signifie qu'en inversant la chute, c'est à dire en remontant progressivement vers la Source et la Connaissance, Pth peut être de nouveau délivré. Le Ciel et la terre communiquent de nouveau.
Htp veut dire être en paix, être satisfait ; il y a derrière un sens d'offrande mais aussi un équilibre, un état de grâce entre le don et la réception. En liant les deux idéogrammes Pth et Htp on a donc la voie de libération de l'âme : Par le don (offrande) de son égo (inek) à la Maât, sa nourriture, pour trouver le Soi (iou) et la paix (intérieure comme extérieure) qui est l'offrande de Dieu.
Ais
Ais est le moi, le relatif, la puissance cérébrale, la pensée, la dualité.
sia
Sia est la Sagesse, le discernement du moi (inek) et du "non-moi" (iou), l'entendement, l'intelligence intuitive qui donne la Conscience vitale lorsque la pensée est soumise au coeur de l'homme, son neter personnel, une synthèse unificatrice et non plus un analyse séparatrice.
aas
Aas est le cerveau, la division, l'analyse, le mental, l'égo, l'erreur séthienne.
saa
Saa est l'homme Sage, celui qui a soumis Soutekh (Seth) à Her ou Hor (Horus), c'est à dire qui maîtrise ses passions et a dompté ses instincts animaux. C'est aussi la synthèse, le coeur, la voie cardiaque (de l'intuition, de la compassion, lorsque l'on a trouvé son propre centre, ouvert de coeur). C'est donc celui qui a inversé la tendance, qui n'écoute plus le Moi (inek) car il est mu par la Conscience vitale.
reh
Reh est le destructeur, le séparateur, prototype de Soutekh (Seth), l'inverse de Her (Horus).
her
Her est Horus, ou encore la face du visage, le miroir du Verbe solaire, le siège des sens internes qui, lorsqu'ils sont éveillés en l'homme (qui s'est éloigné de Reh) l'aident à fixer le Ka Divin par attraction au ka humain, devenant ainsi un rayon de la Maât, la Conscience supérieure obtenue par la Connaissance.
heka
Heka est la magie, avec l'idée de captation de l'énergie (avec les bras) et de fixation (par un mot, une image, une visualisation), suivi de sa projection.
iaaou
Iaaou est l'Etre ; "ia" exprime la Source, et la potentialité de ses deux pôles masculin et féminin.
"aou" exprime la substance, la possibilité de volume, d'espace, de dilatation.
C'est Dieu, pur Esprit, avant la dualisation-manifestation, c'est l'Unité-Origine.
Ce nom agit comme un mantra très puissant : Lorsque je le fais vibrer, ma colonne réagit et mes mains se chargent d'électro-magnétisme ! Le résultat est incroyable ! Je vous laisse imaginer l'effet dans le cadre de son incorporation dans un rituel complet...27
Il est remarquable à cet égard de constater que YAHO, dans la Kabbale hébraïque, désigne le nom divin auquel est oté le second "Hé", et est considéré comme "la charpente des six directions de l'espace scellé par ce nom".28
nfr
Nfr (ou nefer) est un signe trilitère (trois consonnes) qui signifie la perfection.
Si l'on observe sa symbolique générale, il représente le coeur et la trachée artère.
Mais allons plus loin : On voit un signe vertical avec un lien, un canal entre ce coeur (ib ou ab) et la trachée, zone aussi du larynx et donc des cordes vocales d'où est émise la parole.
Le long trait vertical est coupé en haut par un fin trait horizontal qui évoque l'idée de croix.
Si on réduit la trilitère nfr en trois unilitères n, f, et r on remarque aussi que n est l'onde vibrante qui transmet l'énergie , r est la bouche qui transmet la parole ou qui respire ou qui mange, avec ses fonctions active et passive
Entre les deux, f, le souffle d'Amon, l'énergie vitale.
Il résulte de tout ce qui précède que nfr est perfection car son medou neter indique qu'elle est le résultat de l'adéquation entre la qualité du coeur et de la parole (un coeur juste, une parole juste).
"Ce qui sort de la bouche vient du coeur, et c'est ce qui souille l'homme. Car c'est du coeur que viennent les mauvaises pensées, les meurtres, les adultères, les impudicités, les vols, les faux témoignages, les calomnies. Voilà les choses qui souillent l'homme, mais manger sans s'être lavé les mains, cela ne souille point l'homme".29
"Ne dissocie pas ton coeur de ta langue et toutes tes entreprises réussiront.Que ton intelligence comprenne mes paroles et que ton coeur les mette en pratique, car celui qui les néglige ne connaît plus la paix intérieure".30
La croix formée par le lien vertical partant du coeur et coupant la trachée indique que cette perfection s'obtient lorsque l'on a trouvé son centre, son coeur, ce qui permet alors la montée verticale vers Râ-Maât, la jonction de l'âme-Esprit, la réunification des ka libérant le ba.
C'est ce travail qu'il convient de faire systématiquement lorsque l'on recherche la symbolique cachée des medou-neter.
Ainsi en Egypte antique, l'écriture avait un double sens : la majorité des gens lisait des caractères "morts" tandis que les initiés méditaient sur leurs symboles.
Dans leur usage courant, les signes hiéroglyphiques (du Grec hieros "sacré" et gluphein "graver") que l'on rencontre peuvent être des idéogrammes (ils représentent des objets ou des actions) ou des phonogrammes (ils représentent des sons), ou les deux.
Ils s'écrivent en lignes horizontales ou en colonnes verticales.
Dans le premier cas on les lit de gauche à droite ou de droite à gauche (selon le sens d'orientation des êtres animés présents).
Dans le second cas on les lit toujours de haut en bas (jamais du bas vers le haut).
Lorsque deux signes sont superposés, la priorité de lecture revient à celui du haut.
Certains hiéroglyphes sont dits décalibrés, c'est à dire qu'ils sont d'un format plus grand que les autres du texte étudié.
Ils forment alors une scène autonome, ou une image, voire un motif iconographique embellisseur, ou servent des besoins magiques ou rituéliques (par exemple une amulette), parallèlement à leur rôle d'idéogramme ou de phonogramme dans le texte.
Ce procédé de décalibration d'un signe ou groupe de signes hiéroglyphiques n'est donc pas réservé exclusivement au domaine des déterminatifs des noms propres.
Quelquefois donc un signe représente ce qu'il décrit, ou il a une valeur iconographique, mais aussi le rapport peut être phonétique (je ne reviendrai pas ici sur la "polémique Champollion", je décrirai donc à présent la ligne officielle à partir de 1824).
Avant cela, quelques petites précisions cependant, dans un sens conciliateur des deux "écoles" (cf.Dominique Farout, Pallas 2013.93 p19-52) :
"Le système hiéroglyphique est constitué d'idéogrammes et de phonogrammes .Un mot peut être rendu par un idéogramme isolé ou un assemblage d'idéogrammes complémentaires afin de préciser un sens (...)
En égyptien un mot est construit le plus souvent en additionnant des idéogrammes et des phonogrammes (...)
