Mon Algérie - Michel Lephilipponnat - E-Book

Mon Algérie E-Book

Michel Lephilipponnat

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Beschreibung

Appelé sous les drapeaux pour son service militaire, Michel Lephilipponnat préfère partir pour l'Algérie rejoindre le 156 ème régiment d'infanterie - de Corée, dont la devise est "Marche ou crève. Il en rapportera des souvenirs sous forme de photographies qu'il vous dévoile aujourd'hui.

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Seitenzahl: 44

Veröffentlichungsjahr: 2017

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Correction, réécriture partielle et mise en page

Eric Jacobs

« Editions associatives du Blayais »

Table des matières

L’ALGERIE

PROLOGUE

MA JEUNESSE

INCORPORATION

PREMIERE PERM.

LA CANNEBIERE

LE VOYAGE

CAVALLO

INSTALLATION DU CAMPEMENT

LA GARDE

DES LEGUMES… DES LEGUMES…

ET LA PLUCHE !

CÔTE LOISIRS

LA DETENTE

UNE INTERVENTION SUR LE TERRAIN

LA CONVALESCENCE

LA SEPARATION

LE RETOUR A LA VIE CIVILE

L’ALGERIE

Comment parler de l’Algérie lorsqu’on se sent envahi par des remords insoupçonnés ?...

J’étais alors militaire du contingent, convaincu et mordant, pensant défendre ma patrie. Prêt à partir pour Djidjelli comme ce millier d’hommes regroupés à Marseille en attendant de traverser la Méditerranée, la peur au ventre et convaincus de ne plus revoir notre pays ni nos parents ni nos amis, nostalgiques déjà de notre sol natal. Nous allions nous battre contre des fantômes, amis hier, ennemis aujourd’hui.

Que venions-nous faire au cœur de cet horrible pays à la chaleur meurtrière, sous ce soleil qui tuait plus d’hommes que l’ennemi ; cet ennemi sans visage, invisible mais omni présent, aux multiples apparences, cruel. Nous étions tous dans les mêmes rangs mais sous quelle tutelle ? L’Algérie, la France, ou soldats du Djebel ?

«Une révolution n’est pas une guerre. Un maintien de l’ordre suffira, avaient dit les généraux avec réserve. Notre présence les calmera. »

« Algérie française ! Criera-t-on en uniforme ou en djellaba. »

L’ennemi fait réquisition de nombreux hommes et armes. Le Général De Gaulle insiste : « Ce n’est pas la guerre ! C’est du maintien de l’ordre ! »

Pour cette obligeance envers les « Pieds Noirs », des milliers de soldats et de civils indigènes mourront. Pour rien. Sincèrement, je pense qu’un peuple qui réclame son indépendance est dans son droit. Cette terre, l’Algérie, nous l’avions volée. Mais je pense aussi que ce droit est à double tranchant : les responsabilités assurées par la France en sa qualité de « mère patrie » lui incombera désormais. Est-ce un bien ou un mal de revendiquer son envie de s’assumer ? Le cœur des hommes est ainsi fait que quelle que soit sa condition sociale, l’esprit algérien gardera en mémoire l’esprit français.

Alors, l’Algérie libérée, les « Pieds Noirs » rapatriés ; les Harkis condamnés à l’exile vers le nord de la France ou à Marseille comme des chiens abandonnés. Je crie « Honte à la France qui a abusé d’innocents certains d’être français ! Honte à nos dirigeants de l’époque et d’après, qui firent la sourde oreille et ignorèrent les cris de ces désespérés.

Oui… Comment parler de l’Algérie sans se sentir concerné, lorsque des remords insoupçonnés vous envahissent ? Pour qui, pour quoi, sont morts nos amis Harkis ? Pour une Algérie aujourd’hui assassinée par le terrorisme islamiste ? N’avons-nous pas rendu sa liberté à ce pays pour mieux vendre son âme et détruire sa pureté ?

Oui… Comment parler de l’Algérie qui s’est battue pour renaître à une laïcité nouvelle ? Comment parler de cette nation contrainte et enchaînée à laquelle on impose le pardon ? Devra-t-elle encore pleurer et lutter pour conserver son nom, sa liberté et son identité ?

Michel Lephilipponnat

Dessin de ma fille Aurore (16 ans)

PROLOGUE

La majorité des photos insérées dans cet ouvrage sont ma propriété. Elles sont toutes authentiques. Elles couvrent une période s’étalant de 1959 à 1962, de la caserne de Maisons-Laffitte (au 3ème. R.I.M.A.) à Djidjelli près de Constantine.

Un bref résumé sur ma naissance accompagne ce recueil destiné à démontrer pourquoi mon service militaire en Algérie a été ma délivrance.

MA JEUNESSE

Je suis né en mars 1940 à Argenteuil d’une mère célibataire (fille-mère, comme on disait à l’époque), troisième d’une fratrie de six enfants. Nous logions à Bezons, en banlieue de Paris, dans un appartement insalubre de quarante mètres carrés, sans chauffage, sans eau. En un mot, inhabitable. Vers mon quinzième mois, ma mère, pour des raisons évidentes d’hygiène, doit se séparer de mes deux sœurs et de moi. Nous sommes donc confiés à des familles d’accueil. Je suis confié à des paysans trop heureux de gagner un peu d’argent en m’hébergeant par ces temps difficiles.

Je me retrouve donc à Villers-Cotterêts, chez Charlotte et Alphonse, deux métayers qui me chérissent comme leur propre enfant. Je suis bien nourri avec les produits de la ferme. Tout aurait été parfait si un évènement inattendu n’était venu briser ce bonheur :

Nous sommes en 1944. La guerre bat son plein avec son lot d’atrocités. Les bombardements se succèdent chaque jour, chaque nuit. C’est horrible… Nous sommes en été. Les sirènes annoncent le survol de gros bombardiers. Ma nourrice, Charlotte, me prend par la main et m’entraine. Sa fille, Edith, nous suit à reculons. Nous nous dirigeons vers un abri ; c’est une cave aménagée à cet effet. D’un pas pressé, nous longeons le trottoir. Tout au long de la route sont stationnés des GMC américains. Des soldats y chargent